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De iespèce el de la classification, p

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on voit apparaître les moyens qui le réaliseront, c'est-à-dire les caractères de la classe. Ainsi, dès que l'embryon humain présente des traits plus distinctifs que ceux qui annoncent tout d"abord un vertébré, on reconnaîtra en lui un mammifère ; de sorte qu'à aucune époque de sa vie embryonnaire rhomme ne passera par les phases de poisson et d'amphibie.

Après les traits caractéristiques de la classe apparaissent ceux de la famille, avant même ceux de \ ordre ; et, en effet, on comprend aisé- * ment que la forme générale qui distingue la famille se montre avant toutes les complications des structures qui caractérisent les ordres.

3<* Une dernière preuve de l'irréductibilité du principe vital aux forces physico-chimiques, c'est qu'il leur résiste, en certains cas, et que toujours il les dirige et se les assujettit. Les forces physico-chimiques tendent à user et à désagréger des éléments organiques, et par un mouvement contraire la puissance vitale a pour fonction essentielle de réparer, de refaire, en un mot d'engendrer sans cesse l'être vivant. — Mais ce qu'il y a d'absolument décisif en faveur de notre thèse, c'est le fait commenté avec force par Cl. Bernard, à savoir que l'énergie vitale tient sous son empire les forces physiques, qu'elle les dirige, les emploie à son usage et les fait tourner à son bien. (< Il y a comme un dessin vital qui trace le plan de chaque être et de chaque organe, en sorte que, si, considéré isolément, chaque phénomène de l'organisme est tributaire des

forces générales de la nature, pris dans leur succession et dans leur ensemble, ils paraissent révéler un lien spécial, ils semblent dirigés par quelque condition indivisible dans la route qu'ils suivent, dans Tordre qui les enchaîne. Ainsi les actions chimiques synthétiques de l'organisation et de la nutrition se manifestent comme si elles étaient dominées par une force impulsive gouvernant la matière, faisant une chimie appropriée à un but, et mettant en présence les réactifs aveugles des laboratoires, à la manière du chimiste lui-même » ^

b) La vie est également irréductible aux propriétés de la matière organirjue.

Les organicistes considèrent l'être vivant comme un a(jré(jai de cellules et de fibres, la vie généiale de Fensemble comme la résultante des vies propres à chaque élément, et la vie propre à chaque élément comme la complexion des phénomènes [physiques et chimiques dont il est le théAtre. De telles prémisses une fois admises, n'était-il pas tout naturel de conclure que la vie n'est qu'un mode d'activité provenant de Yorfjanisation de la matière^

(( Le caractère essentiel de l'état d'organisation, dit M. Robin, est « un état moléculaire qui consiste dans l'équilibre instable» des molécules des principes associés : « état d'oscillations incessantes », oscillations variables suivant l'espèce des cellules et le milieu ; défaut de sta-

\. La science expérimenlale, définil. de la vie, p. 20'J, 210.

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bilité d'où résulte la rénovation moléculaire nutritive, et ce mouvement nutritif, c'est la vie. Que l'équilibre devienne stable, le mouvement nutritif cesse ; il ne faut rien de plus pour expliquer la mort de chaque élément ».

Accordons à M. Robin que la vie est étroitement liée à l'organisation ; il ne s'ensuit pas que l'organisation explique la vie. En effet Cl. Bernard et Milne-Edwards l'ont très sagement fait remarquer, jamais le mouvement moléculaire ne dira pourquoi la cellule germinative se multiplie et donne par une suite de créations merveilleuses, cet ensemble d'éléments et d'organes qui réalise un plan déterminé, toujours conforme à celui des parents. Jamais ce mot « d'équilibre instable » ne rendra compte de la conservation de l'organisme dans sa forme et ses propriétés au milieu d'un tourbillon incessant de matière. L'idée de plan préconçu, exécuté et conservé, est absolument incompatible avec la conception des molécules mobiles et des forces purement aveugles qui sont mises en jeu dans le mouvement d'échange nutritif.

D'ailleurs, comment l'organisation ferait-elle la vie, puisqu'elle en est elle-même le résultat ? L'organisme ne se construit que par la vie ; si la cellule mère vient à périr, l'organisme tout entier aura péri avec elle. — De plus, c'est un axiome reconnu que la <' fonction précède » l'organe, crée l'organe, comme parle Milne-Edwards. Elle est d'abord confuse et devient plus apparente à mesure que l'organe se forme et se dé-

veloppe ; c'est ainsi que les globules sanguins se montrent et commencent à circuler dans Tembryon bien avant l'apparition du cœur et des vaisseaux. Comment dire, en ce cas, que lorgane détermine la fonction?

Soutiendra -t-on que la cellule germinative évolue en vertu d'une vitesse acquise dans une direction déterminée ? Mais qui lui a communiqué cette vitesse ? qui l'a lancée dans cette direction? Et comment ne dévie-t-elle pas sous rinfluence de mille causes extérieures qui devraient modifier son mouvement? Pourquoi cette impulsion se trouve-t-elle dans telle cellule, en tel point du corps ? Pourquoi chaque élément joue-t-il un rôle différent dans l'économie, rôle toujours approprié à la place qu'il occupe ? — Qui ne voit que ces faits ne sauraient s'expliquer par une simple attraction moléculaire, conséquence de l'équilibre instable oii se trouve la matière organisée ?

IL L'animal et la plante. — L'animal ne vient pas plus de la plante que la plante ne vient de la matière. Avec lui commence un nouveau règne.

Aristote enseignait que Lanimal diffère de la plante par le mouvement et la sensibilité ; il savait déjà cependant que certains êtres jouissent de la sensibilité sans être doués du mouvement local, et il les classait parmi les animaux. Tout le Moyen Age avait adopté cette manière de voir, et même jusqu'à notre siècle, la distinction avait paru nettement tranchée. « Les animaux

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vivent, sentent et se meuvent », disait Linné. D'après BufTon, « la faculté de se mouvoir et celle de sentir sont, Tune, la différence la plus apparente entre les végétaux et les animaux ; l'autre, la différence essentielle ». Bichal, Guvier, Geoffroy-Saint-Hilaire n'ont fait qu'accentuer la distinction déjà remarquée par les anciens entre les deux règnes.

Cependant, sous l'influence des idées transformistes, la plupart des naturalistes modernes en sont venus à n'admettre qu'une différence accidentelle entre les animaux et les végétaux ; composés d'une même base commune, le protoplasma^ et partis du même point de simplicité oi'ganique, la monère primitive, ils se sont différenciés par des caractères purement matériels. La théorie nouvelle a contre elle les faits les mieux établis. En effet, tous les animaux sont doués de sensibilité, et tous les végétaux en sont dépourvus : il y a donc entre eux une différence essentielle.

1^ Tous les animaux sont doués de sensibilité. — Aucun doute n'est possible pour les embranchements supérieurs, et même pour certaines classes que les anciens avaient rangées dans le règne végétal, comme les Polypiers, les Hydraires, les Spongiaiies : ces animaux, en effet, connaissent certainement le voisinage de leur proie, et, quoique fixés au sol, exécutent les mouvements de tentacules ou de cils vibratiles pour attirer à eux la nourriture.

Le mouvement autonome, indice de la sensi-

bililé. peut revèlir des formes multiples : tantôt il est total et de locomotion proprement dite, tantôt il est partiel. Un mouvement de bras, de tête, la simple flexion d'une phalange digitale, n'est pas moins caractéristique de la sensibilité que le déplacement total de l'individu. Or, il y a des groupes d'animaux où Ton distingue à la fois les deux sortes de mouvements : tous les vertébrés, la plupart des annelés et des mollusques peuvent, suivant les circonstances, changer de lieu ou s'agiter sur place. D'autres animaux, classés d'abord parmi les végétaux, parce que, comme eux, ils sont fixés au sol, n'ont qu'un mouvement partiel. ^lais si les polypiers restent attachés au sol qui les porte, ils n'en ont pas moins des mouvements de tentacules qui font foi d'une très réelle sensibilité.

La difficulté n'est sérieuse aujourd'hui que pour les « Protozoaires », nouvel embranchement dans lequel les naturalistes ont placé tous les êtres monocellulaires ou polycellulaires, où les éléments ne sont pas différenciés, et dans lesquels on ne rencontre pas d'enveloppe en cellulose. Les protozoaires sont réellement animés de mouvements : la question est de savoir si ces mouvements sont autonomirjues, ou résultent de la contractilité du protoplasma, propriété commune aux plantes et aux animaux. Les plus perfectionnés, comme les infusoires ciliés, sont munis de longs cils à l'aide desquels ils font progresser l'eau et amènent ainsi la nourriture à leur portée. Quant aux plus infimes, la question,

trop peu étudiée encore, partage les naturalistes, le plus sage est d'attendre de nouvelles observations.

2^ Les végétaux ne présentent aucun mouvement autonomique qui soit Vindice d\in acte de connaissance sensible. — L'immobilité n'est point le signe caractéristique du règne végétal : un grand nombre de plantes semblent l'emporter de beaucoup sur les animaux inférieurs par l'activité, l'étendue et la variété des mouvements dont elles sont le tbéâtre.

Uuelle interprétation donner de ces mouvements ?

Les mouvements qui ont pour cause Tètre vivant lui-même peuvent être automatiques ou simplement organiques, comme le battement du cœur dans l'homme, ou bien autonomiques ou résultat de l'appétit consécutif à un acte de connaissance. Or les mouvements observés dans les plantes ne portent pas la moindre trace de connaissance et d'appétit. En effet, les mouvements habituels des plantes sont absolument analogues aux mouvements automatiques des animaux. La continuité d'action ou la répétition habituelle sont par excellence les caractères de l'automatisme. Sans doute, nous ne pouvons expliquer les oscillations du Desmodium comme nous expliquons les battements de notre cœur; mais nous sommes néanmoins assurés qu'ils ne sont pas voulus, commandés, dirigés par l'appétit sensible. L'appétit sensible ne saurait s'appliquer toujours au même objet; tout acte autonomique

est de sa nature intermittent. Quant aux mouvements/)e/v"o(^//</w£'5, on assimile trop les phénomènes qui accompagnent la fécondation chez les animaux et les végétaux. Il faut distinguer chez les animaux deux sortes de phénomènes : les uns sont le résultat de Tappétit, supposent la connaissance, sont autonomiques ; ce sont ceux par lesquels un animal recherche son semblable; les autres, qui constituent l'acte même de la fécondation, sont soustraits à l'empire de l'appétit et sont purement aatomatiqiies. Or le mouvement des étamines vers le pistil doit être comparé aux seconds et non pas aux premiers. Il n'implique aucune connaissance, il suppose une excitation qui provoque automatiquement la contraction du protoplasma qui porte l'anthère. L'explication des mouvements accidentels ^ de la Sensitive et des autres plantes est moins avancée. Xous croyons cependant qu'ils ont leur raison d'être dans la contraclilité du protoplasma. De même que toute ?\hve musculaire se contracte sous une excitation galvanique, de même la fibre végétale de certaines plantes peut se raccourcir et produire des mouvements automatiques. Au reste, il suffit d'examiner attentivement les circonstances du phénomène pour lui refuser tout caractère de sensibilité. Quels

1. Les mouvements habituels sont continus ; les mouvements périodiques sont limités à certains moments de l'existence, comme ceux qui accompagnent la fécondation ; les mouvements accidentels sont produits en certaines plantes par des excitations extérieures.

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sont les mouvements si vantés de la sensitive? Précisément les mêmes qui ont lieu périodiquement au coucher du soleil. Déterminer par un contact le resserrement des feuilles, c'est amener la plante artificiellement à Véiat de sommeil; comme on ne peut admettre que le phénomène change de nature en changeant d'heure, il faut bien reconnaître qu'il est organique.

De tout ce qui précède il nous est permis de conclure à la différence essentielle des végétaux et des animaux.

Au chapitre suivant nous étudierons Thomme et nous constaterons qu'il forme, lui aussi, un règne à part et que c'est à bon droit qu'on l'a nommé le roi de la création.

î^ II. — Harmonie et unité des lois de la nature.

La nature, disait Gicéron, est insatiable de variété. Il semble pourtant qu'elle soit encore plus insatiable d'unité. C'est que l'unité est le principe de l'ordre et de Vharmonie, « mirabilis qusedam diversorum consonantia ».

Or l'unité a sa principale source dans la loi. C'est la loi qui assure l'universalité et la constance des phénomènes.

De tout temps, l'unité des lois de la nature a été remarquée et admirée. Mais il convient d'entrer dans quelques détails.

1^ — Une des plus grandes merveilles de la nature, c'est l'unité de plan et la gradation as-

cendanle de la perfection. Les anciens la remarquèrent d'abord et en firent Tobjet de savantes spéculations. Nous avons déjà vu qu'ils admirent quatre genres suprêmes destinés à grouper la foule innombrable des individus. Ensuite, ils se représentèrent les êtres divers de la création sous l'image d'une mystérieuse échelle, louchant par Tune de ses extrémités à l'obscur atome, à la matière brute, et par l'autre s'étendant jusqu'au ciel, ils reliaient la matière brute à la plante, par la subsistance, la plante à l'animal par la vie, l'animal à l'homme par la sensation et l'homme à l'ange par la pensée. Et l'homme leur paraissait comme l'abrégé de l'univers, comme un temple auguste où toutes les créatures s'assemblent pour reconnaître et louer leur auteur. Ils avaient été jdus loin encore dans leur belle philosophie de la nature. Avec Aristote et avant Leibnitz, ils avaient observé que la nature va pas à pas et sans faire de sauts : nahira non facil saltas ; qu'elle s'élève par des degrés presque insensibles de la matière inorganique à la matière organique et de celle-ci à l'animal; que l'individu supérieur de l'espèce inférieure atteint en perfection l'individu inférieur de l'espèce supérieure : supremuni in/îmi cdlingit infînuun supremi ; que sur les confins du monde organique flottent des êtres si rudimentaires et si incertains, qu'on les distingue avec peine des des êtres inanimés, et que certains animaux donnent si peu de signes de sensibilité, que vous douteriez s'ils dépassent le cercle des plantes :

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« sic ab inanimis ad animantes transirc natnram paiilaiim, ut in continuatione eoriim, confinia mediaqiie lateat iitrias sinl » ^

S. Thomas compléta ces indications par cette belle remarque : « L'animal parfait se distingue de la plante par deux caractères : la sensation et le mouvement local, dont la plante se trouve également dépourvue. Mais la nature ne passe point de l'animal parfait à la plante sans intermédiaire; au milieu, elle produit des animaux imparfaits qui, avec les animaux, jouissent de la sensation et sont attachés au sol comme les plantes » -.

On ne saurait refuser son admiration à des vues si hautes et si bien établies sur l'expérience, dans une époque où les moyens d'observation étaient encore si imparfaits, et que plusieurs modernes se représentent comme entièrement cantonnée dans les raisonnements a priori.

Toutes ces diverses données, la science les a confirmées par ses observations, et elle les a étendues, grâce au regard plus perçant du microscope. Elle a trouvé de nouvelles et intéressantes relations entre les êtres innombrables compris dans les genres suprêmes des anciens, et elle a rapproché ces degrés trop distants par des classifications plus complètes ; c'est ainsi que de la variété elle s'est élevée à Yespèce., de l'espèce au genre, du genre à la famille, de la

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