In cap. 8, de diuinis nominibus, lect
famille à Vordre, de Tordre à la classe, de la classe à V embranchement et de rembranchement au règne.
'2^ — Unité de composition. Inutile de rappeler ici, les éléments communs aux différents corps terrestres. Mais ce qui vaut la peine d'être rappelé, ce sont les éléments communs aux corps célestes et aux corps terrestres; car ceci est une nouveauté, une nouveauté considérable.
Jusqu'ici on avait rêvé pour les corps célestes — et une telle exception semblait naturellement convenir à ces êtres brillants et radieux — une matière plus subtile et plus pure, une matière à part et incorruptible. On enseigne aujourd'hui sans contradiction que les astres sont choses volumineuses, pesantes, denses, tantôt solides, tantôt gazeuses, semblables en bien des points à la matière d'ici-bas. — On en sait encore plus long; des fragments de corps célestes brisés sont tombés sur notre terre : aussitôt l'analyse chimique s'en est emparée et a découvert en eux du fer. du cobalt, du nickel, du manganèse, du cuivre et d'autres métaux et métalloïdes représentant à peu près le tiers des substances que la science a distinguées dans les corps terrestres.
Mieux encore: la lumière du soleil et des astres, soumise à l'analyse spectrale, a montré dans leur substance à l'état de gaz ou de vapeur, du fer, du calcium, du magnésium, du sodium, du nickel, du chrome et probablement, mais en petite quantité, du zinc, du cuivre et du baryum.
D'autres observations intéressantes ont amené
les astronomes, Laplace à leur tête, et de nos jours Miller et Stanislas Meunier, à regarder les étoiles, les plus brillantes du moins, comme des corps construits sur le même plan que notre soleil, ayant une commune origine, et formés d'une matière en partie identique avec celle qui compose notre globe.
Quant au monde végétal et animal, depuis la plante la plus obscure jusqu'au singe, ils ont en commun les tissus et la cellule, et les grandes lois delà génération, de la nutrition et de l'accroissement.
Cependant la perfection accuse un progrès continu, chez les minéraux, dans la composition élémentaire et dans les formes géométriques, chez les animaux, dans l'organisme et les fonctions.
Quoi d'étonnant, après cela, que les mêmes forces s'exercent sur les corps terrestres et sur les corps célestes ? L'attraction, dont la nature reste mystérieuse, mais dont les effets sont raisonnés et mathématiquement prévus ou démontrés, l'attraction, dis-je, réglée par la masse et la distance, régit les astres les plus brillants comme les plus grossières molécules et établit entre tous les corps une universelle sympathie.
30 — Unité cl évolution. C'est encore une loi générale dont, à divers degrés, tous les corps subissent l'inlluence. Les astres eux-mêmes ne font pas exception. « La science, élargissant le cadre déjà si vaste de la belle hypothèse cosmique de Laplace, se plaît à nous montrer dans
les astres qui illuminent la voûte céleste, autant de globes parvenus à des degrés divers de leur développement. Ici, c'est une nébuleuse à peine visible ; à coté, en voici une autre déjà pourvue d'un noyau brillant qui bientôt deviendra une étoile, c'est-à-dire un soleil. — Parmi les étoiles, l'analyse spectrale nous apprend à établir des catégories: les unes sont plus jeunes que notre soleil; d'autres, au contraire, sont plus avancées dans leur refroidissement. Enfin, voici les planètes, c'est-à-dire des globes émanés de la substance même du soleil, qu'ils entourent, mais leurs petites dimensions les ont mal protégées contre le rayonnement, et déjà, depuis longtemps, une écorce solide masque la fluidité de leur noyau.
Le soleil n'échappe point à cette évolution générale ; ses rayons s'éteindront un jour, quand à force de rayonner de la chaleur et de la lumière, il se couvrira à son tour d'une écorce solide.
Ainsi, à l'origine, une nébuleuse qui se condense ; à la fin une série de globes obscurs, placés dans des conditions telles qu'aucun des phénomènes matériels que nous connaissons ne peut plus s'accomplir ; la mort substituée à la vie, l'obscurité à la lumière ; tel est le tableau que la science moderne nous autorise à entrevoir » ^.
1. DE Lapparent, Discours prononcé au congrès bibliographique international tenu à Pan>, 4 juillet 187S. Cette oj)inion est partagée par Tait, Dupisé, Clausius, et plusieurs autres savants.
CHAP. VII. — C0NXA1SSA>XE DE lY'NIVERS 203
On a cherché à exploiter « révolution » contre la « création », et voilà que l'évolution, tant prônée par la science moderne, fait ressortir jusqu'à Tévidence, la contingence de la matière et du mouvement et apporte son témoignage à l'être nécessaire, seul capable d'expliquer la matière et le mouvement.
4° — Unité cractlon et de bal. La nature est expansive et communicative. Les êtres qui nous environnent, bien que divers et soucieux de leur bien propre, ne sont pas égoïstes, ni jaloux ; ils se rendent de mutuels services ; ils donnent et reçoivent tour à tour. Les corps inanimés échangent leur lumière et leur chaleur ; entre les corps inégalement échaufîés s'établit l'équilibre de température, équilibre d^où naissent plusieurs autres harmonies. La chaleur accumulée dans les corps différents, en excite les affinités et détermine la combinaison. Le soleil donne sa lumière avec libéralité, et mille êtres s'empressent de la répandre en tout sens, de la multiplier à l'infini. C'est un axiome de la science moderne que tout mouvement reçu se transmet aussitôt ; rien ne se perd, tout rayonne ; comme il y a des échos pour le son, il y en a pour la lumière et la chaleur.
La nature inanimée se donne aussi à la nature animée ; elle enrichit de sa substance tous les vivants. Tout ce qui vit se nourrit de sucs empruntés à la terre, d'eau, d'air, de lumière et de chaleur.
A leur tour, les végétaux, par leur respiration,
purifient Tair, favorisent la respiration des animaux ; tout ce qu'ils ont, ils le livrent : graines, sucs, feuilles, fleurs et fruits. Mais ceux-ci connaissent et pratiquent à leur manière la grande loi de la reconnaissance , ils servent à ceux-là de fécondateurs et de semeurs.
Puis, l'animal se donne à l'homme, ainsi que tout le reste de la nature.
Mais si l'homme attire à soi tous les êtres inférieurs, à son tour il leur rend plus qu'il n'a reçu. C'est la matière qui lui permet de graviter, de végéter, de sentir ; mais c'est lui qui rélève au-dessus de la terre, qui la transforme en organisme humain et, en sa personne, Tassocie à la pensée, à la vertu, à l'acte sublime de la religion K
Cette admirable unité du Cosmos nous fournira une preuve des plus convaincantes en faveur de la cause première.
1. « Si alicujus totiu^îet partiuin ejus velimus finem assignare, inveniemus primo quidem quod singulae partes sunt propter aclus suos, sicut oculus ad videndum. — Secundo vero, quod pars ignobilior est propter nobiliorem, sicut sensus propter intellectum. Tertio vero, omnes partes sunt propter perfectionem totius. — Sic igitur et in partibus univer«i, unaqueeque creatura est propter actum suum et perfectionem. Secundo autem creaturœ ignobiliores sunt propter nobiliorcs, sicut creaturse quee sunt infra hominem sunt propter hominem. Singulae autem creaturse sunt propter perfectionem totius universi ; ulterius autem totum universum cum singulis partibus ordinatur in Deum, sicut in finem ». S. Th.. \\ q. 44, a. 4, c.
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si III. — Les lois de la nature et le miracle.
Dans un de ses derniers ouvrages, Za relifjion dans les limites de la raison, Kant se prononça nettement contre le surnaturel. Sur ce point encore les criticistes ont hérité des dispositions du Philosophe allemand. A vrai dire, il semble malaisé et en tout cas peu logique d'abandonner à « l'agnosticisme » les noumènes de la philosophie et de continuer à respecter les noumènes de la théologie. On a commencé par proclamer le droit d'appliquer aux vérités religieuses les méthodes accoutumées de la critique indépendante, la critique ne pouvant sans illogisme se dispenser d'être (( une et indivisible ». — " L'appréciation des témoignages anciens, l'examen des livres relèvent de la critique, et les lois de celle-ci sont les mêmes pour tout le monde » ^
Puis on a glissé sur la pente fatale, et l'évolutionisme aidant, on a fini par ne plus trouver que des différences accidentelles entre les faits religieux et les faits de l'ordre naturel.
Sur la question qui nous occupe en ce moment, la pensée du chef des néo-critiques peut se ramener aux propositions suivantes : Il n'y a pas de miracles, au sens traditionnel et classique du mot ; — s'il y en avait, l'historien n'aurait pas le moyen de les constater ; — la foi, d'ail-