‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 90 sur 208 · Loisy, Autour d'un petit livre, p · texte numérisé non relu

Loisy, Autour d'un petit livre, p

leurs, n"a nul besoin de miracles pour se soutenir.

L'auteur n'énonce pas la première de ces propositions en termes formels, mais elle est l'aboutissant naturel de sa doctrine : cette doctrine veut que tout soit le résultat du « déterminisme universel » et que nul fait ne puisse être introduit, même par Dieu, dans la trame des phénomènes cosmiques, sans être exigé et a conditionné » par les événements antérieurs et par toutes les circonstances du présent.

(( N'apparaît-elle pas (l'histoire delà Religion) comme un lent progrès dont chaque étape suppose celle qui la précède, et prépare celle qui la suit, étant elle-même conditionnée par toutes les circonstances du présent ? Cette histoire, même dans Tévangile, est une histoire humaine, en tant quelle se produit dans l'humanité. C'est comme homme, non comme Dieu, que Jésus est entré dans l'histoire des hommes » ^

Un peu voilée peut-être dans les lignes qui précèdent, la pensée de l'auteur se dessine dans un sens manifestement rationaliste au sujet de la révélation, dont il sera question plus loin.

Ce qui lui semble hors de conteste, c'est que rhistorien n'a pas le moyen de constater le miracle. (' L'histoire ne saisit que des phénomènes, avec leur succession et leur enchaînement ; elle perçoit la manifestation des idées et leur évolu-

1. Autour d'un petit livre, p. 10, 11. — Pour peu quon la pressât, celte dernière assertion serait facilement dérogatoire à la divinité de Jésus-Christ.

CHAP. Vil. CONNAISSANCE DE l'UNIVERS 207

tioB ; elle n'atteint pas le fond des choses. S'il s'agit des laits religieux, elle les voit dans la limitation de leur forme sensible, non dans leur cause profonde. Elle est, à Tégard de ces faits, dans une situation analogue à celle du savant... Ce que le savant perçoit est un infini (['apparences, une manifestation de forces : mais la grande force cachée derrière tous les phénomènes, ne se laisse pas toucher directement par Texpérience » ^

Conséquence : La foi seule peut découvrir le miracle. « L'histoire d'Israël a été comme celle, de tout autre peuple, un enchaînement de faits très variés, où les croyants... ont reconnu Dieu, mais où ils auraient pu ne pas le reconnaître, s'ils n'avaient été croyants. Les commentateurs les plus orthodoxes se demandent maintenant si les plaies d'Egypte ont été des miracles absolus ou des accidents providentiels. L'histoire ny peut reconnaître que des souvenirs idéalisés par la foi » 2.

L'historien n"a pas plus de lumières pour l'interprétation des faits racontés par les évangélistes.

« L'institution de l'Eglise se fonde sur la divinité du Christ, laquelle n'est pas un fait d'histoire, mais une donnée de foi » ^. De même en est-il de la résurrection du Sauveur, fait d'ordre purement surnaturel, et qui, pour cette raison.

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