‹ Les Fondements de la connaissance et de la croyanceChapitre 9 sur 208 · Conn. de Dieu et de soi-même, I · texte numérisé non relu

Conn. de Dieu et de soi-même, I

2. « Cognitionis certitudo est quando cognitio non déclinât in aliquo ab eo quod in re invenitur, sed hoc modo exislimat de re sicut est ». De Veril., VI, a. 3.

de livrer son secret. Rappelez-vous les travaux de Spallanzani, les luttes mémorables de Pouchet et de Pasteur, au sujet de la génération spontanée.

Ce n'est pas seulement la vérité pratique et utilitaire qui excite et soutient les ardentes recherches. Les sciences spéculatives les plus abstraites et les j)lus désintéressées attirent en leurs sanctuaires de nombreux adorateurs. Bien mieux, s'il faut en croire Aristote et saint Thomas, qui ont sans doute quelque droit pour parler au nom de la science, c'est la connaissance spéculative qui procure les plus nobles et les plus douces jouissances '.

Aux époques de désarroi intellectuel ou d'hypercritique, on voit bien çà et là des hommes qui déclarent ne plus croire à rien et qui tiennent l'indifférentisme pour le seul parti digne du sage, « nihil admirari », mais ils demeurent isolés dans la masse des croyants et leur conduite ordinaire fait assez voir que leur scepticisme est plus superficiel qu'ils ne pensent.

La certitude est donc une vérité, en même temps qu'une loi générale et constante.

Mais peut-elle se justifier rationnellement et directement aux yeux d'une saine critique ?

On rapporte que Zenon ayant, à grand renfort

1. « Bcatitudo magis consistit in operatione speculativi intellectus quam practici... quia contemplatio maxime qufcritur propter seipsam, aclus autem intellectus practici non quferitur propter seipsum, sed propter actionem ». (S. Th., 1* 2", q. III, a. 5, c. et ibid. a. 2, ad 4.

d'arguments, établi rimpossibilité absolue du mouvement, Antisthène, pour toute réponse, se mit à marcher sous les yeux du philosophe surpris. Par des arguments également apriorisiicjues, Kant s'est appliqué à démontrer l'impuissance radicale de l'esprit humain à saisir la vérité objective. Contre Kant et les néo-criticistes ayons recours au procédé d'Antisthène et voyons ^- sans parti pris — si la raison marche et comment.

Saint Thomas a émis sur ce sujet une idée aussi lumineuse que profonde. Il observe que l'animal a des sensations comme Thomme et que pourtant il n'a pas de certitude parce que, ne pouvant soumettre ses sensations au contrôle de la réflexion, il ne peut s'assurer si elles représentent exactement leur objet. Grâce à la raison, riiomme est en possession de ce précieux instrument « judicatoire » qu'est la réflexion ; et grâce à la réflexion , il soumet à une enquête ses adhésions ou certitudes « spontanées » , il constate si elles se sont efTectuées normalement et si elles s'harmonisent avec leur objet '. Or le premier résultat du retour de la raison sur ses actes et sur elle-même, est de lui montrer que parmi ses certitudes il en est qui sont immédiates et qui s'affirment spontanément dès que la faculté cognitive se trouve face à face avec son objet, Lne même chose ne peut être et ne pas être en même temps, le tout est plus grand

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