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4. L'historien comme le savant atteint non seulement des faits, mais des forces et derrière ces forces des agents.
CHAP. VII. — COXNAISSANXE DE l'uMVERS 213
un fait, une réalité concrète, observable comme les autres réalités extérieures. x\ ce titre, il relève de rhistoire, non de la philosophie.
Sans doute il peut arriver qu'on se méprenne sur son caractère et nous accordons volontiers que les faux miracles et les fausses révélations imposent au philosophe chrétien beaucoup de circonspection et de réserve. Mais, en bien des cas, le miracle peut être constaté avec une entière certitude. Si vous êtes vous-même témoin du fait, deux choses suffisent : constater la matérialité du fait, découvrir son caractère surnaturel. La matérialité du fait ne présente, évidemment, aucune difficulté particulière ; on la saisit à l'aide des sens s'exerçant d'une façon régulière et normale. Quant au caractère surnaturel du fait, il est des cas où il tombe pour ainsi dire sous le sens. Il s'agit d'un malade bien connu de vous : il était aveugle et il voit, boiteux et il marche, sourd et il entend, muet et il parle. Il avait une blessure profonde, une plaie béante ; la plaie est fermée, la blessure cicatrisée. La guérison a été soudaine, complète, définitive: il ne reste plus de trace de la maladie. \o\\k un miracle que vous avez constaté de vos yeux ; vous l'affirmez sans hésitation comme vous affirmeriez un fait ordinaire.
Si vous n'êtes pas vous-même témoin du miracle, mais qu'il vous soit rapporté par quelqu'un qui dit l'avoir vu de ses yeux, vous aurez à vous demander si celui qui vous parle n'a pas été trompé, ou s'il ne serait pas trompeui'. En
un mot vous ferez la «crilique» du témoignage. S'il vous reste quelque doute, vous suspendrez votre jugement jusqu'à ce que la déposition du premier témoin soit confirmée par une ou plusieurs autres dépositions concordantes. Refuser de croire après toutes ces épreuves, c'est mettre en doute l'autorité du témoignage et la perception des sens, c'est ébranler la certitude des sciences historiques et naturelles, c'est ouvrir la porte au scepticisme universel.
Or, nous avons dans TEvangile, pour ne [)arler que de ceux-là, des miracles de toute sorte : conversions, guérisons, résurrections ; ces miracles sont éclatants, ils se sont accomplis au grand jour, en présence de nombreux témoins, parmi lesquels se trouvaient des ennemis déclarés du divin thaumaturge. Aussi Jésus-Christ déclare-t-il inexcusables ceux des juifs qui refusèrent de se rendre au témoignage de ses œuvres. « Si je n'avais pas fait au milieu d'eux des œuvres que nul autre n'a faites, ils seraient sans péché ; mais maintenant ils ont vu, et ils me haïssent moi et mon Père. Mais cela est arrivé afin que s'accom|)lît la parole qui est écrite dans leur loi : ils m'ont haï sans sujet » ^
Mais, on Ta vu, M. l'abbé Loisy n'attribue que fort peu d'autorité à nos évangiles, dont il conteste également Tauthenticité, l'intégrité et la véracité ^.