CHAPITRE VIII
DE L OBLIGATION MOHALE
Nous savons que, d'après Socrate, nous pratiquons nécessairement le bien qui est notre vrai bonheur, par cela seul que nous le connaissons. Le savoir vertu, comme je l'ai déjà dit, est aussi une doctrine de Platon, qui admet que la volonté tend naturellement au bien. Un véritable détermi- \( nisme psychologique nous oblige à bien agir. La discipline du juste milieu, entre les extrêmes, est la règle pratique d'Aristote. D'après le stoïcisme, pour lequel la douleur n'est pas un mal et le plaisir n*est pas un bien, il y a, dans ce qu'on peut appeler sa première manière, plutôt une convenance (to xxOtîxov) qu'une véritable obligation à vivre conformément à la nature. Ce précepte fut lui-même modifié dans le sens de pratiquer une vie se conformant à la raison, et la convenance se transforma ainsi en officiuniy terme beaucoup plus expressif quant à l'obligation, mais peut-être insuffisant encore et qui ne traduit pas exactement le xxO?i)cov (l).
(I) V. Reiiouvier, Critique religieusef 1884, p. 51 tt s.
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laquelle notre nature est faite, et qui résulte de sa constitution. De plus, les Stoïciens pensaient que chaque individu, en allant à la fin pour laquelle la nature Ta destiné, devait tenir compte de la fin même de l'Univers et de chacune des choses que rUnivers comprend. 1) où il résulte que tout a une fin et que cette fin est le bien même )) (1). Toujours au dire de Diogène de Laërte, d'après les Stoïciens a il y a un bien pour tous les êtres, car il y a une fin pour tous les êtres » (2).
On voit que les théories morales de Jouftroy sont bien voisines de celles du stoïcisme et luimême en fait la remarque. Mais le stoïcisme avait de trop vastes ambitions, pour l'individu, lorsqu'il exigeait, de lui, de tenir compte non seulement de sa fin propre, mais aussi de la fin de l'Univers et de tout ce qu'il contient. JoulïVoy déclare également que, pour qu'ilyaitmoralitédanslaconduite, il faut que le rapport du bien personnel et du bien absolu soit saisi, ce bien absolu n'étant autre chose que la (in totale de la création tout entière. En parlant ainsi, JouHVoy tombe en plein dans l'intellectualisme et l'abstraction. Les mots ici remplacent les choses.
(2) Ibid,, p. 2il, 2'i2.