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l'harmonie du corps. Tout bien a sa source dans l'unité et dans l’ordre. L'homme vertueux est celui qui se conforme aux lois de la raison; la vertu chez lui naît de l'accord des diverses parties de l'âme, sous la loi de la raison; aussi la vertu estelle une harmonie. La justice est l'égalité parfaite ou la réciprocité dans le droit. | Socrate est un véritable révolutionnaire, relativement à la métaphysique évolutionniste qui la précédé. La morale dépend de la connaissance de soi-même. Il ne va donc point la chercher, comme certaines gens de nos Jours qui se croient les organes patentés du progrès, ni dans le cosmos, ni
dans la société. D’après lui, le bien est l’objet
essentiel de l'intelligence ou de la science. La volonté choisit toujours ce que l'intelligence lui a montré comme le meilleur. Personne n'est méchant volontairement (xuxbs Exwv oùdek). La science des meilleurs c’est la morale, c'est la seuledigne d'être appelée la science. Si les hommes la possédaient, ils:ne pourraient plus mal faire. Toutes nos fautes viennent de l'ignorance du bien. Instruisez les hommes et vous les rendrez meilleurs. La justice et les autres vertus sont simplement des sciences et, quand on fait le mal, c'est qu'on le croit bon pour soi, ce qui est une erreur. La justice est la connaissance des lois non écrites, qui portent en elles-mêmes leur sanction, donc divines. La dialectique d'action (la morale) ne fait qu'un avec la dialectique de pensée (la philosophie). : Tout est
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l'œuvre d’une prévoyance qui a pour fin le bien: En un mot, Socrate est la contre-partie de la métaphysique antérieure. ;
Poète et métaphysicien idéaliste, tel fut plate Pour lui, quelque belles que soient la science et la vérité, l’idée du bien en est distincte et les surpasse en beauté. L'amour consiste à vouloir posséder toujours le bien qui est le but auquel tend toute volonté, l'amour s'élève de beauté en beauté Jusqu'au principe absolu d'où toute beauté découle. La beauté est à la fois la chose la plus manifeste et la plus aimable. Le cœur veut la possession même du beau et du bien; il faut qu'un dernier élan unisse l'âme aimante à l’objet même de son amour qui est la beauté universelle et immuable, fin suprême de la pensée, du désir. La pensée la saisit dans une intuition immédiate, l'amour la saisit dans une possession immédiate.
Tout cet ensemble de propositions a un caractère de généralisation abstraite, moral et esthétique (avec tendance à l'identification du beau et du bien) qui en fait, malgré la part attribuée à l'amour, de l’intellectualisme ou de l’idéalisme le plus pur. Je continue l'exposé précédent :
La volonté ne peut vouloir que le bien comme fin. La science du bien est invincible et, dès qu'on sait ce quil y a de meilleur, on le fait (Socrate). La dialectique des actions ne fait que reproduire celle de la pensée et de l’amour, car la morale de Platon est toute rationnaliste comme la morale socratique.
Je me place maintenant au point de vue pratique : à :
Les hommes ayant lé même amour du bien universel s’aimeront entre eux. Tout devrait être commun à tous, même les yeux, les oreilles et les mains. L'individu n'est rien, l'Etat est tout. Entre Ja morale et la politique, il y a identité absolue. Les individus sont les organes d’une puissance
collective : l'Etat. Caractère collectif de la propriété; communauté des femmes, au moins pour les guerriers.
. J'arrive à Aristote, qui se présente, tout d’abord, comme une réaction de la réalité contre l’abstraction platonicienne, Pour le Maître, l'Etre est l’universel; pour l'élève, les individus seuls sont proprement des Etres; ce qui constitue l'existence réelle dans l'individu, c’est l’activité; l'être, c’est la pensée et Dieu la pensée de la pensée. Passons à la morale : « Un premier point qui peut sembler évident, c'est que le bien relève de la science souveraine, de la science la plus fondamentale de toutes, et celle-là c'est précisément la science poli-
. tique » (1). « Expliquons quel est le bien que, suivant nous, recherche la politique et par conséquent quel est le bien supérieur que nous devons poursuivre dans tous les actes de notre vie. Le vulgaire, comme les gens éclairés, appelle ce bien
(1) Aristote, Morale à Nicomaque, liv.-Ie7, ch. Ier, $ 9, p. 4, traduction de Barthélemy Saint-Hilaire, | Dupuy 4
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suprême le bonheur » (1). « Le bonheur est tout à la fois ce qu'il y a de meilleur, de plus beau et de plus doux » (2). « Le bonheur est une certaine activité de l’âme conforme à la vertu » (3). « La fonction propre de l’homme serait l’acte de l’âme conformé à la raison ou du moins l'acte de l’âme qui ne peut s’accomplir sans la raison » (4). « Le bien propre de l’homme est l'activité de l'âme dirigée par la vertu et, s'il y a plusieurs vertus, dirigée par la plus haute et la plus parfaite de toutes » (5). « Si le bonheur ne peut être que l'acte conforme à la vertu, il est tout naturel qu'il soit l'acte conforme à la partie la plus haute, c’est-àdire la vertu de la partie la meilleure de notre être... L'acte de ce qu'il y a de plus divin en l'homme, conforme à sa vertu propre, doit être le bonheur parfait et nous avons dit que cet acte est celui de la pensée et de la contemplation » (6). « Tous les avantages qu'on attribue d'ordinaire au bonheur semblent se rencontrer dans l'acte de la pensée qui contemple. Il n'y a donc qu'elle bien certainement qui soit le bonheur parfait de l’homme » (7). « Le parfait bonheur est un acte de
(1) Zbid., ch. IT, $ 2, p. 10.
(2) {bid., ch. VI, $ 13, p. 88.
(3) Zbid., ch. VII, $ 7, p. 42.
(4) Zbid., ch. IV, K 10, p. 29.
(5) Zbid., ch. IV, $ 10, p. 29.
(6) Zbid., ch. VII, $ 1, p. 452.
(7) Zbid,, ch. VII, $ 7, p. 456.