A ONE
de conformer les actions humaines aux lois de la vie, ce qui donne aux règles de la conduite un caractère éminemment empirique. Elles sont fondées sur des faits positifs, mais avec cette réserve,qui met Guyau eu dehors de l'Ecole positive actuelle, que la morale qu'il qualifie de positive doit être d'abord individualiste, n'ayant à se préoccuper des destinées de la société qu'en tant quelles enveloppent plus ou moins celles de l'individu (1). I dit aussi que le premier tort des utilitaires et même des évolutionnistes a été de confondre la face sociale et la face individualiste du problème moral (2). La partie de la morale fondée uniquement sur des faits positifs
peut se définir : la science qui a pour objet tous
les moyens de conserver et d'accroître la vie matérielle et intellectuelle (3). L'idéal moral est lPactivité dans toute la variété de ses manifestations (4). L'instinct universel de la vie, tantôt inconscient, tantôt conscient, fournit à la science morale la seule fin positive (5). Le but qui, de fait, détermine toute action consciente est aussi la cause qui produit toute action inconsciente : c'est donc la vie
(1) Essai d'une morale sans obligation ni sanction, p. 84, Pourquoi Guyau dit-il ailleurs : &« La loi morale n’est au fond qu'une loi sociale » ? p, 232,
(2) Zbid., p. 884.
(3) /bid , p. 88.
(4) Zbid., p. 89.
(5) Zbid., p, 91.