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même, la vie à la fois la plus intense et la plus variée dans ses formes (1).
On sait que Guyau a été conduit à faire une
véritable place à l'hygiène dans la morale. Il a en réalité, sous ce rapport, un précurseur dont le nom ne se présente pas de Îui-même à l’esprit, savoir le philosophe Kant qui, chose assez ignorée, fait figurer la gymnastique, c’est-à-dire l'exercice corporel, au nombre des devoirs que nous avons envers nous-même (2). Le bénéfice est double d’ailleurs : le corps devient plus robuste et le caractère moral acquiert une énergie plus grande, D'où aptitudes augmentées pour poursuivre notre fin (3).
La morale dite scientifique se rattache, on le voit, à deux principes absolument distincts. D'une part, .le naturalisme; d'autre part, le mécanicisme. Dans le premier cas : positivisme ancien ou contempo-
rain, école de la solidarité, évolutionnisme de Dar-
win, de Guyau. Dans le second, l’évolutionnisme de la force, telle que l’a comprise Spencer. Le Positivisme et l'Evolutionnisme naturaliste, sauf quelques réserves à l'égard de Guyau, se sont appliqués à mettre en lumière le caractère exclu-
(1) Zbid., p. 87.
(2) Principes métaphysiques de la morale, p. 119. Traduction
Tissot.
(3) Ceci me remet en mémoire une asserlion en apparence para-
doxale que j'ai entendu émettre par Paul Bert : C’est la boxe qui
a fait l'Angleterre ce qu'elle est.
LABS VA EL
sivement social de la morale. Il n’en est plus précisément de même chez Spencer, qui place le proorès dans l'expansion continue de l'individu, au détriment de l'Etat.
Mais, dans les deux cas sus-visés, qu'on admette
quand même et contre toute logique la liberté morale ou qu'on la supprime, comme le fait, en toute raison, l'ensemble des matérialistes, on arrive à une conclusion inévitable, que ce soit au nom de l’animalité, mère du genre humain, ou au nom du mécanicisme. Et cette conclusion est la négation radicale, et dite scientifique, de la responsabilité morale individuelle. Tel est le grand courant des idées qui entraine lPhumanité vers des destinées nouvelles. Aux souvenirs illusoires de son enfance : le Jardin d’Eden et l’âge d’or, les savants substituent la perspective enchanteresse d’un millénium, d’une félicitésans mesure et sans fin. « L'âme humaine ploiera sous le poids des félicités » (Izoulet).
Déjà la révolution qui s'accomplit dans les idées commence à porter des fruits qui n'ont rien de savoureux, ni pour les individus, ni pour les peuples. L'avenir, cependant, nous laisse quelque espoir. Comme Île disait un jour M. J. Soury : les savants ne sont que des poètes. Leur inspiration, éclairée par l'expérience du présent, ne pourraitelle pas, tôt ou tard, prendre un nouvel essor, dans uue direction plus profitable pour la Morale? ou plutôt, coupant les ailes à leur imagination, ne
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