‹ Les fondements de la moraleChapitre 28 sur 62 · LE BIEN · texte numérisé non relu

LE BIEN

Les mœurs doivent avoir leurs lois comme tout le reste, et ces lois doivent constituer le bien proprement dit. .

Ce bien a été l'objet des conceptions les plus variées : c'est le plaisir, le bonheur, l’utile, le vrai ou raison humaine, dans son expression la plus élevée, c'est le beau, c’est la loi générale du progrès qui procède spontanément de la nature des choses ; c'est l’amour, la pitié, le sentiment moral; c'est la volonté divine conçue comme distincte de la raison humaine. Or, il y a autant de fondements particuliers, pour la morale, qu'il y a

de manières différentes de concevoir le bien, mais

une donnée commune se trouve dans toutes, savoir un but à réaliser, une fin à poursuivre dans la pratique du bien.

J'ajoute que le plaisir et le bonheur ne sont évidemment que des cas particuliers de lutile.

Le plaisir.

Base fragile et incertaine, contradictoire même quand le plaisir présent engendre le mal à venir,

Dupuy . [

ANR

quand celui de la sensibilité est en opposition avec celui de l'intelligence. Dans bien des cas le plaisir est nuisible par lui-même ou par ses suites.

Le bonheur.

En quoi consiste au juste ce nouveau fondement de l'éthique ? IL est impossible qu'il ne soit pas confondu dans un très grand nombre de cas avec le plaisir actuel, la jouissance dont le résultat final est si souvent douteux ou fâcheux. Même opposition et contradiction éventuelles que dans le cas précédent. Comment pareille base serait-elle la même pour les natures élevées et les natures inférieures ? Un homme sensuel, livré à ses appétits, pourrait-il jamais acquiescer à l'opinion ainsi formulée par Aristote : « Tous les avantages que l’on attribue d'ordinaire au bonheur semblent se rencontrer dans l'acte de la pensée qui contemple. Il n’y a donc qu'elle bien certainement qui soit le bonheur parfait de l'homme » (1). Et encore : « Ce qui est propre à l'homme c'est la vie de l'entendement, puisque l'entendement est vraiment tout l'homme ; par conséquent la vie de l’entendement est aussi la plus heureuse que l'homme puisse me-

ner » (2). Et encore : « Le parfait bonheur est un

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