‹ Les fondements de la moraleChapitre 30 sur 62 · PERTE SERV OT AS ET · texte numérisé non relu

PERTE SERV OT AS ET

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l'esprit général de l’évolutionnisme, le véritable bien c’est le progrès. Or celui-ci est réalisé par la concurrence et le struggle for life. Ce serait le cas de dire qu'ici la fin (ou le bien) devrait justifier les moyens.

Darwin n’a pas fixé de limites au progrès, tandis que Spencer en a posé une. Pour lui, le bien doit être aussi le passage de l'inférieur au supérieur, et aura pour résultat suprème une harmonie véritable entre l'individu et la société, le premier avançant toujours et la seconde reculant jusqu'à la réalisation de l’an-archie. Tel est le bien, dans son expression la plus élevée ; il consiste dans un équilibre qui sera le maximum de la perfection et du bonheur. Il est donc l’objet propre de Îa morale.

Malheureusement, il s’agit là d’un équilibre mécanique, et cet équilibre sera instable. Après le progrès aboutissant à l'équilibre survient le regrès, la contre évolution qui fera passer toute chose de l'hétérogène à l'homogène pour aboutir comme terme ultime à la poussière cosmique.

Dans ce mouvement de retour sera le mal, sans doute. Mais qui donc serait assez osé pour qualifier de mal le mode régressif d’une loi primordiale de la nature? N'eût-il pas été préférable d’identifier le bien et le mal, et d’une manière générale, les contraires, comme le fait, à l'exemple de l’Allemagne, certain positivisme plein de superbe. Alors tout est et reste normal. tout est et reste nature,

force et transformation de force, principe suprême de l'être. D'où la conclusion, en se plaçant au point de vue général de l'humanité, que tout est bien et que la morale ce sont les mœurs.

La bio-sociologie mérite qu'on la mentionne.

M. de Roberty s'exprime ainsi : « Sous le signe du bien vient se ranger tout ce qui sert la vie, tout ce qui tend à transformer les modes inférieurs de l'existence universelle en modes supérieurs; et, sous le signe du mal, tout ce qui, directement ou indirectement, fait refluer : ou rétrograder la vie vers ses aspects ou ses modalités les plus simples » ([). On n'est pas plus net, le bien c'est le progrès social, le mal c'est le regrès social, la contre-évolution. De l'individu, pas un mot, et cest Justice, car 1l n'est absolument rien

que par la société.

Le beau est-il le bien ?

Il y a évidemment certains rapports généraux entre le beau et le bien qui ont induit nombre de philosophes à définir le bien par le beau. N'étaitce point la pensée mêmede Platon lorsqu'il disait: « L’essence du bien nous est échappée et elle est. allée se fondre dans celle du beau » ? Dans d’autres passages, il semble néanmoins ne faire du beau qu’une émanation du bien. « Aux dernières limites du monde intellectuel, c'est l’idée du bien qu'on

(1) Le bien et le mal, p. 8.

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