‹ Les fondements de la moraleChapitre 32 sur 62 · CAT EN ET ES OT RP ER PS · texte numérisé non relu

CAT EN ET ES OT RP ER PS

ee OL D RE SEE à

A LE PLAT I Ts

préhensif, car il embrasserait le vrai, le beau, le bien, la formule adéquate de ce dernier serait la

perfection.

Laissant de côté la vérité absolue, on ne peut sc dissimuler que le bien absolu et la beauté absolue ne sont, et ne peuvent être, que des abstractions généralisées de cas particuliers. On n'ignore point l'origine de ces deux conceptions, sœurs jumelles engendrées par l'imagination exubérante de Platon, ce prince des poètes de la métaphysique. Or, si le bien est déjà une abstraction, la perfection qui semble le dépasser, à titre de notion plus quintessenciée, ne saurait être autre chose, elle aussi, qu’une donnée générale abstraite. | Toutefois, s’il existe une morale, et l'humanité, malgré ses défaillances ou même ses chutes profondes, paraît bien être de cet avis, il faut de toute nécessité qu'il existe un bien ou but à poursuivre, à réaliser dans la conduite de la vie. D'où l’existence nécessaire de règles qui doivent être accepiées par notre intelligence ou par notre raison, quand elle fait œuvre morale. Pour agir, il faut . commencer par comprendre, par saisir avec notre esprit ce que nous avons à faire.

La tradition idéaliste, y compris le spiritualisme contemporain, n’a concu le bien que sous une forme abstraite. Les termes varient, sans doute, mais ils expriment toujours l’abstraction élevée à l'absolu. Tel est le cas pour la perfection que Leibnitz a définie : « Par la force d'agir... .

Plus une force est grande, plus se manifeste en elle la pluralité dans l'unité. Or, l’un dans le plusieurs n’est autre chose que l'accord, et de l'accord naît la beauté et la beauté engendre l'amour ». C’est du platonisme que d’autres ont reproduit.

Je passe à la philosophie anglaise : D'après Cudworth (xvir° siècle), la raison conçoit les idées de bien et de mal d'une manière immédiate, à l’occasion des actions humaines, de même qu'à l’occasion des événements elle conçoit l’idée de cause, ou celle d'espace à l'occasion des corps. Le bien en lui-même est simple et indéfinissable.

Price admet que les idées de bien et de mal sont simples et primitives; elles ne procèdent point d’un sens, mais de la raison intuitive qui les concoit à propos des actions des êtres libres et intelligents. Le bien et le mal ne sont autre chose que des qualités et des caractères des actions, qualités qui sont immuables, comme la nature même de ces actions dont elles dérivent. A la vue des actions leur caractère moral nous apparait immédiatement, leur bonté si elles sont bonnes, leur méchanceté si elles sont mauvaises, l'absence de ces deux qualités si elles sont indifférentes. L'idée du bien étant simple, originale, indécomposable, est par cela même indéfinissable.

La notion du devoir ou l'obligation est si étrot-

tement liée à l'intuition du bien que l’une est insé-

Page 1