‹ Les fondements de la moraleChapitre 43 sur 62 · LOGE · texte numérisé non relu

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Je crois devoir également répéter, ici, que je n'ai jamais voulu dire qu’en dehors du moi ou sujet, il n y àa ni unité, ni personnalité, ni causalité. Je ne fais point poser ou créer, comme Fichte, le nonmoi par le moi. Il y a des non-moi semblables au mien, au sujet que nous sommes. I] peut y en avoir d’autres dont nous n'avons pas la connaissance directe.

La science a pour objet l'étude des apparences et des lois ou rapports qui les unissent. La psychologie, la logique générale, la morale sont le terrain solide sur lequel la philosophie peut évoluer avec sécurité. Que l’une et l’autre se gardent de sortir de leurs sphères respectives : la banqueroute est à la porte.

Mundum dedit disputationibus, telle est la devise qui s'offre à l'esprit, quand on traite le sujet de la liberté morale; en ajoutant : adhuc sub Judice lis est, et aussi sans doute : et ertt in sæcula sæculorum !

Si la liberté existe, elle est incontestablement un fait primitif, qu'elle appartienne ou non aux causes premières, comme le déclare M. Ribot et comme l'avoue à moitié M. Renouvier. En tant que fait primitif, elle est certainement indémontrable par les procédés ordinaires d’induction ou de déduction. Si elle existe, elle pourrait nous être directement connue et, en fait, chaque homme en a la conscience, puisqu'il est de pratique cons-

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tante que chacun agit comme s'il était libre, On à objecté qu'il y avait Jà un fait d'illusion inévitable, À ceci on ne peut opposer aucune réfutation péremptoire tout en faisant observer : 1° que si la liberté existe, il est tout naturel que nous en ayons conscience, et que l’inconscience du fait deviendrait un terrible argument contre lui; 2° qu'il n'y a aucun phénomène de conscience qui ne soit susceptible d’être taxé d’illusoire. Cette considération me paraît diminuer la valeur d'un argument qui peut être irréfutable et sans valeur tout à la fois.”

La constatation intuitive du fait mise de côté, en tant que preuve valable peut-être, mais insuffisante, il y a un mode de démonstration indirecte auquel il est permis de faire appel. Si la liberté n existe point, si elle n'est qu'une erreur pure et simple, elle ne peut jouer aucun rôle quelconque dans l’économie des choses humaines, que l’on prenne la question soit au point de vue subjectif, soit au point de vue objectif. Si au contraire elle existe, elle constitue un fait de capitale importance, qui doit trouver, nécessairement, des applications fréquentes et de premier ordre dans ladite économie.

D'une manière générale on peut distinguer parmi les êtres vivants : 1° ceux qui étant doués de conscience obéissent en tout aux spoutanéités de leur nature : appétits, instincts, passions; leur destinée se réduit à la conservation de l'espèce; 2° ceux qui, biologiquement parlant, ont des caractères

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