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solidarité sont des émanations directes de l'être que nous sommes. De même en est-il des conceptions de la logique, mathématiques comprises, qui seront, à un moment donné, une expression également spontanée de notre intelligence arrivée à l’état de réflexivité. On pourra, sans doute, invoquer l'expérience générale nous montrant une différence profonde dans les destinées comparatives des règles de la conscience et de celles de Ja logique. Les premières ont présenté de singulières variations, dans le cours des âges, à s’en rapporter aux traditions des différents peuples occupant la surface terrestre. Aussi en a-t-on pris argument contre la vérité de la morale elle-même, que l’on trouve ondoyante et par trop diverse. Mais, ici, on oublie le fait perturbateur essentiel, à savoir l’état de guerre dans lequel ont vécu la plupart des membres de la famille humaine ; d’où la déchéance, la chute profonde. Heureusement, pour la logique, que vivant en dehors du conflit incessant des passions malsaines, elle échappe à des influences héréditaires d’aberrations mentales intéressées, dans leur principe, lui faisant dire 242 =5; la partie est plus grande que le tout; le tout n’est pas égal à la somme des parties en lesquelles on l’a divisé.
Il y a donc une morale spontanée, comme il y a une logique spontanée, et l’homme naturel est un être moral que l’état de guerre a profondément vicié. « La conscience, telle qu'elle est donnée par la na-
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ture, est complète et saine » (1). « L'Homme est doué d’une faculté positive, la conscience, qui le
porte à la justice » PAR
Aux conclusions qui se dégagent de cette étude sur la morale élémentaire il n’y a qu’une réfutation à opposer, savoir de déclarer que les mœurs des peuplades pacifiques ne sont qu œuvres du diable, puisqu'elles ne sont point l’œuvre de Dieu. Depuis la chute, dans le paradis terrestre, l'humanité est totalement et absolument corrompue, à telles enseignes que certain auteur, au dire de Proudhon, avec l'approbation d'un ancien évêque, M. Gousset, a pu s'exprimer ainsi : « Aucune raison purement humaine ne peut établir la distinction du bien et du mal; et s'il n'avait plu à Dieu de nous faire connaître son intention, le fils pourrait tuer son père sans être coupable » (3). Cet auteur ne s'inspirait-il point de Duns Scot?
Je me contenterai de faire une citation de saint Paul, pour réfuter ces conceptions étranges. |
« Or, quand les Gentils qui n'ont point la loi font naturellement (#5sa) les choses qui sont de la loi, ceux-ci n'ayant point la loi sont loi à eux-
mêmes.
(1) Proudhon, De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise, LD 07 |
(2) Proudhon, /bid,, III, p. 2.
(3) Proudhon, op. cit., II, p. 426.