CHAPITRE II. — RECHERCHES FAITES DU XV- AC XIX- .SlÉfJJC
saisiraient les bateaux pour leur faire racheter la diflt'-rcnce de niveau des bassins nombreux que le cours de Suzon pn^senlerail.
J Cette entreprise, d'apn'>s l'auteur mfme, pourrait paraître ridicule au premier coup d'ieil; il me .semble que le second ne lui serait guiire plus favorable.
Occupons-nous actuellement du travail de M.Jolivet.
Après avoir exprimé l'opinion que les Qltrations auxquelles rauleur du mémoire de 16C7 cherche à remédier sont nécessaires pour alimenter les puits du faubourg' Saint-Nicolas et d'une "rande partie de la ville;
Après avoir fait craindre de nombreuses inomlations, si l'idée du pavage était accueillie, .M. Jolivet ajoute <iu'iudép(‘ndamment des dangers qu'il signale, les frais stmls que ce projet mVessiterait doivent suflire pour y faire renoncer.
« En effet, dit-il, la longueur totale du lit (ju’il faudrait paver est de G.liSO toises : en vain propose-t-on d'affaiblir la dé|wnse en le n‘tréci.s.sant, les eaux des crues, dont une diminution de s*“clion accroîtrait lu viti'sse, affouilleraient les ouvrages, déracineraient le pavé, et entraîneraient les accotements. L'ouverture du lit des rivières e.st toujours en raison du volume et de la vite.sw! de leurs eaux : aussi la largeur moyenne de 18 pieds est elle m'ressaire au cours de Suzon; on aurait donc 20,(M)Ü toises superficielles de pavé à fain-; eu n'estimant que 10 liv. la toi.se, prix tnVmodique, la dépense monterait à 200,t)00 liv., .sans comprendre les murs de soutènement, les remblais et déblais pour former les putes. On ne peut, sans s«' faire une illusion chimérique, adopter ce projet, vu qu’il excéderait lOfl.üOO écus, et qu'on risquerait d'étre inondé. »
Quelques-unes des conclasions du sieur Jolivet sont prfaitement justes; je ferai seulement remarquer que la longueur qu'il a.ssignait nu pvage était trop pu considérable; à jwine edt-elle permis d'atteindre la fontaine du Rosoir ; ainsi les eaux de Sainte-Foy n'aurnient [>u arriver à Dijon pndant les sécheresses, et à fortiori celles des sources supérieures.
Quant aux craintes qu'il manifeste eu premier lieu, je ne saurais les admettre; et d’ailleurs, puisque le projet combattu par cet architecte put être repoussé pr des considérations positives, il est tout à fait inutile de faire intervenir des hyplhèses dans le débat.
Le projet du sieur Jolivet est de recueillir dans de vastes réservoirs les eaux
àO HISTOIRE DES FONTAINES PUBLIQUES DE DIJON. — !'• PARTIE.
surabondiinlts de Suzoïi, pour le» faire éemiler dans l'aipicdue pi-ndant le< temps de sécliert'sse.
\ cet effet , il veul crt'user deux n'servoirs dans l’intervalle eoinpri» entre la route d'Ahuy et l'ancien lit de Suzon, dont l'origine est A quelque distance en amont de Saint-Martin.
La sujwrticie du premier serait de 11,871 toises.
Celle du second 3,tiü0
Totai l.i.171
La profondeur cniumiine. devant iMre l toise 1/2, le cube des eaux qu'ils pourront renfermer sera de 23,211 toises; or, (Mtinme 1 toisi^ cube équivaut à 7 mètres lll3t>, b; volume de ces réservoirs exprimé en mètres sera de I71,1S.Ô inèt. 92 cent.
En supposant l’étanchéité de res rést>rvoirs, établis dans des terrains perméatilcs, ou comprend que leurs eaux n'auraient pu servir à ralimentation di>s habitants.
Aussi ce projet subit-il le sort de sais devanciers. II occupa quelque temps les esprits et lit bientôt place .1 un autre.
Ce fut peu de temps après que le sieur Chapus, mi'-canicien , présenta à M. Amelot de Chaillou, intendant de Bourgogne, un mémoire sur les moyens les moins dis|>endicux de fournir des eaux abondantes et salubres A Dijon , et de décoHT de fontaines les [daws [)ubli(|ues et les promeuadi's.
t'a» mécanicien, ainsi que le sieur Ma<lers-I’acher, dirige d'abord l’attention <le radininisiration sur la fonliiine des SuisStw et Im sources qui alimentent le Creiix-d Enfer. Considérant que l’eau qui coide A la surface de la terre n’est souvent que le trop plein d'un vaisseau inférieur qui pourrait produire bien davantage, il pense qu'il faudra d'abord faire toutes les excavations nécessaires pour arriver au plus grand débit possible; ensuite il j)ropose de réunir le tout dans une conduite de 2 pouces de diamètre qui descendra sous les terres et jaillira dans le voisinage de l ancienne salle de spectacle.
Les déjieiises sont évaluées à 12,000 liv. Si I on préférait conduire les eaux sur la place Saint-.Michel, et les y recueillir dans un bassin de 12 A 15 pigds, il y aurait sur le chiffre précédent augmentation de 3,000 liv.