CHAPITRE U. — RECHERCHES FAITES DD XV* AD XIX* SlÿiXE. Al
Moyennant les travaux et la df^jw'iise précité>, le sieur C.hapu» déelare que l'on jouira de la quotité d eau suivante ;
Fendaiil les deux mois de la plus grande sciclieressc , 1 pouet?;
Pendant les trois autres, 1 pouce. 3/1;
Pendant les sept mois restants, 3 ponces 1/2.
Le sieur Cliapus alla ensuite visiter les eaux de 1a loutaine de .^o^ges; celles de la PajK’terie et de 1a rente apiadée Hlaiicliissefies, annlessus de Plombières, mais qui ne pouiraieni être comluilcs à Dijon que jiar un ouvrage dilJicilv, dispendieux et digne des Itonittins: celles de la fontaine .Sainte-Anne, inuis dont le trop plein ne peut donner à huire qu’aux oiseaux; celle de Larrey, dont le niveau est trop bas, (jii'il faudrait élever aii-dcs.sus de la tour de Guise, en empruntant de la force motrice au moulin voisin , et qui d’ailleurs tarit l’année que l'on fit le moulin à vent; «enlin la belle fontaine du Rosoir, à l.ftbli toises audessous de Vantoux. Elle peut, dans eette séeheressc, dit le sieur Chapus, faire aller un moulin ; elle débile au moins quatre-vingts pouces d'eau , la [dus limpide, la plus léfrère et la plus saine <pie l'on puis.se boire, ('.'est là un vérilalile trésor pour la ville (').»
Alors ce mécanicien entn' dans beaucoup de détails pour prouver que la fontaine du Rosoir ne doit point être conduite à Dijon à I aide de tuyaux en terre cuite, plomb ou fer fondu. dépense serait trop considérable et le résultat moins assuré ipie jiar un aqueduc souterrain.
(') I.n, .sieur Chapus parcourut en marne temps Suzun dans toute son étendue. On lira peutêtre avec intérêt le ré.sultat de sa visite.
« La rivière de Suzon a sa source à cinq lieues de la ville. Elle n'a pas plus de vingt-cinq pouce-S en été’; elle roule ses eaux sur un lit de pierre feuilletée , et va en décroistanl. Quatre rents toises au-<lessous, elle reçoit le petit ruisseau de Comhra, à peu près de même volume, et ces eaux mêlées ne peuvent point atteinilre le réservoir d'un moulin à 1100 toises de distance.
• .A une demi-lieue, plus tas encore, on trouve la paroisse appelih: Val-Suzon, où il sort d'un rocher assez d'eau pour son moulin ; elle sc perd également en moins d'une demi-lieue , quoique dans cet espace il naisse de nouvclle,s et abondantes sources : c'est pour mourir dans un instant.
• En descendant toujours le ht aride <le wtte rivière , on trouve les eaux do Sainte-Foy, de Sainte-Fou,\, de Charbonnières, de Ctiarrières, et enlin celles du Kosoir, .source la plus abondante et la plus rapprochée de la ville. Son volume, de quatre-vingts pouces, mêlé avec le» quatre autres, disparaît dans un cours de 8U0 toises, et ne peut aller jus<|u'à Messigny. •
AS HISTOtRF. DES FONTAINES PIBUQL'ES DE DIJON. — 1" PARTIE.
Cet aqueduc devait avoir une ouverture de '10 pouces au carré; l'épaisseur de.s murs latéraux était sufiposi’s- de S pouces; ils étaient supportés sur une aire en béton ayant .‘Il pontes de largeur, et S pouces d épaisseur; enliu une voûte ou des pierres plates bien ciiücnttH's les surniontaieut.
On devait faire en .sorte que etd ouvrage resUt toujours à 3 pieds en terre; Pt, comme dans une conduite de ce calibre, descendant avec une pente, uniforme, les engorgements ne sont point à craindre, le sieur Chapus proposait d établir, pour toute la distance de 5,800 toist's citmprise entnt la source du Rosoir et la porte (iuillaume, .studemeiil vingl-tàiitj regards avt*c des iuten'alles de 132 toises; chaque regard olfrant un bassin de 3 jùeds de largeur, 5 pieds de longueur et 2 pieds de jirofondeur, avec décharge.
Tous ws travaux étaient estimés par le sieur C.hapus, savoir ;
Pour fair*! arriver les eaux à la porte (îiiillaume. . 1(M),(M)0 liv.
Pour lu conduite dans la ville et la construction
lie dix-huit fontaines OO.OOO
foiAi 100,000 liv.
I.c sieur t'hapus entre aussi dans queh|ues détails sur les moyens d aci|uitter lu totalité ou seulement partie de cette somme. II fait observer que les concessionnaires des eaux pour les hôtels de Paris ont acheté 200 livres chaque ligne de ce fluide.
r,c qui fait 28,800 liv. le pouce pris au réservoir. s Alors, des 80 pouces produits par la fontaine du Ro.soir, il n'en attribue que
.SO aux fontaines publiques, et en lai.sse 30 que l’on peut vendre aux communaitlés reli(jieuses , aux hôpitaux, aux personnes de haute volée, enfin au palais des Etats: de telle sorte que, si l'on trouvait seulement des .souscripteurs au prix de 5,700 livres le [louce, ou le cinquième de ce qu’il valait à Paris, on pourrait dire hardiment que Dijon aurait toutes ses fontaines pour rien, et qu'il n'tj aurait aucune ville dans le royaume qui en serait mieux pourvue.
En admettant même que la valeur du pouce fût réduite à 1,000 is-ns, Dijon trouverait ainsi les 00,000 liv. pour l'exécution des fontaines et conduits intérieurs; les 100,000 liv. d ouvrages exU'rieurs retomberaient seules à sa charge.
aiAPlTRE n — RECHERCHES FAITES DL XV* AC XIX* SIÈCLE.
On voit que le mémoire du sieur C.hapus esl le seul dtMuinienl sérieux que nous ayons examiné jusqu A présent.
Comme la plupart de si‘s devanciers, le sieur Chapus propose de recourir à la fontaine du Rosoir, et c'est à juste titre qu'il croit convenable dén renfermer les eaux dans un aqueduc maçonné.
Du reste, le sieur Cliapus a commis une grave erreur dans le jaugeage de la source du Rosoir : son débit est beaucou(i plus considérable que celui qu'il a supposé, comim' on pourra s'en assurer par les expériences qui? j'ai faites en 1R32 et 1K3^, années si favorables à ce genre d'o[>éralions.
.\u projet d'aqueduc en maçonnerie succéda celui d amener les eaux dété de Suzon au moyen d'un canal de dérivation. Je nai pu nui procurer qii un extrait de ce travail.
Il avait été conçu pur .H. Guillemot lils, sous-ingénieur des États de B<jurgogne. et il consistait à faire une pris»; d'eau à 1,100 loisc's au-dessus du moulin de Messigny : i\ ouvrir de ce point une rigole de Ic.^R.") toises de longueur, qui viendrait aboutir sur la route de Dijon à Paris par Saint-Seine, à l'embranchement du chemin de Fontaine, (ai point duminani la ville, l’eau pourrait être distribuée ainsi qu’il s<-rait jugé nécessaire. .Vlin de nettoyer le principal égout de Dijon, on prolongeait la rigole jusqu'au pont du Cours-Fleury; mais la prise d'eau de cette dernière devait être fermée tant que le volume des eaux de Suzon lui permettrait de couler par son ancien lit.
Dans l'étendue du canal, on devait construire six moulins dont le produit, suivant l'auteur, surjm.sserait l'intérêt des dépenses et le montant de l’entretien des ouvrages.
La prise d'eau avait à fournir l,i.x2 pouces; mais je ne sais sur quelles soim*s le sieur Guillemot comptait pour les obtenir; ciu- la fontaine du Rosoir, la seule qui, pendant les sécheresses, aurait pu lui donner des eaux, ne produit que 22.1 pouces environ.
Les eaux amenées pur le canal de M. Guillemot auraient éti- tout A fait impropres aux usages de la vie domestique.
Car, ainsique reiis<ûgne M. Bruyère, inspecteur général des ponts et chaussées. dans un rapport du '.1 floréal an X, ayant pour objet d'éclairer l'administration sur les moyens A employer pour fournir l’eau nécessaire à la consom-
ài
oiation de Paris, les canaux en terre pn^sentent les iiiconvénienls suivants :
l" L’eau ii'y constTve pas une tcmpéralurc égale. Pendant 1 été, elle est eipns<V à l'ardeur du soleil ; pendant I hiver, à la gelée : il faut donc, pour obvier à ce dernier incouvénionl, lui faire j)reiidre une profondeur telle qu'une partie puisse toujours couler sous la glace :
2" On ne saurait la garantir des iniinondices entraînées par les vents; 1a surveillance la plus active ne 1 empêcherait pas <1 être souilh-e pur les hommes et les animaux.
.T I,es canaux en terre sont (‘xposé's aux dé-gradations causih.-s par la malveillance ou l’intempérie des sai.sons. Ih- plus, les herlx-s qui y croissent en très-grande abondance retardent la viles.se des eaux, prolongent leur séjour sur la vase , les débris des végétaux et les terres dont la nature peut être nuisible.
I.es contre-fossés ne les prol('-gent pas toujours entièrement contre l'introdnclion des eaux sauvages.
t" Les fill rations en général sont considérables, et l'évaporation agit avec plus de force au moment oîi le débit des sources est le plus faible.
.V Eiiün les canaux en terre exigent des coiitre-fos.sés, des haies, des banquettes, une surveillance continuelle; ils divisent les jiropriétés.
Ouelques-uns de ces inconvénients disparaissent, il est vrai. lors<jue le volume A conduire est considérable. .Ainsi, par exemple, relativement à la qualité des eaux, on reiiianpie (jue celles des petites rivières, pures A la source, sc chargi-nl de matières étrangères à mesure (]u‘elles s'en éloignent; tandis que celles des grandes rivières sont loin de subir la même altération.
-Vous venons de détailler les principaux désavantages qu'olfn^ en général un canal de dérivation en terre destiné A procurer des eaux potables A une ville. Or, celui projeté par M. (luillemol, d'après le faible volume qu'il renfermerait, serait, plus que tout autre, soumis aux inlliienees précitées.
En juillet IKDl. M. l ingénieur Antoine reproduisit une partie des idées ipi il avait déjA émist-s (-n 17t>7, relativement à rélablis.seme,nl de barrages dans le cours de .Suzon, pour rendre cette rivière pérenne. 11 parle d une visite faiU' en 17S0 le long de celte rivièr*- par l'ingénieur de la Veync, en présence de plu.sieurs membres de l'Académie de Dijon ; il invoque l'opinion de cet ingénieur, qui déclara qu il n'y avait rien A ajouter A cet écrit do 17ü7; c«-