CHAPITRE II. — RECHERCHES FAITES DU XV- Aü XIX- SIECLE
pendant les udmini.stratt'urs de la ville ne furent jioinl encore persuadés.
Il est inutile de parler de ne nouveau mémoire <le M. Antoine : je pense nvpe lui que des barrapes, en ralentissant la vitesse des enuv, perniellraient au limon de se déposer et, par suite, feraient en partie disparaître les filtrations.
Mais, de cette manière, le problème ne st>rait point entièrement résolu ; en supposant qne cette eau, qui s’avancerait avw une si faible vifes.se, ne pilt geler pendant l'hiver, elle ne serait jxiint propre aux usages de la vie domestique, ainsi qu’on doit l'induire des considérations dévelop|X‘es plus haut ; elle arriverait d'ailleurs à un niveau trop peu élevé pour que l'on pilt, sans intermédiaire, l'employer à l’alimentation des ftintaines; et ce but ne doit pas être perdu de vue ; car il ne s'agit pas seulement de faiix* couler pendant l'été un filet d'eau autour de la ville.
Les 9 et 13 juillet 1807, on rendit compte, dans le Journal de la Côte-d'Or, d'un mémoire sur la possibilité d'amener des eaux à Dijon : le projet consistait A recueillir Suzon en aval du moulin d'Ahuy et i le conduire, au moyen d'une dérivation enferre, à la porte Guillaume. Ce canal devait avoir 1 mètre et demi de largeur réduite sur 05 de profondeur et être établi suivant une pente de 0“,001.
Celte pente n'employant [tas toute la différence de niveau qui existe entre, le sous-bief du moulin d’,\liuy et le dessus du seuil de la porte Guillaume, l'excédant devait si-rvir à la m'alion de moulins placés, le premier au centre d Vhiiy, le second près de la route du Val-d(t-Suzon ; et du reste, d a[irès l’auteur, la dépense de cet ouvrage, y compris travaux d'art, déblais en terre, indemnités, ne devait point dépa.sser la somme de 3(1, OUO fr.
On voit que ce pntjet n’est autre chose que celui du sieur Guillemot .sur une moindnt échelle: il est regrettable seulement que la prise d'eau du canal soit précisément placée au point o(i les eaux de la rivière de Suzon achèvent de disparaître entièrement.
Ce dernier projet fut vivement attaqué par .M. Anttnne dans un mémoire que cet ingénieur publia le 17 août 1807. Comme il invoque les raisons que j ai déjà données au sujet du mémoire du sieur tiuillemot, je ne les reproduirai point. Il est inutile de dire (pie cet ingénieur revient encore sur les projets de barrages qu’il représente comme devant produire 1 amélioration de tous le» fonds de la vallée de Suzon : celte idée me parait fondée.
Mi
UuaDt à l établissemonl des fonlaines , le sieur Antoine pnlsente un noinreau moyen fondé sur le passage suivant <1(‘ r.-lrcAiJ«c(iire hydraulique de Bélidor:
« Quand on veut, dit eet auteur, avoir beaucoup d'eau, on ertuua- une tranchée à une profondeur convenable, avei! |«>iile suffisante; l’on élend sur le fond un lit de terre glaise bien battue, ensuite I un construit dent murs pour former un pi'tit canal ijue l'on recouvre avec des pierres plalt's, et ensuite di-s gazons renversés, pour empêcher qu'en recoiublanl la fouille, il m* tombe rien sur le fond , etc.
<c II faut, de distance en distance, fairi' des puisards, etc. »
Puis, venant à I application de celte méthode, il remarque qu’au levant de Dijon, sur les hauteurs qui dominent la ville, les sources delà métairie de la Boudronnée, de la .Molh'-Sainl-nernanl, de la fonlaine des Suisses, du Creuxd Enfer et des Petites-Roches, fournissent une indication précieuse relativement à reiuplacemenl qu'il eonvienl de choisir pour rélablis,semt‘iit de la tranehiV.
En cAjUM'-quence, il lui donne la direction suivante: il part fl peu de distance au-dessous et au couchant de la métairie de la Boudronnée, arrive ou clos de .Vlonlmusard qu'il traverse, passe sous les fontaini's de la Motte et des Suisses, descend au-ilessous du Oeux-cl Enfer, coupe le clos des Argenliért», et passe au dessous des Petile.s-Roches.
C'est suivant celle ligne que le sieur Antoine propose d'ouvrir la tranchée pour y construire un acpieduc d'environ 2.000 inèlres de longueur; d'après lui, cet ai|ueduc ne codtera guère qm* 0 fr. le mètre courant : dép<;u<ie 12.000 fr.
En second lieu, le tuyau qui doit partir de celle tranchée l'oruiant barrage, et conduire à la ville les eaux retenues, aura la longueur de HOfl mètres, lesquels, à fi fr. le mètn'
courant, produisent 4,800
Total Ifi,800
■M. Antoine cherche ensuite à déterminer le volume d’eau que l’on pourrait amener à la ville au moyen de cotte dépense. Pour cela faire, il remarque que le versant qui doit donner des eaux à la tranchi'*e a environ 2,000 mètres de longueur sur fiOO mètres de largeur.
Superficie totale, 1,200,000 mètres.