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CHAPITRE n.— CONDUITES. INl-LliENCE DC PROFII

3“ Que les conduites à pressions inlpatiTes raodifienl radicalemenl les conditions de rt^couleuiont, puisque la pression m'gative n'arrive que parce que la pose topographique de la conduite met celle-ci dans l’iiupossibilité de satisfaire aui résultats déduits des formules.

4" Que les conduites à pressions égales à l’atmosphère, ou égales ;\ O forment la limite : I* entre les conduites à pressions plus petites et phis graiidi^s que l’atmosphère; 2* entre les conduites A pressions plus petites que l'atmosphère et à pressions négatives.

Elles présentent évidemment elles-mêmes les inconvénients (jiii s’attachent ans conduites dont elles forment la limite inférieure; il convieni donc, dans tout projet de distribution d'eau, de chercher A établir les conduites de telle façon que. leurs parois aient toujours A résister A des pressions plus grandes que l'atmosphère.

Pour arriver A ce résultat, il faudra ;

1* Déterminer d’après les formules le diamètre du tuyau A employer pour obtenir, avec la pente donnée, le volume demandé ; on en conclura la viU-sse de l'écoulement, et par suite la hatiteur due A cette vitesse?.

2“ Tracer le profil en long au relief du terrain suivant lequel la conduite doit être établie.

3* Porter en contre-bas du niveau du réservoir supérieur la hauteur due A la vitesse d'écoulement, et joindre le point ainsi obtenu, soit avec l'orifici! de sortie du tuyau s’il était débouché A l’air libre, soit avec la partie supérieure du bassin d’émergence s'il doit dégorger dans un bassin, si>it enfin avec le .sommet de la colonne n?préscntant la charge disponible A rextrémité du tuyau, si l’écx)ulemenl s'opérait par un ajutage.

I>a ligne ainsi obtenue représenterait la limite des tuyaux supportant des pres-sions plus grandes que l’atmosphère, et cette limite ne devrait pas être dépass<‘e dans la pose de la conduite. Cette condition serait immédiatement obtenue, si le relief du terrain était partout au-dessous de cette ligne. Dans le cas contraire, il faudrait profiter de petites vallées d'érosion descendant du plateau supérieur pour placer les conduites, ou déblayer assez le terrain pour arriver à mettre les tuyaux au-de.ssous de la ligne des pressions atmosphéri(jues.

Il arrive souvent que adU? condition ne peut être remplie, lorsque, par exemple, une source émerge sur un va.ste plateau A |MUile insensible, et quon

m.ST()IHE DES FONTAINES l’UlSI.KIEES UE UUON. — iU' PARTIE.

doit lii conduire dans une loialité .située au fond d'un vallon. Les poiiiLs de la conduite situés au-dessus du coteau ne subissent, en général, que des pressions plus petites que l'atmosphère.

Ce cas s est, du n-ste, présenté à moi deux fois : j'ai remplacé une partie du lujau, celle qui aurait dû être posée sous le plateau, par un aqueduc en maçonnerie que j'ai prolongé jusqu'A l'aréte supérieure du coteau, et c'est A partir de ce dernier point que j’ai établi l'origine des tuyaux. Si on ne substitue pas un aqueduc A la partie liu tuyau qu'on a l’intention de poser sous le plateau. ou voit (|ue le volume dé'bité sera engendré fiar la différence de niveau existant entre la source et le point où les eaux doivent se disjoindre dans le tuyau.

TKUISIÉMK SECTION.

nu i.'xsvi.EiivcK Exsaciii psk «oit lk bbbiv b'ckb cbkbiiitb.

Après avoir parlé de l iulluence que peut avoir sur réroulemenl de l'eau dans les tuyaux de conduite le j)rofil adopté pour la pose de ces tuyaux, je vais chercher à donner une idée de celle exercée par l'air (|ui j)Cut être retenu dans une conduite lorsqu'elle présente w que l'on appelle les points hauts, c'est-à-dire des points où le profil adopté offre des pentes de signes contraires.

Il y a longtemps (jue cette influence a été constatée. « 11 est rare, dit Couplet, que l’air ne soit d’un grand obstacle dans les CJ)nduiti*s en général; on pourra s'en convainen^ |>ar une expérience (jue nous avons faite sur une conduite de plomb de 8 |>ouces (ü“ 216), et de lîMJÜ toises de longueur (370.3"), qui amène les eaux de Roqueuiiourl au château de. Versailles, dans h« réservoirs du dessus de la rain|X’ de la chapelle, sur une pente ou charge de 2 pieds 6 pouces (0“ 80), laquelle conduite n'a jamais fourni par la gueule Acc' que 22 à 23 pouces d'environ 30 pouces qui se pré>scntent à son embouchure, refusant les 7 à 8 pouces de plus; mais une chose remarquable, c’est que dès (pi’oii lâchait l'eau A l’embouchure de cette conduite, laquelle embouchure était aussi de 8 pouces comme sa sortie, il se passait environ dix jours avant <pi'il en passât une goutte à son bout de sortie, et cela, ))aiTe ([ue le long de cette conduite il y avait beaucoup de coudes élevés dans lesquels l air se cantonnait, et d'où il ne sortait qu'avec

CHAPITKE 11. — aOlDUITES INl f.l’ENCE DE I/AIH.

beaucoup (le peine. Cesl ce qui a encore fait penser à adoucir quelques rondes de celle conduite, cl à moltre des ventouses aux angles les plus (îlevV-s, où elles sont encore, et alors au bout de douze heures l’on vit sortir quelques filets d'eau, au lieu de dix ou douze jours qu'il fallait auparavant, et cinq tl six heures après il en sortait 22 à 2H pouces, ipii est toute la quantité ijue l’on peut avoir par cette conduite. »

« Une chos(' à remarquer, c’est que les cinq ou six dernières heim's qu'on attendit avant d’avoir le plus grand (’>coulenienl d’eau, ou la plus grande dépense de cette conduite, se pas.sèrent ù l’évacuation de houfli’es de vent, de flocons d'air et d’eau, et de filets d’eau, qui tantôt coulaient et tantôt ne coulaient plus, ce qui fait encore voir (|ue l'air est un grand obstacle dans les conduites. »

I.'Académie des sciences, en 1732, rend le compte suivant de cette expi'-riencc de Couplet.

« M. Couplet a vu qu’en lâchant l’eau à l’embouchure d’une conduite, il .se passait pn’-s de dix jours avant qu’il en parût une goutte â son bout de sortie. Cet accident, si bizarre en apparence, venait, selon l’explication de M. Couplet, d'un air cantonné dans la partie supérieure de certains coudes de la conduite élevés sur 1 horizon. Une eau qui se présentait pour passer tendait à forcer cet air dans son retranchement et à le pousser en avant, mais une autre eau déjà passée avant que iair se fût amassé dans le haut du coude le soulcniait, et si elle se trouvait être à la même hauteur verticale (jue cxjlle qui tendait à pousser en avant, il se faisait un ('‘quilibre et un repos que l’on voit bien qui pouvait durer longtemps. On remédia à cet inconvénient en adoucissant quel- (jues coudes de la conduite, et en mettant aux angles les plus élevés d(“s ventouses où l’air pouvait se retirer sans nuire au cours de l'eau. Afui's cela 1’4'au venait au bout de douze heures, précédée de bouffées de vent, de flocons d'air et d’eau, de filets d’eau interrompus, et tout cela prenait presejue la moitié des douze heures d’attente. Par là on peut juger de l’efTet de l'air dans les conduites; les cas extrêmes suffisent pour mettre sur la voie de tous les autres. »

En 1739, Bélidor s’occupa de donner la Théorie du mouvement de l'eau dans les tuyaux de conduite, cl rappela l'expérience de Couplet sur les effets produits par l’air cantonné dans les tuyaux. Il démontra la nécessité de placer des ventouses ou des robinets:

l“Poiir cmpiVlier la ruptun! di's tuyaux en faisant évacuer l'air qui s’opposait au mouveraent du fluide.

2" Pour perinellre au voluino débité d’arriver au niuxiraum, co qui ne pouvait avoir lieu tant ipi'il restait de l'air dans les tubes.

» Ouand l'eau d’un réservoir, dit-il ('), descend perpendiculairement on le loiif* d'une pente fort roide, il convient de mettre nu bas de la conduite un robinet que l’on ouvre quand on veut mettre l’eau en voie, afin que l’air dont elle vient occujier la place puisse s’évacuer promptement, sans quoi le tuyau serait en danger de crever s’il n'v avait d’autre sortie que la lumière de l’ajutage. Il faut avoir aussi des puisards placés dans les endroits les plus convenables, avec des robinets pour mettre tes tuyaux en décharge en cas de besoin, et ménager des ventouses dans les coudes ainsi qu’au sommet des pentes, pour dün*ner de l'échappc'ment h l’air que l’cnn entraîne avec elle. >>

On lit également (page .“152) : « f-omnie l'air que l'eau entraîne avec elle cause souvent la rupture des tuyaux, l’on a soin de, pratiquer des ventouses dans 1<« endroits éminents pour le lai.sser échapper; ces ventouses ne sont autre chose qu un petit tuyau vertical enté sur la conduite, qu’on appuie contre un arbre, un poteau ou un mur; on la laisse toujours ouverte, et l’on observe seulement de recourber son extrt'unité pour empêcher qu’aucune ordure ne tombe dedans, et on l'élève de quelques pieds plus haut que le niveau de la destination des eaux. Mais lorsque cette élévation est par trop grande, on se contente de placer le long de la conduite des robinets qu'on ouvre lorsque les eaux ayant été mises en décharge pour quelque réparation, on veut les faire couler tout de nouveau, et on les ferme l’un après l’autre, à mesure que l’eau y parvient; ainsi l’air est chassé en avant .sans pouvoir résister nu courant de l’eau, ayant la liberté de s’échapper par les ventouses qui se trouvent ouvertes.

O Comme ces robinets ne servent que pour évacuer l’air lorsqu’on veut remplir les tuyaux, et que ce serait une grande sujétion d’ètre obligé d’ouvrir ceux qui répondent à la partie du tuyau oh l’air que l'eau a entraîné avi’c elle se trouve cantonné, l’on peut A chaque regard souder sur la conduite un bout de tuyau vertical de A h b pouces, fermé par une soupape chargée de plomb pour être en équilibre avec le poids de la colonne d'eau, afin qu’elle ne puisse s'ouvrir que

(') Paüi’ 414, Architnturi:

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