‹ Les Fontaines PubliquesChapitre 178 sur 211 · CHAPITRE II. — PX)LUMTÜ11ES I>'EAt . PRINCIPES CKNliRAU.V. 4i;i · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — PX)LUMTÜ11ES I>'EAt . PRINCIPES CKNliRAU.V. 4i;i

1rs gros ('âilloux, on un tUtnidil une couche de plus petits, puis une couche de gravier, et l'on Unit par combler le creux en abattant les digues. On sema du gazon par-dessus, et on rétablit aussi raiicionne prairie à la surface du banc d'alluvion. « Depuis qu'il a été ainsi disposé, la qualité de ses eaux s'est nonseulement nUablie, mais encore améliorée ; la limpidité et la saveur eu sont parfaites, üans le fort de l'été, lorsque presque toutes les eaux de nos contrées ont une odeur et un goût plus ou moins sensibles, celle-cà a toujours été trouvés! par ceux qui sont descendus dans le regard, vive, honni! et fraîche comme de l'eau de montagne. » Il est à remarquer, (pie, bien tpie cette eau coule et séjourne à 4 mètres seulement au-des.sous de la surface du sol, et û 40 mètres de la rivière, elle ne dépasse pas 17 degrés durant les ardeurs de l'été, (pielle que soit la chaleur des eaux du fleuve d'où elle émane. Cette fraîcheur doit être attribuée à ce que le sol humide, qu elle traverse en filets capillaires, est luimème constamment refroidi par la puissante évaporation dont sa surface est le siège. D un autre côté, pendant les froids les plus intcn.ses, la température de (xdlc eau s'abaisse peu, car l'évaporation à la surface ayant cessé, le sol dessi'ché, et, dans cette condition, mauvais conducteur de la chaleur, ne participe nu n*froidissement almosphériipie que jusqu’à une profondeur peu considérable ; « C'est ainsi que dans le long et rigoureux hiver de 1830, après vingt-cinq jours de forte gelée, et le gel ayant pénétnià plus de 1 mètre au-dessous de la superficie du terrain qui la recouvre, elle n'a fait descendre le thermomètre qu'à 8 degrés, avantage précieux. Fraîche en été, elle présente une boisson agréalde à sa sortie des fontaines ; chaude en hiver, elle garantit nos conduites des efl'cts de la gcMc. »

Aux obsenations faites par .M. le docteur 1. Cuérard je crois utile d'ajouter celle relatée par MM. les ingénieurs Houyau et Blavier, dans leur rapport au maire d Angers, sur la fourniture d'eau de cette ville.

« Quant aux résenoirs d’eau filtrée, le pointà signaler est l’importance cpie les ingénieurs anglais attachent à ce qu'ils soient couverts ['), parce qu'ainsi. les eaux ne recevant pas l'action des rayons solaires, il ne s'y forme pas de végétation altérant leur salubrité, et d’ailleurs il s'y dissout une moindre proportion des

Cl teta est d'autant plus uècessaire qu'on ne doit en «énéral donner aux réservoirs qu'une assez faible profondeur (4 à 5 mêlrcsi, do manière à pouvoir utiliser les tranches d'eau inférieures sans de trop erandes porttis do i harae.

HISTOIKF. DF.S FfiNTAINES PÜBLlQrES PE DIJOIV. — 111' PAKTIE.

principes Jé^lires dont est toujours chargé l'air des cités popnleusi'S. »

Toutes les objections si fondées que font naître les réservoirs découverts s'appliquent avec la iiiôine force aux approvisionnenifiils d'eau obtenus au moyen de l'eau pluviale recueillie dans de vastes réservoirs analogues à ceux établis au point de partage de nos canaux.

On comprend, en elTet, que dans ces bassins, soumis d'ailleurs à toutes les influences atmosphériques, la vie végétale et animale se iléveloppe avec une grande énergie, au grand détriment de la pureté et de la salubrité des eaux qu ils renferment.

.Aussi, n'ai-je jamais conseillé de recourir à ce moyen, adopté cependant pour Tapprovisionnement de quelques villes d'.Vngleterrc ('). ’

(') A Glascow, üreonock , Paisli-y cl Dundee, l'eau vient des iiiüiilagnes voisines, sur lesi|Urlles sont établis k grands frais d'immenses réservoirs au moyen do barrages parfois gigantesques. I.OS ap|>areil.s de tiltration sont placés un peu plus bas, mais de telle fatun que le réservoir d'eau pure se trouve encore au-siessus des étages les plus élevés des maisoas qu'il alimente. (Rapport de .M.M, Honvau et Rlavier.)

.'tais je crois que de toutes les villes alimentées par ce système, Coiislantino]de présente les travaux les plus remarquables, tlonstantinople est bâtie sur une péninsule triangulaire : deux dos côtés de CÆtto surface, qui comprend sept collines dans son périmètre, sont baignés par la mer. Los seules eaux douces qui coulent dans cette cité sont le protluit de deux ruissuaux annonnement appelés Harbyses et Cydares : leur débit est toujours faible. Mais il arrive Iri ssouveut que leur lit se dossècho cutièrcmciit pondant l'été ; les empereurs rouiaius eberebèreut à remédier, par les ressources de l'art, è cette pénurie, mais les ouvrages qu'ils conslniisircnl dans ce but furent singulièrement agrandis ou améliorés par plusieurs sultans.

Les premiers plans adoptés consistèrent dans la construction d'immenses citernes, où se rendaient les eaux versées par les toits des maisons lors des pluies. Mais ce moyen fut bientôt reconnu insuffisant. Il evistait heureusement une autre source d'alimcntatiun. Près des rives de la mer Noire, on construisit des digues en travers dos vallées qui des»:cndent de ce pays ateiilenté, et l'on arrêta ainsi les cours d'eau qui se précipitent des montagnes à l'époque des pluies.

Ces digues immenses, revêtues do marbre sculpté dans le style oriental . prfecnlent un. merveilleux aspect.

fj» construction de ces réservoirs et des conduites qui livrent passage aux eaux qu'ils emmagasinenl est généralement attribuée aux empereurs grecs, et leur importance pourrait être au besoin reconnue par les édits auxquels elles ont <lonné lieu. I.es uns sont relatifs aux plantations existant sur leurs banqiictles; les autres défemient d'y puiser de l'eau lamr les usagits privés, et l'un de res édits, promulgué en 404, imposait une amendi^ d’une livre d’or pour chaque once d'eau déroliée à l'approvisionnement des réservoir».

UtAPlTRE II. — FÜUKSITUKES DE.4D. I'IUNCIPE.S GÉNÉRAUX.. 4G3

Ici, je liTininerai la Iroisième partie de cet ouvrage.

J'ai cru convenable de montrer, par la récapitulation précédente, (pi’on trouverait dans mon travail des doniiis‘s suffisantes pour projeter i‘t exéculer une

Ouv-i'i soûl au nomlire <lc sis ; les 2"', .3”* cl 4"”, en partant de la mer, sont desserv is par la niéino conduite. L'n conduit spécial est alTeclé A diacuu des n'-servoirs 1 , 5 et 6. Voici comment ces conduits sont établis : dans la plus grande partie de leur cours, on a employé des tuyaux en (erre cuite, interrompus de distanco eu distance par des touterra:!, espèce d’obélisc|ues qui remplissent les luénies fonctions que les columnaria romains. Le long de leur paroi d'amont , s’élève an tuyau en plomb, prolongement de celui en terre cuito; il verse scs eaux dans un bassin établi au sommet du toulerrazi. De ce bassin descend un second tuyau en plomb qui l'ommumque avec le conduit d’aval ; cet appareil permet le dégagement de l’air que l’eau pourrait entraîner, ainsi que le dépôt des matières étrangères qu elle tient en suspension.

I.es réservoirs dont il vient d’étre parlé sont à 20 ou 2b kilomètres de (b)astanlinople ; avant d'étre distribuées daus cette ville, les eaux su rendent dans un vaste réservoir, duquel partent les conduit» qui aliincntent le sérail du sultan et les différentes fontaines do la ville. Ces dernières ne sont autre clioso que des réservoirs carrés , peu élevés et recouverts par une toiture en plomb affectant la forme d'une tente chinoise; des dessins de diverse natqre et des inscriptions forment l'ornementation do celto toiture*. Ün ne rencontre point ces effets d’eau jaillissante ([ue l’on admire à Rome. Un robinet, une coupe en bronze suspendue à la paroi de la ooustruclion, invitent le voyageur à se rafraîchir.

Je ne dirai rien des quatre grands aqueducs au moyen desquels les vallées principales sont franchies. Ijiur mode de ronstniction est analogue à celui des murailles do la cité : mai;onneri(! formée de couches alternatives do pierres et de briques.

Mais, malgré les vastes citernos qu'elle possède encore, citernes eu partie remblayées aujourd’hui (j’ai décrit la principale d’entre elles, celle dite </« Mille Colonnes, p. CH); malgré les approvisionnements quelle retoit des réservoirs des montagnes de Belgrade , Coustantinoplu est loin d’être encore suflisamment pourvue d'eau. Il a été calculé que la quantité moyenue livrée aux habitants était d'environ 20 litres par individu. II parait probable que la majeure partie des réservoirs sert à rembellisscment des pelais des grands. Aussi, lors des sécheresses prolongées, l’anxiété de la population est-elle vive. Un voyageur, qui était à Constantinople après une séchere.ssc do six mois, raconte quelles étaient les appréhensions de cetto Rome de l’islamisme.

L’approche de la pluie est annoncée, comme on Syrie, par un petit nuage noir, épais, qui flotte sur lo pont Euxin ou sur la l’ro|ionlide , et pour décnuv'rir ce nuage sauveur, un derviche se lient sur la montagne du Géant : sa mission est d’annoncer son apparition ù la population , dont l’allégresse remplace alors les alarmes.

Loaslanlinoplc, cette mervcilleu.se cité, n’offre donc point à ses habiUnts la sécurité qu’on trouve dans nos capitales européennes. J'ttjouterai, d'ailleurs, que son éloignement des lieux <roù elle tire son approvisionnement d’eau, lesquels tomberaient immédiatement au |K>uvoir d’une

■if.4 HISTOIRE DES EmXUVES PUBUOLES DE DIJON, - IIP PARTIE.

tlislribiilion d'i'au: toutefois, les ingL^nieurs qui auraient une entreprise de ce genre i\ diriger consulteront avec beaucoup de fruit les excellents traités dont j'ai donné la nomenclature au eommenci’iui'nl de ce travail.

armée d'invasion, ne lui permellrail pas de résisler plus il'iin mois A l’ennemi qui l’ins'eslirait et qui aurait pris la précaution de couper les rondnits des montagnes de Belgrade.

11 parait que l'on a le projet de rherclier les nioyons d'améliorer eel état prét-aire d'une population de liOfl.OOO Ame.s.

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