‹ Les Fontaines PubliquesChapitre 34 sur 211 · CHAPITRE m.-DE L'üWGlNE DES FOIfTAIiVES · texte numérisé non relu

CHAPITRE m.-DE L'üWGlNE DES FOIfTAIiVES

û des pluies abondanU‘s relèveul assez le uiveau des eaux souterraines pour

^ut arriver enfin qu’une couche, pernu^able à son origine, soit enveloppée dL tard de formations imperméables qui lui servent de toit et de i ;

aloses eaux coulent dans l inurvalle comme dans m. conduit, et Ion obtient

une source artésienne naturelle si une fracture heureuse du toit ,)erniet à 1 eau de s’élever à la surface. U^s puits artésiens tinuit. comme on le sait, leur origine

du peaemeiit artificiel de la couche supérieure. , , ,

0.1 comprend, du reste, que les eaux qui coulent entre la double envelop^ peuvent d^xmdre à de grandes profondeurs dans un vallon, puis nmionter su r versant oppos.' et jaillir en sourie sur un point Udleii.eiit .levé qu on ne se Ïend^int compte, au premier abord, de la iiianh^re dont cette lon.aine est alim.>IL Ces cLches aquifén-s. recouvertes de leurs eiiveloppt*s iiiariieuses. peuvent descendre dans la mer et présenUu quelqu.-s frmdures de leur enveloppe

sunérieurt' sur le rivage ou sous les eaux.

là l’existence des sourc-s d'eau doua* sur les bords et jusque dans les

‘’^D^Ïà'ilLua ^ibilité d'obtenir de l'eau douce en creusant des puits sur

^ UsTndications qui précédent suffiront, je p.ms.i. pour démontrer le grand

avantage d’abais-se^^e niveau des sources qui appara.ss....t dans les couclus

nerm.4les- car la diminution de pn-ssioti qu’oii opère ainsi sur le liquide a

Lr doublé conséquence d'augnieiifr la vitesse du fiiiide qui sort du con u.

naturel et de diminuer les perles dues aux infiltrations

C'est .-n vertu du même principe, mais inversement applique, qui. les iiig^ nar la rencontre d une source dans des travaux hydrauliques.

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114 HISTOIRE DES h'Om’AINES PÜBUQUES DE DIJON — I" PARTIE.

pus à pareourirl de cavernes grandes ou petites à remplir! de siphons à l’raneliir !

Kt si quelques-unes de ces rainiiications, de ces caTernes sont iiicoinpléleiuent tM-ciipties par les Iluides, voilA l'air qui, tantôt par sa dilatation, tantôt par sa wnipression, par suite «le ses variations d'ôlusticité dues aux changements de lem(>«-ralure , inudiliera inhaîssaireinent à son tfiur la marche souterraine des eaux.

U«’ IA c«‘s singularités que les fontaines oITrent parfois A l'observateur et qui, indi'qMmdamment des circonstances atmosphériques, altèrent d'une façon si curieuse runiformité de leur débit.

Dans les unes, l'écoulement cesse et nsamimenee A des périodes régulièn's : elles sont appelées fontaines intermittentes.

Dans les autres, 1 écoulement, sans s'arrêter eutit^rement, croît à partir d'un («rlain dt'-bil minimum jusqu'A un produit maximum, pour revenir ensuite au point de départ et ri’commencer la même période: rc sont les fontaines intercalaires.

Viennent ensuite les fontaines intermittentes et les fontaines intercalaires «■omposers. Les premières «'•prouvent dans leur marche une série de p«‘tiles intermittences, séparées pur un temps d'arrêt beaucoup plus considénible. Les secondes subissent dans leur volume une succession de variations également interrompues par une variation beaucoup plus granile, «[ui devient la limite de la péricale.

A peine j’ose entrer dans quelques explications au sujet de et» fontaines.

Pour (juil y ait production d une fontaine intermittente, il sulüt que le courant tombe dans une cavité et que, de txHtc cavité, sorte un siphon naturel, iutermédiairt: ni’‘cessair« entre la cavité et le point d'éraergence.

Il faut, de plus, «jue le siphon puisse débiter un volume plus grand que le volume naturellement amené dans l excavation.

Alors, suppo.sons que le siphon marche : il videra la cavité et la souèce débitera le volume (pi’il donne; la cavité vidée, l'air rentrera dans le siphon et 1a source s arrêtera. .Mais en même temps la grotte se remplira, et lorsque lé niveau de l'eau sera arrivé A celui de 1a partie haute du siphon, cet appareil re- «armmeucera A jouer, et ainsi de suite.

Pour obti-nir une fontaine intercalaire, il suffit d'imaginer que U ttlnlfl-

CHAPJTRE m. — PE I.’ORtGINE DES FOJTTAINES.

(4tioii qui donne l'eau A la grotte subdivise* et qu'une des branrhes s«‘ vide direeteiiient au bassin de la fontaine*.

On voit que le minimum de di^bit eorrespondra au monienl où relie seeoiiib* brandie donnera seule, et le maximum A l'instant où son produit s'ajoutera au volume maximum du siphon.

Pour se rendn* compte des fontaines intermittentes rotiiposdes, il snflit «le supposer deux cavités i*ommuni(]uant par un siphon. T.a plus grandi* di*s cavités sera située en amont de la plus petiU*; admettons encore que le siphon qui communique A la fontaine débite un plus grand volume que celui «pii réunit les grottes, et qu’enfin chacun «leux laisse couler un volume supérieur an produit naturel de la source. .Alors, il est évident que la grande cavité enverra A la petite plus d'eau qu'elle n'en r«*çoit; elle finira donc par se vider ; la petite, A son tour, sera mise A sec plusieurs fois pi'ndanl que la grande cavité se dést*mplira, l'eau qu elle reiif(*nne étant emportée par le si|ihon du plus fort calibre.

fte là les p«*tites intermillences, et la grande corn*spondra au temps nécessaire pour remplir de nouveau la grande grotte.

One l'on ajoute maintenant A cet appareil naturel une ramiliration dn ronrs principal se rendant direclenieni au bassin de la source, et l'on aura ce qu on appelle une fontaine int«*realaire compo.sée.

.Maintenant, que p<*ndant la saison des pluies de nouvelles sources se développent; qii ell«*8 produisent an minimum ce que le .siphon des fontaines intermittente ou int«*rcalaire peut d('*biter, alors le régime de la fontaine passe À l'uniformité.

Veut-on un exemple d'une fontaine qui roulerait p«*n(lanl l'été et s'arrêterait lorsque le débit des sour«*cs augmente en général? One l'on imagine, dans la grotte de la fontaine intermittente simple, un oriGir placé A une certaine hauteur ainlessus de l'extrémité de la courte branche du siphon.

Si cet orifice peut emmem*r tout ce que le conduit naturel fait arriver, cet oriGce donnera natun<llement lieu A une soun-e d'un débit non interrompu.

Si 1 eau augm(*nb* et que l'orilice précité ne puisse pas donner écoulement A tout le nouveau volume, la cavité se remplira, le siphon pourra s'amorcer, et s’il débite plus que b* conduit qui am«'‘iie les <*aux A la grotte, ('ell«*-< i se videra.

JI6 HISTOIRE DES FONTAINES PCBUon« DE DIJON. —I" PARTIE.

et [irtr const'qiipnl la fontaine à Iai|iie1te Vorificn précité donne naissance deviendra |H^riodi<pie, conmie celle A laquelle le siphon envoie les eaux.

Enfin, si le volume du conduit |irincipal augmente encore et s'il est Agal à celui débilt' par le siphon, le plan des eaux t'-tant dans la grotte au-dessous de l’orifice, il est manifeste que la fontaine quïl des.servait ce.ssera de couler, tandis que celle du siphon deviendra uniforme.

Il existe en .tngleterre plusieurs de ces fontaines qui coulent en été et s'arrêtent pendant fhiver.

Voilà déjà des résultats bien variés et je n'ai point fait entrer cependant en ligne les effets dus à la dilatation, à la compression, aux variations de température que l'air peut éprouver dans les conduits naturels.

Que l'on suppose, par exemple, un point haut dans ces conduits, et qu une certaine quantité d'air se loge à partir de ce point haut dans la branche desi'endante. Pour un certain degré de température, la force élastique de l’air laissera l'eau franchir le point ^haut; mais que cette température augmente, l'eau ne pourra plus surmonter la nouvelle élasticité développée et l'écoulement s'arrêtera {*).

Enfin, lorsque les sources ne sont pas éloignées des bords de la mer, des irrégularités curieuses se présentent quelquefois dans leur débit.

Tantôt le débit croît et décroît avec la marée.

Tantôt il marche en .sens inverse de la marée.

Dans le premier cas, le phénomène est facile à comprendre. La source peut être, en effet, considérée comme le niveau supérieur d'un tuyau irrégulier branché sur le conduit souterrain qui l’alimente : lequel conduit est lui-méme en communication avec la mer. Lorsque cette dernière monte, le débit du grand conduit diminue et les frottements qui s'exercent contre les parois s'affaiblissent ; en même temps, le niveau de la source doit tendre à s’élever et par conséquent son produit augmenter.

. I.’effet contraire résulte de l'abaissement de la marée.

Je m'explique ain.si qu’il suit la marche inverse du débit de la souixx*. relativement au flux et reflux ; j’admcLs que la mer communique par un conduit

(b Voir, dans la deuxième partie, chapitre II, des observations de l'académicien de Parcieux, relatives à ce genre d'ccoulemont.

CRàPITHE HI. — lœ L'ORIGINE DES FONTAINES.

avec une cavité remplie d’air, sans que pourtant son niveau puisse atteindre wtte dernière; j'admets encore que la source vienne déboucher dans cette cavité avant de surgir du sol ; je suppose enfin que le point où la source sort de terre soit réunie à la cavité précitée, au moyen d un conduit dont une partie afîecte la forme d’un siphon reiivers«S de manière à présenter une fermeture hydraulique : l’air renfermé dans la cavité manquant d’issue ne peut s’échapper, même quand il est comprimé, et le seul résultat de cette compression est d’établir dans le conduit (côté de la cavité) une diminution de niveau nécessain; à l’établissement de l'équilibre.

.4lors, si la marée monte, l’élasticité de l'air augmente et l’excès de compression subi par la source à son point d’émergence produit le même effet que si le niveau de celte dernière était exhaussé; son débit doit donc diminuer.

Quand la marée est basse, au contraire, le volume initial doit reparaître, parce que la pression redevient la même sur le point d’émergence de la source.

Dirai-je un dernier mot sur ces étangs qui, dans les grandes eaux, ne présentent un niveau moins élevé qu’à l'époque des sécheresses?

Ce qui se passe dans cette circonstance doit être analogue à ce que l’on remarque dans les vases tantales.

Il existe un siphon que le terrain dérobe aux regards et dont la courte branche est en communication avec les parties inférieures de l'étang. Dans les eaux basses, bien que leur niveau monte encore à une grande hauteur, celte dernière n’est point suffisante pour dépasser le point haut du siphon ; l'appareil ne peut fonctionner, et toute l eau reste dans l’étang. .Mais que les grandes eaux arrivent, elles surmonteront dans un moment donné ce point haut, le siphon marchera et les eaux descendront dans l'étang jusqu’au moment où il y aura équilibre entre le produit de la source et le produit du siphon souterrain.

Je me borne à ces détails, peut-être déjà trop circonstanciés, car l’explication de ces cas particuliers est aujourd’hui familière à tous.

Mais si l'on se reporte à un temps où l’instruction était le patrimoine d'un petit nombre d'élus, où la physique, d’ailleurs, était dans l’enfance, on trouvera natund que les phénomènes que je viens de rappeler fussent l origine d une foule de craintes et d’espérances, de pratiques et de préjugés superstitieux.

HISTOIRB DES TONTAINES PCBUODES DE DUOfl. — I" PARTIE.

Quant A moi, lorsque jo i-ousidèrc tous ces jeux de l'hydraulique dont nous avons aujourd'hui la clef, mais qui, pour les temps pas.s«^s, étaient pleins de mystères, je no m'étonne point que, dans l'iitqiossibililé où se trouvaient les anciens d assigner des lois physiques à ces éeoulemi'iits si variés, ils aient, en désespoir de cau.s<>, placé toutes les fontaines sous la direction absolue de leurs capricieuses divinités,

« Nous adorons, dit Sénèque, les sources des grands lleuvi's, et nous plaçons des autels à T endroit où les etiux xorli'vl hrusrpiemenl dex xouterrainx. «

DLS CHERCHEURS T)E SOURCES .ANCIENS ET Mni)ERNE.S.

Je viens d’esquisser A grands traits les principaux systèmes relatifs à l'origine des fontaines; j'ai rappelé ensuite les causes des principales irrégulariU‘s que leur débit pri'sente. Qn il me soit permis maintenant de recourir aux vieux auteurs pour y ndrouver les moyens que l'on employait et que l'on peut encore employer de nos jours pour découvrir hîs fontaines que leur force asc-ensionnelle insuflisanle oblige à couler sotilerrainement.

L'art do trouver les sources a été cultivé dans tous les temps : on le connais.sait chex les Grecs; les Romains avaient pour les chercheurs d'eau ou aquilêges les plus grands égards.

Cassiodoro, en répondant à un magistral qui lui avait ('•crit au sujet d’uq aquilége nouvellement arrivé d'Afri(pio, recommande d'user de sou expérience gt de le traiter avec une distinction marquée.

« Habcatur ergo iste inter reliquarum artium magistros : ne <piid dasiderabile « putetur fuisse, qiiod sub nobis non potuerit romana eivitascontinere. »

Pline, Vitruve, Palladius, étudient avec un soin diligent les moyens de déTOUvrir les sources souterraines.

Je vais indiquer les principaux caractères auxquels ils prétendent qu on doit les reconnaître. El d'abord ils conseillent de faire les recherches dans les mois d aoùl, de septembn' et d'octobre ('). X cette époque, eflectivement, les fontaines

I*) Pnur appm ior lo vOritaMo «léMl irune sourct*, c'est «lans la saison où cllu est lu moinft

QlAPlTRE III. — F»ES CnUCIKims DE SOURIÏS ANCIENS ET MODERNE.S. Il»

pn'senfpnt Ifi moindre di'bit, et si l'on en di'cmirre alors, bn doit concevoir la juste espiiraiice qu’elles tiP tariront dans aiinin temps de l'aniK^e.

J arrive maintenant aux signe.s qui trahissait le passage souterrain des eaux. Un des signes les plus certains, dit Pline, ce sont les vapetli-s qui s'i^lèvent sur les lieux au-dessous desquels circulent des veines liquides. Pour aiierceVoir ces vapeurs, il rtfcommaude de se coucher par terre firniit le xuleil hvi et d'examiner attentivement, le menton appliqué contre la terre, si quelque colonne de vapeur ne vient pas k s'élever et A ondoyer au-dessus de lieux où il ne si? trouve aucuiié humidité causih» par les eaux sauvages.

r.assiodore ajoute une obs<?rvalion que je rapjM'llcrai A raison de sa sitigiilariU^ : d’après lui , les aquiléges mesurent la profoiideitr du courant souterrain par la hauteur à laquelle la vd{a.‘Ur .semble s’élever. « Adduilt etiam in columiné « spccieiii conspici querndam tenuissiiuiiui rutnuiu, qui quanta fuerit allitudiné « fKirrcctuâ ad suttunurtl, tanto in imurti latices laterb cognoscunt. »

Mais cette bpi'ration est, A ce qu'il parait, trés-péniblé, car Pline njoiilc :

« Certior mullo nebulosa exhalatio est antè ortilin Solis longiiis intuentibus

« sed tailtà intentioue tamlorum opusest, tit indolescant. »

•Aussi a-t-on essayé de substituer A la vue simple d'autres moyens de reconnaître si ces vapeurs s’exhalaient; et, par exemple, oit conseille th- inellirà là même heure, sur les lieux où la source est espérée, une aiguille de bois eri équilibre ('); œtlc aiguille est composée de deux parties dont l’uhe doit éir? poreuse et Irès-hygrométricjue , comme l'aune; puis, s’il si* dégage elTeclivcinent de la vapeur, rextrt'miilé poreuse s'inelinera vers la terre.

Vitruve engage encoh' A creuser un puits de 3 pieds de diaimMre sur ,5 A 6 de profondeur et de placer au fond. lors(|ue le soleil se couche, un vase d airain ou de plomb frotté d'huile; on renverse ce vase, on rctnplil la fosse avec des planches et des feuillages qu'on rei-ouvre avec de la ItTre, et si le leiidemain des gouttes d'eau sont attachées au vase, il afUrnie que la nappe liquide est au-dessous et qu'on la trouvera en creusant.

abondante, c'est-it-dire sur la üu de l'été, qu'il faut la jauger. C'est ce que recouimandait aus.si le jurisconsulte Clpien dans la loi J", ^ a, tî., tit. XIII, llb. XilII : (law. dil41, umper eerlior at naturali» cunia ftumiimm mlalf poliks qmm hqeme... mina ad irquinoxium uuluiiiuulirtferlur.

P) Ce procédé, recommandé par Belidor, a été inventé par le père Kirker

1(0 ' HISTOIRE DES FONTAINES PDBUQDES DE DUON. — I» PAarm.

Belidor prétend, d'après Cassiodore, que si des tourbillons ou nuées de petits moucherons volent près de la terre, toujours à la inèiue place, c'est qu'ils sout attirés pur quelques exhalaisons de vapeur provenant d’une veine fluide (').

Il recommande, à l'exemple de Vitruve, de noter les lieux où l'on rencontre des joncs, des roseaux, du baume sauvage, de l'argentine, du lierre terrestre, lorsque ces plantes ne peuvent être nourries par les eaux sauvages.

Pline prescrit de faire des fouilles au point précis où l'on voit des masses de grenouilles semblant couver, tant elles pressent la terre pour s approprier les vapeurs qui s'en exhalent.

Quand le sol est recouvert de gelée blanche, il est facile de s'assurer si un courant existe à peu de profondeur, car cette gelée ne tient pas sur sa direction. J ai eu plusieurs fois l occasion de faire celte remarque dans les temps de neige, eu suivant la direction de l'aqueduc de Dijon. La neige s'affaisse et fond en partie sur la ligne suivie par cette construction, bien que la voûte soit partout à plus de 1 mètre sous terre et que l’eau coule encore à l mètre audessous de l'extrados de celte voûte, recouverte elle-même d'une chape.

Tels sont les principaux procédés que nous ont légués les anciens pour la découverte des sources. Mais avant de clore avec les traditions du passé, me sera-t-il permis de rappeler que Moïse, faisant jaillir une source dans le désert, devait avoir des imitateurs jaloux de renouveler la lutte que les devins de Pharaon ne craignirtml pas d engager avec le libérateur du peuple juif ?

Aussi voyait-on déjà, dans le quinzième siècle, des hommes marchant à la découverte des sources, tenant deux des branches d'une fourche de coudrier et attendant que la troisième, en s'inclinant irrésistiblement vers la terre, indiquât la présence d'une nappe souterraine.

Le plus célèbre de la secte fut un nommé Jacques .Aymard, qui fit grand bruit à Paris en 1693. Sur Tordre de Colbert, Tabbé Gallois le présenta à l'Académie ; mais la docte assemblée lui tendit un piège dans lequel se brisa la baguette en-

(•) Co signe, suivant Cassiodore , est infaillible pour les aquiléges :

• Sole autem declarato, intuontur etiam magistri loca solliciti, «t ubi supra terra minutissi-

• maruen rolitare spissum examen conspexerint omnind muscamm , tune promittunt l0ti facUè

• quod quemtur inreniri. »

CHAPfTRE m. — DES CHEHCHECRS DE .SOURCES AAiOENS ET MODERNES. 121

chanUk'dii faux Moïse elle i-ours de ses miracles si varit's fut brusquement interrompu. ün sait que la baguette divinatoire, saliuïe sous les noms de Verge de Moîs<;. de [tiïton de Jaeob, de Verge d’Aaron, n’avait pas seulement la vertu de déeouvrir des sourres; elle tournait de plus sur les mi'laux, sur les trt^sors, sur les meurtriers qu’elle livrait à la jiisliee, et .sur les reliques des saints rt^gulièremenl eanonisi^s : sa vertu ert^a de tels prodiges qu’on reroiinit, pour l'expliquer, à l'intervention des puissances infernales; Mélnnehtlion lui-mAme, run des lii'ros de la religion rAformi'e, parlant des liions de mine qu’elle aidait A dAeoiivrir. ne putexpliquer autrement eetle pnq)riét<'‘ singulièn^ que par des relations sympathiques qui uniraient ensemble les végf'tavix et les minéraux.

Ün e.st autorisé h croire que le culte de la baguette était déjà pratiqué dans l'antiquité. Klle est mentionnée lians les écrits de Neubeusius. de Varron, d’ Agricole, de Cicéron : roraleur romain, dans les conseils qu'il donne à son fils Marc, lui défend de se dérolvr aux affaires publiques lors même qu'il découvrirait un tn'xsor par la grâce delà baguette divine: «Quid si omnia nobis quæ « ad victum eultumque pertinent, quasi virgulà divinâ. ut aiunt, suppedita- « rentur. »

Mais il y avait aussi, à cette époque, des gens ilifticiles qui ne prêtaient pas foi aisément à ces prodiges.

l'n cbercbeur de trésors avait proposé au poète Ennius d’en découvrir un moyennant un drachme ; je vous donne de bon cœur ce drachme, répondit-il, mais à prendre sur le trésor que vous trouven'Z ;

tyuilius divitia.s polticentur, ab iis dracUmaui ipsi petunl.

I)i> his divitiis deiiucaiii drachmain , reddaui cætera.

Lorsqu une source avait été trouvée par les procédés racontés avant la p<‘tite 'digression sur la baguette divinatoire, il fallait en tirer le meilleur parti pos sible: Vitruve donne le moyen suivant de la mettre à profit. *

Si les signes que nous venons de décrire, dit-il, se nmeontrent en quelque lieu, il faudra y creuser un puits, et si l'on aperçoit une source, en faim plusieurs autres à l'entour et les réunir par de petites galeries souterraines.

• Ces précautions semblent indicpier que Vitruve ne comptait guère que sur ■ des suintements dont il cherchait à augmenter le volume en les réunissant tous.

Cependant il semble n'snlter d’une lettre déjà citée et écrite par Cassiodore,

HISTOtRE DES FONTAINES PCBUQÜES DE DIJON, — 1~ PARTIE.

que l’on arrivait parfois A dt-s ri^iultals bien plus iiuporlants, puisqu'il y reromuiaiule formellement au ma"istrat de faire accompagner l aquilAge d'Afrique par un homme habile dans la m('*eaiiique et sachant i^lever les eaux que l'oB viendrait à dtk;ouvrir.

Telle est A peu près la série des pronï«h’“s auxquels on avait recours dans les temps anciens pour découvrir des soiirws, et qui constituaient la science de ra(juilège.

Avant d'arriver aux méthodes d'iiive.stigalion d uu chercheur de sources, dont le nom a été souvent répété dans les feuilles publiques, je vais donner quelques résultats dus à l‘ex[>érience éclairée de M. l'ingénieur en chef Belgrand.

» Dhposilion des sources dans le qranit. — Les sources du granit se trouvent aussi bien sur les flancs des coteaux qu'au fond des vallées: lorsipi'elles sont sur le flanc d'uii coteau on peut les rec imnaître de loin, d'abord A la végétation bj-aucoup plus active (|ui les entoure, mais surtout A 1a forme du terrain qui semble plus déprimé ; on dirait ipie le flanc du coteau, ramolli par l'eau , $ est affaissé brus<|ucment sur lui-môine.

« Lorsque l'eau de source est bonne, au dire des paysans, c'est-à-dire quand elle conserve à peu près une température constante, l'été et l'hiver, 1 herbe y peste longtemps verte dans la saison froide.

« Dans les bois du Morvan, les sources sont toujours indiquées par la présence. de l'aune (fpi'ott nomme verne en langage du pays); aussi désigne-t-on tous les endroits humides du bois par les noms de veniet, vernis, veniier.

« Dans les üTrains stratifiés, les sources .soutenues par un terrain imperméable se montrent surtout dans les dépriMisions des coteaux: elles sont d'autant plus belles que les dépres.sions sont plus profondes; les plus fortes sont au fond des vallées secondaires les plus importantes; il est très-rare qu'une très-belle source soit sur le bord même de la vallée jirincipale.

<■ Dans les terrains entièrement jwrinéables, les sources sont toujours placées au fond des- vallées les plus profondes; les plus belles émergent vis-A-vis le point de jonction d'une vallée secondaire.»

J'ai eu, dans plusieurs circonstances, l'occasion de vérifier moi-nièiue l’exactitude de (%s assertions.

1' Eu ce qui concerne la puissance de la végétation.

CHAPmiB m — DES CHERCHErKS DE SOURCES AMIENS ET MODERNES. 193

line source, qu'on appelle à Dijon la fontaine des Suisses, avait presque entièrement di.sparu : elle ne donnait plus que 1/5 de litre h la minute. Or, deui lignes de peii|>liers plantés le long de la petite vallée que la source parcourt •ITraieut le phénomène .suivant : les [>eiipliers avaient été plantés à la nièinr époque, et cependant le premier de chaque ligne présentait un développement plus que double des suivants.

Je fis creuser une tranchée dans le lieu présumé d'oi'i devait émerger la sourcn, at je, remarquai que les racines des deux premiers arbres s'étaient avancées de 8 k 10 mètres vers cette source, au milieu du bassin naturel de laquelle, elles s'étaient établies pour s'en emparer en entier. Quelques travaux modilièrenl le cours de la source, et son volume redevint égal k 12 et 13 litres par minute.

T J'ai reCyOnnu aussi, h la suite de terrassements exécutés au point de jonctien des vallées secondaio's avec la vallée principale, dans les terrains calcaires, l exislence de cours d'eau se dirigeant vers la vallée principale dans des conduits k pe.n près circulaires formés par les dépôts siicecssifs de carbonate de chauj qui agglutinaient les sables dont le sous-sol du vallon était composé.

C'est même pour n'cueillir au besoin ces sources, dont j'avais reconnu l'existence, que j'ai établi des pris«‘s d'eau près de la fontaine du Hosoir, dans l’aquedne qui la conduit k Dijon.

L'un des chercheurs de sources les plus eonniis dans le temps actuel, ainsi que je le disais plus haut, est M. l'abbé Paramel. Quelques détails sur sa méthode m ont été fournis par M. l'ingénieur en chef Parandier.

M. l'abbé Paramel n’esl point un géologue connu, peut-être même n’esl^il pas géologue; mais, à coup sûr, il possède certaines eonnaissances empiriques qui le dirigent dans ses excursions hydrauliques. LablM* l'aramel ne commmiiqueà personne scs moyens d investigation; — il était eependani facile à un géologue exercé de les deviner, s il lui était donné d arcompagner cet hydroscope dans une de ses excursions; M. 1 ingénieur en chef Parandier devait donc être pour M. Paramel un dangereux compagnon de. course s'il voulait conserver son serrcl intact. ■Aussi les quelques lignes suivantes témoigneront que ce secret a été surpris.

Le prm'édé d'exploration de M. Paramel, bien que reposant, comme on le verra, sur une base rationnelle, préwuile néanmoins un large côté aléatoire: ses succès ne peuvent donc point se compter )iar le nombre de s*’s promenades. Mais arrivons aux renseignements précis «|ue M. Parandier a eu l obligeance de me transmettre.

aiST(NltE DES PONTAtNES PrBUQDES DE DIJON. — I" PARTIE.

lat

Dans les terrains mas.sifs, c,Vst-à-<lire non stralifii^s, le relief riu terrain présente des formes arrondies.

Lorsque la masse minérale, à raison de.sa dundé et de sa eohésion, a pu résister aux érosions plus ou moins violentes des cataclysmes, rinclinaison des eôteaui est rapide comme dans les chaînes de montagnes granitiques.

Si h« terrains ina.ssifs sont argileux, marneux et peu résistants, leurs formes sont plus mollement accusé<“s et les pentes des versants moins rapides : l’altération que subissent, à la longue, ces marnes on ces argiles vient encore, s’ajouter k leur facilité d’érosion pour déterminer, comme consétjuence, l'adoucissement des versants sur lesquels elles n-posenl.

Enfin lorsqvie, dans les terrains strati(ié-s, une assis<( d argile on de marne est intercalée entre des ma.sses rocheuses »d n^sistantes, il est aisi* de s'en apercevoir au premier aspect général d’une loc.alité : en effet, le profil du relief, d abrupte et de .saccadé (ju'il <>st toujours à l'aflleurement des couches rwheuses, passe, bru.squement à une pente douce ou arrondie dans la partie correspondante à la couche altérable.

Ces circonstances de relief des terrains (jue M. Paramel connaît par son expérience,sinon par une appropriation scientifique, lui donnent immédiatement la clef de la nature du sous-sol qu’il doit considérer : premier moyen d’investigation. L'état et la nature de la végétation lui en offrent un second.

Eneffet.au fur et à mesure que M. l’abbé Paramel remonte à pas lents un vallon ou une dépression continue pour y découvrir une source, on voit bien aux regards qu’il jette sur les plantes et sur le sol, qu'il cherche i\ induire de la nature et de la force végétatives des premières, d’une part; et, d autre part, de la consistance du second, la présence pl us ou me i ns pn ibahle des eaux . et même leu r [)rofondeii r approximative au-dessous de la superficie du terrain.

Nous pouvons maintenant nousfain* une idée de la méthode de M. Paramel. El. d'abord, suivons-lc sur un plateau composa' de masses rocheuses et stratifiées : ces plateaux, généralement recouverts d’une faible épai.sseur de terrain détritique perméable, sont eux-mèraes absorbants. Souvent même, lorscpie ces plateaux forment des bassins fermés, on les voit perforés par des bas-fonds, puits ou entonnoirs où se perdent les eaux pluviales; ils sont d’ailleurs latéralement découpés par des gorges plus ou moins profondes, où, par une foule de fissures, se rendent plus ou moins promptement les eaux. Surces terrains, qui présentent

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