CHAPITRE III.— PUITS ARTESIENS
k forer un puits artésien dont le débit, suivant l’espérunee qu’il a coneiie, s'ébV vera à H, 000 métros cubes dans les vinsit-ipiatre heures. Ce sondeur, pour arriver à ce résultat, donne au forapi», apn’’s son revvlrmrnt en bois, un diamètre franc de 00 centimètres. C'est sur ce diamètre inusité qu'il compte pour accomplir sa promesse.
Si le produit d'un forape prandissait suivant la loi résultant de l'accroissement du rayon, le puits artésien de M. Kind fournirait par jour à la hauteur d'environ .*18 mèlrt's au-dessus du niveau de la mer, cote du sol au puits de Grenelle ;
20'" X CO X CO X 1728" ’ X a> = fi0.000" ’
en ne promettant que le (|uarl de ce nombre, le soudeur allemand, sans doute, aura cru faire une part suffisante aux mauvaisi's chances.
Mais, si je ne me trompe, on est autorisé à iniinire des considérations précédentes que si M. Kind réussit, ce n'est point au diamètre inusité du forage qu'il devra son sua-ès, c’est à l’imprévu seul qu'il pourra le demander (*), c’est de la rencontre d'une nappe plus abondante qu’il pourra l'attendre. Il peut aussi réussir en donnant au forage une profondeur plus grande que celle du puits de Grenelle.
M. Mulot a annoncé ce résultat comme probable en demandant au ministre des travaux publies, en mai l.Si3, l’autorisation de faire un puits artésien au Jardin des Plantes. M. Mulot, d’après les expériences de .MM. Arapo et M'alferdin, espérait obtenir pour l'eau de ce puits une température de .3C à 37“ ; ce qui aurait permis, suivant le projet formé à celte époque, de créer des bains et des lavoirs publics à prix réduits et de chaulïer sans frais les serres du Jardin des Plantes. M. Mulot comptait d'ailleurs .sur un volume considérable, et voici les motifs très-rationnels sur lesquels il basait .son opinion : Paris est placé au ctmlre du bassin crayeux, au point où celte formation présente l épaisseur la plus grande; on y a obtenu le puits de Grenelle. Que l’on se nqiorle maintenant aux extrémités de ce bassin ou des forages ont été également exécuté's, et voyons à quels résultats ou est panenu. .\ Elbeuf, M. Mulot a prati<[ué plusieurs forages; tous ont donné de l'eau juillis.saiile; en celle localité, il a rencontré trois nappes parfaitement distinctes : la première a toujours été la moins abon-
p) Les sables verts, eomme on fa vu, prcsculeut une pcrméabililé Ircs-snriable.
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niSTOlKE DES FOIHTAINES PITBUQIIES DE DIJON —I'* PARTIE.
dAnlP. A Tours, M.H. fMgouwV d Mulot ont rentonln- huit nappes ('•gaiement distinctes; la premiiTe ne donnait qu’un produit relatif pres<iuc insignifiant. Les sables, au fur et à mesure qu’on descend, deviennent de moins en moins argileux et pr('’sentent ainsi une perm(?abilili' beaucoup plus grande.
Or, à Paris, on n’est encore arrivé qu’à la pn-mière nappe : on n a fait (ju’aborder le terrain dtü argiles, gW^s et sables verts, dans lequel on a profondément p<'ni*tré à KIbeuf, à Tours et dans les environs de eette dernif're ville. 1,’analogie permet donc d’esp(''rer qu’en descendant le forage dans la couche que l’on a à peine effleiiive à Paris, on obtiendra des produits supérieurs à ceux du puits de Grenelle. Kt ces produits, s'ils arrivent au sol, ne seront point dus an dianu'-lre du forage mais à la rencontre de sables moins argileux pénétrés |>ur une masse liquide plus abondante et filtrant plus aisénienl à travers des couche.s aquifères d’une perméabilité plus grande.
G-tte discussion sommaire ne m'a point paru sans intérêt: on doit rendre toujours à G-sar (» qui appartient à O'-sar, ne s’agirait-il (jue de sa pen.sée. FJ, cela dit, je fais les vœux les plus sincères pour les succès du forage de M. Kind ; je désire vivement qu’en eette circonstance spéciale la fortune soit encore à ceux (pii ne craignent pas de la tenter.
PalU «rténlcflii 4m ville 49 Tmit».
A l’appui des considérations générales que j’ai précj’demment développ{''es sur les puits artésiens, qu’il me soit encore permis de donner quelques détails précis sur les forages exécutés à Tours. Je dois ces détails à l’obligeam* de M. l’architccle-voyer Chauveau.
Ces renseignements, sur l'exactitude desquels on peut compter, seront d'ailleurs la c(jnstalation de résultats pratiques importants; — ils montreront que la hauteur hydrostatique (') des puits diminue avec Taccroissi’mcnt du nombre des sondages ; qu’il y a pres(iuc toujours avantage à ne point s’arrêter aux premières napp(’s rencontrées: ils feront percevoir les causes auxquelles on peut attribuer la diminution de (b'bit des puits arU-siens et les moyens de. retrouver les dc-bils initiaux ; ils ne laisseront aucun doute sur la dépendance qui existe entre les
(') On sait qun Ton appelle hauteur byaroslaliquo d’un puits artésien celle qu'il prend lorsqiio son debil rsl rr^duit à 0.
QUPnRE lU.— PDITS ARTÉSIENS.
puiU artésiens d'une même Iwalilé; dépcmlaiice dont lescITeIsse foui parfois res.senlir à des distances assez fraudes, tandis i|u'ellc (*sl souvent inappréciable dans des puits très-rapprochés les uns des autres. Enlin, il résultera de ces documents que le diamètre du forage n'a sur le débit que l inlluence restreinte dont j'ai cherché à indiquer les limites.
Terrain dans lequel sont forés les puits de Tours. — Les puits lie Tours sont tous forés dans le même terrain; leur profondeur. ne varie que [larce ipTils ont été plus ou moins de.sceiidus dans la couche d argile, grés et sables verts aquifères. .Après avoir traversé les terrains de remblais, d'alluvion et les sables de la Loire, qui olTrciil, réunis, une puissance de i à 12 mètres, on atteint la formation crayeuse, dont la surface supérieure se relève légèrement sur ci'rtains points et atteint même une hauteur sujM'rieure A l'étiage de la Ldre. Celte formation, dont l'épaisseur est de 8U A tH) métrr's depuis les sablt»s de la Loire jusqu'aux argiles vertes, renferme dans .sa partie sup(^rieure quelques bancs de calcaire grossier, de grès calcaire: la partie inférieure passe à la glauconie, sur une épaisseur plus ou moins grande, et recouvr»^ enfin les argiles, sables ut grès verts qui alternent d'une manière très-irrégulière.
Les .sidiles verts supérieurs sont plus argileux et ne contiennent que très-peu d’eau; à mesure que l'on atteint une plus grande profondeur, ciîs sables deviennent plus purs et plus vifs et renferment des nappes plus abondantes.
Lu couche d'argile, grès et sables verts a été explorée sur une profondeur de 60 A 80 mètres, et de belles sources artésiennes peuvent être tir»'“es de a>tte profondeur dans une couche do sable coijuillier contenant de nombreux rognons de grès vert et queh|uefois une assez grande quantité de lignite.
Les pn-mières sources, qu'on ne trouvait généralement qu'à une profondeur de 5 à 10 mètres apn'-s avoir attaqué les argiles et les grès verts, s'élevaient à peine à la surface du sol et ne donnaient au plus que 2 A 3 litres d'eau A la minute; puis, après avoir creusé de 1.5 à 20 mètres plus bas, on obtenait des sources de plus en plus ascendantes et fournissant 400 A 600 litres à la minute A la hauteur du sol; enfin, après s'ètre engagé de 60 a 80 mètres dans ces mêmes terrains, ce qui n'a eu lieu que pour les derniers puits, on a vu couler au niveau du sol jumpi'A 3,000 litn-s d'eau à la minute.
F-’eau provenant des sondages pratiqués A Tours est limpide; elfe A une très-
lOS IIISTOIKE DES FOVTAIN'ES PUBLIQUES DE DIJON. — 1" PARTIE
légÎTp odeur sulfurousi* qui se recoiiuiiitrait diflkilement sur une petite quantité deau; elle toloo? les pavés sur lescjuels elle coule d'une teinte rouge ferrugineuse : elle est trés-eeiiiveuable pour les usages domestiques, les savonnages, la cuisson des légumes.
Son analyse a donné les résultats suivants :
Sur 1,000 parties, elle contient ;
Eau pure 099,(15S
Earbonale de chaux 0,180
Hydrocblorate de soude. . . . 0,003
Oxyde de 1er 0,020
Barégiiie 0,017
Silice 0,013
Sulfate de souiie 0,000
Alumine 0,001
Magnésie (quelques traces). . . »
Total. ..... l.(MIO,000
La température de ces eaux l'st de 17" 1/2 A 18" centigrades.
Le premier puits (planche 20) a été foré à Tours en 1830, sur la place de la Cathédrale; lorsqu’on a atteint les terrains aquifères, il était facile de traverser les sables verts Irés-légérement argileux qui sc; soutenaient bien et permettaient d'atteindre une deuxième et même une troisième nappe sans (ju'il fût nécessaire de placer des tuyaux de retenue pour prévenir les éboulements dans le sondage.
Au deuxième et au troisième puits, les sables des sources su])érieures se sont encore asst^z bien maintenus, mais après le quatrième puits, qui a donné en un instant plus de 1,100 litres A la minute, les sables verts sont devenus sensiblement plus mobiles et celte mobilité a été bien plus grande encore dans les derniers sondages pour lesquels plusieurs jeux de tubes de retenue étaient indispensables dans chaque puits, afin de luaiiileuir les sables des sources supérieures.
La multiplicité des sondages, et par suite le grand volume de sable fin qui remontait A la surface avec les eaux obtenues, a donc singulièrement augmenté