CHAPITRE in. — PriTS ARTESIENS
Le niveau du troisième puils, qui donnait 173 litres à 1" 80 au-dessus du sol, montait à une hauteur de 11" 10.
Enfin on vit le niveau du i]uatri(''me puits, le premier ([ui ail fourni une belle source artt%ienne. (1,110 litres à la minute à t"80 au-dessus du sol), s’élever jusqu à 18" 80 au-dessus du sol de la cour du quartier de cavalerie.
Celte ascension a été la plus considérable de toutes. Les forages postérieurs ont donné presque tous une quantité d'eau beaucoup plus grande, mais leur hauteur hydrostatique est toujours allée on diminuant; le volume débité à des hauteurs croissantes s'affaiblissait, d’ailleurs, avec une extrême rapidité, et cette dernière circonstance a efl'rayé les propriétaires des puits, qui ont lini par se prêter difficilement aux expériences relatives à l'élévation de la colonne hydrostatique.
La diminution graduelle de la puissance ascensionnelle de l'eau me semble déjà une preuve évidente de la dépendance réciproque des différents puils entre eux; en effet, nu fur et A mesure que l'on tire plus d'eau de la couche aquifère, la hauteur d'un piézomètrc qui mesurerait la puissance ascensionnelle de la nappe doit diminuer, puisqu'une plus grande portion de la hauteur libre du liquide est absorlx'c par les frottements. Si donc, les différents puils s alimentent à la même nappe, ils doivent tous éprouver, a différents degrés, rinllucnce des forages antérieurs, et c’est, en effet, ce que l'on voit arriver.
Mais il existe de celte dépendance des preuves plus directes, ainsi que le fait observer M. Chauveau.
Dépendance réciproifue des puits artésiens de Tours {'). — M. Chauveau remarqua un malin que le débit de son puits, situé au prieuré de Saint-Eloi, avait augmenté de près de moitié. Etonné do cet incident, il voulut savoir si les autres puits avaient éprouvé la même augmentation et il apprit, au contraire, que chez M. Cbampoise.au, une fusée de sable avait obstrué sur une grande hauteur le tube d'ascension du puits foré. M. Champoiseau fit réparer son puits, et, quelques mois après, M. Chauveau, à l'aspect du sien qui avait repris son volume primitif, annonça, sans l'avoir vérifié, que l'opération de M. Champoiseau avait réussi et l'assertion était vraie.
(•) Voir sur ta planche. 22 la position relative des puils do Tours.
nLSTOIRE DES FONTAINES Pl!BIJ(tl'ES DE DIJON. — I" PARTIE.
M. Cliauveaii ajoulo ([uo touU-s les fois qui’ M. Champoisoau laissait couIit 1 eau de son puits au niveau du sol, celle du puits de la cour ('.liarleniagiie montait à peine au niveau du Imssin quelle devait alimenter, mais ipie si la roue molriee de l'usine de M. Champoiscau fonctionnait, ce qui exigeait que l'eau du premier forage frtt relevée à G inMn’s environ au-dessus du sol, le débit du puits de la cour Charlemagne reprenait la valeur de 150 litres par minute à 1a hauteur du bassin pré-cité.
D'autre part, on est porté à croire que ce même puits de .11. Cbampoiseau u'i-st pus en communication avec ceux de lu brasserie de .M. Tessier, dont cependant il n'est éloigné que d'environ GO mètres. En elTel, en laissant couler l'eau des puits de M. Tessier, soit à 4” 74 plus lias que rorifiee du juiits de 11. Chanipoiseau, soit h 0"“7G plus haut que ce même oriüee, le volume débité par le puits fon^ de .M. Cbampoiseau reste constant.
D'autres faits, au contraire, sendderaiènt établir qu'une communicationex iste entre des .sondages trèsH-loignés les uns des autres.
M. le docteur Bn’lonneau a fait forer un puits artésien sur un point de 10 mètres environ plus élevé que le sol moyen de lu ville de Tours; ce puits, qui avait donné un assi-z beau résultat, a diminué par saecades au fur et à mesure que l'on forait de nouveaux puits A Tours et notamment le jour où l'on a trouvé l’eau à l'abattoir de celle ville, qui cependant est A 1,350 mètres de distance du puits de M. Bretonneau.
En général, les derniers sondages ont presque toujours enlevé une quantité notable d’eau aux puits antérieurement existants.
On voit ainsi quelle influence peuvent exercer, sur le débit d’un puits artésien, un tubage imparfait ou le creusage A proximité d'un nouveau puits descendu jusqu'aux mêmes couches aquifères et coulant, par exemple, A un niveau inférieur au premier.
Iæ tableau suivant, sur lequel sont indiqués les principaux puits creusés à Tours, permettra encore de tirer quelques conséquences relatives A l’influence des diamètres.