CHAPITRE II — DISTRIBUTION INTERIEl’RE. RESERVOIRS
Ce point pst k 0"45 en contro-bas «le la cn'te du tuyau n'gulaleur. Il est évident que l'eau de la deuxième voûte annulaire baissera de la mûine quantité. Cette partie du n'-servoir se sera donc vidée de tout le volume correspondant, ce qui produirait, comme on peut s'en assurer, un notable déficit.
Il est, du reste, facile de s'opposer à l'cITet que je viens d indiquer : il suffira, pour cela, de pratiquer une ouverture dans l'un des regards de la première voûte annulaire ou de placer un tuyau qui, pernietlant û l'air extérieur d'arriver sous cette voûte, maintiendra la pression almosphérique que le dégagement d'air par le tuyau régulateur tend sans cesse à diminuer.
J'ajouterai, en terminant, que tous les effets ei-dessus signalés ont été vérifiés par l'expérience.
Indépendamment du résfjrvoirde la porte Cuillaume, j'ai reconnu la convenance d’en établir un second A la porte neuve, près d’une propriété appelée Hontmusard ; mais avant de le décrire, je dois expliquer les motifs qui m'ont déterminé A l'établir.
!/■ premier réservoir, malgré l’abondance de la source, était indispensable. En effet, en premier lieu, raqueduc et les ponts-aqueducs auront lût ou tard besoin de réparations; pendant l’intervalle de temps nén^ssaire pour les opérer, les eaux de la source du Uosoir n'arriveront plus A llijon; il fallait absolument qu'un vaste réservoir permit d’approvisionner la ville pendant l'interruption de leur cours; or, en supposant que chaque habitant dépense moyennement 20 litres par jour ('), les fontaines et les bornes-fontaines jaillissantes arrêtées, on trouve que, la population étant de 27,000 habitants, en nombre rond, on aura A faire face à une dépen.se de 5i0 mètres cubes d’eau par jour; ainsi la capacité du réservoir étant de 2,313“-'-, il pounoirait pendant quatre A cinq jours A l’alimentation de la ville. Cet intervalle de temps est suffisant A p*iini-.
En second lieu, l’arrosage des rues pendant les grandes chaleurs exige une dépense d’environ 8 mètres cubes par minute; or, A cette époque, le débit de la source arrive seulement A 4 mètres cubes : on doit donc, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, trouver dans le réservoir rapprovisionnement nécessaire à l'excès de la dépense sur le débit, ou environ 1 mètres culx's par minute. En comparant ce débit supplémentaire à la eapacité du réservoir, il est facile do
(') On so réduirsit, dans po cas, au strict nécessaire pour ralimenlalion des habitants.
rrmarquer que cette dernière est telle quelle peut satisfaire à toutes les exigences de l'arrosage; il faudrait, en effet, huit heures pour vider le réservoir et lors même qu'on laisserait couler les bornes pendant ces huit heures entières, il aurait encore le temps de se remplir pour le lendemain et pourrait ainsi fournir indéfiniment le même débit aux bornes-fontaines.
Mais la première condition relative aux réparations de l'aqueduc est moins largement satisfaite. Quatre ou cinq jours, en effet, sont promptement écoulés, et il serait possible que les travaux fussent parfois d'une nature telle qu'ils exigeassent un délai plus considérable. Dans cette prévision, il y aurait eu imprudence à se contenter du seul réservoir de la porte Guillaume, car on ne saurait admettre que la distribution pui.sse être interrompue. Cette considération seule m'aurait dom; déterminé è créer un deuxième réservoir.
Mais ici une réflexion toute naturelle s<‘ présfmte; on me répondra : pourquoi n'avoir j>as donné au réservoir de la porte Guillaume des dimensions plus vastes? Il y a en effet économie t\ construire un réservoir d'une capacité double, au lieu d'établir deux réservoirs de capacités égales.
L’objection serait fondée si je n’avais eu pour but que d’obtenir un approvisionnement double; mais deux motifs péremptoires demandaient que je séparasse les réservoirs, et ces motifs, les voici :
L’artère principale part du réservoir de la porte Guillaume, traverse la ville dans le sens de toute sa longueur, .sort à la porte neuve, et, se relevant sur le versant de Montmusard, pénètre en ce point dans le second réservoir, appelé n^servoir de Montmu.sard; ainsi chacune des extrémités de l’artère principale est servie par un réservoir.
Imaginons que la partie de l’artère principale comprise entre le réservoir de la porte Guillaume et la rue Dauphine, où se trouve un premier robinet d’arrêt, soit en vidange pour cause de réparations ; supposons même que la nature des réparations à exécuter soit telle que cette artère doive êtn' vidée jusqu’à la salle de spectacle, où existe un deuxième robinet d'arrêt. Dans le cas d'un seul réservoir, on conçoit immédiatement que dans l'une comme dans l'autre hypothèse la ville serait entièrement privée d’eau pendant les délais nécessités par la restauration de la conduite, tandis qu’au moyen du deuxième ré.servoir et des tuyaux de jonction qui réunissent tous les répartiteurs, l'alimentation de l’extrémité de l’artère principale qui aboutit à ce deuxième réservoir permettra de
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servir toutes les bornes-fontaines de la ville, à l’exception toutefois de (juelques bornes directement branchées sur l'artère principale.
Donc et d'abord, au moyen de la séparation des n'scrvoirs et du choi.x de l'emplacement adopté pour celui de Hontmusard, on n'aura jamais à craindre, même dans les circonstances les plus défavorables, d'interniption dans Icscnice, et l'on n'aura pas eu besoin pour arriver à ce résultat important de recourir au système onéreux dos conduites doubles.
Si l'on jette les yeux sur la troisième partie de cet ouvrage, chapitn^ il, on reconnaîtra d'ailleurs que l'alimentation de la conduite principale par ses deux extrémités donnera le moyen de fournir aux points d'écoulement un volume d'e.au beaucoup plus considérable que si elle était servie par une de ses extrémités seulement.
Telles sont les deux considérations principales qui m'ont déterminé h établir le deuxième réservoir; cependant, il est encore un motif que je ne dois pas omettre, câr, dans une distribution d'eau, il faut toujours chercher à prévoir les cas les plus défavorables pour y porter remède.
Le réservoir de la porte Guillaume peut avoir besoin de réparations ; les travaux, devenus nécessaires, n'arrêteraient point, il est vrai, cette partie de l'alimentation des bornes-fontaines destinée aux usages domestiques; car la prise d'eau a été disposée de manière que la mère-conduite pùt être directement servie par l'aqueduc; mais on n'a pas oublié, sans doute, que le volume seul de la source ne suffirait pas pour un arrosage complet des rues dans cette circonstance: or, cet arrosage complet pourrait avoir lieu au moyen de la réserve du second bassin ajoutée au produit habituel de la source.
Ainsi, en résumé, au moyen de la création du second réservoir et du choix fait de son emplacement, on pourra :
1" Servir constamment les bornes-fontaines, lors môme que l'artère principale .serait en vidange à partir du premier résen'oir jusqu'à la salle de spectacle:
2° Arroser les rues en cas de réparation de ce premier réservoir ;
3° Enfin, augmenter à différents degrés la charge effective des voies d'écoulement, et accroître par suite le volume des eaux versées ou la hauteur à laquelle elles pourront atteindre.
Je n'insisterai pas davantage sur l'utilité du réservoir de Montmusard; je vais passer immédiatement à la description de cet ouvrage.
It^MnoIr de Mealmdaded.
Le i^senoir (') tle .Moiilinus.ird [PI. et H) est établi h environ 450 mètres du centre, du rond-point situé i\ l'origine de l'allée de la retraite, sur le côté droit d'une double ligne d arbres plantés dans le prolongement de la rue de Gray; il est recouvert comme celui de la f>orle Guillaume d'une épaisseur de terrain égale ô 1 mètre; celte disposition maintient smisibiemenl eonstanle la tein|M‘ralnre des eaux qu'il renfernu*. Ce n'servoir présente la forme d'un c^irré, dont le côté dans cenvre est égal à 20 mètres. Il est partagé en cinq parties égales par quatre murs de refend offrant iV leur bast; l épaisseur de 1 mètre et celle de 0"80 à la hautimr de 2" 12; à celle hauteur est placée la naissance des voôtescn plein cintre qui rccotivrenl le réservoir. Il résulte des. dimensions
(') .Mon projet était d'étalilir un vaste udoinfetro au-dessus de l’édicule qui ceuronne le réservoir de Montmiisard : une petite tour ROthique permettait de réaliser (acilcmciit cette idée. La dessin de cette tour est dû à M. Petit, halnle arcliitccte des hospices de Dijon.
M. Hitler, inRénieur, chargé du service hydraulique do la C6tc-d'Or, sous las ordres de M . l'ingénieur en chef Ilaunigarteii, vient de projeter cet udomètre, qui permettra do déterminer la quantité d’eau toniliée correspondant à chaque direction du vent.
Voici la description de cet appareil :
L’udomèiro à établir au sommet do la tour, à l'ouest do la girouette, consiste en un récipient conique en rinc A, île 1 métro do diamètre, entouré d'un cylindre de mémo diamètre, formant au-dessus do la base du cône un rebord de 0“ 20 qui empêche le.s gouttes tombées sur lo récipient d'être projetées en dehors ; la portion inférieure du cylindre garantit des eaux pluviales la face eitéricuro du récipient, auquel elle sert de support.
Un tube de plomb, parti du fond de ce récipient fixe, pénètre dans la chambre de la tour cl va se rendre daus un second récipient mobile It, adapté à la tigo do la girouette, et dont l'ajulago, suivant la direction du vent, fait tomber l'eau de pluie dans l'un des huit compartiments d’une auge annulairo 0 concentrique cl immédiatement inferieun! nu récipient B.
Chacun do ces compartiments communique par un petit orinre avec un réceptacle cylindrique en tôle galvanisée de 0"2ll do diamètre, muni vers l’eilériour d’un tube indicjtteur en verre, .sur lequel on lit, ampUnées dans lo rapport do 25 à 1 , les hauteurs d'eau tombées correspondant à chaque direction du vent.
Un robinet h clef permet, après l'obsen’alion, do vider chaque ri'ceplaclo dans un vase inférieur, d'où les eaux tombent dans les puits de vidange au fond de la tour.
Tout l'appareil intérieur, supporté par une colonnetle et une plaque do fonte, est du reste uaranti de la gelée par un manchon en bois rempli de |wussière do charbon.