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CHAPITRE II. — RECHERCHES FAITES DC XV' Aü XIX* .SIÈCLE

nécessité, en «ng lieu dit le Nouhier au Marlet, distant de Mes-signy d'environ un quart de lieue ('). »

Mais ces experts virent de grandes diflinillés à amener juseju'A Vaiitoux, et, à fortiori, jusqu’à Dijon, les fontaines dont je viens di> parler. Les enfermera-t-on dans des rivières simanle'es <tii dans des cors en hoys. ce qui est chose de grands frays et de peult de profict ! Non : car, suivant eux , il serait inipossilile de prémunir ces constructions contre l'impétuosité de ce torrent, qui descend de telles montagnes que l'on n'en rencontre ni tant, ni de si haultes à trente lieues à l'ciitourt de Dijon; de ce torrent qui, après un orage, put arriver en trois heures à la ville, en faisant pendant le trajet crocs, recoppemeivi de terre et autres dommages: plus encore par lequel ont été plusieurs fois noyés hommes et chevaux, tant sa rapidité est grande.

Sambin et Fleutelot ne jugèrent donc point que des ouvrages d’art présentassent des garanties assez grandes, et ils se décidèrent siinpleinent à prop.ser quelques réparations et modifications dans le cours, mais sans se dissimtiler que a‘s travaux seraient insuffi.sants et ne procureraient de l'eau à la ville que pndant les deux tiers ou les trois quarts de l'annth!.

Voici quelle était leur raison.

Les meuniers de Sainte-Foy, de Messigny, de Vantoux accumulent, avant de moudre, les eaux dans leurs biefs, puis lèvent leurs vannes lorsque ces biefs sont remplis; alors les roues tournent en raison de la quantité et de la chute de l'eau qui les presse; mais, le cube (pii s’écoule par les vannes étant plus considérable que le produit des soun'cs, l'eau emmagasinée dans le bief se trouve bientôt épuisée, et force est de fermer de nouveau les erapdhîments.

De là il résulte, suivant eux, que tandis que les eaux sont arrêtées, le lit de, ce torrent SC dess«>che à l’ardeur du soleil, et quelles ne sont plus suflisantes pour l'abreuver quand on leur ouvre jtassage.

Sambin et Fleutelot déclarèrent donc que, « pour conclure au vray, ne se fault asseurer de pouvoir conduire le diet cours de Suzon en tout temps d'eaulx vives jusipies à la ville , quelques fontaines qui soyent ni que l'on mette dedans : car, ajoutent-ils, toutes eaulx qui se veulent conduyrc loiiig ne doivent jamais

(') Maintenant les eaux de la fontaine de Jouvence sont portées à Messigny par un grand tuyau de fonte.

être retoiiiies; aussi failli quelles chemyneiit toujours pour enlreteiur l'abreuveinent cl la fraisclieur ilu cours de la dicte rivière par où elle est conduite. »

Ces diverses conclusions des experts Sambin et Fleiitelot ont besoin d'être rectiüées. .. El d’abord ce ne serait point un problème difiicile à résoudre qu# de protéRcr un aqueduc maçonné ou des tuyaux de conduite contre l’impétuosité de Suzon. Il ne faudrait i|u'éloigner ces travaux de son cours actuel; ils formi^ raient une dérivation qui recueillerait la totalité des eaux |>endant l été, et une quantité que l'on réglerait par un déversoir et des vannes pendant les crues. Ensuite il n'est jioinl exact de dire qu’il est impossible ipi iin cours d’eau descende à quelque distance de sa .source par le seul fait que des retenues contrarieraient la régularité de sa marclie.

Bien plus, dans un terrain sablonneux, la multiplication des barrages doit produire un effet contrairt*; elle diminue la rapidité des eaux et permet conséquemment au limon détaché des rives de se déposer dans les interstices que les galets laissent entre eux : alors le fond du lit se tapisse de plantes, et 1a perméabilité disparait autant que possible.

,\u contraire, ([ue les eaux de ce torrent ne rencontrent point d’obstacle, elles descendront avec toute la rapidité que leur imprime la pente du lit, le creuseront chaque jour davantage, et pendant l’été dis|mraitrunt complètement dans les sables ainsi mis au nu.

Mais on ne s’en tint point aux conclusions de MM. Fleutelol et Sambin. la; vendredi .') avril 15%, .M. Fremyot, président au parlement de Bourgogne, lut en la Churnbre le rapport de cinq commissaires qui, le mercredi précédent, avaient suivi le cours de Suzon ù l’effet de reconnaître s’il ne serait pas possible de lui donner un régime pérenne.

Le but de ce projet était toujours d'assainir la ville en purifiant le grand égout qui la traversait et la traverse encore aujourd’hui; mais h»s commissaires reviim'iit, convaincus que la solution du problème proposé était impossible. On pouvait , suivant eux, augmenter la durée du cours de Suzon en nettoyant convenablement les fontaines de Ilosay et de Sainte-Foy, mais non la rendre perpétuelle, t\ cause de la perméabilité dos sidiles qui forment le lit de ce torrent.

Bu reste, ils pn'senlèrent plusieurs expédients pour garantir Dijon de 1 insalubrité du cours intérieur. Ouelque.s-uns proposèrent de le clorre et boucher intérieurement et de modifier les pentes des pavés, de telle sorte que les eaux

CBAPITHE II. — HEOffiRGiBS FAITES DU XV* AU XIX' SIÈCLE. 31

ptuvÙleA puiêsaU fitur au dehors de la ville sans entrer dans le cours de Suion.

Mais ce prc^el ne fut point accueilli, parce (pie, pour IVxI^culer, se jugeait falloir de quarante à cinquante mille écus.

D'autres pensèreut qu'il l'allait coiilraindre le.s riverains à conslruini le long ducoursdeSuzon des murs de soiilèneiU(!nl, fermer toutes les portes et fenêtres s’ouvrant sur lui, ou bien enün l’emprisonner dans un atpiedue. Cas di'rnier parti prévalut, et des commissaires lurent nommés pour en assurer l exécution.

Au reste, la possibilité de réaliser le premier plan m; saurait être rtîvo(iuée en doute, à présent même que l’état des lieux a changé. J’ai fait à ce sujet les nivellements nécessaires. La plus grande dilTiculti'* se trouve près de lu rue Dauphine: il faudrait lu remblayer en pente uniforme depuis lu rue de la Liberté jusqu’à la rue du Bourg, conséquemment enterrer (juelques-unes des maisons cpii lu (x>mpose.nt.

Mais il suffit de purcaurir certains quartiers de Dijon pc'ndant une pluie d’orage, pour s’apercevoir que «;t écoulement de .sujHTiicie ne se recommande point sous tous les rapports.

Il me serait facâle de citer certaines maisons qui seraient inabordables, certaines rues qu’on ne pourrait franchir (ju’en se mettant dans l’eau à mi-jambes. Avec un égout, tous ces inconvénients disparaissent. Mais, pour empêcher (pi’il ne développe des maladies contagieuses et ne donne naissance à des miasmes pestilentiels, il serait important qu’il fût ma(;onné et parcouru par une eau vive qui l’assainirail.

Ces vérités ne .sont point nouvelles. Ainsi, le jeudi 2Ü septembre 1001, M. le vicomte maieur Jacquinot fds dit au Conseil de la ville :

« Le cours intérieur de Suzon est presque curé et néloyé pour y recevoir l’eau quand elle viendra: maisestoit besoing, pour rendre icelui net de toutes immondices et ordures qui pourroieuty tomber ou (ttre jcU'‘es,que perpétuellement l’eau y courust, ce qui ne se fait jws en l’esté, qui est 1a saison uéan le moings oii elle seroit le plus de besoing. »

M. le vicomte maieur Jacquinot fils ajoutait qu’il avait souvent entendu dire qu'il était très-facile de rendre perpétuel le cours de Suzon à l’aide de la fontaine dite du Rosay, dont l'eau se perd, pour être la plus grande partie d'icelle remplie de pierres, et de plus, en évitant deux positions près desquelles l’eau de U

HISrOjaE DES FONTAINES WJBUQOES DB DUON. -1- PART».

rivière disparaissait fous terre : l'une devers Ahst»/, et l'autre en ung endroit Je la ruelle tirant à Fontaine.

Il concluait à la nécessité de faire uu voyage sur les lieux et d y conduire gens experLs.

Ou résolut donc de partir le dimanche suivant, et I honorable homme Pierre Monyot, échevin, fut chargé d'assurer un coche pour ceux de cet Uesneurs qui s'y voudront mettre.

Le mardi 2"> septembre , M. le vicomte maïeur présenta è la compagnie le résultat des observations suggért-es par cette visite. L’aspect des lieux lui avait fait perdre 1 es{)érance iju il avait donnée A son Conseil de faire couler toute I année Suzon autour des remparts de 1a ville: il se bornait A assurer qti'on pourrait ramener jusqu’au moulin d .thuy; mais il désespérait de le conduire pcr|)éluellement A Dijon, soit à cause des encavures que .Suzon fait dans les crues , suit A cause des anguillades du cours de ce torrent , soit A cause des sables mouvants A travers lesquels l'eau .s’enfuit.

Les commissaires s en convaimpiirent par une exp<^rience directe, faite d après l’avis de .M. Bryot, conseiller au Parlement.

lz‘ bief du moulin d'Ahuy étant plein, furent levées les vannes qui recevaient l eau pour moudre, et fut congneu que ladite eau, avec un long espace de temps, ne s'écoula que d'environ trois cents toises, et s'arresta pour n’y avoir de la force ni quantité d’eau dans iceluy cours.

Li-s creux et 1e sable mouvant dont parle le vicomte Maïeur sont évidemment des causes de pertes; mais il n'en est point ainsi des anguillades ou sinuosités qui , suivant lui , pourraient se retrancher de beaucoup ; la rectification du lit de ce torrent ne ferait qu’ajouter A l'irrégularité de sa marche; elle augmenterait sa rapidité, pur consiîquent la corrosion de son lit, et pur suite les filtrations.

J ai déjA parlé de plusieurs courses faites le long de Suzon ; mais on a dû remarquer que, jusqu A présent, toutes ces courses s’étaient réduites A des promenades ; point de nivellements, point de jaugeages; nuis projets un peu développés. Tous les mémoires ne se composent que d'observations générales, et de propositions un pini plus générales encore.

A partir de 1 au 1006, les rapports des commissaires que la ville continuait de nommer périodiquement offrirent un caractère plus positif; on ne se contenta plus d indiquer le mal , on travailla A donner le remède.

CMAnruB it.->HBGH8itcHe.s FArrBs DU XV* AU XIX* sihm.

Ce fui le sieur Anloine de Menay, procureur à lu cour ilu piirlemenl de Dijiui, qui eiilra le premier dans celle voie.

Il St- transporta sur le cours de Suzoïi, le iO avril ICiOl», par suite d'une commission spt'-ciale qui lui avait éumoiim'-e par les vicomte maîcur et (sdieviiis. Son raémoini ne fut dt'post^ que le 25 mai de l'aiinée suivanle; il contient trois parties distinctes.

Dans la première, il recherdir- la cause des perles de la rivièrt- de Snron; la seconde est une sorte de proct'-s-verlwl de toutes les sources qui alimentent ce torrent ; dans la troisième il indique un moyen de fain- jouir la ville de Dijon de lu majorité de leur volume.

I.e sieur .Xnloine de Menay sonda le lit île .Siizon en plusieurs endroits. Il reconnut qu'il l'-lait pènèralement compo.vi de roc pourry et entremêle de sable mouvant; il note particulièrement deux points pris, /'«nj mi pen pins bnull yue l'kermitage Saint-Martin, à l'endroit d'une roche où la rivière fait un sault; le second à l’endroit d'une rroù: appelée la Croix de la demy-Uene.

Le n'-sultat de ce sondape montre que cette disparition des .sources qui di*sccndent au lit de Suzon i-st chose fort naturelle. Pendant l'hiver, Dijon reçoit l'cxirs de h-ur volume sur celui des tiltrations; pendant l'ètè, rien n’arrive à la ville, paire que tout est absorbé. Ainsi, pour me servir de la comparaison de l'auleur du mémoire, le lit de Suzon ressemble A un crible : versi'si sur ce dernier en faible quantité, l eau s woulerail si-uleraent par le bas; versée en plus prande abondance, elle si- répandrait de plus par les bords.

Le sieur Anloine de .Henay ebereba A reconnaître si le cours de Suzon avait cessé depuis lonpiies annéi-s d'arriver A la ville ; il prit donc des renseigneinenls vers quelques hommes des phts anciens de la ville de Dijon, qui lui eertillèrent qu'envirou soixante ans auparavant, ils avaient vru, par le travers de la dicte ville jusques à la rivière d'Ouche, l'eau jicrmanente en toutes saisons.

L'auleur du mémoire considère comme constantes ces allégations dont les pages préciblentes démontrent la fausseté et en conclut ipie, comme il y avait fort longtemps, et peut-être plus de deux mille ans, que ladite rivière a naturellement pris son cours où elle est à prisent , elle a miné et traîné le bon terrain qui était dessus les roches et sable mouvant , fait des omertnres en terre par le moyen desquelles lesdites eaux se dissipent et se perdent.

M HISTOIRE DES FONTUNES PDBUQOBS DE DUON. — I'^ PAJtTIB.

Le sieur Auloiiie de Meaay parle, 1“ des sources <le Suzon proprement dites, provenant du Val-dt*-Suzon;

1)«! deux fontaines coulant d une combe dite combe de Genel, siliiiie À un demi-quart de liioie en amont de Sainte-Foy, côté de stqitentriun :

La première, appelée Imtaine de Martin, col»; du levant; et la sw.'onde, fontaine Treuvée, col»i du (;oucliant, des<juclics à la vérité ne sort pas beaucoup d'eau en temps d'été ;

3" Des eaux des «Hangs de Sainte-Foy, qui doivent naissance à deux amples fontain(*s stiparé'es l'une de l'autre, et dont chacune faisait tourner un moulin dt‘s son origine;

4“ En allant vers Dijon et, dans l'c'spac*- d'une demi-liene, il note encore cinq nouvelles fontaines, lesquelles jluent en tout temps et se mettent dans les dites eaux de Suzon et fontaines de Sainte-Foy, savoir :

( lai fontaine au prey du Koy, autrement le pré Driot;

{ Id. du Rosey;

( Id. Chareault;

. . \ Id. Cuisol;

( /(/. Moreine.

Mais il ajoute que, de ces cinq dernitlires fontaines, celle du Rosey est la plus abondante.

Pour reconnaître la force des eaux débitées par toutes ces fontaines, fauteur du mémoire fit lever les vannes di; tous lus moulins établis sur le cours de Suzon, de Sainte-Foy jusqu'à Aliuy inclusivement, et s'aper(;ut alors que les eaux dérivaient fort de moulin en moulin; en sorte que les vamies du moulin étant à l’endroit dudit Ahuy étant levées, lesdites eaux se perdoienl entièrement à quelque huit cents pas plus bas du côté de Dijon.

Preuve irrécusable de la perméabilité du lit de Suzon sur toute son étendue.

Le sieur .ànloine de Menay ne s'arrêta point à fidée d'empr'clier lus tiltrations en corroyant le lit de Suzon; il proposa le ercusago d'un canal latéral d'une sei'tion t»;lle ({U il pût amener à Dijon des eanx en assez grande abondance.

Ce canal ou ftetite saignée dt;vait commencer à la fontaine du Rosoir, laisser le lit actuel de Suzon sur la gauche, enfin avoir huit pieds de large en gtprge revenant à six en bas seulement.

C(îté du i‘oiichant.

Côté du levant..

CnAPITRF. 11. — RECIIERQIES FAITES DO XV AU XIX' SIÈCLE.

Ia» sioiir Anfoino do Monay eslimail qu'il fiounrait coûlor quatre mil quatr^vinqt-troii livres six sols huit deniers.

I.a iMo de ce canal do dt^rivalion se n'iinissait au vieux lit do Suzon par le moyen d’un barrafîo /‘labli p^^'S do la fontaine du Rosoir.

Ce barrapo devait contraindre les faibles eaux dV-ld A jiass(*r par le nouveau lit; quant aux eaux d'hiver, elles cniiliiiuaient A .s’écouler par l'ancien «'ours en surmontant la crf'le du plai-is : la jieiite saiqnéc s«' trouvait ainsi protégée contre l'impétuosité du torrent.

On pouvait obje«-ler A ce projet qu'il enlèverait pendant l'été la force motrice d(*s moulins situés sur l'ancien cours; mais l’auteur du mémoire fait observer, au contraire, que la cn-ation du lit nouveau améliorera ces usines en permettant de les faire jouir des eaux conservées. 11 ajoute que la réalisation de son idée donnerait le moyen de eonstruire deux moulins dans l'intérieur de la ville, et d'accroître ainsi les n'venus de la commune; eiilin, dit-il, (*tU- permanence a des eaux dans la ville est chose du tout nécessaires et commode pour dissip(!r et erimener les immondices que journellement les habitans jettent dans le cours de .Suzon et autres provenant des égoudz des rues y tombant; abreuver les chevaux A toute heure et laver les lescives. »

On voit, par o's derniéms paroles, que le but du sieur de Menay n'avait pas été de pro<-urer de l'eau potable aux habitants : le désir d'assainir la ville lui avait principalement inspiré son projet. KlftsAivcmenl, un canal en terre n’aurait pu satisfain> A la première condition si l’auU'ur du projet se la fût imposée.

Il est peut-être curieux de faire remarquer <pie l'on s’occupait déjA de rendre la rivière d’Ouche navigable, ou du moins d’établir un canal de Dijon jusqu’à la .Saône.

On lit en effet dans iiii mémoire du sieur de Menay ; • Ces eaux (celles de la fontaine du Rosoir) serviront encore A rentier et augmenter la rivière d Ouche pour la rendre navigable , comme sera dit cy-a[irt-s au mémoire de 1a construction du nouveau canal qu'il convient faire A cet effet depuis ladicte ville de Dijon jusqiies en 5>aône. »

ie tenninerai cette analyse paripiolques détails historiques sur le cours de Siixon, détails extraits du même mémoire.

.Suzon, A cette époque, en l(j07, passait sous les arcades de la tour aux Anes,

et traversait la ville : il evistail déjà prés de ce bâtiment un déversoir destiné à régler la quantité d'eau à introduire inira muros.

Le eours pn'>s de l’église des r.apueins était rom{)lélemenl intereeplé. On lit en ellét :

Se fauldra donner ijarde que lesditcs eaux n eschnpitenl en aulcnne faxmn que rc soit dans le vieil canal de Suzon estant joignant l’église des Caimcins, parce que si lesdites eaux y passaient , elles courroient du long du chemin tirant de la belle- Croix au pasquier de Bruy, et pourraient apporter plusieurs incommodités et pertes tant aux vignes qu'aux terres labourables comme cij-devant ladite rivière a f'aict.

■Vinsi, eonimeje le disais, le sieur .\ntoine de Menay a le premier réellement abordé la question de la pérennité de Suzon.

Les eauw's qu’il assigne à la pt'rte des eaux sont réelles, les sourees de Sainte- Foy et du Rosoir sont en effet les plus inipurtanles et 1a dernière suftirait seule [lour atteindre le but qu il s’élait proposé.

Prenant en eonsidération l’impétuosité du torrent, il a pensé que les dégradations auxquelles était sujet raneien lit ne lui permettraient point de l'employer pour amener à Dijon les eaux d été qui y disparaissaient alors, et il a eru avee raison qu’il devait rceourir à un petit canal latéral situé sur la riv»! droite.

.Son projet est loin d'étre sufiisamment étudié: il oublie d'indiquer les portions de e.e eanal qui devraient être corroyées; il ne parle point des fontrc-fos.sés dont il serait nécessaire de l'accompagner pour l’empéclier d'étre rompu, soit par les la-sliaux, soit par les eaux qui descendent de la montagne.

Mais enliii sa proposition, que toutefois il ertt été difficile de réaliser, est Imnne eu principe: il n’engage point à redresser encore un lit déjà beaucoup trop rapide; de plus, raffaibli.ssement successif du volume des eaux de bief en bief lui a montré qu’il s’agissait d'tin travail général à faire, et non point s(mlement (f établir sa petite saignée entre des points déterminés.

Du reste, ce ne fut eiicon' ([u’un projet. Il paraît qu’à cette époque l'idée était généralement répandue que la fontaine du Rosoir avait anciennement jailli avec une extrême abondance; on supposait que son débit d'autrefois suffisait pour entourer les remparts de la vilb^ d'une eau courante en toute saison. On avait aussi 1a conviction que de cette sourw sortait, pendant les grandes pluies,

1 immense volume d eau qui ravageait la vallée de Suzon et noyait les bestiaux et les hommes.

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