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IV. - Les partis

Mauvaise arithmétique, soit, répondent tous nos réformateurs de la peste; mais avec une bonne arithmétique, avec la représentation proportionnelle, nous ferons de bonne politique.

Comment ne voient-ils pas que c'est l'arithmétique même qui est absurde foncièrement ?

La Belgique a expérimenté à peu près tous les procédés qu'on nous recommande, et c'est un député belge, M. Jules Destrées, qui écrit : « En résumé, l'amélioration du personnel parlementaire ne peut pas raisonnablement s'espérer, il n'y a pas grand'chose à attendre d'une modification dans les dispositions réglementaires ou dans les systèmes électoraux; dès lors, selon toute vraisem-

blance, le discrédit du régime ne fera que s'accentuer. »

Quel rapport peuvent avoir des chiffres avec la Constitution et l'exercice du gouvernement?

Avec la représentation proportionnelle, nous assurent ses protagonistes, le suffrage universel s'organisera, nous aurons des partis.

Que leur faut-il donc? L'organisation du désordre ou du suffrage universel ? des partis? — Nous en crevons.

« Le parti, cadre mouvant et incertain, écrit M. J. Dessaint, n'enferme qu'une infime portion, et non la meilleure, de l'activité humaine. Ce qu'il unit, c'est, la plupart du temps, des passions, des rancunes, des idéologies vagues, sous lesquelles se dissimulent parfois des intérêts inavouables. »

Et ce n'est pas d'aujourd'hui. Il y a plus de vingt-trois siècles, Thucydide [Les Guerres du Péloponèse) le notait déjà :

« Les compagnons du même parti se pré-

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feraient aux parents. On contractait ces sortes de liaison pour satisfaire la cupidité, en dépit des lois. Ceux qui établissaient ces ligues contre l'intérêt public basaient leur confiance sur ce qu'ils se connaissaient capables de tout enfreindre en commun. En général, les méchants acquièrent plus aisément la réputation de gens habiles que les maladroits celle d'honnêtes gens. On a honte de la maladresse, la méchanceté devient un titre de gloire. La cause de tous ces maux, c'est la fureur de dominer qu'inspirent l'ambition et la cupidité.

(( Sous le prétexte spécieux de l'égalité politique, ils affectaient de ne consulter que le bien de la patrie, mais elle-même était le prix qu'ils se disputaient. Dans leur lutle réciproque, pour l'emporter les uns sur les autres par quelque moyen que ce fût, il n'était pas d'excès que ne se permît leur audace, sans souci de l'équité ou de l'intérêt général. Ils foulaient aux pieds la bonne foi, et en cachant adroitement leur astuce, leurs suc-

ces leur assuraient la plus haute réputation. Les citoyens modérés étaient victimes des factions, soit parce qu'ils ne combattaient point avec elles, soit parce qu'on enviait leur tranquillité. »

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