IX. — Indépendance et concours
Un gouvernement parlementaire est incapable de prendre une mesure d'intérêt^énéral lésant quelques intérêts particuliers. Car ceux-ci seuls sont organisés. Et en proportion de leur nocuité. Il ne saurait, non plus, résister à leurs sollicitations. Partis, syndicats, ligues deviennent ainsi les .désordres mendiants de la nation.
« Le mal, reconnaissait un jour le Temps ^ c'est l'impunité ou la protection de la fraude, c'est le gaspillage des ressources de la nation. C'est le triomphe du braconnier sous toutes ses formes. C'est le budget dévasté par le bouilleur de cru. C'est partout, dans chaque compartiment de nos finances, une fissure ouverte. C'est la dispersion de nos efforts et, par suite, l'incapacité de rien faire
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de grand. C'est cette coalition des routines qui fait, par exemple, que la France veut rester à tout prix le Conservatoire de la marine à voiles, parce qu'il y a des primes à distribuer : grosse monnaie électorale.
« Nous pourrions avoir le plus bel outillage économique, puisque nous avons tant d'argent. Nous pourrions aménager deux ou trois ports qui laisseraient très loin Anvers, Rotterdam, Hambourg. Mais nous préférons distribuer nos ressources entre vingt ou trente ports qui ont des députés exigeants. C'est ainsi qu'un énorme budget se vaporise. Il se répand comme une poussière d'eau, qui mouille la terre et ne la féconde pas. En présence d'un tel cas, on prône des systèmes de guérison : scrutin de liste, renouvellement partiel, etc. Ce sont des recettes de bonne femme. »
On pourrait multiplier de tels exemples. Plus encore que le nombre, par ses syndicats d'hommes d'affaires, ses grandes compagnies, l'argent fait ce qu'il veut d'un État qui
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est aussi incapable d'assure»5';le conao.urs que de garantir Tindépendaîlee. .\ > \ .
Cet Etat ne retarde sa ^-propre' dissolution qu'en restreignant au minimamla vie sociale, en réduisant toutes les forces pl'gamçiue^, en n'admettant plus qu'une pousssierè ,d'ijidividus. , ^
« Pas de sociétés particulières dans l'État » , disait Rousseau après Louis XIV. De vaines agitations électorales et le bavardage de la presse et du Parlement donnent Tillusion de l'action libre aux Français dissociés, cependant qu'ils restent sans défense contre l'exploitation et la tyrannie des comités politiques et des syndicats financiers. « Rien ne finit par devenir aussi injuste et aussi oppressif qu'un gouvernement faible », a dit Edmond Burke.
En définitive, si tout progrès politique consiste dans le développement simultané du concours et de l'indépendance, on doit reconnaître que le système électif et parlementaire détermine la pire rétrogradation, puisqu'il
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aboutit, d'une pari, à restreindre l'indépendance, c'est-rà-dire au jacobinisme ; d'autre part, à relâcher le concours, c'est-à-dire à Tanarchic. • "