‹ Les forces à régler;Chapitre 19 sur 75 · III. — Les dangers de l'instabilité · texte numérisé non relu

III. — Les dangers de l'instabilité

A la veille de la guerre un écrivain clairvoyant, Cyrnos, faisait remarquer l'ineptie périlleuse de notre système parlementaire :

« La France, dès 1905, était aux prises ayec l'xMlemagne au sujet du Maroc, et les difficultés ont acquis, à la fin de 1911, un tel degré d'acuité que la guerre a paru imminente. Eh bien ! de 1905 à la date actuelle, c'est-à-dire dans la courte période de neuf années, les parlementaires ont usé onze cabinets, de cha-

54 LE NOMBRE ET l'oPINION PUBLIQUE

cun douze à quinze ou seize ministres ou sousministres. Le douzième est le cabinet Doumergue, venu au monde le 9 décembre 1913. Seize parlementaires le composent, parmi lesquels on compte dix avocats. Le département des Affaires étrangères y est occupé par un ancien juge de paix, celui de la Guerre par un avocat et celui de la Marine par un négociant en cognacs.

«■ Il serait surprenant qu'avec une telle instabilité, dont aucun autre peuple, dans aucune autre partie du monde, fût-ce mèun dans les républiques du Centre et du Sud- Amérique, n'apporte un deuxième exemple!

la France ait pu avoir une politique extéi rieure bien conduite, des finances bien admii nistrées, une armée et une marine puissantes) une politique intérieure sage et pouvant con-; tenir les éléments de désordre. »

Avant Agadir, au moment des pourpar 1ers sur les chemins de fer marocains, c'est M. S. Pichon qui est ministre. Au moment oi\ il est près d'aboutir, on lui substitu(

M. Cruppi. Malgré M. Cambon, tout est remis en question. L'x\llemagne en profite pour se montrer plus exigeante. C'est alors, le P' juillet, Agadir, avec un autre ministre, M. de Selves.

Si la Belgique n'avait pas eu un chef, elle n'eûtpas résisté aux barbares. La somme des intérêts immédiats et particuliers des citoyens belges se fût élevée contre l'intérêt général et l'honneur. En tout cas, discutant, elle ne se fût pas décidée à temps.

Page 1