L ADMINISTRATION
est devenue aussi funeste que la politiquerie, sinon plus.
Ce n'est pas qu'elle ne comporte un personnel, moralement et parfois intellectuellement, supérieur à l'espèce parlementaire ; mais la sélection d'absence de caractère à laquelle elle est soumise pour son recrutement comme pour l'avancement^ sa discipline spéciale, la solidarité professionnelle, ses ambitions et ses vanités en font le plus souvent un instrument criminel des plus gros forfaits contre la patrie.
Approchez-les. Vous retrouvez à peu près les mêmes commis des deux derniers siècles d'ancien régime. Et ces commis étaient les agents d'une administration que, vraiment, l'Europe nous enviait. Ce qui se tournait en vertu alors, de leur timidité, de leur respect de la forme minutieuse, de leur aboulie, se tourne aujourd'hui en vices.
Le mystère? — Ils avaient des chefs, un Sully, un Richelieu, un Mazarin, un Colbert) lesquels avaient eux-mêmes un maître : il n'y
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a plus, en haut, que le vide. Et ces fonctionnaires, propres à obéir, à exécuter fidèlement, doivent décider sans responsabilité, au gré de toutes les suggestions, de toutes les pressions dont ils sont l'objet et auxquelles ils sont bien incapables de résister. Et nous avons le résultat.
On accable M. Ubureau. Bien injustement. Ce n'est qu'une victime de M™^ Anarchie et de ses deux filles M"*'' Ploutocratie et Démagogie.
Sans doute, il pourrait se soustraire à leur tyrannie. Mais que voulez-vous? Cet homme, tremblant de son ombre, est amoureux, et les trois mégères le nourrissent et lui permettent même^ quand il a été bien sage, c'està-dire quand il s'est ingénié à couvrir leurs turpitudes, de détacher leurs jarretières pour en parer la boutonnière de sa redingote. Et il n'en faut pas plus, hélas ! pour obnubiler la conscience des petits hommes.
l'administratiois . 81