‹ Les forces à régler;Chapitre 34 sur 75 · V. — Hérédité sociocratique · texte numérisé non relu

V. — Hérédité sociocratique

La métaphysique révolutionnaire a tellement troublé l'entendement des Français que beaucoup d'entre eux ne conçoivent plus d'autre moyen de désignation que l'élection. Il y a pourtant l'hérédité. Durant des siècles, le principe dynastique nous a assuré un ordre suffisant. Mais, comme tous lesabsolutismes, l'hérédité physiologique a ses dangers. Il serait donc préférable d'avoir recours à la relativiste hérédité sociocratique, c'est-à-dire à la désignation publique, par le titulaire d'une direction sociale quelconque, de son successeur.

M. Henri Mazel l'a fort bien observé : (( L'empire romain a duré pendant quatre siècles, de façon parfois fort brillante, grâce à l'adoption qui correspondait à ce que nos'po'sitivistes appellent l'hérédité sociocratique. L'hérédité du sang, pendant ces quatre siècles, n'a donné que des fous ou des sots : Galigula, Néron, Domitien, Commode, Gara-

calla; je sais bien qu'il y a eu Titus, mais Titus n'a gouverné que dix-huit mois, et j'ai l'intime conviction qu'il aurait dû assez vite, prodigue comme il l'était, recourir aux procédés fiscaux de son frère Domitien, grand dépensier aussi (car, c'est à noter, les Césars n'ont jamais condamné les gens que pour alimenter le Trésor, comme avant eux les triumvirs et les proconsuls). Au contraire, quels choix remarquables a fait l'adoption : Tibère, Trajan, Adrien, Antonin, Marc-Aurèle, les lllyriens ! Et comme il est regrettable que notre César à nous n'ait pas suivi cet exemple, et, laissant de côté sa famélique famille Corse, ne se soit pas adjoint un héritier adoptif, Eugène de Beauharnais par exemple ! »

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