‹ Les forces à régler;Chapitre 66 sur 75 · II. — Dictature spirituelle · texte numérisé non relu

II. — Dictature spirituelle

Il n'y à pas de société sans gouvernement, — surtout spirituel. Tant au point de vue national qu'européen et même mondial, nous commençons à nous en apercevoir, j'imagine.

L'Eglise reste le principal organe de ce pouvoir. Laissons-lui les esprits qu'elle peut guider et discipliner encore. Tout ce qui l'attaque ou cherche à l'affaiblir va contre la civilisation.

Pour ceux que le théologisme ne saurait satisfaire, il n'y a qu'une doctrine complète

218 LE NOMBRE ET l'OPINION PUBLIQUE

qui les puisse rallier. C'est le positivisme, qui continue le catholicisme, et d'abord par son universalité.

Malheureusement, le positivisme n'est pas encore en mesure de constituer son sacerdoce. La « communion systématique des principes universels » est loin d'être faite. Mais, comme l'a remarqué A. Comte, « les principales améliorations sociales peuvent être réalisées longtemps avant que la réorganisation spirituelle soit terminée ».

Il y aurait donc à instituer, en attendant, une sorte de dictature spirituelle, au moyen d'un grand journal qui s'appliquerait à conseiller, consacrer et régler toutes les forces matérielles du nombre, du commandement et de la richesse, en éclairant et en organisant l'opinion publique.

11 faudrait que ce journal fût le plus puissant de nos journaux par l'organisation supérieure de ses informations, la compétence intellectuelle et morale de sa rédaction et sa diffusion.

l'opinion publique 219

Ne se préoccupant que de l'intérêt général, il ne pourrait être une « affaire » pour son directeur, ses collaborateurs et ses commanditaires. Le travail matériel seul serait rémunéré. Il y faudrait, je le sais, des millions ; 'mais ce ne serait pas payer trop cher cette réalisation de la liberté de la presse avec ses heureuses conséquences pour l'ordre général.

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