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IV. — Commander ou obéir pour servir

Donc, plus d'assemblée délibérante, plus d'élection, plus de politiquerie.

Le Conseil d'État et la Cour des Comptes,

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même avec leur défectueux recrutement actuel, peuvent suffire pour le contrôle technique, financier et juridique. Pour l'administration, qui devra et qui pourra être très simplifiée d'ailleurs, des administrateurs désignés et toujours révocables par leurs supérieurs responsables. Au-dessus enfin, le moteur, le propulseur, un gouvernement indépendant, continu, efîeclif, sensible à une opinion publique organisée. C'est-à-dire un dictateur, législatif et exécutif à la fois, inamovible, et qui choisit lui-même son successeur. Le titre importe peu, la personnalité encore moins, c'est la chose qui est la condition primordiale de notre restauration. Et elle n'effraye plus.

Pour se faire nommer, pour être au poste du sacrifice, aucun officier n'avait eu la vilenie de promettre à chacun de ses hommes qu'il les favoriserait au détriment des autres. Ceux-ci obéirent sans phrase. Devant l'ennemi, devant la mort, il n'y avait plus de partis, plus de classes. Tous allaient au feu

l'opikion publique 2io

du même cœur, chacun à sa place. Le titre à commander ne s'obtenait pas en favorisant des mesquins intérêts, en flattant les plus vils instincts, en trahissant ; mais en servant mieux, en s'immolant plus complètement, en prouvant par la volonté, l'abnégation, le courage, le savoir et Tintelligence qu'on était un chef. Est-ce que nos soldats se sont sentis atteints dans leur dignité, diminués, pour avoir à obéir à de tels chefs, qui ne relevaient pas de leurs votes capricieux? — Non, au contraire. Ils étaient justement fiers d'être si bien conduits. Ils l'eussent plus marqué encore si d'abominables excitations de l'arrière n'étaient venues troubler parfois ce bon sens.

La confiance, la soumission et la vénération, d'une part, ne pouvaient qu'aviver, de l'autre, une haute conscience du devoir, le sens des responsabilités, le dévouement et une paternelle affection.

Ce fut pour tous. Chacun savait son devoir, et le bien remplir était le seul droit qu'on

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songeât à revendiquer. 11 n'y avait que la Patrie.

Cette discipline noblement acceptée par tous, à tous les degrés de la hiérarchie, se fortifiait ainsi par une sympathie réciproque. On ne commandait que pour servir, on n'obéissait que pour servir. Pas de morgue imbécile, pas d'envie haineuse. L'officier admirait le soldat, et celui-ci se disait qu' « on va d'un pas plus ferme à suivre qu'à conduire ». Tous étaient liés, et plus le capitaine que le soldat, plus le général que le capitaine, plus le généralissime, — et donc tous étaient vraiment libres.

De fortes personnalités ont dû se former ainsi. Ceux qui se battirent ont appris à se subordonner au supérieur.

Cela ne s'oublie plus.

Contre l'individualisme révolutionnaire, de substantielles vérités sociales se sont dressées.

Combien la souffrance est féconde ! Désormais, il ne sera plus impossible de persuader aux Français que l'unité nationale est la con-

dition essentielle de la santé, de la sécurité et de la prospérité d'une société ; que la défiance, l'envie, la révolte, qui sont toute l'âme du parlementarisme et du système électif, ne produisent que l'irresponsabilité généralisée et ses conséquences, l'inertie et la gabegie, quand elles n'aboutissent point, par la corruption, à l'extrême dissolution.

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