‹ Les forcesChapitre 21 sur 45 · C'ETAIT ECRIT · texte numérisé non relu

C'ETAIT ECRIT

Appuyé sur sou arme où souiuieillait la poudre, Et teuté du péché que nul ne p'eut absoudre, Un homme fatigué méditait près d'tni lac. Par delà la montagne abrupte, le ressac De l'océan jetait une plainte infinie Qui sonnait dans les bois comme un chant d'agonie, Comme le g^las de ceux qui trépassaient en iner. Le ténébreux Destin de son sourire amer Affoilait les vivants, les morts et la nature. L'homme courbait le fro-nt sous la menace obscure. Et dans le trouble où tout son étire s'abîmait, Il songeait au calvaire et citait Mahomet :

" C'était écrit. Allah, prévoyant et dur niaitre, Après avoir créé les nionde'S et les êtres En écrivit l'histoire au livre du destin. Puis, las de son travaiil gigantesque, et certain Que ne fléchirait pas le voi d'une hirondeUe Sans cjue ne l'eût permis sa vo'lonté formelle, Allah pour son repo'S fixa l'éternité.

"Vie ingrate où l'argent joue un rôle effronté, Je te hai'S -pour l'effort géant que tu réclames A qui veut te mater sans avilir son âme. Je te liais pour il'orgueiil dont je suis pénétré. Pour les ambitions de mon coieur désoeuvré Et que mes dons sont impuissants à satisfaire. Je te hais pour le rêve où mon esprit s'enferre. Pour la timidité, si ce n'est le dégoût, Qui m'arrête le bras et me fige debout Quand un bonheur voulu devient enfin palpable. A quoi sert de lutter contre l'inévitable ! Nul ne fait guère plus (lue soutenir son corps, Xul ne fait guère plus que retarder la mort.

L'existence a pmir but l'existence eLle-même.

Jettera qui \ou(lra la pierre d'anathème

Sur Tacti.- méconnu comme une lâcheté,

Et verra qui voudra son corps débilité,

Sa raison ob>curcie et son âme tremblante

S'enfoncer peu à peu dans la fosse béante ;

J'irai, contre nature, aux ordres du plus fort.

Je l'entends, près de moi, murmurer : C'est le sort.

Voici l'arme domptée aux sinistres usages,

Et voilà, ipour linceul, que s'approche un nuage.

Mais si je me trompais.... "

Le nuage s'ouvrit^ Un éclair foudroya l'homme. C'était écrit.

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