L'EFFORT VITAL
A travers le fracas des marteaux et des feux, Dans le bruit g-randissaut dont la terre bourdonne, Constamment je perçois le mot d'ordre orgueilleux Que l'homme esclave et maître â lui-même se donne.
" Sculpte le bois, creuse le roc, forge le fer.
Erige des maisons plus belles et plus hautes,
Aux oiseaux prends le ciel, prends aux poissons la mer.
Saisis les continents et rapproche leurs côtes.
" Extermine un par un les instincts avilis. L'oeuvre du Créateur par toi se parachève. Quand au labeur divin tu souffres et faiblis, Prends la plume et redis la splendeur de ton rêve.
" Ton règne je le veux grandiose et fécond. Trop d'hommes sont encore en marge de l'histoire, Promène ila pensée au-dessus de leur front, Lutte pour le bonheur de tous et pour ta gloire.
" Travaille à l'avenir, c'est la suprême loi. Les morts t'aj-ant rendu la tâche pkis facile, Fais que l'homme futur souffre encor moins que toi. Evite le néant de l'oisif inutile.
Il sera, ceilui-là, pilus mort que tous les morts. Rien ne vivra de lui, pour d'autres, dans le monde, Et le rite exigeant une fosse profonde. Il ne croîtra pas même un chardon sur son corps. '