LE5 FOULES
D'un oeil i.nquisitif j'ai regardé les fou^les, Les fouiles que ras^semhle une futilité, Pareiilles à la mer quand ses vagues s'enroulent Souveraiines autour d'un rocher déserté.
Leur ànie est tour à tour rageuse et patiente. L'anonymat vient déciiainer leurs sems brutaux. J'en ai vu se ruer, houleuses, dans l'attente De paris, de discours, de rixes, de bateaux.
J'en ai vu piétiner une journée entière Sur l'asphalte brûlant, pour voir un prince anglais; D'autres qui se pressaient autour d'une sorcière, En quête d'un oracîe archifaux et niais.
La foule qui rappelle un jour de Saturnales,
Et ces réunions d'éternels enniiyés
Pâmés au rire gras comme aux farces banales
De nègres et de clowns qu'on bat à coups de pieds.
La foule que la peur convulsé et rend féroce, S'il parait au théâtre un signe de danger ; Celle qui hurle en choeur: "'Tue", aux joutes de crosse Ou qu'on écraserait sans la faire bouger.
Toutes montrent de sang de la bête éterneUe Que fut et restera l'homme, privé de mors, Et les foules de Rome exigeant d'autres morts, Ne nous étonnent pas. la folie est en elles.