L'ULTIME DEFAITE
et dors
Du SDUimeil des vaincus et du sommeil des morts. Charles GfKRis.
Une lueur de g'az, entrant pâle et timide, Fait briller un canon d'acier dans une main Et décèle plus haut une face liAide.
Vers la face l'acier monte un âpre chemin Puis, à niveau, s'arrête hésitant dans sa tâche, Et s'affaisse apeuré par son oeuvre inhumain.
Durement et frappé comme d'up.c cravache, L'hoiinne défait -a couche et, là s'ensevelit Cependant qu'il ricane en disant : lâche ! lâche !
De ce mot insu/ltant sa tête se reirtplit,
Il comprend ila raison des multiples défaites
Qui le jettent brisé, se tordant sur son lit.
Voici fiue le sommeil avec des mains discrètes — Des mains ciui ne tuent pas l'intelligence, encor — Ferme à l'homme ses yeux lassés par les tempêtes.
Des visions pleines de sang, pleines de mort S'échafaudent, il voit passer des cavalcades Allant iil ne sait où dans l'imprécis décor.
Et c'est lui qui là-bas, ankjdosé, malade,
Tombe sous les chevaux des vainqueurs sans pitié.
...Plus rien que des vapeurs en folle débandade.
Il surgit des contours fuyants; rien n'est entier, Tout chavire, un chaos se forme, un son de flûte Naît et meurt. L'horizon restreint s'est endeuiillé,
Tout est noir : le vaincu dort d'un sommeil de brute.