‹ Les forces éternellesChapitre 4 sur 223 · LES BORDS DE LA MARNE · texte numérisé non relu

LES BORDS DE LA MARNE

— Dans ce sol, sans éclat et sans écho, s'incarnent Les héros qui, rompus de fatigue et de faim, Connaissant que jamais ils ne sauront la fin De répique bataille à laquelle ils s'acharnent, Ont livré hardiment les combats de la Marne.

La terre les recouvre. On ne sait pas leur nom. Us ont l'herbe et le vent avec lesquels ils causent. Nous songeons.

Par delà les vallons et les monts On entend le bruit sourd et pâmé du canon S'écrouler dans l'éther entre deux longues pauses. Et puis le soir descend. Le fleuve au grand renom, A jamais ignorant de son apothéose, S'emplit de la langueur du crépuscule, et dort.

Je regarde, les yeux hébétés par le sort, La gloire indélébile et calme qu'ont les choses Alors que les hommes sont morts...

Octobre 1916.

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