‹ Les forces éternellesChapitre 48 sur 223 · MATIN DE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

MATIN DE PRINTEMPS

Déchaînant son étourderie,

Le vent, trébuchant et dansant,

Éparpille sur la prairie

Ses lambeaux d'air réjouissants.

Le soleil renaît, résolu.

— Que l'air est bon quand il a plu !

Le sol, que l'onde pénétrait,

Délivre ses parfums secrets :

Odeur de résines, de graines,

Fines essences souterraines,

Secs effluves des minéraux...

La vrille du chant d'un oiseau

Fouille le ciel et le perfore.

L'azur est peinturé d'aurore.

Jamais midi n'a tant brillé.

Tout éclate de bonne chance !

Un jardin, respirant, élance

Ses mois arômes vanillés.

Une poule, ivre de jactance.

Lasse, heureuse, les yeux cillés.

Adresse au poudroyant silence

Son long hoquet ensoleillé...

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