LA PÉNINSULE DE GASPÉ
DEPUIS LA BAIE DES CHALEURS JUSQU'A LA RIVIÈRE CHAUDIÈRE PRÈS DE QUÉBEC
La ligne de partage des eaux de la Gaspésie suit une direction générale approximativement parallèle au littoral. En partant des environs du lac Matapédia, source de la rivière de ce nom qui forme la limite occidentale de la péninsule, cette ligne de faîte partage les deux versants en parties inégales; celle du sud dévale vers la baie des Chaleurs et c’est la plus considérable. Par rapport au versant nord, sa superficie est au moins deux fois plus grande. Il s’en suit que les rivières coulant vers la baie des Chaleurs ont un débit plus considérable que celles qui se déversent vers le fleuve.
RR. Matapédia, Grande- Les principales rivières dont les chutes ont Cascapédia, Petite- attiré l'attention sont la Matapédia (dont le Cascapédia, Bona- bassin est de 1,500 milles carrés environ), venture, Saint-Jean, débouchant tout au fond de la baie des York, Dartmouth. Chaleurs; la Grande-Cascapédia (bassin de
1,040 milles carrés); la Petite-Cascapédia
(bassin de 603 milles carrés); et la rivière Bonaventure (bassin de 650
milles carrés). Puis, vers l'extrémité de la baie de Gaspé, les trois rivières
Saint-Jean (bassin de 440 milles carrés), York (bassin de 525 milles carrés)
et Dartmouth (bassin, 318 milles carrés). Les quatre premières sont
particulièrement avantageuses pour la pêche au saumon, et sont exploitées
pour cette fin depuis longtemps; ce fait a été jusqu'ici un grand obstacle à
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la mise en œuvre des forces hydrauliques. D'autre part, ces rivières ne paraissent pas avoir de chutes importantes, au moins dans les parties qui ont été un peu étudiées. Dans les projets qui ont été exposés, il s'agissait de créer la hauteur de chute par la concentration des dénivellements des rapides au moyen de barrages. La pente de ces cours d'eau a été évaluée de huit à quinze pieds au mille, chiffre que nous citons pour donner une idée de leurs profils.
L'opposition des pêcheurs de saumon a jusqu'ici arrêté toute étude sérieuse sur la Matapédia; mais sur la Grande et sur la Petite-Cascapédia, les investigations ont été poussées plus à fond. Des emplacements avaient été choisis, notamment au rapide “Jack the Sailor” sur la Grande-Cascapédia, où l’on espérait trouver environ 5,000 chevaux; puis, au lot 19, rang VII, de la rivière Petite-Cascapédia, une puissance à peu près égale; enfin, environ 1,000 HP., au rapide Malin de la rivière Bonaventure. Ces trois emplacements ont fait l’objet d’inspections particulières dont les détails se trouvent dans les rapports officiels du Ministère des Terres et Forêts; mais, en définitive, tous les projets d'aménagement ont avorté par suite des conditions imposées par les pêcheurs pour protéger le saumon.
Sur les trois autres rivières qui débouchent à la pointe extrême de la baie de Gaspé, nous n’avons aucunes données certaines, et nous dirons seulement que les personnes de l'endroit ont paru s'y intéresser, et qu'il est probable que certaines de leurs chutes ou rapides sont utilisables. Toutefois, là aussi se pose la question de la pêche au saumon.
En remontant la côte sud du golfe de Saint-Laurent, on arrive bientôt au second versant de la péninsule Gaspésienne. La largeur de ce versant, comme nous l'avons dit plus haut, est faible, soit environ vingt à trente milles : cela rend les rivières qui en découlent comparativement peu importantes, le débit étant généralement fonction du bassin.
R. Madeleine.—La première rivière intéressante est la Madeleine (bassin
520 milles carrés). Les forces hydrauliques de cette rivière, &« " »s dans la partie de son cours hors de la seigneurie de la Madeleine, ou été concédées, en 1902, à un Américain qui n’y a pas encore fait d'aménagement. Toutefois, il est actuellement à l'étude d'un projet d’usine à pâte de bois et à papier, dont la puissance sera d'environ 7,000 HP. Le Département des Terres et Forêts négocie actuellement une entente entre lui et les propriétaires d’une concession forestière voisine.
R. Cap-Chate.—La rivière suivante est celle du Cap-Chate où il est ques-
tion depuis quelque temps d'aménager une usine importante. La force qu’on croit pouvoir produire iei, au moyen d’un barrage donnant 80 pieds de charge, est de 950 HP.
R. Métis.—Il faut remonter, maintenant, jusqu’à la rivière Métis pour rencontrer. des chutes importantes, mais ce cours d’eau est propriété particulière et n’a pas été étudié par l’Administration.
Il faut dire ici que les seigneuries accordées sous le régime français comprennent le lit des rivières qui les traversent quand ces dernières ne peuvent être considérées comme navigables ou flottables. Dans ce cas, les forces utiles sont propriété privée et le Gouvernement n’a pas d'intérêt spécial à s’enquérir de leurs puissances.
De ce point commence une série ininterrompue de seigneuries qui se continue jusqu’à Québec. En général, les rivières qui arrosent cette région et qui sont propriété privée ne sont pas très considérables à cause de leurs bassins peu étendus, et leurs débits s’abaissent notablement durant l’hiver. On les utilise néanmoins pour des industries qui ne requièrent pas une marche constante.
La Grande-Cascapédia.
RR. du Bic, des Mentionnons, en passant, les rivièrr< du Bie, des Trois-Pistoles Trois-Pistoles, et du Loup, qui ‘ nt certaines et du Loup forces hydrauliques intéressantes; su . dernière en
particulier, on a construit des réservoirs de régularisa-
tion qui permettent de satisfaire à la demande croissante de force motrice constante, surtout à Fraserville. | |
En procédant toujours vers l’amont du fleuve, il faut remonter mainte-
nant au-delà de cent milles avant de rencontrer aucune rivière importante.
Vers la hauteur de l'ile d'Orléans, la ligne de partage des eaux s’inflé-
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chit vers le sud, en élargissant ainsi la plaine riveraine. Le bassin ces rivières augmente alors proportionnellement, et c’est l'Etchemin, près de Lévis, qui, le premier, en bénéficie.
R. Etchemin. Cette rivière, de 550 milles carrés de bassin, ni navigable ni flottable, traverse aussi, comme les précédentes, la région des seigneuries où le Gouvernement r'a pas de droits. Diverses petites industries utilisent ses chutes. Son régime a un caractère plus ou moins torrentiel.
Nous arrivons ensuite à notre deuxième division marquée par la rivière Chaudière.