‹ Les forces hydrauliques de la province de Québec [microform]Chapitre 5 sur 13 · DE LA RIVIÈRE CHAUDIÈRE, PRÈS QUÉBEC, JUSQU'A LA FRONTIÈRE AMÉRICAINE · texte numérisé non relu

DE LA RIVIÈRE CHAUDIÈRE, PRÈS QUÉBEC, JUSQU'A LA FRONTIÈRE AMÉRICAINE

R. Chaudière. La Chaudière se jette dans le Saint-Laurent à environ

sept milles à l’amont de Lévis. Elle prend sa source dans le lae Mégantie, et son parcours est de 112 milles. La superficie de son bassin est de 2,580 milles carrés. L'élévation de sa source est d'environ 1,300 pieds au-dessus de son embouchure.

On y trouve de nombreux rapides, mais peu de chutes importantes, excepté celle située à l'endroit dit Courbe de la Chaudière, non loin de l'embouchure, et dont la hauteur est de 114 pieds.

Le long de son parcours sont établies plusieurs industries florissantes, entre autres une usine à pulpe et de nombreuses scieries. Enfin, une usine hydro-électrique (la Canadian Electrie Light Co.), utilisant la chute de 114 pieds de la Courbe, installée pour la production de 4,800 H.P., mais dont le rendement peut tomber à 400 K.W., aux basses eaux extrêmes. Cette usine fournit la force motrice aux tramways de Lévis et de Québec.

Le régime de cette rivière est de caractère torrentiel. La fonte des neiges au printemps y eause de sérieuses inondations. Le Gouvernement a comnen: + des études en vue d'en régulariser le débit; mais ces études ne sont pas très avancées. Des jaugeages réguliers, mais ne s'étendant pas sur plusieurs années, ont déjà permis de constater que le débit est tombé à environ 0.12 pied eube par seconde par mille carré, au mois de juillet. Quant à la crue, nous n'avons pas de chiffre définitif, mais certains ingénieurs l'ont évaluée à au-delà de 46 pieds par seconde par mille carré, c'est-à-dire que le rapport de sa variation serait presque de 1 à 380; mais ce chiffre doit être pris avec réserve.

On y trouve plusieurs emplacements propres à l'établissement d’usines hydrauliques, où l'on pourrait obtenir des dénivellations atteignant cinquante Tpicds.

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Intérieur des fabriques de papier de la Cie ‘Brompton Pulp and Paper,” sur le Saint-François. k

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Cette rivière arrose une région très fertile et l’une des plus anciennement colonisées de la province. Il est probable que l'emmagasinage des eaux de crue, en réduisant le danger des inondations, tendrait à promouvoir l'aménagement des forces hydrauliques. Le problème est à l'étude.

La question de la propriété du lit de ce cours d'eau a jusqu'ici entravé l'aménagement de ses forces hydrauliques; nous reviendrons sur cette question en terminant.

R Bécancour. En continuant vers l’amont du Saint-Laurent, nous mentionnerons, pour mémoire, les rivières Béeancour et Nicolet, dont les débits sont très faibles en certaines saisons. Les chutes Maddington, sur le Bécancour, ont fait l'objet d'investigations particulières; leur puissance moyenne a été évaluée à 4,000 HP. et leur minimum à 925 HP.

R. Saint-François. —La superficie du bassin de cette rivière est d'environ 3,930 milles carrés, dont 556 milles dépassent la frontière et s'étendent sur le territoire des Etats-Unis. Elle est du nombre des douze plus importants tributaires du Saint-Laurent dans la province. Sa longueur est d’à peu près 140 milles, en comptant de l'extrémité ouest du lac du même nom, qui est sa source principale. L'élévation du lac au-dessus de l'embouchure est de 900 pieds environ, ce qui donne une déclivité moyenne d'à peu près 6.4 pieds par mille. Le débit de cette rivière varie considérablement; les inondations du printemps, quoique moins importantes que sur la Chaudière, causent cependant de sérieux dégâts surtout depuis Sherbrooke jusqu’à Richmond. Il y a sur son parcours plusieurs usines hydrauliques :

A D'Israéli—Usine hydro-électrique—40 pieds de charge.— 4,300 HP

“ Scierie —20 “ “ # Weedon—Usine hydro-électrique --31 ‘1,000 HP. ‘ East-Angus—Pulperie pi 0 Ke HONOR.

‘ Bromptonville—Pulperie 0 D 10,100 HP.

‘Windsor Usine à papier —16 ‘* “* ‘* — 5,025 HP. Drummondville — Usine hydro-

ClebUQUe 5" > à 4 nt2, # Ci À 2,400 HP.

D'autres chutes et rapides ont été concédés par bail, à Drummondville, aux chutes Hemming, au rapide Spicer; ils ne sont pas encore aménagés.

A la demande des concessionnaires de ces emplacements, le Gouvernement provincial a fait construire un barrage-réservoir qui régularise le débit à 600 pieds cubes par seconde, ce qui permet d'augmenter de 6,090 HP-ans la production des diverses usines déjà établies. Il est question de fournir cette force additionnelle aux usiniers, au taux de $7.50 le cheval. En

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Usines de la Cie Canada Paper Co., Ltd, à Windsor, sur le Saint-François.

laissant de côté les chutes non encore aménagées, le Département aura, de cette source, un revenu suffisant pour payer les intérêts et l’amortissement du coût d'établissement du réservoir du lac Saint-François.

La capacité de ce réservoir est de 438 milles carrés-pieds, c'est-àdire égale à 438 fois une superficie d’un mille carré, recouverte d'une couche d'eau d'un pied d'épaisseur, ou douze milliards de pieds cubes.

R. Mageg.-Il existe encore quelques usines hydrauliques sur la rivière

Magog, le plus important des tributaires du Saint-François. Ces usines alimentent la ville de Sherbrooke pour l'éclairage, les tramways, les pompes de l’aqueduc et diverses industries. Cette rivière, toutefois, ne profitera pas des eaux du réservoir Saint-François.

R. Yamaska. —\ffluent assez important du Saint-Laurent, qui débouche non loin du précédent. Son bassin est de 1914 milles carrés; son régime est torrentiel, résultat, en grande partie au moins, du déboisement excessif pour la mise en valeur des terres cultivables. Les petits moulins qui y sont établis ont des périodes d'arrêt, malgré un essai de régularisation du débit par la construction d’un barrage-réservoir à Farnham. Nous n'avons pas de données exactes sur son régime.

R. Richelieu. —L'un des grands tributaires du Saint-Laurent, dans la province. Son bassin est d'environ 9,200 milles carrés dont 7,750 aux Etats-Unis, et 1,450 dans le Québec.

Cette rivière est navigable, et il se fait par cette voie un commerce important avec le pays voisin. Il y a une usine hydroélectrique considérable à Chambly dont les concessionnaires (la “Montreal Light, Heat & Power Co.”) ont fait l'acquisition du lit de la rivière depuis leur usine jusqu'à quelque huit milles à l’'amont. La puissance aménagée est d’une vingtaine de mille chevaux.

Ceci termine la revue des principaux tributaires de la rive droite du fleuve; les autres petites rivières ont bien quelques moulins hydrauliques mais ne présentent qu’un intérêt secondaire.

Avant de passer à l’autre rive du fleuve, nous dirons maintenant un mot des grandes forces hydrauliques du Saint-Laurent lui-même.

Fleuve Saint- —C'omme l'on sait, la dénivellation entre le lac Saint-

Laurent. François et le port de Montréal est de 130 pieds en chiffre rond, divisée en deux grandes sections de rapides. L'une va du pied du lac Saint-François à la tête du lac Saint-Louis; l’autre, du pied du lac Saint-Louis à Montréal. Les fluctuations du débit du Saint-Laurent sont, toutes proportions gardées, relativement très faibles. (dans le rapport de 1 à 2environ). Cette uniformité remarquable est due aux réservoirs naturels que forment les grands lacs: elle rend singulièrement avanta-

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Barrage-réservoir de la Loutre, haut Saint-Maurice, en construction (1917)

geuses les forces hydrauliques susceptibles d'être aménagées sur son parcours. Aussi le problème de mettre en œuvre les rapides compris entre les deux lacs Saint-François et Saint-Louis d’une part, et les rapides échelonnés entre Lachine et Montréal d'autre part, est-il l'un de ceux que les gouvernements fédéral et pro“incial devront, un jour prochain, très sérieusement étudicr, puisque la puissance hydraulique que représentent ces déclivités peut (tre approximativement évaluée, en chiffres ronds, pour la période des basses eaux, dans le premier cas, à 2,000,000 chevaux, et dans le second, à 700,000 au moins. De telles forces, placées, pour ainsi dire, aux portes de la Métropole, et en admettant, certes, les difficultés considérables de leur captage, laissent tout de même entrevoir quel immense développement industriel pourrait acquérir cette région.

L'utilisation sur plus grande échelle de cette énorme énergie paraît d’ailleurs relativement facile, à en juger par les études frites jusqu'ici, Déjà, plusieurs aménagements ont été réalisés dans cette partie du cours du Saint-Laurent; ce sont :

—les filatures de Valleyfield 8,130 HP. ;

—l'usine de Saint-Timothée, utilisant une dérivation de l'ancien canal de Beauharnois, et fournissant 30,400 HP. ;

—la grande usine hydro-électrique des C'èdres, installée pour produire 129,600 HP., mais qui, pleinement développée, donnera 160,000 chevaux ;

—l'usine plus modeste de la compagnie ‘Provincial Light”, utilisant une dérivation du canal de Soulanges 15,000 HP.,

—puis, dans le voisinage immédiat de Montréal, l'usine hydro-électrique de Lachine utilisant une chute de 15 pieds et produisant une vingtaine de mille chevaux ;

enfin, diverses petites industries prenant dans le canal de Lachine l'eau nécessaire à leurs moteurs 5,590 HP.

Ajoutons qu'une autre section des rapides de Lachine est concédée à bail depuis quelques années, mais n’a pas encore pu être aménagée.

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