CHAPITRE II
Les pluies et les neiges.
Les Pyrénées ont donc de la pente.
Elles ont aussi, en abondance, de l’eau.
Dressées brusquement au-dessus de plaines basses, proches de l'Atlantique, exposées au vent du Nord- Ouest et de l'Ouést, les Pyrénées reçoivent des précipitations considérables, au moins aussi élevées que celles qui assaïllent les Alpes. Déjà la comparaison entre Alpes sèches et Pyrénées sèches tourne à l'avantage de celles-ci. Montlouis, Puymorens, Prats de Mollo, dans les Pyrénées catalanes, reçoivent des pluies plus abondantes que Briançon, la Mure, Sisteron, Digne; seules font exception les Alpes maritimes fouettées par les vents du Sud-Est du golfe de Gênes. Mais à partir du Carlitte, vers l'Ouest, l’abondance des précipitations pyrénéennes devient magnifique, et paraît partout supérieure à cèlle des Aïpes du Nord. Voici dans l'Ariège, Ax-les-Thermes avec 4.140 millimètres, Saurat avec 1.775 millimètres, Saint-Lary avec 1.348 millimètres, Aulus avec 1.580 millimètres; dans la partie centrale, des fonds de vallées comme Argelès, comme Bagnèresde-Bigorre reçoivent 1.220 et 1.483 millimètres ; le
I, Sens 2
flanc méridional du Pic du Midi à 2.360 mètres, 2.295 millimètres et le poste de Caillaouas 2.720; dans l'Ouest enfin, Oloron, au pied de la montagne 1.415 millimètres ; Laruns dans une vallée abritée 1760 ; Saint-Jean-Pied-de-Port 1.360. Enfin Arragorri sur la côte même 4.836 millimètres. Nulle part les vallées alpines ne présentent de chiffres aussi importants. Quant aux énormes précipitations de 3 à 4 mètres qui commencent à se révéler dans les Pré- Alpes du Nord elles ont vraisemblablement leur équivalent dans les montagnes de l’Aspe, de l’Ossau, du Lävedan:
Dans l’ensemble de la chaîne, les pluies les plus abondantes tombent en deux périodes : avril-juin, octobre-novembré. Aux déux extrémités de la chaîne apparaît un troisième maximum ên saison froide (janvier).