‹ Les forces non définies, recherches historiques et expérimentalesChapitre 17 sur 22 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

LB8 GOURANTS INTBRNB8 BT LB8 BFFLUTB8 DÛ CORPS HUMAIN

I 1**. — Let courants intermes.

I Ton fait passer, à travers le corps d'un, sujet, le courant donné par un ou deux éléments de piles, tels que ceux qui sont employés aujourd'hui pour les sonneries électriques, on constate que ce courant produit des effets différents suivant: i^ sa direction dans le corps du sujet; 2* l'orientation du sujet; 3^. la sensibilité du sujet.

Supposons, par exemple, le patient debout, le visage au Sud. Si l'on place Pélectrode positif vers le milieu dé la clavicule droite et l'électrode négatif verticale* ment au-dessous et au bas du ventre, on obtiendra une contracturej avec un courant d^une intensité convenable ; si Ton renverse le courant, la contracture se résout. Il n'y aurait pas eu contracture pour ce sujet, si l'on avait placé tout d'abord le pôle + en bas et le pôle — en haut, avec le même courant, à condition toujours que le courant ait été convenablement choisi. Plus le sujet est sensible, plus le courant doit

être faible : un courant trop intense contracture dans tous les cas.

Conservons le même sujet, dans la même position, et explorons-le, pour ainsi dire, en Seiisant pas^ successivement à travers et sur la périphérie des diverses parties de la tête, du tronc et des membres, le courant que nous avons reconnu capable de produire la contracture et ensuite la résolution ; nous serons amenés à constater ainsi Tezistence de courants naturek circulant à travers et autour de ces diverses parties suivant des lois spéciales à chacune d'elles. Nous admettrons que les contractures se produisent quand nous Seiisons passer dans les muscles un courant artifi* ciel dirigé en sens inverse du courant naturel et d'intensité convenable (égalée celle de ce courant ?) (i), et qu'un courant dirigé de façon à amener la contracr ture dans les muscles provoque Thypnose quand il est appliqué au crâne.

Faisons tourner maintenant sur lui-même le sujet debout pour lui donner diverses orientations ; puis inclinons-le suivant Taxe du monde ou couchons-le horizontalement, et, dans ces différentes positions

(i) Voir l'observation de M. Brown-Séquard relatée dans le I 2 de notre chapitre VIL

Depuis la célèbre expérience faite, en 1818 à Glascow. par le D' Andrew Ure sur le cadavre d'un assassin décroche de la potence, on a constaté bien des fois, avec des dispositions différentes et sur un simple membre coupé« que :

lo L'électricité suffit à produire les mouvements organiques ;

20 Ces mouvements organiques sont pro.lutts par des courants centrifuges, les courants centripètes étant sans action.

La contracture peut donc être assimilée à la rigidité cadavérique.

L'expérience suivante montre encore que les contractures sont produites par Faction de courants dirigés en sens inverse des courants naturels et tendant à les annuler.

Après avoir constaté que le dos de la main d'un sujet très sensible (et non agité), sent les piqûres de la pointe S de l'atguille aimantée sur la moitié qui est du côté du petit doigt et ne

changeons encore ton orientation^ nous veirons que dans chaque cas les courants contracturants changent de direction et d^ntensité .

J'ai fiiit un grand nombre d'expériences sur plusieurs personnes, jeunes gens ou jeunes filles; j'ai établi des cartes de courants (ou plutôt des composantes de courants), mais je ne suis point encore arrivé à déterminer la loi qui les régit. < Dans les sciences, a dit Biot, il n^7 a rien de plus simple que ce qui a été inventé hier, mais rien de plus difficile que ce qui sera inventé demain. »

Il serait prématuré d'exposer en détail les conclusions auxquelles je suis arrivé. Les observations de ce genre sont extrêmement délicates, car les courants peuvent être modifiés par les objets polarisés qui se trouvent à portée (i), notamment par la personne de Popérateur; de plus, les contractures peuvent être amenées simplement par Vattention expectante chez des natures aussi impressionnables, que ces excitations répétées fatiguent rapidement. Je me bornerai donc à appeler sur ce genre de phénomènes l'attention des

les sent pas sur l'autre moitié, faites placer cette main sur votre cuisse en isonome. Le côté du petit doigt deviendra immédiatement insensible à la pointe S et l'autre sensible. En eflet, chez le sujet, où les fluides sont plus mobiles que chez l'opéra' teur, ces fluides se sont déplacés de façon que le positif de sa main soit en contact avec le négatif de votre cuisse et inversement. I! s'est ainsi formé un courant, en sens inverse du courant normal, qui produit d'abord Tanesthésie, puis la contracture.

(i) Ils sont notablement modifiés quand on fait monter le su)et sur un plateau d'ébonite électnsé, ou quand on le ftit marcher à proximité d'un tujrau où se trouve de l'eau courante. C'est probablement à l'aide de ce phénomène qu'on parviendra à expliquer l'emploi de la baguette pour trouver les sources. M. l'abbé G. . .,qui jouit de la propriété bjrdroscopique, m'a montré la baguette tournant dans ses mains pour se placer dans un plan parallèle à l'équateur lorsqu'il se mettait face au Nord. Le temps m'a manqué pour étudier ces dernières manifestations.

savants et à signaler aux simples curieux quelques observations qui ont besoin d*étre mieux établies, telles que la production de Thypnose, avec une rapidité plus ou moins grande suivant l'orientation^ par Papplication sur la plupart des sujets debout, d'un courant horizontal allant de droite à gauche par la nuque ou de gauche à droite par le front (i).

Chez Benoit, j'ai amené et fait disparaître Tétai de crédulité au moyen de courants puissants produits par une machine dynamo et agissant à deux mètres derrière lui. Comme il se produit quelquefois, à la surfoce de la terre et sous Tinfluence de causes inconnues, des variations brusques de courants qui se manifestent par le renversement des pôles des aiguille» de boussole, on conçoit que Tétat de crédulité puisse être déterminé par un de ces courants qui fixe alors, dans Tesprit du sensitif, Tidée ou la sensation du moment.

Quand le sujet est debout, face à Test ou à l'ouest, un courant d'intensité déterminée agit d'une façon bien plus énergique sur une moitié verticale de son corps que sur l'autre. On peut en conclure, à priori, quVn plaçant exactement en isonome sur sa tête un objet présentant deux pôles comme un aimant ou la main, on produira des degrés différents de l'hypnose sur chacun de ses côtés; c'est en effet ce qui arrive et

(i) Le professeur Dianchi a reconnu que, chez la plupart dea hommes, le galvanomètre indique un courant naturel allant de gauche à droite, (^evue l^hiiosoph., févr. 1SS7 ', P* ^4^)* ^^ rappelle qu'on est convenu de dire que le courant va du pôle 4au pôle — en dehors de la pile.

Il serait intéressant de voir si Ton ne peut parvenir à produire l'bjTpnose chez tout le monde en employant un courant d'intensité suffisante ; mais pour cela il faut avoir des appareils permettant d'augmenter peu à peu cette intensité.

on pànrieot ainsi, par exemple, à mettre en état de crédulité seulement la moitié droite ou la moitié gauche du patient, mais cette moitié n^est pas la même chez tous.

J'ai constaté enfin que les courants naturels horizontaux changeaient de sens par ce &it seul que le sujet retenait sa respiration. On a vu, dans le chapitre VI, que c'est précisément par ce procédé que les Orientaux produisaient la lévitation. Il n'est point absurde de supposer que Torganisme humain peut développer, dans certains cas, sous certaines latitudes, des courants qui, parallèles au grand courant terrestre et de sens contraire, en seraient repoussés avec une force suffisante pour contrebalancer le poids du corps. Savons-nous seulement à quoi est dû ce poids ? En' des matières si obscures, les hypothèses les plus hasardées peuvent guider le chercheur. Je suis cependant forcé d'avouer qu^avec les instruments grossiers dont je dispose, et la crainte de causer des accidents au sujet, je ne suis point parvenu à reconnaître une modification quelconque dans son poids en Tempéchant de respirer (i).

(i] On pourrait tenier l'expérience suivante, bien simple à réaliser dans un laboratoire muni d'appareils de précision : suspendre une bobine sous le plateau d'une balancé, Péquilibrer bien exactement et voir si le poids se modifie en renversant le courant qui traverse le fil.

En comparant les courants spédaux à chaque partie du corps humain, on remarque que ces courants se modifient suivant une loi qui paraît se rapporter, non à l'homme debout, mais à l'homme marchant à quatre pattes ; ils changent suivant que ces parties sont horizontales ou verticales quand l'homme se tient ainsi.

§ %. —La polarité rayonnaiite.

Quand j'ai rédigé le § 3 du chapitre i*' de ce Mémoire je n'avais pu faire que très peu d'expériences sur les effluves que les magnétiseurs appellent It fluide et auxquelles M. Baréty a donné le nom de force neurîque rayonnante. Mes sujets étant devenus plus nombreux et plus sensibles, j'ai reconnu que :

1* Les yeux émettent des rayons présentant la même polarité que la moitié du corps auquel ils appartiennent, c'est-à-dire négatiCi pour l'œil droit et positifs pour Uœil gauche ;

2* Les doigts de la main droite émettent des rayons ^itifs ; ceux de la main gauche, des rayons négatifs.

J'ai déduit de ces lo|s un grand nombre de conséquences et je les ai toutes vérifiées. En voici quelques exemples.

Je produis chez un sujet très sensible les divers degrés de Thj^pnose (état de crédulité, catalepsie, etc.) en me plaçant à quelque distance derrière lui et en fixant mes yeux (en isonome) sur sa nuque (i). Je le

(i) Quelaues sujets très sensibles, mis en état de crédulité, éprouvent les sensations dont on éveille l'idée chez eux d'une fiEM:on quelconque. Si leur interlocuteur éternue, ils éternuent ; s'ils regardent avec attention un dessin représentant, par exemple, M. Pasteur inoculant la vaccine rabique» ils ressentent une piqûre au ventre. Ces phénomènes paraissent surtout extraordinaires quand Tétat de crédulité a été secrètement provoqué par l'action du regard sur la nuque.

Chez ces siensitifs, on peut produire les scènes que M. Du Pôtet qualifiait de surnaturelles, en produisant l'état de crédulité par la fixation réciproque des yeux et en déterminant une explosion de sentiments d'antipathie ou de empathie de la part du sujet envers un tiers, simplement par l'expression qu'on donne à son regard en le dirigeant sur ce tiers*

réveille en venant devant lui et en regardant son front (en hétéronome)(i).

Je lui dis de fixer mes yeux pendant que, moi, je dirige mon regard au dessus de sa tête; au bout de quelques secondes, il est en état de crédulité et cesse de me voir si je lui dis qu'il ne me voit plus. Poqr redevenir visible^ il me suffit d'abaisser mes yeux sur son fit>nt^ ce qui détruit la suggestion.

Je contracture ses paupières ou sa bouche en les touchant en isonome avec le pouce et le petit doigt de la main droite; je les décontracture en les regardant.

Je contracture un de ses yeux, un coin de sa bouche ; je rends insensible une de ses narines, une de ses oreilles, en les regardant en isonome avec un seul œil; je décontmcture, j'exagère les sensations en les regardant en hétéronome avec l'autre œil.

Je contracture ses deux yeux ou les deux côtés de sa bouche si je fois croiser mes regards en les fixant par exemple sur le bout de mon doigt placé à mi-distance entre mon visage et le sien. J'arrive au même résultat en le regardant dans une glace.

Au moyen de la glace, il peut opérer sur lui-même: en fixant ses propres yeux, il verra tout ce qu*il a dans l'esprit et finira par se mettre en état cataleptique.

(i) Les rayons oculaires et digitiux produisent la sensation d'une piqûre pl^sou moins vive quand ils agissent en isonome; c'est certiinement une sensation, de ce genre qui £iit retourner beaucoup de personnes quand on les regarde par derrière.

Je pique et je contracture la cuisse droite du sujet en la regardant de dce ; je décontracture et j'hypéresthésie la cuisse gauche en la regardant de la même manière.

Si le sujet est assez sensible et le regard en isonome sur un membre assez prolongé, ce membre entre en somnambulisme et alon il exécute inconsciemment tous les mouvements dont l'idée lui est suggérée soit par un souvenir, soit autrement. Cest ainsi qu'on peut expliquer l'attraction exercée quelquefois par le regard de l'opérateur.

L'hypnose se produira encore par l'action des yeux si, riiypnotiseur et l'hypnotisé étant foce à face, l'un des deux est gaucher ou affligé de strabisme convergent. C'est peut-être là l'une des origines de la croyance au mauvais œil ; il ne faut pas oublier, en effet, qu'en produisant l'état de crédulité par le regard sur le front, on peut déterminer chez le sensitif la réalisation de la sensation ou de Tacte dont la pensée est éveillée chez lui à ce moment-là. Une personne qui se sent gênée par le regard d'une autre n^a donc qu'à employer le procédé signalé dans le § 5 du chapitre VII : se frotter le front avec la main. Cest du reste le geste instinctif que l'on fait quand on ne se sent pas bien éveillé et que Ton veut se débrouiller les idées.

Il résulte de ce que j'ai dit plus haut qu'un opérateur constitué normalement, regardant les yeux d'un sujet également normal, tend à le réveiller. S'il l'endort, comme l'expérience le prouve, c'est qu'il y a, dans ce cas, deux actions iigissant simultanément en sens contraire mais avec une intensité différente. La plus énergique, celle qui l'emporte, est la fixation des regards du sujet sur deux points brillants du visage de l'opérateur. Il y aurait donc avantage, quand on veut hypnotiser rapidement par ce procédé, à se faire regarder les yeux sans regarder soi-même ; je ne crois pas que cela ait lieu ordinairement, parce qu'un troisième facteur encore mal connu doit intervenir dans le résultat; ce facteur c'est le pouvoir de fascination propre au regard de certains individus, pouvoir qui tient probablement à une contraction de Pœil produisant un effet analogue à celui que nous avons déjà eu

Toccasion de constater pour la contraction da poing (i).

On peut magnétiser un verre d'eau et lui donner le dynamide positif ou négatif en le fixant longtemps avec Toeil gauche ou l'œil droit et mieux en dirigeant sur lui et de très près les doigts de la main droite ou de la main gauche. L*eau ainsi magnétisée produit tous les effets de la polarité qu'on lui a communiquée et, si un sujet la met dans sa bouche^ elle contracturent la joue droite ou la joue gauche suivant les cas.

Benoit est devenu assez sensible (et moi peut-être assez puissant) pour que je détermine aujourd'hui tous les phénomènes dont il a été question dans le § i*' de ce chapitre en remplaçant la pile par mon propre organisme et en me servant des doigts de ma main droite réunis en cône comme électrode positif et de ceux de ma main gauche comme électrode négatif. Les effets d'hypnose se produisent dès que je touche les cheveux.

En fiiisant des passes, à distance, avec les mains étendues et en faisant agir soit la main droite sur la

(i) Une personne digne de foi me communique la note suivante relative à un artiste de Nevers, M. Yvonnet, qui possédait, il y a une vingtaine d'années, une petite propriété aux Mées, conunune de Saint-Denis, près Blois : c Dans le jardin de sa maison, quand un oiseau chantait sur une branche, si M. Yvonnet pouvait mettre ses yeux en communication avec ceux de l'oiseau, celui-ci quituit sa branche pour venir s'abattre dans la main du fiiscinateur. Une couleuvre qui se trouvait dans ce jardin était souvent l'objet des mêmes expériences et elle était tellement sous le charme que M. Yvonnet la fîaisait manœuvrer comme il l'entendait, un grand nombre de personnes encore vivantes ont été témoins ici de ces faits et peuvent les certifier. De plus, M. Yvonnet. qui était un homme sérieux, racontait qu'il éuit entré, au jardin des plantes, è Paris, dans la cage de plusieurs bétes féroces et les avait maintenues par la seule force de son regard. »

moitié gaodie du tronc et de la tête ou les moitiés externes des membres en pronation^ soit la main gauche sur les parties complémentaires^ soit les deux mains à la fois suivant les règles précédentes, j'arrive à &ire passer isolément telle partie du corps que je désire par tous les degrés de l'hypnose caractérisés comme je l'ai indiqué à la fin du § 3 du chapitre VIIL On remarquera que Topérateur, placé enfoce du sujet, est dans la position qui convient pour effectuer tout naturellement ces passes ; il pourra déshypnotiser le tronc et la tête en foisant des passes avec les bras croisés ou en faisant des passes par derrière^ etc .

Ces expériences sont intéressantes parce que le sujet peut se rendre compte de ce qu'il éprouve quand on n'opère pas sur sa tête ; du moins jusqu'au moment oti l'hypnose gagne le cerveau en remontant le long des membres. Je n'ai point encore eu le temps de procéder à des essais méthodiques sur ces pratiques qui constituent le magnétisme proprement dit.

Je ne saurais expliquer la répartition des polarités sur le corps humain, mais voici une manière de concevoir la chose qui peut servir au moins à fixer les idées dans la mémoire.

Il est certain que, sous l'influence de la vie, il se produit constamment, dans chaque molécule des corps, des actions chimiques accompagnées d'un dégagement d'électricité. On a vu, de plus, comment Pexpérience prouve que la tête, le tronc, chaque membre, chaque doigt étaient divisés en deux parties, l'une positive, l'autre négative, séparées par un plan médian neutre. Considérons tous ces membres comme autant de condensateurs électriques : si le fluide neutre d^une mole-

cale quelconque le décompose, Tun des fluides se fixera dans la moitié à laquelle elle apf>artient, l'autre se dégtgera.

Prenons pour exemple une molécule de la partie externe du petit doigt ; il y aura fixation du fluide + et dégagement du fluide — • L^inverse se produira pour la partie interne de ce doigt. En somme, le doigt dégagera à peu près autant de fluide + que de fluide — et ce dégagement s'effectuera surtout par la pointe d'après les lois ordinaires de l'électricité. Il en sera de même pour chacun des doigts, pour la paume de la main, pour le bras ; les fluides positif et négatif qui en proviennent tendront à se dégager en égales quantités par la pointe des doigts. Mais quand nous arrivons à considérer ce qui se passe dans le tronc, nous voyons que la moitié droite envoie à la main et au pied droit exclusivement du fluide positif, tandis que la moitié gauche n'envoie à la main et au pied gauche que du fluide n^tif. C'est à* cet excès de fluide positif d'un côté et de fluide négatif de l'autre que serait due l'action des rayons digitaux.

En résumé, toutes les parties qui se chargent d'un fluide dégagent l'autre (i). On comprend ainsi comment les observateure qui, comme Reichenbach, ont déterminé la polarité humaine à l'aide de sujets jouissant de la propriété de voir les effluves, sont arrivés à une répartition presque exactement inverse de celles que manifestent les contractures (2).

(i) Sauf pour les yeux dont je ne m'explique pas Paction rayonnante.

(2) n faut se méfier, je ne saurais trop le répéter, de Péducation du sujet. Un sujet sensible se contracture sous l'influence d'un ébranlement quelconque, s'il suppose qu'il doit se contractunu"; ici encore, nous pnouvons nous trouver en présence de

Les magnétiseurs attribuent une grande influence à la volonté de l'opérateur. Il peut y avoir, de ce chef, une double action : d^abord par suite de la suggestion mentale, dont je vais dire quelques mots dans le paragraphe suivant ; puis par une production plus considérable d'électricité.

Quelle que soit, en effet, l'issue du débat engagé en ce moment dans la Revue scientifique (2) entre MM. Gautier, Richet, Herzen et Pouchet sur la nature de la pensée, on doit admettre, comme extrêmement vraisemblable, que l'acte de la votition ne peut provoquer un mouvement musculaire qu'en provoquant la décharge d'une certaine quantité d'activité nerveuse ou d'électricité accumulée par le jeu de Torganisme dans une partie quelconque du cerveau. Cette décharge que l'individu opère pour déterminer un mouvement, il peut, comme la torpille^ la provoquer dans un tout autre but. C^est sans doute ce que Mesmer entendait par ces mots : saches^ vouloir.

Les médecins admettent, en outre, qu'un exercice prolongé sous l'influence d'une température élevée augmente la sécrétion de ce qu'ils appellent le fluide cérébral, de telle sorte que, si ensuite on se livre au sommeil, le cerveau surexcité continuant à produire beaucoup de fluide et ce fluide n'étant plus utilisé, il s'accumule dans les organes au point de produire de temps à autre des décharges assez fortes pour être parfois douloureuses.

deux causes agissant en sens contraire et d'intensité di£Krente, et c'est ]a suggestion qui peut l'emporter. — Toute polémique est oiseuse à cet égard et la certitude ne s'établira que par la comparaison d'un grand nombre d'expériences opérées dans les conaitions les plus diverses.

(2) ^evue scient.y iSH6, a^sem. n*24, n* 25; 1887, i*sem. n* I, n* 3, n* 7.

Je crois que cette augmentation dans la production du fluide se produit, dans toutes les parties du corps, sous l'influence des actions diverses qui avivent les actions chimiques dont notre organisme est le siège. C'est pourquoi on est plus puissant quand on est un peu entratnéy et j'ai entendu dire à Donato qu^il était obligé de mouiller plusieurs chemises avant d'entrer en séance pour avoir la plénitude de ses moyens.

{ 8. ~ La suggaation mentale.

La suggestion mentale, c'est-à-dire la transmission de la pensée ou des sensations d'un individu à un autre sans signe extérieur perceptible à nos sens, est certainement bien plus contraire aux principes enseignés partout que la lévitation elle-même* Aussi le D' Cullère n'hésitait-il pas, dans un livre datant de 1886, à railler ceux qui avaient la naïveté d'y croire et à rappeler < les piteux échecs des sujets se prétendant doués de seconde vue devant Tacadémie de médecine >(i).

Mais voilà qu'au mois de mai de cette même année, des expériences fitites au Havre en présence de médecins et de savants tels que MM . Œbert, Paul et Pierre Janet, Marillier, Myers (de Cambridge), Ochorov^icz et Charles Richet, ont semblé démontrer, avec toute la rigueur possible, la réalité du phénomène. Depuis ce moment on a réuni et discuté de

(i) Magnétisme et k)rpiotismef p. aSg. — Paris, 1886.

très nombreuses observations analogues, dans les deux ouvrages suivants auxquels je renvoie le lecteur :

< Phantasma of the living, by Edmond Gumey, Frédéric Myers, and Frank Podmore. — Londres, 2 forts vol. in-8*. i886« >

€ Delà suggestion mentale ^ par le D' J. Ochorowicz, ex-professeur agrégé de psychologie et de la philosophie de la nature à l'Université de Lemberg, avec une préface de M. Charles Richet. — Paris, i vol. in- 12 de 56o pages. 1887* >

En de telles matières, oti la conviction ne peut être amenée quie par une énorme accumulation de preuves, il serait inutile de chercher à résumer ces trois gros volumes. Je n'ai du reste, pour ma part, aucun élément nouveau à apporter au débat ; car, malgré des essais nombreux, je n'ai jamais pu obtenir le moindre indice de suggestion mentale (i) et Ton n'est encore nullement fixé sur les conditions qui lui permettent de se manifester. Je vais me borner à tâcher de faire comprendre, d'après le D' Ochorowicz (2), comment il est possible de concevoir un phénomène aussi extraordinaire. Ce sera déjà quelque chose d'acquis.

La pensée est certainement un acte, et un acte con-

(0 II est facile dé la simuler par des artifices propres à faire

phrase glissée dans un discours préliminaire (le sujet étant déjà mis en état de crédulité par un procédé quelconque),' l'idée de devenir insensible lorsque je ferais un geste déterminé, pour qu'il le devînt en efiet Cette insensibiliS facile à constater se produisait juste au moment où l'un des assistants me disait de lui en transmettre l'ordre mental.

Je cite ce fait seulement pour rappeler de nouveau qu'on ne doit point nier un phénomène parce qu'on ne l'obtient pas ou parce qu'on l'obtient avec un truc.

(2) *De la sugg. ment., p. 5 16.

sidërable puisqu'elle est le résultat de milliers' d'impressions cérébralesi répétées, dont chacune représente un effort. Comme tous les actes de la nature, il ne peut se produire sans provoquer une modification de rétat électrique de son substratum. Cette modification se propage» de proche en proche, dans tous les sens, en s*atténuant à mesure qu'elle se diffuse jusqu'à l'infini ; suivant les milieux qu'elle rencontre, elle se transforme,, diaprés des lois d'équivalence que la science moderne a plus ou moins nettement établies, en chaleur, en lumière, ou en mouvement. C'est ainsi que, dans une lanterne sourde, l'action de la lampe intérieure ne se répand au dehors, à l'état visible, que par les trous de la paroi opaque ; ailleurs, cette action agit également et se transmet encore au dehors mais sous une autre forme, celle de la chaleur, qui passe inaperçue pour notre vue si nous ne la transformons de nouveau en lumière, au moyen d'une batterie thermos-électrique par exemple.

Il n'y a, aux yeux de la science officielle, qu'une seule route pour les manifestations de la pensée : ce sont les nerft moteurs, les trous de la lanterne. Nous venons de reconnaître qu'il peut y en avoir d'autres ; mais la comparaison avec une lampe qui, de Paris, en allumerait une seconde à Blois par l'intermédiaire d'une batterie, puis d'un fil métallique, laisse supposer quHl faut toujours un conducteur tangible. Voici un autre exemple où la pensée est transmise par un rayon de lumière.

Supposez un miroir métallique très mince derrière lequel est fixée une embouchure. < En pariant dans Tembouchure, vous faites' vibrer le miroir. Un miroir qui vibre modifie la réflexion de la lumière. La

lumière qui amve à l'autre station est modifiée par votre parole, est chargée de votre parole, pas de la parole comme telle^ mais de son corrélatif mécanique. Elle arrive et frappe une lame de sélénium. Cette lame de sélénium est traversa par un courant local* Mais la lame de sélénium présente à ce courant une résistance plus ou moins grande, suivant l'éclat du rayon qui la frappe. Ce courant, incessamment modifié, vous le lancez dans un téléphone. Il fera vibrer la plaque de cet appareil, conformément aux modifications qu'il subit, et il va reproduire la parole >.

C'est lephotophone de Bell.

< Retenons bien ce qui s'est passé ici : Votre cerveau avait chargé, de votre pensée transformée, les nerfs moteurs. Les nerfs l'ont transmise aux muscles et aux cordes vocales, les cordes vocales à l'atmosphère, l'atmosphère au miroir, le miroir à la lumière, c*està-dire à l'éther, l'éther à la lame de sélénium^ le sélénium au courant d^une pile, le courant de la pile à l'électro-aimant du téléphone, l'électrb-aimant à la plaque vibrante^ la plaque vibrante à l'air, l'air à la membrane du tympan, la membrane du tympan aux petits os de l'oreille moyenne, les petits os de l'oreille moyenne à la membrane du labyrinthe, la membrane au liquide de l'oreille interne, le liquide aux organes terminaux du nerf acoustique, enfin le nerf acoustique au cerveau. Et ce cerveau a reproduit la pensée d'un autre cerveau. Pourquoi ? Parce que la dernière trans-f mission a rencontré un milieu analogue à celui de son point de départ ».

Page 1