CHAPITRE r
LA PaLARlTË HUMAIHE ET LE MAGNÉTISME UNIVERSEL
§ i". — Exposé et Térifloation de la loi de polarité.
A science officielle n*a consenti à admettre rinfluence etercëè sûr Torganisme humain par l'approche de différents corps et en particulier des aimaots que depuîs quelques années.
En 1 842 , le docteur Duthont rappelle ( i ) que, d'après plusieurs observations» chaque pôle magnétique jouissait d'une propriété difiTérente, qu'avec Tun on enlevait la douleur, qu'avec l'autre ûii la reproduisait. Il ajoute que, lui même, eut un jour l'occasion d'en avoir la preuve.
Un plombier, dit-il,. atteint de cette n<Svra1gie douloureuse des articulations, commune aux gens de sa profession, s'était adressé à M. Bagty, qui déjà plusieurs fois l'avait débarrassé de sa douleur par l'aimantation. Mais, craignant de continuer un traitement dont il ne connaissait point les effets, sans consulter un docteur, ce patient s'adressa à moi et me pria instamment de vouloir aimanter son poignet ; je le 6s en effet et j'eus le plaisir de lui enlever son mal dans l'espace de quelques
(i) Journal de médecine et de chirurgie^ no 2355.
minutes en promenant le pôle nord de mon aimant'sur Parti* culation malade; mais, curieux de constater !*e£let contraire du pdie sud, je le passai à plusieurs reprises sur le poignet. Après trois à quatre minutes» le patient, que je n'avais prévenu de rien, me dit qu'il éprouvait un fourmillement continuel au bout des doigts. Cette sensation augmenta rapidement et devint si vive, en même temps que le poignet devenait le siège d'une douleur poignante, qbe le malade retira brusquement la main et ne voulut pas me laisser continuer, prétendant que mon aimant n*était pas le même que celui de M. Bagly. Ce n'est que lorsque je lui promis positivement de le délivrer de sa douleur qu1l m'abandonna tle nouveau sa main. Je fis passer le pdle nord le Inng de l'articulation et la douleur disparut.
Plus tard, M. Burq, (i) constata les actions esthésiogènes dues à l'application sur la peau d^un certain nombre de métaux. M. Landouzy rapporta le cas d*un sommeil léthargique déterminé par l'approche d'un aimant, Weinhold un cas semblable produit par Télectricité, Dumontpallier et Pitres des cas d'hypr nose et de réveil par une application métallique (2).
Des expériences nombreuses, feites presque en même temps en France (à la Salpétrière), par M. Charcot et ses élèves (3); en Italie, par le professeur Maggiorani (4), établirent laction puissante de Taimant sur les hystériques, ainsi que les phénomènes de transfert (5) ; elles mirent en évidence des £aits
(i) Thèse . inaugurale. Pans, i853. — Métallothirapie du cuwre. Paris, 1867, etc.
(9) Landouzt: Relation d'un cas de léthargie provoquée par Pappiication d^un aimant, Progrès médical, 1879.-- Weinhold : Hypnotische Versuche, Chemnitz, 1880. — Dumontpallier et Maonin : Action de divers agents physiques dans P hypnotisme provoqué, Bulletin de la Société de Biologie, 1881.
(3) R. Viooimoux : MétalloscopU, métallothérapie, cssthésiO" gènes, Paris, 1382, etc.
(4) Le Magnese e i nervosi, Milano, 1869. "^ Alcune espe- Hernie de metailoscopia. Roma, 1878, etc.
(5) A. BmiT et Cr. FisLÛ : La .polarisation psffchique. (Revue phil., avril i885.)
analogues produits soit par les diverses sources d électricité, soit par les vibrations d'un diapason.
Mais aucun lien théorique ne réunissait encore tous' ces faits. Cest seulement dans les derniers mois de Tannée i885 qu'un grand industriel de Paris, M. Charles Dècle, qui avait étudié avec une patiente sagacité les phénomènes de contracture et de décon* tracture produits sous l'influence d'une foule de substances sur- une certaine classe de sensiti£i, formula pour la première fois d'une façon nette et précise (i) la loi vaguement indiquée depuis des siècles par les esprits novateurs.
Afin de faire comprendre sa notation, je commencerai par L'exposé rapide de quelques expériences.
Voici un sujet sensitiféytillé ou endormi. Je touche la partie externe de son petit doigt avec un morceau de verre électrisé, Télectrode positif d'une pile ou le pôle nord d'un aimant; au bout de quelques secondes, le petit doigt est contracture. Le même effet se serait produit si je l'avais touché avec une fleur ou la partie supérieure d'une racine, un acide, mon propre petit doigt ou même le petit doigt de son autre main, un morceau d^or ou d'argent (2), etc.
Si ensuite je touche la même partie du petit doigt contracture avec un bâton de résine électrisé, l'électrode négatif d^une pile^ le pôle sud d^un aimant, la partie inférieure de la tige ou de la racine d'une plante,
(i) Démonstration expérimentale de la polarité du corps humain, paris, août-décembre i885. (Non mis dans le commerce). — Dr Chazaraik et Ch. Dèclb : Découverte de la pola* rite humaine^ Paris, 1886.
(2) On trouvera indiquées dans le paragraphe a du présent chapitre, les conditions nécessaires pour que ces expériences réussissent.
un' corps basique, mou pouce ou le sien, un morceau de nickel ou de soufre, j^obtiens la résolution de la contracture. ...
De là on doit conclure qu'il existe dans la première série des corps cités un dynamide différent de celui qui se trouve dans la seconde. Il est naturel de déiigner, par analogie avec les dénominations déjà en usage dans l'électricité, le premier sous le nom de dynamide positif et le signe +• 1^ second sous le nom de dynamide négatif éc le signe — ; c'est cequ'afoit M. Dècle.
En se servant tantôt d'un corps positif, tantôt d'un corps négatif, l'effet de l'un servant à contrôler celui de Tautre, il a pu arriver à déterminer d*une façon générale la répartition des dynamides sur le corps humain.
La tête et le tronc sont positifs du côté gauche et négatifs du Côté droit, aussi bien par devant que par derrière. l-i:
Les bras et les jambes sont positifs du côté du petit doigt et négatifs du côté du pouce ou du gros orteil.
Les gauchers présentent une polarité inverse ; c'està-dire qu'ib sont négatifs partout oti les droitiers sont positifs et réciproquement.
Par conséquent, si le sujet ou l'expérimentateur est gaucher, -les contractures seront obtenues par position hétéronome et les décontractures par posi« tion isonome. Si le sujet et l'expérimentateur sont gauchers tous les deux, on rentre dans la loi ordinaire qu i est également celle du gaucher opérant sur lui-même.
Il faut remarquer que le gaucher de naissance qui devient ambidextre par l'exercice reste gaucher pour la polarité.
Les animaux vivants ou morts présentent la même répartition de polarité que rhomme.
Les végétaux vivants ou desséchés sont positifs du côté de la fleur et négatifs du côté de la racine; comme les aimants, chacun de leurs tronçons pr&ente la double polarité.
Un fruit est négatif du côté de la qiieue et positif du côté opposé.
Deux polarités isonomes quelconques mises en contaitt (ou même simplement rapprochées, si leur énergie est suffisante) produisent d*emblée une contracture ou une répulsion ; deux polarités hétéronomes, dans les mêmes conditions^ produisent décontracture ou attraction.
Ces phénomènes se traduisent par des actions différentes, suivant la partie du corps où on les provoque.
Ainsi la contracture du cerveau amène d'abord la catalepsie, puis le somnambulisme et et In la léthargie, suivant que l'action de Tagent isonome est plus ou moins prolongée. La résolution du cerveau sous l'action d'un hétéronome passe par les mêmes phases en ordre inverse (i).
D'après M. Dècle, toutes les personnes qu'on peut faire tomber dans le sommeil hypnotique* par un procédé quelconque seraient sensibles aux polarités que
(i) Dans une lettre adressée à la Société médico-psycholo-
gque (séance du 29 mars 1886), M. le docteur Luys combat s assertions de, M. Je docteur Voisin au sujet de remploi de la suggestion hypnotique pour le traitement des maladies mentales; il dit n'avoir jamais pu trouver assez de calme cbez un halluciné pour obtenir le sommeil hypnotique par la pression des globes oculaires avec le doigt. Les procédés d*hypnotisation fondes sur les lois de la polaiité réussiront tou)ours, si le malade est sensitif; et le nombre en doit être lelatlvement assez considérable.
nous venons d'énumérer (i) ; la sensibilité à la polarité animale seule ferait quelquefois dé&ut.
Les sujets impressionnables à Pétat de veille sont assez rares; cependant à Blois, cité de 20,000 âmes, j'en ai presque immédiatement trouvé une- dizaine en mydressant surtout aux jeUnes gens qui avaient été hypnotisés par Donato^ à son passage dans cette ville (2).
C'est avec ces jeunes gens, employés d^administration ou de commerce, que, devant des personnes habituées à des recherches scientifiques, j'ai obtenu tous les effets que nous avons pu imaginer comme conséquences de la loi de polarité. Quel que fût celui d'entre nous qui opérât, le résultat s'est toujours produit avec la même précision sans aucune concentration de
(i) Quand le sujet est dans le sommeil hypnotique, il faut d'abord réublir la sensibilité par une application en hétéronome.
(2) J*ai opéré soit à Blois, soit à Paris, soU à Grenoble sur une trentaine de sujets. Il 7 a des variétés nombreuses dans le degré et la nature de i'impressionnabilité, mais je n'ai rencontré aucun cas qui ne rentrât dans la loi de polarité.
Mme G..., qui a quarante ans» est assez sensible du corps et très peu de la tête. Sa fille âgée de seize ans ne Pést pas du tout.
Une jeune femme de vingt ans,. que nous avons eu l'occasion de voir à l'infirmerie de la prison de Biois. s'endort presque immédiatement et se réveille de même sous I influence des polarités : mais elle ne dépasse pas le sommeil cataleptique les veux fermés. Quand elle se réveille, les paupières sontcontractureeset se décontracturent par l'apposition des doigts en hétéronome ; elle était soignée pour une contracture hystérique des membres c^ui se résolvait au moyen de quelques frictions en hétéronome. Elle était -complètement insensible aux polarités partout ailleurs.
Un garçon serrurier, âgé de dix-huit ans, présentait la contracture des membres au oout de deux ou trois firictions en i^nome.
Une Jeune fille de dix-huit ans, M"* Blanche F..., que je n'ai )amais pu ni endormir ni contracturer, est susceptible de recevoir les suggestions de l'odorat et du goût par la simple imposition des mains en isonome pendant une minute.
M"* I..., âgée dune quarantaine d'années, n'était sensible d'abord que. des pieds; peu à peu, à la suite dressais répétés.
pensée, en parlant de choses et d^àutres, en évitant même de regarder le sujet (i).
Quelques détails sur nos essais montrent comment se produisent les phénomènes, et combien sont variées les combinaisons dont ils sont susceptibles.
Paul P... et Emile B... sont à peu près de la même sensibilité et de polarité normale. En moins d'une minute j'endors Emile en lui posant les fleurs d'un bouquet de violettes sur la partie gauche de la tête. Il a les yeux ouverts, a conservé la flexibilité des membres, mais a perdu toute sensibilité ; un flacon d^ammoniaque débouché sous son nez ne provoque pas le moindre mouvement.
J'approche de sa main, à vingt centimètres de distance, un aimant en fer à cheval (tiré de l'appareil Breton) de telle manière que le pôle nord soit en regard du petit doigt et le pôle sud en regard du pouce : ' instantanément la contracture de toute la main se produit. Je fais cesser la contracture en appliquant ma main sur la sienne en hétéronome, pouce sur petit doigt et petit doigt sur pouce.
Je soulève Tun de ses bras, et sur la partie postérieure de l'épaule je pose une carotte du côté de la
elle est devenue sensible de tout le corps, sauf pour la tête où elle reçoit seulement les suggestions du goût et de l'odorat comme M'^ Blanche.
Une jeune dame de 20 ans, élevée dans un château des environs de Blois et qui n*a jamais été soumise à aucune pratique de magnétisme ou d'hypnotisme a présenté» au premier essai, tous les phénomènes de la polarité au simple contact et avec une extrême précision.
comme somnambule bto-polansée,
(t) Afin de ne point compliquer l'action mécanique des contacts avec l'action des regards qui paraît dériver d'une autre cause.
tig« aupérieure {+), le bras rest« contracture dtnt la position horizontale. Je io d^contracture toit en retournant la carotte sur son autre extrémité (— ), soit en transMrant la contracture A l'autre bras en posant la carotte sur son cdté -f contre Tépaule de ce bras absolument comme aTec un aimant.
J'impose la main droite en hétironome sur la tête d*Emile endormi et la main gauche en isonome sur celle de Paul réveillé. En même temps que je réveille l^un, j'endors Tautre (i).
Je réveille Paul en lui plaçant sur le côté gauche de la tête (+) une pomme reposant du côté de la queue (— ) et sur le côté droit (— ) une autre pomme reposant par son extrémité positive.
Je dis A l'un d'eux de me montrer le dessus de ses mains en les joignant du côté des pouces; il ne peut plus les séparer par suite de la contracture des avantbras. J^opère la séparation en faisant glisser ma montre sur la ligne de jonction des pouces et index. S'il présente ses mains, la paume au-dessus, en joignant les petits doigts (+)i un effet semblable se produit ; il se guérit lui-même en portant ses mains entre ses cuisses (-*).
Je le fiiis mettre A genoux en lui recommandant de serrer les jambes et de joindre les mains dans Tattitude de la prière. Il reste dans cette position, les mains et les jambes contracturées, sans pouvoir se relever. SHi appuie, sur la partie droite du front, les pouces de ses
(i) La main droite ao-derant et au milieu du front, endort par ta face paJmaire qui se troure en position iaonome et ré- ▼eille par aa £ice dorsale qui est en position hétéronome : la main gauche endort par sa fiice dorsale dont l'action est ainsi isonome et réveille par sa face palmaire.
mains jointes, il s'endort luî-iméme. Je le réveille ret lui rends la liberté de ses mouvements en écartant sa main que je repiplace • par mon . petit doigt, puis en passant ce petit doigt entre ses jambes et enfin en pre« nant ses mains entre les miennes enbétéronome.
Il s^endormira également tout seul, et debout dan» Tattitude du penseur^ avec son index appuyé contre la partie, droite du front.
De même s'il met son index contre la partie* droite de la bouche dans la position convenue pour , indiquer le silence» sa bouche se contracture d'un côté et il ne peut plus parler, pendant que son bras tout entier se raidit pe\i à peu.
Si j'abaisse ses paupières, quand .il me regarde, avec le pouce et le petit doigt de la tnain droite, il ne peut plus les relever. Je lui rends'^la vue en les touchant avec le petit doigt et le pouce de la main gauche.
En pressant ses narines entre deux doigts on enlève et on rend l'odorat suivant que les contacts sont isonomes ou hétéronomes. De même pour Touïe.
Prenant la position du soldât sans armes, les jambes jointes et Ité petits doigts contre la couture du pantalon, le sujet est immobilisé avec contracture des bras et des jambes.
S'il élève verticalement son bras droit en l'appuyant contre-la tête, le contact — contre — produit la contracturation des bras; le bras gauche dans une positiçn semblable n'est poiht contracture (^ conti^ +),
En plaçant Paul et Emile l'un derrière l'autre comrne deux soldats dans le rang, en conjonction d'isonomes^ ils sont'contractui'és du haut en bas et ne peuvent bouger de^ place. En les plaçant côte à oôte sur lé' même rang, ilii se cpntrâctdrent mutuellement
les jambes et les bras en contact. En les plaçant 3os à dos, en conjonction d'bétéronome, iln'y apascontracture, mais attraction ; le plus fort entraîne l'autre en marchant (i). S^ils se placent l'un en &ce de Tautre et qu^ils s'embrassent^ joue droite contre joue gauche, ils restent collés par les épaules et les joues. Faisant monter l'un d'eux à cheval^ l'intérieur de sa jambe droite (— ) est en contact avec le âanc ( -) de l'animal et la jambe tout entière se contracture (2).
On voit combien il importe de répandre la connaissance de ces faits parmi tous ceux qui ont pour mission de s'occuper des maladies ou infirmités humaines. Il me paraît difficile d'astreindre au service militaire des jeunes gens dans le genre de ceux sur lesquels nous avons < péré si les contractures ainsi produites devaient présenter une certaine durée (3).
Le malheureux artilleur qui ne pouvait se tenir à cheval et dont la mort a provoqué récemment la mise en retrait d'emploi de son chef d^escadron était peutêtre un sensitif.
Dans ses lettres odiques-magnétiques^ Reichenbach cite les chevaliers Auguste et Henri Ober-; lœnder, ses amis, jeunes gens vi& et vigoureux, très portés à tous les exercices du corps et auxquels celui du cheval était complètement interdit par suite de la
(i{ Le phénomène peut être ici compliqué d'une attraction particulière dont je parlerai dans le chapitre IIL #
' (2) Pour se rendre bien compte de ces phénomènes de polarité, il est commode d'avoir deux de ces petites poupées en biscuit qu'on trouve maintenant dans le commerce et de peindre toute la partie positive, en bleu par exemple, par analogie avec la teinte de la paitie nord des aiguilles dé boussole.
' (3) Les contractures se résolvent d'elles-mêmes en général au bout de quelques minutes. M. Oècle a cependant observé des contractures persistantes et des retours de contracture^
génc qu'ils éprouveraient dès qu^ils étaient sur le dos de ranimai*
On se demande^ au premier abord, comment il se &it que des phénomènes analogues ne se produisent pas plus souvent; mais il faut remarquer que les per« sonnes d'une impressionnabilité aussi vive sont des exceptions ; du reste, Thistoire n'est point toujours là pour enregistrer leurs faits et gestes.
Tous les sujets que j'ai interrogés sentent un malaise vague dès qu'ib prennent des positions propres à amener une contracture et j^ai souvent constaté qu'ils les fuyaient instinctivement. Cependant l'un d'eux s'est endormi involontairement, il y a quelques années^ en appuyant sa tête sur^ main et ce sommeil somnambulique, inexplicable pour les témoins, a duré plus d'une heure.
Tout récemment, M . le docteur Chazarain assistait à la représentation d'un opéra dans une petite ville de province. On envoie un bouquet à la chanteuse qui le place sur son cœur dans son corsage ; aussitôt elle se trouve prise d'une extinction de. voix qui force à interrompre la représentation. Le lendemain, nouveau bouquet et nouvel accident dans des circonstances identiques. Le docteur, qui était encore présent, s^ofifrit pour soigner la jeune femme, lui rendit là voix par une simple friction du pouce et lui conseilla de ne, plus placer les bouquets qu'à droite (i).
Le P. Delancre^ parlant des nouements d'aiguillettes, s'exprime ainsi : .
(x) Le même accident est arrivé, il y a quelques joun, au jeune .Emile, l'un de mes sujets. 11 était à une noce et avait mit une fleur un peu srosse a la boutonnière de son habit du côté gauche; il ne tarda pas à sentir son cousecontracturer. Il se guérit lui-même par une friction du pouce et plaça la fleur à
7^ Lorsque Id démon enchaîne l*homm'e iyec là femme dNiné telle façon quMlt te troû?ent liés, pris et collés, comme tVec du glu, et si puissamment qu'à peine les pourrait-on disjoindre ou desliêr; - •
Ce qui t été autrefois ordinaire, comme on dit dans U ville de Tarente^ où cette manière, de liaison était si forte, que souvent on mettait les personnes, liées en la façon des chiens accouplés^ sur' une perche> le mâle d'un cdt^ et la femelle de l'autre, en forme de balance propre pour peser leur crime- ou forfait, les exposant à la risée du peuple comme un spectacle monstreux, avec une huée et acclamation si grande qu*ll sem* blait que Dieu te fdt servi de la main du Diable comme de celle d'un bourreau pour exécuter cette sorte, de supplice enver» des gens qui l'avaient bien mérité, (i)
Certaines apparences d'extase ne doivent point avoir
d'autre cause, et c'est peut-être dans le même ordre
de faits qu'il faut classer les distractions de Socrate.
Ui^ niatio, 4it Platon [B€m^et), pendant le siège de Potidée» on aperçut Socrate debout, méditant sur quelque chose; ne trouvant pas ce qu'il cherchait, il ne s'en aUii pas, 'maté continua de réfléchir dans la même posture. 11 était dk\k midi, nos gens, l'observaient et se disaient avec étonnement les uns aux autres que Socrate était li, rêvant depuis le matin. Enfin^ vers le soir, des soldats Ioniens, après avoir soupe, apportèrent leurs
la boutonnière de son gilet au milieu du corps; U n'éprouva plus aucune gène.
• M'*' Marie -D..., aujettrèè sensible, m'a raconté qu'une fbiif s'éiant. réveillée avec les <leux jambes jointes et contracturées, elle était restée près d'une heure fort eflBrayée dans cet eut que l'on aggravait par des frictions faites au hasard.
: L'ayant prise comme pour la faire valser, |e l'ai clouée sur plac^ en touchant l'orteil de son pied drpit avec celui de mon pied droit; lui donnant le bras, il me suMt de presser l^èrement le sien contre mon côté gauche pour le contracturer*
S'éUnt fait magnétiser, die perdit l'usage de la parole à la suite d'une passe près du cou. et il fallut qu'une personne au courant de mes études vînt la décontracturer par des applications enhétéronome au-dessus des omoplates. Enfin il lui est arrivé de rester la bouche contracturée en mordant un fruit en isonome.
MiM P... a été endormie, au moment de partir pour une fôte, par quelques fleura placées dans sa coiffure, probablement la tige, à droite et la fleur, à gauche. ...
• (i) ViHcréduliti et mescréance du tortilèfpe pîaSnement con^ ¥amctœi, p» 319. — Paris^ lôiSi ln-4^
litt de £ftmp«gtie dtni Pandrolt «ù 11 m trôimit afin de coucher III fraie (car on était en été) et d*obaenrer en même tempe a'Il peeaaralt la nuit dana la même attitude. En effiit» il continua à ee tenir debout juaqu'au lever du aoleil. Alot», aprèa atoir lait aa prière au aoleil» Il ae retira*
Cet accident i*est même reproduit plusieurs fols
chez riUustre philosophe, i on croire Aulu-Oelle
{Nuit9 attiqiMi).
On pfétend que aourent 11 reatalt debout dana la même attU tude, la nuit, le jour, dHin aoleil à Tautre, aana remuer lea paupièrû. Immobile, à la mêmie place, lés regarda dirigea vera le même point, plongé dana dee penaéea profonde! comme laolé de aon corpa par la méditation. Phavorinua parlant de la ht-^ mets d*âme de Ce aage noua diaait un |our en rappelant ce frdt : Soulrent Socrate reauit dana la même poaltioKi d*un aoleU I Pautre, immobile, plua droit qu'un tronc d'arbre.
Saint Augustin {Cité de DieUj xiv, 24) parle d^un prêtre de Calama qui tombait eu catalepsie chaque fob qu'on le lui demandait é Cardan raconte ^gale* ment qu'il se mettait à volonté comme en extase et en état d'insensibilité complète. Enfin quelques cas semblables et plus récente ont été relatés dans les mémoires médicaux^ notamment dans une thèse du docteur Favrot(i).
Aucun de ces auteurs . ne signale les procédés employés pour ametier ces états» mais ce que nous avons dit suffit pour iaire comprendre comment la rigidité du corps et le sommeil pouvaient se produire.
Le docteur Despine (d^Aix) rM>nte dans ses Obsêr^
votions de médecine pratique que plusieurs de ses
malades parvenaient à s^endormir à volonté.
Ce qui est bien remarquable, dit-il (p. 169), c^t que toutea mes aomnambulea, pour produire cet éffisi, agissaient aur lea
{i\Sur VèpHepiU* 1884. p. 56. 57. ^ On peut probablement expliquer de la même manière la permanences de l'attitude de certains fakirs.
mémes branches* nerveuses, sans jamais avoir étudié Fanatomie.
Micheline, étant dans l'état de somnambulisme, pouvait à volonté se plonger en syncope ou en léthargie. Pour le fidre, void quelle était sa formule: elle se couchait à plat-dos dans son lit; elle croisait ensuite les avant-braf sur sa poitrine et plaçait l'extrémité du médius dans la fossette qui existe au cou, directement au-dessus de la partie moyenne de la clavicule gauche; elle cherchait ensuite lé point correspondant de l'autre cdté avec le médius de l'autre main, et quand il éuit trouvé, elle appuyait, au moment où elle voulait déterminer la syncope, le. bout du doigt sur la fossette en question, et quelques minutes suffisaient pour obtenir l'effet désiitS.
Toute sensibilité extérieure était alors éteinte, elle n'éuit impressionnable par aucun des cinq sens; on ne pouvait plus se faire entendre ou, si elle entendait, elle ne pouvait plus répondre. Enfin, il fallait nécessairement attendre que cet état finît spontanément..
Alexandrine a pu, difiérentes fois, au moyen de la formule de Micheline, entrer en syncope comme elle. Un jour même elle me fit grand peur; elle était au lit et ses couvertures se trouvaient par hasard, amoncelées sous les coudes de manière à les soutenir contre la chute qui devait survenir aussitôt rentrée en syncope, par reCTet seut de la gravitation. Alexandrine donc, s'étant procuré l'état de syncope, et ses bras étant retenus dans la position syncopante, elle y resta sans pouvoir eh sortir. Elle n'en serait jamais sortie si un heureux hasard, que je puis dire providentiel, ne m'eût amené près d'elle.'...
Connaissant les efiets de la pos!tion dans laquelle je la trouvais, je n'eus rien de plus pressé que de lui décroiser les bras et de les placer sur les deux parties latérales du corp's; ils étaient, déjà froids comme du marbre, la respiration insensible et les moupements du cœur se ralentissaient d'un instant à Vautre. Les .pieds étaient à la glace et toute la chaleur vitale se concentrait à répîgastre et au coeur. J'emplojrai l'insufflation pulmonaire, et quelques minutes après j'obtins de la malade des signes non équivoques qu'elle m'avait entendu.
Si Ton prend là position indiquée, on remarque que le côté 4- du médius de la main droite et le côté — de l'index de la main gauche se trouvent à gauche et à droite, c'est-à-dire en conjonction d'isonomes, sur le passage des nerfs phrénique et pneumo-gastrique qui
commandeût les mouvements du cœur et de la respiration. Pour foire revenir son sujet^ le docteur Despine n'aurait eu qu'à toucher ces ner£s en hétéronome. Le Dr Ch*. a fait l'expérience, mais je n'ai point voulu la répéter.
La découverte de la loi de la polarité est trop récente pour que Ton ait pu en £aire encore des appli* cations utiles; cependant M. le docteur Doutrebente, médecin en chef de l'asile des aliénés de Blois, a signalé en ces termes, à la réunion annuelle de la Société de médecine de Loir-et-Cher^ un premier essai de traitement.
M^ X..., que j'ai eu l'occasion de soigner en dehors de rasile, est atteinte d'hémianesthésie depuis deux ans ; cet état a résisté aux traitemenu les plus énergiques; tout d'abord, j'avais employé les difiérentes méthodes œsthésiogéniquesénumérées dans la Revue du docteur Romain Vigouroux, spécialiste de l'école du professeur Charcot. Les divers traitements préconisés par cet auteur ne reposant pas sur des données scientifiques bien précises, ou déterminées, on peut dire sans crainte d'exagération que ce sont des médications empiriques. En opérant ainsi je n'ai obtenu que des résultats irréguliers et absolument insuffisants ; c'est alors que, mettant à profit les renseignements fournis par M« de Rochas, j'ai appliqué sur ma malade un aimant en fer à cheval, de façon à mettre en rapport les pôles de noms contraires, c'est-à-dire le pôle positif de l'aimant en rapport avec le pouce, et le pôle négatif en rapport avec le petit doigt* L'effet désiré s'est produit presque immédiatement, à savoir que l'hémianesthésie disparaissait et qu'avec le retour de la circulation la chaleur revenait dans le membre malade: nous avons vu aussi le sang. suinter après une piqûre d'aiguille, ce qui ne se produisait pas auparavant* Les applications d'aimant ont été continuées régulièrement pendant quinze jourset pendant une durée de cinq minutes à chaque s^nce (six séances par jour). Au bout de ce temps, la malade nous a quitté et est retournée dans sa famille complètement débarrassée de ce syndrome hystérique qui a malheureusement reparu un mois après. Le traitement qui nous a réussi une première fois vient d'être repris à nouveau avec le même succès. Nous avons lieu d'espérer que maintenant il aura un résultat définitif si l'on songe que la ma-
ladf» en «rrivâ&t ehaxflllé» a eu, avtc des émotiOAt moftlee bien facUea à compreadre, l'arrivée oonoommittente de la période menstruelle; notons enfin que^ depuis l'amélioration de lliémianesthéile, nous avons vu complètement disparaître les, grandes attaques dlijrsidrie qui se prodttlaaient autrefois dnq ou six fois par semaine.
Une seooûde obsdrvâtioii noua t été fournie par M • le Dr Prottsti également à Bloii.
MM* X... est atteinte de crisea hystérlquea depuis deux ans. J'ai été appelé le aa août t886 auprèa de cette jeune fille, parce qu'elle était plongée depuis 24 heurea dans un sommeil dont sa famille ne pouvait la tirer. Je constatai d'abord que oe sommeil présentât les canu:tèrBS de l'état cataleptique, les positlona que )e donnais aux membres persistant, au moîna pendant quelque temps. Me plaçant alors à gauche de la malade, j'appliquai la paiînie de la main gauche sur la partie médiane du liront. N'ayant obtenu aucun résultat (i) au bout de trois xm quatre minutes, j'appliquai la main droits de la même fiiçon.
Deux minutée ne s'étalent point écoulées que )e via se pro« duire des mouvements convulsifii dans les membrea supérieurs, puis dea contractures surtout du cdté des fléchisseurs de l^avant^ bru gauche. La malade entra complètement dans l'état aomnambulique, je pus la faire lever et lui donner dea suggestions diyeries.
Imposant de nouveau la main gauche, |e la réveillai complètement et, depuis cette époque, le sommeil morbide ne s'est pu reprwent é .
i%. ^ Bzpèrieneei de détail enr la polarité.
MM. Dècle et Chassarain préparent un nouveau mémoire sur la polarité des divers corps de la nature. Dé)àf ils ont annoncé que :
Les animaux etlea vitaux sont bi-polairea comtte l'homme, l'aimant et le pile; que les minéraux (et noua comprenons sous
(1) Cet insuccès tient peut4treà la position dii côté gauche du médecin contre le côté gauche de la malade, qui par la conjonction Isonome combattait la résolution du cerveau : eflèt qui s'observe ehea les sujets extrêmement senslblea.
cette dénomination non seulement les corpt limplet et les composés iqu^ih forment entf*euz, mais encore les acides» les alcaloïdes et les sels d'origine organique) sont unirpoùtires quand iîs u présentent à Vétat puhirulent et deifiennent Mpolaites sousfomé allongée, l'une de leurs extrémités étant pd» sitive et l'autre native | qu'enfin les lumières rouges ou vertes sont positives et les lumières jaunes ou bleues natives (x).
De mon côté, je me suis livré à une série d'expériences dont la plupart sont la confirmation de celles de M. Dècle; d'autres, au contraire, se trouvent en contradiction avec les siennes.
Il n*7 a point lieu de s^étonner ,àt ces divergences dans une science qui natt à peine, où les phénomènes sont très complexes et où, surtout, ron n'a d^autres instruments que des sujets dont la sensibilité varie non seulement de Tun à Pautre, mais pour chacun dinstant en instant, suivant son état de santé et les circonstances extérieures.
Les circonstances qui m'ont paru avoir une influence prépondérante sur cette sensibilité sont :
!• Vattention du sujet. ^ Il se produit là le phénomène que l'on observe plus ou moins chez tout le monde et dont la mort d'Archimède offre un exemple célèbre.
L'attention a une influence considérable, mais il ne faut point la confondre avec la suggestion dont je parlerai dans le chapitre des phénomènes psychiques.
2* La température ambiante. — Plus la température est élevée, plus l'air est sec, plus le temps, est orageux, plus il y a de personnes réunies dans la même chambre, plus la sensibilité est exaltée.
L'influence de rhumidité est nettement constatée par ce fait que tous nos sujets ne peuvent se contraç-
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(t) Décernai de la poL hum^ p, ^5. ...
turer eux-mêmes quand ils se mettent en contact isonome sous l'eau (i).
3t Les expériences répétées. — Emile B. .. et Paul P,.., sur lesquels j^ai fait mes premières expériences, étaient^ il y a six mois^ à peu près d'égale sensibilité ; cVst-à-dire qu'ils se contracturaient et se décontractu* raient par des con^ac^^ d'environ une demi-minute. Aujourd'hui Emile^ après une trentaine de séances, en est arrivé à être influencé instantanément par une polarité quelconque, à la distance de lo à i5 centimètres et même à la distance de plusieurs mètres, quand les actions sont intenses et la température propice.
Cette extrême sensibilité rend Texpérimentation difficile et voici un exemple de la manière dont les choses se passent alors :
Prenant un verre rempli d'acide sulfarique hydraté et coloré en rouge avec de la teinture de tournesol^ je constate d'abord une contracture aussi bien du pouce que du petit doigt, par le contact du flacon avec les parties externes de ces doigts. Ajoutant de Feau, il arrive un moment ob l'acide est assez étendu pour ne plus contracturer quele petit doigt, la liqueur étant devenue à peu près. incolore. Je verse alors peu à peu une dissolution de soude dans le verre ; je constate successivement la neutralité du mélange par l'absence d'actions sur la main, puis son état basique à la fois par sa coloration bleue et la contracture du pouce. Enfin, quand le liquide est suffisamment basique, j'obtiens de nouveau la double contracture.
Le tableau suivant donne quelques-uns des résultats que j^ai constatés :
(i) L'action de Teau ne va pas cependant jusqu'à les empêcher d'être contractures en isonome par mon contact ou celui de polarités végétales et minérales qui sont en général plus énergiques.
CORPS
Oxygène
Plttine.
Or.
Argent
Mercure.
Cuivre.
Antimoine.
Fer.
Cobait.
Adde ttrtrique.
Adde tulfurique.
Acide sttccinique. ' Acide phénique. - Adde antimonieux.
Adde anenieuz.
Biozjrde de mercure .
Sulfate d'antimoine.
Bioxyde d'étain.
Bisulfure d'étain.
Bicarbonate de potasse.
Camphre.
Urine du soir.
Poudre de feuilles de
saponaire.
Poudre de coloquinte.
Rayon rouge.
Cristal de spath d'Islande pressé entre les doigts.
Papier frotté sur mé- UVpoli.
Tuyau de fonte ou de caoutdiouc dans lequel coule de Peau.
CORPS
Hydrogène.
Bismuth.
Nickel
Zinc.
Manganèse.
Iode.
Soufre.
Ammoniaque.
Chaux en p<iudre.
Potasse.
Sulfite de zinc Oxyde d'aluminium. Carbonate de plomb,
Carbonate de nickd.
Sulfate d'étain.
Sulfate de cuivre.
Hydrate de chloral.
Carbonate de baryte.
Alcool de betterave.
Urine du matin.
Poudre de radnes de
guimauve.
Poudre de racines de
pivoine.
Rayon bleu.
Poudre de verre blanc Chocolat raclé avec
un0 lame tran
chante.
Cire à cacheter frottée
très l^èrement sur
du drap.
CORPS
itBTmiBirr folabjs^s
Magnésium laminé.
Nickd laminé.
Barreau d'ader.
Barreau de bronze d'aluminium.
Tube de laiton avec soudure.
Barreau de fer nickdé
Tige de fer placée verticalement (— k la partie supérieure).
Un bracdet d'or ou*
Cristal de roche(P].i,
Crisui de sulÀta de chaux en fer de lance (PI. i.fig.5).
Une canne de jonc
(— vers la radne).
Le corps d'une grenouille vivante (-(- à gauche).
Un sabot de cheval
mort.
Unemachoirede squelette (-1- à gauche).
Un morceau de charbon de bois (— vers la racine).
Un morceau de moelle de sureau (— vers la radne).
Un œuf (— au gros
bout). ' La pulpe d'un dtron {— vers la queue).
Cet actions ont été déterminées sUr des sujets différents -ou sur le même sujet à diverses époques ; car celui qui est assez sensible pour dénoncer les faibles polarités est devenu incapable de distinguer lesfortes«
Il faut remarquer que les • polarités ne sont probar biement que relatives, comme lesr électricités, et<lépendent de la nature des corps qui sont en contact.
C'est ainsi que le fer, le zinc, le plomb et l'étain nUmpressionnent point habituellement les plus sensibles de nos sujets ; mats ils deviennent positi£i dès qu*on les chauffe légèrement* Le fer devient au contraire négatif si on l'essaie sous forme de diéqiie et qu'on le presse contre un disque d'argent, (i) — Le zinc apparaît aussi comme n^tif quand on le met en contact avec de l'argent, de Tor ou du cuivre, ou que la sensibilité du sujet est exaltée; de même pour le plomb quoique plus difficilement encore.
L'argent frotté avec du liège devient négatif.
Le plomb frotté aVec du fer devient positif. '
Il semble résulter de nos expériences que tous les métaux ou minerais hétérogènes sont polarisés ; c'est ce qu'avait entrevu Humboldt quand il avait étudié leur action sur les muscles < L'efficacité des métaux, dit«il, dépend de leur hétérogénéité >. (2) ' Avec les rayons lumineux du spectre j'ai obtenu, presque instantanément, non seulement la contrac-
(i) On te rendra compte de la dâicatesie de ces. exp^ences par le détail suivant.
SI Ton presse contre un disque d*argent un disque de fer^ l'argent devient 4- et le fer ^ $ mais si, contre une pito d'aroent on place pefîpendiculairement un clou de fer un peu long, Pextrémilé lîbrê du dott présente la réaction «4-. On. peut se convaincre que le clou s'est polarisé en éprouvant son .action . contre la. tête et contre la pointe par l'intermédiaire' d'un corps ' à peu près inerte conime un. crayon.*
(a) Expériences sur le galvanisme. — Paris 1799, p. 239.
tare et la 4to>otractore des membres» mais cncf^c le sommeil et le réveil. Je o*ai pas eu Toccasion d'essayer l'effet des rayoos lumineux ayant traversé des verres colorés ; mais ces effets doivent être sensiblement les mêmes et se produisent quelquefois dans les églises.
La peau, même tannée, d^un animal conserve la polarité qu'elle avait pendant la vie; ainsi le côté drmt du tronc est négatif et le côté gauche positif» de même pour les pattes, etc.
Si l'on frotte un tube de verre avec le côté droit de la peau d'un lapin, on développe sur le verre de l'électricité positive; on développe au contraire de l'électricité négative si l'on frotte avec la partie gauche. On sPexplique ainsi, au moins en grande partie, les irrégularités signalées en 1873 par M, Hagenbach. dans l'électrisation d'un tube de verre par les diffé* rentes parties d'une peau de chat (i) ,
J'ai endormi plusieurs sujets en les coiffant en isonome avec des fourrures qui avaient conservé la forme de Taninial*
Les cheveux du côté gauche, coupés pu non coupés, sont po^tifr; ceux du côté droit négatifr (a). Marie D.., se contracte les épaules au bout d'une minute en y laissant tomber naturellement ses cheveux dénoués ; elle se décootracture en les disposant en sens inverse.
Je rappelerai enfin, à propos du tableau précédent, qu'un sujet peut Stre endormi par un flacon de chloral
il) JwmoX de 'physique, t IL p. 36. — Mascart. traité lectricité statique, t. i p. 24.
(a) ravélt espéré trouver dans ce phénomène l'explication de lalttendede Samson perdant ta force quand on lui eut coupé let cnevem. MM. Chazarain et Dède ont, en eflet, cru contuter des dîfférencea de force chez leura auîets après dea applications en isonome ou en hétéronome. J'ai iait pluttcairs expénencet à ce sujet, mais je n'ai obtenu que des roiuluts discordants.
placé près de la tempe droite et réveillé par le même âacoa du côté de la tempe gauche ; si Faction près de la tempe gauche se prolongeaiti il y aurait sommeil par action du médicament.
On sait que, suivant le D' Bouchard, Turine de rhomme contient un toxique dont la nature varie suivant quHl est sécrété pendant la veille ou le sommeil ; le poison sécrété pendant le sommeil {urine du matin) est convulsivant et détermine le réveil, pendant que Tautre (urine du soir) détermine le sommeil.
13 n bracelet d'or ou d^argent, fermé, donne simplement Faction + ; comme cette action se fait sentir aussi bien du côté + que du côté — du bras qu'il entoure, il ne contracture pas ce bras. Mais, si on rouvre et qu'on le retire en frôlant la partie positive du bras avec Fun de ses bouts et la partie négative avec l'autre bout, on pourra avoir une contracture s'il y a contact en isonome. De même avec une chaîne d'or : il n'y a pas contracture &i la chaîne entoure complètement le poignet, et il y a contracture si on le feit glisser autour du membre sans joindre les extrémités.
MM. Chazarain et Dècle ont établi (i) les lois suivantes pour les transferts.
1** loi. — Les actions isonomes appliquées sur le côté opposé de la tête et du tronc (membres compris), où siègent des contractures et des anesthâiîes, y produisent le transfert de ces contractures et de ces anesthésies.
j* /oi. — Les actions hétéronomes appliquées sur le côté opposé de celui où siègent soit des hypéresthésits, soit des contractures et des anesthésies^ y produisent le transfert de ces hypéresthésies, ou la résolution, précédée de transfert, de ces contractures et de ces anesthésies.
Les actions en isonome d'une polarité animale, végétale ou minérale amènent, chez les sensitifs, l'anesthésie avant la contracture • ( i )
Je me suis servi dé ce phénomène pour déterminer d'une fiiçon précise la délimitation des parties + et — sur le corps humain.
Pour cela il suffit d'appliquer à plat Textréroité nord d^une aiguille aimantée, pendant une seconde à peine, . sur la peau dans le voisinage de la ligne de séparation préalablement déterminée approximativement par d'autres expériences ; on pique ensuite avec la pointe nord. Si le.sensitif sent la piqûre, c^est que la partie est — ; elle est au contraire + si le sujet n'éprouve rien. On conçoit qu'on puisse aller ainsi de proche en proche et obtenir les tracés que nous donnons dans la planche II. (2).
On voit que chaque doigt est polarisé. On ne saisit pas bien au premier abord la raison du tracé des lignes de séparations sur l'avant-bras ; pour la comprendre il £Eiut laisser tomber le bras verticalement le long du corps, le pouce contre le corps ; on constate alors que ces lignes coïncident avec les traces sur cet avant-bras du plan qui couperait normalement le milieu du médius et de la main, en passant par lé milieu de là saignée et du coude et en se prolongeant sur le bras par le milieu du biceps.
Partout la partie neutre du corps se réduit à une
(i) Les actions en hétéronome produisent l'hypéresthésie, sous la condition de les faire cesser dès que le phénomène est apparu. (Chaz. et Dàclb, 1. c. page x6.]
(i) Un contact trop prolongé produit toujours l'anesthésie ; de li, des 'irrégularités dont il faut se défier. La répartition que j'indique n'est du reste point absolue ; elle est modifiée, dans les détails, par l'orientation du sujet, et probablement aussi par la posinon de l'observateur.
ligne; il n'a pat été possible de déterminer si les actions au^entaieat d'intensité à mesure qu*on s'en éloignait.
Les anciens avaient remarqué ce phénomène d'ànesthésie sans s'en rendre compte, et, au moyen-âge, il était admis qu'une aiguille ou un couteau aimantés traversaient les chairs sans douleur (i).
La chaleur parait exercer une action négative quand elle est suffisamment intense (2).
Un fer à repasser, porté à la température convenable pour le repassage, contracture les parties négatives d'un sensitif. Fortement refroidi à l'aide d'un mélange réfrigérant, il contracture au contraire les parties positives.
Si maintenant on approche ce fer chaud, non plus de la partie droite ou gauche du tronc ou des membres, mais de leurs lignes médianes, de manière à agir à pevi près également sur les parties positives et négatives, on constate qu'il
contracture ( !• poitrine,
ou j le dos des mains,
repousse f i^ jambes du côté du genou ;
décontracture l le dos,
ou j la paume des mains,
attire [ le derrière des jambes.
De plus, il endort par devant le crflne et réveille par derrière.
(i) Cabdaii, De subtilitate^ lib. VII ; Gaffamil, Curiosités inouïes, etc.
(a) On a TU que pour le fer, le plomb, l'éuin, une faible chaleur se bornait à exalter l'action positive spéciale à cea métaux.
On admet, en physique, que la chaleur et l'état de division des corps donnent aux corps une tendance à prendre l|âectricité négative. D'après Bergman, quand deux surfaces frottent l'une
Un bflton de soufire produit les mêmes effets.
Un morceau de glace produit des effets inverses.
Il est donc vraisemblable que la polarité négative domine sur le devant du corps et la polarité positive par derrière, de même qu'il y a toujours une polarité prédominante dans les barreaux formés de poudres dont nous nvons parlé plus haut.
On expliquerait ainsi pourquoi un courant d'air froid réveille quand il est projeté sur la figure et en particulier sur les yeux et endort quand il est projeté sur la nuque, (i)
Quand on contracte violemment le poing à côté de la main d^un sujet, on contracture quelquefois la partie négative seulement de cette main, quelquefois la main entière; un effet analogue se produit, du haut en baSy sur le corps du sensitif quand l'opérateur contracte à la fois son bras et sa jambe par un effort brusqiie^; j'ai obtenu ainsi des contractures,' dans des circonstances fiivorables, à plusieurs mètres de distance.
Je suppose qu'il y a développement d'électricité négative, parce que, si je presse entre mes doigts l'un des bouts d'une baguette neutre ou faiblement polarisée, je produis très généralement une action négative à l'autre bout.
Ces dernières expériences ne sont données ici qu^à titre d'indications et ont besoin d*être confirmées.
Ce qui en fait la difficulté c'est, nous le répétons, qu'une action trop violente pour la sensibilité du su-
contre l'autre, c'est celle qui reçoit le plus de frottement, et qui par conséquent s'échauffe le plus, qui prend le fluide négatif.
(i) Une pratique populaire pour arrêter les saignements de nez consiste à mettre dans le dos une clef ou un autre objet froid. Est-ce parce qu'il produit une contracture?
jety quelle soit positive ou native, produit toujours la contracture ; de plus il peut y avoir des autosuggestions; enfin, on verradansle chapitre VIII que l'orientation joue un rôle dans la production des phénomènes et le temps m'a manqué pour âdre toujours nettement la part de son influence.
La variation de la sensibilité du sujet sous les influences que npus avons énumérées nous a empêché également Je pouvoir formuler des lois relatives à la conductibilité des différents corps pour les actions polaires. — Il m'a paru qu'elle était à peu près la même pour le bois, la corde et le fer, mais qu'elle était notablement plus grande pour le cuivre.
J'ai pu produire une contracture à la distance de
trois mètres en appliquant mon petit doigt et en faisant appliquer celui du sujet, en position isonome, le long d'une ficelle tendue.
§ 3. — Histoire des pratiques et des théories dépendant de la polarité.
Maintenant que Ton connaît les principaux phénomènes de la polarité on peut se rendre compte de la plupart des procédés empiriques employés par les ma« gnétiseurs, hypnotiseurs, masseurs, toucheurs, etc«(i)
(x) Ainsi quand Dpnato ou Tun de ses élèves veut reconnaître si une personne est susceptible d'être hypnotisée, il lui présente les mains ouvertes, la paume en dessus et la prie d'y appli-
Il nous sera également plus facile de rechercher^ au milieu des récits merveilleux des temps passés^ tes &it8 susceptibles d'être expliqués par ses lois. On comprendra mieux les observations de nos prédécesseurs ainsi que leurs théories.
Le magnétisme était certainement connu dans l'antiquité. Un passage de l'Amphitrionde Plante (scène i**) ne laisse aucun doute à cet égard. Mercure, qui a pris la figure de Sosie, se demande s'il doit se débarrasser de la présence incommode de ce dernier en le rouant de coups ou en l'endormant et il dit:
Qidd si ego îllum traetim tangam ut dormiat?
Sosie répond :
Servoiferis, nam continuai has ires noctes pervigiîavi.
L'imposition des mains, qu^on trouve si fréquemment relatée dans les saintes écritures, a pour effet de provoquer chez certains sujets, un état où ils sont susceptibles de recevoir les suggestions tout en paraissant rester éveillés. Je reviendrai en détail sur ce phénomène dans le chapitre VII.
Pxosper Alpinus, médecin du XVI« siècle, qui passa plusieurs années en Egypte, dit, dans son Traité de la médecine des Egyptiens ^ que :
Les frictions médicales et les frictions mystérieuses étaient les remèdes secrets dont les prêtres se servaient pour les maladies incurables. Après de nombreuses cérémonies, les malades^ enveloppés de peaux de béliers, étaient portés dans le sanctuaire du temple où le Dieu leur apparaissait en songe et leur révélait les remèdes qui dévalent les guérir. Lorsque les malades ne recevaient pas les communications divines, des prêtres
quer la sienne ; les mains se trouvent ainsi en position hétéronome et s'attirent. L'opérateur sent alors le su)et exercer une pression involontaire et assez forte de haut en bas.
appelés Onéfropdlea s^endormaiènt pour eux, et le Dieu ne leur redisait pas le bienfiiit demandé., (Liv* i., chap. 8.)
La production de ce sommeil lucide, en se couchant sur des peaux de béte, est confirmée par Pausania» (lîv. ly cb. 3i).
Celui qui veut consulter Amphiaraûs se purifie d'abord par un sacrifice qu'il offre au Dieu ; après plusieurs jours d'abstinences et de fréquentes expiations, il lui Immole un bélier, sur la peau duquel il se couche et il attend en dormant qu'un songe lui apprenne ce qu'il veut savoir •
De même, Virgile nous montre (Enéide^ VI 79-95) le roi Latinus allant consulter l'oracle de êon père, le dieu prophète Faunus, dans le bois que domine la haute Albunée où toutes les nattons italiques venaient interroger les Dieux.
En ce lieu, le prêtre^ après avoir fait ses offrandes et s'être couché durant la nuit silencieuse sur des peaux de brebis immolées, voit, une fois sa paupière fermée par le sommeil, des fan tomes pressés qui voltigent dans des attitudes étonnantes ; Il entend des voix diverses, jouit de la conversation des Dieux et adresse la parole à l'Âchéron évoqué des profondeurs del'Averne. Là, le père Latinus en personne, demandant une réponse, immolait suivant les rites cent brebis de deux ans et, appuyé sur leurs dépouilles, se tenait cbuché sur leurs toisons étendues. Tout à coup une voix retentit dans les profondeurs des bois...
Faunus était apparu à Numadans des circonstances analogues.
Il y avait alors une forêt antique, longtemps respectée par la hache et abandonnée au Dieu du Mexale, dont elle était le sanctuaire. Là, dans le silence des nuits, le dieu donnait ses réponses k l'âme ddmée par le repos. Cest U que le roi Numa immole deux brebis. La premi^ tombe destinée à Faunus, l'autre pour le doux sommeil ; puis Pune et Vautre toison est étendue sur le solnu.<.«i Vêtu d'une étofle grossière, le roi s'étend sur les toisons toutes fraîches, après avoir adoré le dieu dans les termes qui lui sont propres. Cependant la nuit vient. . . Faunus apparaît
Certalnement beaucoup de facteurs devaient intervenir dans le phénomène produit^ mais il. résulte de ce que nous avons dit plus haut qu'il suffit à un sensitif de' poser sa téte^ en position isonome, sur une peau d^animal pour tomber dans le sommeil magnétique.
C'est à la fin du moyen-âge qu'on voit, apparaître les premières théories basées probablement sur une multitude de . foits analogues aujourd'hui oubliés. Paracelse comparaît Phomme à un aimant et il disait que si Ton pouvait faire flotter un individu.librement sur Teau, sa face se dirigerait vers le nord et son dos vers le sud(i); il faisait usage, comme médication, des deux pôles de l'aimant quMl appelait le ventre et le dos. € Se servant de celui qui repousse pour réprimer la partie trop vive des humeurs et de celui qui les attire pour les rappeler à leur source. > (2)
Il fit aimanter des couteaux, des lames d'épée avec lesquels il , guérissait le mal de dents; suivant lui, toutes les sympathies et antipathies qu'on observe dans la nature proviennent d'un grand principe qui émane des régions célestes et y retourne par un perpétuel mouvement de flux et de reflux, mettant ainsi en communication tous les êtres.
(x) Ut si homo naviculae impositus iti aauis arte hydrostatlca exacte Jibretur futunim ut fiicies ad poJum boreum semper, tergoravero ad oppositum polum se disponant naturaliter.
(2) On a vu plus haut aue chez les sensitife les anouchements en isonome provoquaient rinsensibllité.
JEtius, méiledn de la fin du V* siècle^ avait d^à prescrit l'application extérieure de l'aimant pour la goutte et les maladies convulsives : Ttadunt magnetem detentum maHu, chiragrorum ac podagrorum dotores ipiorum sedare; œque eonvuïsis qpitU' latm-.i^tii opéra, Vienise, i534, — in-f» lib., Il, cap. ^V). ,
Consulter encore l'ouvrage suivant : .
De Magnetica vulnerum cutatione, citra ullAm superstttio-^
• L'écossais GutUaume Maxwell et son disciple Libavius développèrent aussi cette théorie du magnétisme universel. Maxv^ell affirmait quMI pouvait agir non seulement sur l'état physique des individus mais encore sur leurs dispositions morales, ce qui prouve qu'il connaissait le phénomène des suggestions.
< Il n^est pas prudent, dit-il, de traiter ce sujet à cause du danger. Il peut fournir la plus grande faci-? lité à satisfisiire la luxure. Si, même il venait à être vulgarisé, ce qu'à Dieu ne plaise, les pères ne pourraient plus être sûrs de leurs filles^ les maris de leurs épouses, ni même les femmes répondre d^elles- mêmes > (SMedecina magnetica^ 1673. — Chap. XIII, conclus. 12.) .
Quelques années après, un gentilhomme irlandais, Valentin Greatrakes, homme d'une certaine instruction et d'une grande bonté, opéra des cures, extraordi^ naires par des attouchements; le savant médecin Astélius en fut maintes fois témoin et les rapporte en ces termes :
J'ai vu Greatrakes soulager à l'instant les plus vives douleurs par l'application de sa main ; je l'ai vu faire descendre une douleur de l'épaule jusqu'aux pi<:ds, d'où elle sortait enfin par les orteils. Une chose remarquable, c'est que lorsqu'il chassait ainsi le mal et qu'il était obligé de discontinuer, la douleur restait fixée dans l'endroit où il s'arrêtait et ne cessait que lorsque, par de nouveaux attouchements, il l'avait conduite jusqu'aux extrémités. ..'•.
nem, dolonim et remedii etiam applicationem, tractatus, access. in fine oratio de'luxuriosis et prodigiosis nostri svi conviviis, etc., autore Rod. Godenio. 161 3.
IA Le P. Kircher (Magnes^ Rome, 1654, p. 489), com- G pdre les véoitaux à des aimants. Prenez, dit-il, un
ID rameau A B et coupez-le de manière à avoir trois
■ morceaux A C, D E et F B ; vous pourrez grefier
1, C sur F, il 7 aura cohésion, mais jamais vous ne
B pourrez réunir D avec F.
Greatrakes ne prétendait point guérir toutes les maladies ; il essayait quand on le lui demandait et s'étonnait souvent de sa puissance, craignant qu'il n'y eût illusion de la part du malade.
A la fin du XVIlt* siècle, on vit se produire de nombreuses guérisons en Allemagne (i) par un savant astronome, le père Hell, au moyen de l'aimant ; en Amérique, par un médecin Elisba Pérkins, au moyen de tracteurs métalliques, c'est-à-dire de barreaux de cinq à six centimètres de long, formés par la réunion de deux métaux différents que Ton promenait lentement sur les parties malades ; enfin, en France, par le docteur autrichien Mesmer, qui opérait plus spécialement avec son propre fluide. (2)
C'est dans les nombreux écrits du célèbre magnétiseur que l'on va trouver nettement exposée la doctrine de la polarité humaine.
Dans un premier mémoire, il dit :
I' 11 existe une influence naturelle entre les corps célestes, la terre et les corps animés.
2* Un fluide universellement répandu et continu de manière à ne souffrir aucun vide^ dont la subtilité ne permet aucune comparaison et qui, de sa nature, est susceptible de recevoir, de propager ^t communiquer toutes les impressions de mouve* inent, est le moyen de cette influence.
(i) A la mêmeépoque, un chanoine de Ratisbonne, du nom de Gassner^ guérissait les malades, et plus spécialement ceux qui étaient atteints de douleurs locales ou d'affections du système nerveux» par les exércismes et les impositions de ses mams ; il promenait celles-ci sur la tête, le cou, la nuque du. patient ou sur les parties affectées de douleurs, après les avoir vivement frottées a sa ceinture» à son étole ou a son mouchoir. .
(2) Mesmer fit construire un grand, nombre d'aimants de toutes formes et de toutes puissances» réunit beaucoup de malades et se livra à une foule d'expériences à la suite desquels il s'aperçut que sa main, seule et sans le secours de l'aimant, suffisait pour produire les mêmes eftts.
< 3* Cette action réciproque est ioumiée à dei lois méctniques inconnues jusqu'à pr<^ent«4.k.
9' Il se manifeste particulièrement dans le corps humain des propriétés analogues à celles de l'aimant; on y distingue des pôles paiement divers et opposés qui peuvent être oômmuniquéS| changés, détruits et renforcés ; le phénomène même de l'inclinaison jr est observé. .
' 10* La propriété du corps animal qui le rend susceptible de l'influence des corps célestes et de l'action réciproque de ceux qui l'environnent, manifestée par son analogie avec l'aimant, m'a déterminé à la nommer Magnétisme animal.
On lit ensuite dans ses Aphorismes 238 et aSp :
La posidon respective de deux êtres qui agissent l'un sur l'autre n'est pas IndifEéreate. Pour entretenir l'harmonie du toutj on doittogcher la partie droite avec le bras ga^iche^ et réciproquement. De cette nécessité, il résulte l'opposition des pôles dans je corps humain. Ces pôles, comme on le remarque dans limant, fpnt opposition l'un à l'égard de l'autre é- Pour concevoir l'opposition des pôles, il fiiut considérer l'homme comme partagé en deux par une ligne tirée de haut en bas. Tous les points de. la partie gauche peuvent être considérés comme les pôles opposés à ceux des points correspondants, à la partie droite. Mais, Témiulon des courants se faisant d'une manière plus sensible par les extrémités» nous ne considérons véritablement comme pôles, que ces extrémités. La main gauche sera le pôle opposé de la main droite et ainsi de suite* G>nsidérant ensuite ces mêmes extrémités comme un . tout, ou considérant encore 4ana chacune d'elles des pôles opposés, dans la main le petit doigt sera, le pôle opposé du pouce, le second doigt partidper% de la v^rtu du pouce, et le quatrième de celle du petit doigt., çt celui du milieu, semblable au centre ou équateur de l'amant, sera dénué d'une propriété spéciale.
L6 Docteur Esloriy élève de Mesmer, est encore plus explicite (P« 208 de l'édition des Qéphorismes de iMemèr, puUiéé en 1846, par Ricard.
Le corps, partagé du Zénith au Nadir (c'est-à-dire dans sa longueur) en deux parties, a le côté droit pôle sud et le côté gaucbe pôle nord. Comme deux barreaux aimantés influent réciproquement Tun sur l'autre s'ils sont opposés, c'est-Mire si le pôle sud est présenté au pôle nord et cdui-d au pôle sud, de
mémd IHioiBtntf qui mtgnétisé pôur procurer det mourementi attrtcdti et ttiettre en équilibre le fluide qui circule en lui et dens celui qui est magnétisé^ doit se mettre eu fiice et oppoker son côté droit au côté gauche^ c'est^^dire le p61e tud au p6le nord, et le pôle ;iord au pôle sud. En se plaçant derrière les personnes magnétisées et en opposant par conséquent le pôle nord au pôle nord, on exdte une répulsion, on change la direction du fluide et on dérange son cours. On emploie quelquefois cette dernière manière pour procurer des crises et rétabtlir la circulation.
. Mesmer n'indique nulle part les expériences sur lesquelles il a fondé sa théorie,, mai9 il rapports dans ses apboristnes (369'274) une observation qui la confirme. . .
L'un de ses malades apercevait dans l'obsctirité :
tous les pôles du corps humain, éclairés d'une vapeur lumi-^ neuse; ce n*était pas du feu, mais Pimpression que cela faisait sur ses organes lui donnait une Idée approchante qu'elle ne pouvait exprimer que par le mot lumière.
De ma tête elle apercevait les yeux et le net. Les rayons lumi-» neux qui partent des yeux vont se réunir ordinairement à ceux du net pour les renforcer, et de là tout se diri^ vers la. pointe la plus proche qu'on lui oppose. Cependant, si |e vèhx considérer mes objets de côté^ sans tourner la tête, alors les deux rayons des yeux quittent le bout de mon nés pour ise porter dans la direction q\ïe)e leur commande. Chaque pointe de dis, de sourcils et des cheveux donne une âiible lumière: le cou parah un peu lumineux, la poitrine un peu éclairée; si je ' lui pré^ sente mes maiùs, le pouce se foit aussitôt remarquer par une lumière vive, le petit doigt- Test moitié moins, le second et le quatrième ne paraissent qu'éclairés d'une lumière empruntée, le doigt du milieu est obscur, la paume de la main .est aussi lumineuse.
Un très grand nombre d^observations . semblables
ont été recueillies chez des somnambules :
Us voient, disent-ils, un fluide lumineux et brillant envi"» ronner leur magnétiseur et sortir avec plus de force de sa ^te et de ses mains. Ils 'reconnussent que l'homme peut le produire à volonté, le diriger et impr^er diverses substances, t^lusieurs
le voient non seulement pendant qu'ils sont en somnambulisme, maïs encore quelques minutes après qu*onles a réveillés; il a pour eux une odeur qui est très agr^ble et il communique un goût particulier à l'eau et aux aliments (i).
En i8o8, le I> Pétetin (de Lyon)j publie (2) Tobservation suivante, &ite sur une de ses malades, âgée de 16 ans, et afBigée d'une catalepsie hystérique avec somnambulisme et transport des sens à l'épigastre :
Pavais dans ma poche un barreau d'acier aimanté, que ma main pouvait dérober enUèrement. Je m'approchai de la malade^ après avoir mis un de ses bras en contraction pour qu'elle pût m'entendre ; je tournai la main et présentai à trois ou quatre pouces de son épigastre le pôle sud. Sa physionomie changea aussitôt. Je lui demandai sur le bout de ses doigts comment elle se trouvait. — « Mieux du côté de l'estomac ; mais je vous avertis que si vous ne trouvez pas un moyen de modérer l'accès prochain, qui viendra une demi-heure plus tôt, j'y succomberai. — En quoi consiste le mieux que vous éprouvez dans Testomac? — Dans une sensation douce qui est produite par un fluide lumineux qui s'échappe du fer que vous tenez et qui le pénètre. » Je renversai ma main pour présenter le pôle nord. La malade poussa un cri, prit des convulsions qui m'obligèrent à changer aussitôt ce pôle; et, lorsqu'elles furent calmées, je lui demandai de me faire connaître la cause des convulsions qu'elle venait d'éprouver. — « Je vous prie de ne plus diriger sur mon estomac l'extrémité de ce fer; la flamme qui en sort est beaucoup trop vive: autant la première est bienfaisante, autant celle-ci m'éprouve » J'engageai la cataleptique
à faire attention aux doigts que je plaçai à peu de distance de son estomac et de me dire si elle voyait ^Ument sortir de leurs extrémités un fluide lumineux. EUe répondit affirmativement, avec cette différence, que la lumière en était plus faible et ne produisait pas dans ce viscère le même effet
Il 7 a .une. cinquantaine d'années, un industriel allemand, physicien et chimiste distingué, le chevalier de Reiçhenbach, se livra à de très nombreuses
(i) Dblbuzb, Histoire critique du magnétisme animal, t I, p% 86.
(a) Electricité animale, — Paris^ 1808, p. 24b,
obsenrations à Taidc de sensitifo doués d'une fiiculté semblable.
Ces sensitifs voyaient, dans le corps humain, la partie droite de la tête et du tronc luire d*un feu bleuâtre et leur partie gauche d'un feu jaune rou* geâtre, de telle sorte que la première paraissait bien moins brillante que la seconde (i). De même les pieds et les mains du côté gauche étaient plus brillants que ceux du côté droit. Les mains éclairées par leur propre lumière paraissaient transparentes comme lorsqu'on les place devant une lampe et chaque doigt avait un prolongement luisant qui atteignait parfois la longueur du doigt lui-même. — Cette atmosphère odique (2) s'apercevait également autour des autres parties du corps mais sur une épaisseur d'autant moindre que la partie avait moins de saillie ; son éclat et sa nuance variaient suivant les individus et l'état de santé de ces individus.
Reichenbach étudia la distribution de TOd dans les autres corps de la nature:
(i) On verra plus loin que la lueur rou^ correspond à l'électricité positive et la lueur bleue à Pélectriaté négative. Rrîchenbach expliquait ainsi pourquoi les. personnes très impressionnables n'étaient t>ien a leur aise que quand elles avaient leur partie n^ative, c'est-à-dire la droite tournée au nord^ du côté du pdle positif de la terre et par suite leur partie positive (gauche) contre le pôle n^\tif de la terre. Dans cette position, te sujet tourne son visage vers le couchant. On remarquera, à ce propos, que toutes les grandes villes tendent à se développer du côté du couchant et que les grandes migrations des races supérieures se sont effectuées dans ce sens, tandis que les races intérieures, comme la race |aune, sont parties du plateau central de TAsie ppùr se diriger vers TOrient, fait qui pourrait laisser supposer que ce sont les gauchers qui dominent chez elles.
(2) Pour ne rien préjuger sur la nature de ce fluide, Reichenbach lui a donné Te nom d'Oi, tiré du mot sanscrit va (souffler), qui avait fourni à l'ancienne langue germanique le mot vi^cUm, signifiant une chose qui pénètre tout.
. Prentf,.dit^, un gros cruul naturel ot poaex^le horisontalement sur le coin d'une table de telle façon que les bouts dépassent la table; mettez alors une personne sensitive devant le cristal tn Tinvitant à approcher le plat de la main gauche dès boucs de ce cristal; il ne se passera pas une demi-minute sans qu'elle vous dise qu'elle éprouve à la main ua souffle frais devant Tun des bouts et tiède devant l'autre
Voulant m'assurer si ce souffle ne serait pas visible, (e portai, en mai 1944, par une sombre nuit, un grand et puissant cristal de roche chte une demoiselle Angélique Sturmann, sensitiv4 à un haut degré. Le hasard voulut que son médecin, le professeur Lifpiohy très en renom parmi les pathologues, fût présent. Nous établtmea une obscurité parâiite dans deux chambres, dans l'une desquelles je posai le cristal, et M^VSturmann ne tarda point à mè désigner le lieu oîi je l'avais déposé. Elle me dit que tout le corps du cristal était pénétré d'outre en outre par une Ana lumière et qu'au-desaut de la pointe s'élevait une flanune bleue de la grandeur d'une main, ayant un mouvement onduleuz et constant, parfois scintillant, en forme de tulipe et se perdant par le haut en fine vapeur. Lorsque je retournai le criâtal, elle vit a'élever du cdté obtus une fumée moit^, rouge, jaunâtre. Vous pouvez vqus imaginer le plaisir que me fit cette dédaràtion (i).
Cette observation fut U première de celles qu'il fit sur les cristaux de toute espècei à l'aide de seasitifs qui généralement devaient passer une heure ou deux dans l'obscurité pour que leur œil fût suffisamment délivré de la surexcitation due à la lumière du jour.
Reicbenbach fit des expériences analogues avec les aimants» et il constata la production des mêmes phénomènes soit pour la sensation de souffle contre la matUi soit pour la perception d'une lumière bleue
(i) Pai essayé M les radiations d'un cristal de sulfate de chaux (fiar de lancé), très énergique par ses actions de polarité sur les sensitifs, pourrait influencer une plaque photographique dans une profonde obscurité et avec un temps de pose suffisant. Je n'ai absolument rien obtenu par une pose de dix heures: mais il serait bon de reprendre cette expénence par les procédés de M. Ch. Zenger. (Académie des Sciences. — 3p août 1^86.)
au pôle nord -et jaune rouge au pôle sud (i).
Si PoD emploie un très fort «tmant ou un électro-aimant en fer à cheval, les sensitifii aperçoivent deux lueur» Tune à côté de l'autre qui ne s'attirent pas, qui n'agissent pas l'une sur l'autre, fourmillant d'innombrables petits points d'une blancheur lumineuse et formant ensemble une colonne de lumière de la grandeur d'un homme. Tous ceux qui l'ont vue l'ont décrite comme admirablement belle* Elle s*élève verticalement jusqu'au plafond et ]r forme un cercle éclairé d'un diamètre de près d'une toise. Si un pareil aimant est posé sur une table, son émanation flamboyante éclairera la surface et tou9 les objets qui sont dessus. L'ombre se fera voir derrière la main qu'on passe à travers* Si oh tient un corps plat (une planchette ou une feuille de verre ou de métal), dans l'apparition flamboyante, celle-ci se courbe à leur contact et passe par-dessous, tout à lait comme une flamme, ordinaire quand on pose au milieu un pot ou unç casserole. Lorsqu'on souffle contre, die ondoie comme le fieiit la lumière d'une bougie. S'il survient un courant d'air ou si l'on se meut avec l'aimant, elle s'incline dans la direction du courant d'air,., semblable à un flambeau qui est en niouvement. Met-on un verre lendculaire à proximité, on pourra recueillir la lumière à son foyer et la conserver. Ainsi, cette émanation est matérielle, et beaucoup de ses propriétés sont communes à la flamme. Si l'on en réunit deux, de telle fiiçon qu'elles se rencontrent en se croisant, elles ne s'attirent, ni ne se repoussent, mais se pénètrent réciproquement et poursuivent tous les deux leur chemin sans obstacle*
L'une d'elles est-elle plus forte et animée d'une plus grande force de projection, elle pénétrera la plus faible de façon à la iSendre et lea deux parties de celles! glisseront autour d'elle pour se réunir de l'autre côté; ce ménie efRst se produit quand on y plonge une baguette. De même que les sensitifs ont vu le cristal tout pénétré d'une fine lumière, de même ils voient le métal de l'aimant comme dans un brasier blanchâtre.
Reichenbacb soumit ensuite à la vue et à la main de ses sensitifs les substances les plus diverses. U classa ainsi, comme positifs (c^ést-àdire comme donnant une
(i) Des observations analogues ont été faites récemment c Amérique par ^Barett, On ei^ trouve le détail dans les compte rendus de la Society for PsycHical Research anglalM.
lueur rougefttre et une seasation tiède) : le pôle sud d'un aimant» Tor^ Targent, le bismuth, le zinc, le titane, le potassium, rosmium, le sodium, le platine, le mercure, le cuivre, les alcalis et alcaloïdes, les rayons jaunes, rouges et ultni-rouges du spectre solaire, le côté gauche de Thomme et des animaux, les parties supérieures des plantes. D*après lui, le pôle nord de l'aimant, le soufre, le sélénium, Tétain, le plomb, le nickel, le chrome, le palladium, l'iode, Tar* senic, le charbon, l'oxygène, les acides et la plupart des oxides, les rayons bleus, violets, et ultra-violets, le côté droit de Phomme et des animaux, les parties inférieures des plantes étaient au contraire négatifs, c'est-à-dire quMls donnaient une lueur bleue et une sensation fraîche.
Reichenbach ajoute que non-seulement Thomme est polarisé suivant sa largeur, mais qu^il l'est encore, quoique à un moindre degré, suivant sa hauteur, la t(6te étant négative et le ventre positif.
Pour toutes ces substances comme pour Paimant et le cristal, la lueur imprègne le corps et se prolonge plus ou moins en dehors de lui (i).
Le physicien allemand constata en outre que les corps chargés d'électricité statique étaient d'un blanc lumineux très vif :
Si on fait passer dans un fil métallique, la décharge d'une boutdlle de Leyde, on voit, dit-il, au moment de la décharge, passer une lueur encore plus claire qui va d'une armature à l'autre le long du fil ; si on réunit, avec un fil de même nature, les deux pôlea d'une pile de Volta, le fil paraît non seulement
^x) Chaque corps posséderait, pour les aensîtifs très délicats, une nuance particulière qui permettrait de le reconnaître: du vert au bleu j^ur les corpt négatifs; du blanc au rouge pour les corps positi£i.
locandescent, mais encore entouré d'une lumière en forme de spirale qui tourne et jaillit vivement autour de lui.
Toute action chimique produit également des émanations odiques lumioeui^es que l'on retrouve dans la respiration de Tbomme. Il en'est de même pour les vibrations» le frottement, etc., en un mot^ pour les sources ordinaires d'électricité, mais il y a cette différence que tous les. corps seraient conducteurs de rod (i).
Il y a lieu de tenir un très grand compte des observations de Reichenbach^ qui sont encore mal connues en France (2). Ayant été faites à Taide de la vision, elles ont, en effet, permis d'embrasser beaucoup mieux l'ensemble des phénomènes que nos explorations locales à l'aide de contractures, d'anesthésies, etc. . • • Si nous n'arrivons pas toujours aux mêmes constatations, c'est qu'elles se rapportent peut-être à des parties différentes d'un tout dont nous ignorons absolument encore la nature, et qu'il est impossible d'éviter des confusions quand on pénètre pour la première fois dans des régions inconnues ; ici en particulier, les premières erreurs tendent à se perpétuer
(i) Cest peut-être la très fiuble tension de l'électricité qui rend insensibles les différences de conductibilité.
(2) Reichenbacha publié sur ce sujet les ouvrages suivants:
Dynamide du magnétisme et de Vélectricité, — Brunswick, 1847-1849, 3 vol.
Recherches pfysico'physiologiques sur un nouvel agent impondérable. ~ Vienne, i85i.
Lettres odiques-magnéHques, — Stuttgard, i852-i8S6.
Lhomme sensitif. — Stuttgard, 1854, 2 vol.
Les lettres odîques-magnétiques seules ont été traduites en français par Cahagnet, en i853. Le traducteur, qui n'avait aucune notion des sciences physiques, a très souvent défiguré la pensée de Fauteur qu'il ne comprenait pas.
Reichenbach supposait positif le pdle nord de la terre ; par
et à s'aggraver, grâce à la suggestion idbérente aux sensîtiâ qui servent d'instruments. Aussi me paraitil probable que le corps humain présente d'autres axes de polarité, superposés pour ainsi dire à ceux que nous avons déjà signalés^ et, en particulier, la prédominance d'une polarité différente sur les membres de droite et de gauche (i).
Vers la même époque, le D' Charpignon, à Orléans, et le ly Despine, à Aix-les-Bains, fidsaient des expériences analogues à l'aide de sujets plongés dans le sommeil somnambulique par les procédés habituels des magnétiseurs.
On peut ainsi résumer les travaux que le D^ Charpignon a décrits dansdivers ouvrages (2).
Ayant quatre fioles de verre blanc, il en magnétisa une à l'insu de son somnambule. Pour cela, tenant la bouteille d'une main, il chargea son intérieur de fluide magnétique, soit en tenant pendant quelques minutes les doigts de l'autre main rassemblés en Gaisceau sur l'orifice, soit en soufflant dedans ; puis, bouchant immédiatement, il mêla cette fiole avec les autres. Ces quatre flacons ayant été présentés au
suite, il considértit comme né^ûf le pôle de l'aimant qui se diri^ vers le nord. Aujourd'hui, on adopte généralement la convennon inverse: on ^ppéi\9 pôle positif ou. pôle nord le pôle de la boussole qui se dirige vers le nord : cest cette dernière convention çiue nous avons admise pour l'exposé de nos expériences, mais nous avons conservé l'hypothèse de Reichenbach dans l'analyse dé ses observations.
(1) J'ai constaté sur plusieurs sensitifis que si Ton dirigeait pendant quelques minutes l'un des pôles d'un aimant, ou l'extrémité des doigts de la main réunis en cône sur un verre d'eau, l'eau du verre prenait : un goût doux et fade avec la main gauche et le pôle + i un goût piquant ou amer avec la main droite et le pôle — .
{2) Etudeê physiques sur le magnétisme animal, Paris, 1843. — Physiologie, médecine et métaphysique du magnétisme. Paris, 1848.
soamambule» celui-ci en indiqua un comme étaiit. rempli d'une vapeur lumineuse : c'était, en effet, celui qui avait été magnétisé.
Cette expérience, répétée un grand nombre de fois .avec des sujets différents, a toujours donné les mêmes résultats. Pour que le phénomène ne fût pas dû à une transmission de pensée, ces flacons furent parfois magnétisés par d'autres personnes, à l'insu du magnétiseur comme à celui du somnambule.
Les somnambules assez sensibles pour voir le fluide magnétique sont rares. Le fluide magnétique émis par les nerfs du bras est pur, d'une lumière brillante et blanche. Celui que le souffle émet est moins brillant» Il est probable que c'est à cause des autres gaz dégagés par l'expiration en insufflant dans lé flacon.
Le fluide nerveux ou magnétique est plus ou moins brillant, pur et actif suivant Tâge, le sexe, la santés l'énergie morale. '
La présentation des flacons au somnambule doit être immédiate, parce que le fluide magnétique s'évapore plus promptement que le fluide électrii^ue, même au travers du verre. Le succès de ces expériences dépend en grande partie de l'habileté et du soin qu'on y apporte.
Comme le fluide électrique, le fluide nerveux ou magnétique peut être accumulé sur certains corps. Il en est qui le conservent plus ou moins, mais tous peuvent en être chargés.
Lorsqu'on met en jeu une . machine électrique, et qu'on prie les somnambules de regarder ce qui se passe, ik déclarent voir le cylindre se couvrir d'uqe vapeur bien plus brillante et plus forte que le fluide nerveux. Chaque fois que M. Charpignon a empêché
l'accumulation du fluide électrique sur le conducteur, les somnambules ont cessé de voir ce conducteur devenir étincelant ; et cependant ils étaient loin de se douter comment $e comportait l'électricité sur la machine.
Lorsqu'on charge une bouteille de Leyde, et qu^on la présente à ces somnambules, ils la voient toujours pleine d'un feu brillant qu'ils distinguent parfaitement du Çuide magnétique humain. Ils suivent la déperdition graduelle du fluide électrique par la tige à travers les parois du verre.
Ces expériences variées et répétées ont donné des résultats positifs ; mais pour en apprécier la valeur, il faut tenir compte du fluide qui existe naturellement sur tous les corps et qui est visible pour la plupart des somnambules lucides. Ainsi, bien qu^une bouteille de Leyde ne soit pas chargée, ces somnambules la voient remplie d'une vapeur légèrement lumineuse produite par les feuilles d'or qui composent Tarmure intérieure. Cependant, ils distinguent parfaitement ce fluidé-là du fluide électrique ordinaire et du fluide magnétique humain une fois qu'ils les ont comparés.
L'impression du fluide électrique sur les nerfs est, en général, plus violente que celle du magnétisme. Cependant, il arrive quelquefois que la commotion électrique n'a plus lieu lorsque la décharge s'opère sur un magnétisé suflisamment saturé de ce dernier (i).
Le D' Charpignon a également étudié sur ses somnambules l'effet de Télectricité dynamique. Il s'est,
(i) Charpignon cite {'Phys. du magnft,^ p. a8) Texpérience exécutée, au cabinet de physique de Caen, par Lafontàine sur son somnambule Eusène.
Les sujets sensitils, sur lesquels j'ai opéré pour la polarité humaine, m*ont tous déclaré qu'ils supportaient, presque sans
en général, borné à vérifier les observations déjà publiées par le D' Bespine (i).
Lorsque deux métaux différents sont en contact, les somnambules qui peuvent être impressionnés par ce mode d'expérimentation les voient couverts d*un fluide plus lumineux, plus actiif et plus brûlant que celui de la machine électrique ou que celui qu*ils appellent naturel, et qui existe toujours sur un métal quelconque.
G>uchant sur une table quarante disques de cuivre et quarante disques de zinc, sans intercalation humide, et faisant toucher des doigts les extrémités par une somnambule, elle éprouve une commotion très forte.
Chargeant une bouteille de Leyde avec cette pile, et mettant le bouton et l'armature extérieure en con* tact avec chaque pôle> la commotion ressentie par les magnétisés est plus grande qu'avec une charge électrique.
Hors de Tétat magnétique, ces individus ne ressentent pas plus que nous les effets du fluide de cette espèce de pile.
Ici, comme pour ce qui précède, les sujets étaient dans rignorance la plus complète sur les effets qui pouvaient naître du contact de cesmétau}|[. D'ailleurs, Télectricité développée par ce contact, à sec, de disques touchant tous une surface non isolante, n'agissait en
les sentir, les courants les plus violents donnés par les mschines.
Un électricien du Havre, M. Vasseur, a constaté d*une fiiçon tr^ nette cette grande différence de sensibilité aux courants électriques entre les sujets éveillés et les sujets magnétisés par Donato. {*I(jsvue générale des sciences physio-psychologiques, — N* du lo février 1886.)
(ij Observations de médecine pratique faites aux bains d'Aiz, en âavoie. Pans, 1840. — De Vémploi du magnétisme et des eaux minérales dans le traitement des maladies nerveuses. Paris, 1840.
aucune manière perceptible aux sens d'une personne ordinaire, ni sur les électromètres, ni sur le galvanomètre.
Le D' Despine a constaté que les plus faibles actions galvaniques étaient perçues par certains de ses malades.
Une pièce d'horlogerie, dit-il» une montre, par exemple, donnait aux malades plus de vivacité dans leurs mouvements. Si la montre était montée, et si elle marchait régulièrement, les malades ne tombaient pas en syncope ; mais elle survenait aus« sitôt que la montre était arrêtée. • •
Une montre est un système de mouvement composé de pièces en cuivre, en fer, en acier, dont les unes sont à l'état métallique ordinaire, et les autres modifiées par la dorure. Lorsque ce système de pièces de divers métaux est mis en mouvement, il en résulte une puissance galvanique bien plus marquée que lorsque la montre est au repos. Quand tout se meut, qui pourrait douter qu'il n'en résulte des ^ts très sensibles sur des malades dont l'impressionnabilité est cent fois plus grande que dans l'état ordinaire, surtout lorsqu'on a vu que le seul contact du point de jonction de deux métaux sur un manche de couteau à virole ou sur une clef de montre suffisait pour leur procurer la sensation 'd*une étincelle électrique ?
Le D' Charpignon ayant posé devant ses somnambules quatre petits barreaux de fer, parmi lesquels un seul était aimanté, ceux-ci signalèrent toujours le b|irrei(u aimanté. Ils le reconnaissaient aux deux çxtrémités .qu*ib voyaient enveloppées d'une vapeur brillante. La vapeur de chaque extrémité était différente^ Tune moins brillante que l'autre : cette différence dans l'aspect du fluide magnétique corres-* pondait aux deux pôles, l'extrémité indiquée comme la plus lumineuse étant le pôle austral. Jamais M. Charpignon n'a pu mettre en défaut ces somnambules, qui reconnaissaient immédiatement la nature des pôles, bien qifils fussent sur ce sujet (Tune ignorance ab^ solue.
Une assez longue tige de fer étant présentée à. dès somnambules, ils prétendirent la voir chargée d*une vapeur lumineuse. Ayant relevé et placé cette barre de fer dans la direction de l'axe magnétique du lieu, ils s'étonnèrent de voir ce fluide brillant s'accumuler aussitôt vers les deux extrémités de la tige métallique et former ce qu'ils avaient remarqué dans les aimants.
Cette vapeur des aimants est plus pflle et moins brillante que celle des fluides précédemment étudiés; elle se rapproche beaucoup du fluide nerveux, mais elle est infiniment moins active et moins pénétrante.
Le fluide nerveux peut modifier l'électricité naturelle de petits barreaux de fer, de manière à j déterminer des pôles qui en font des aimants. On en trouvera quelques exemples dans le chapitre II § 3..
Nous avons dit plus haut que les somnambules, qui voyaient le fluide électrique condensé dans une bouteille de Leyde, prétendaient en voir encore quand la bouteille n'était pas chargée. Ces contradictions apparentes firent croire quelque temps au D^ Charpignon que les somnambules étaient dupes de leur imagination, disant juste lorsque le hasarcl les servait. Cependant, ayant multiplié ses expériences, il trouva que les somnambules distinguaient parfaitement le fluide électrique du fluide naturel répandu sur les feuilles d'or de la bouteille, et qu^un fluide semblable existait sur tous les corps non magnétisés.
Des pièces, d'or, d'argent, de cuivre, de zinc, de fer, furent présentées à ces somnambules, et chacun de ces objets fut reconnu sans que la vision ordinaire ou le toucher des doigts y eussent quelque part. La distinction avait lieu par la nature de la vapeur lumi-
neùse qui entoure chaque objet. Cette vapeur est plut ou moins brillante suivant tel ou tel métal, en sorte que Texpérimentateur fut fort surpris de voir ces somnambules mettre Tor au premier rang et le bois au dernier, intercalant par ordre Targeht, le cuivre, le fer et le zinc. « .
Les somnambules qui étaient moins lucides ne voyaient rien pour le bois, la pierre, le cuivre et le fer, et voyaient seulement le fluide naturel de Tor et de Targent.
Les sensations que les somnambules éprouvent en touchant un corps métallique varient selon le métal.
]£n général, l'or et l'argent soulagent les somnambules sensibles à l'électricité naturelle des métaux, tandis que le fer, le cuivre et autres métaux négatifs les fatiguent. Cependant, si une douleur locale est déterminée par une accumulation d'électricité vitale, en d'autres termes, s'il existe en quelque partie du corps une congestion, une espèce de phlogose nerveuse, un métal électro-négatif détruit promptement cette douleur. Si la soufirance tient à une cause contraire, un métal électro-positif apportera le soulagement. Cette influence des métaux cesse complètement dès que l'état sbmnambulique n'existe plus.
Le Dr Despine expérimenta également Faction des métaux sur ses somnambules.
J*avait, dit ce médecin, de grands disques de zinc, d*argent, de fer, de plomb, de cuivre jaune et rouge ; je les soumis successivement aux mêmes expériences, (c'était poser un disque sur champ, et la somnambule mettait le doigt sur le sommet de l'axe vertical, donnait sur le bord .perpendiculaire à l'axe un petit choc avec le médius de l'autre main); à chaque coup, la magnétisée éprouva une secousse. Cette impression électrique offrait une notable différence suivant les méuux : ainsi elle res-
tait aux premières phalanges du doigt ou s'étendait au corps.
Les disques étant difficiles à tenir et à faire mouvoir, j'établis des espèces d*axes au moyen de petites pointes d'acier, et je commençai les expériences. La percussion imprima au disque un mouvement beaucoup plus rapide, et il en résulta que du doigt qui frappait le disque à celui qui lé maintenait il j eut une véritable commotion électrique.
Plus tard je pris des disques quadrilatères dont les deux an* gles servaient d'axes. Mes expériences furent plus positives, et m'amenèrent à reconnaître que mes malades en crise établissaient un ordre relier de classement de disques de métal, ordre qui répondait à celui qu'avaient reconnu les physiciens Avogrsdo et Miçetoli. L'or occupait l'extrême négatif de la chaîne, et le zinc l'extrême positif, et successivement de l'or au zinc venaient l'argent, le cuivre, le fer, le plomb.
C'est toujours à l'or que les somnambules donnent la préférence pour all^r les douleurs névralgiques.
M. Charpignon a observé cinq individus, qui, en état de somnambulisme magnétique, ne pouvaient supporter la moindre lumière naturelle ou artificielle. Il leur fallait une obscurité complète, et alors les fiacultes somnambuliques acquéraient un développement si parfait que la vision devenait possible malgré Tocclusion des yeux.
Les somnambules voyaient les objets qui les entouraient éclairés par une lumière propre, mais comme dans un brouillard plus ou moins translucide ; toujours la vision était gênée, lente, et n'embrassait pas en même temps tous les points de l'objet.
L'interposition d*uti corps opaque entre leurs yeux et l'objet n'empéch iit pas la vision : cet obstacle ne faisait que la rendre plus lente et plus laborieuse.
Le D' Charpignon constata pour la première fois rinfluence de la couleur sur l'organisme humain,
en voyant une somnambule se plaindre de la tête, se tourmeiîter et devenir très agitée, sans que nous pussions en trouver la cause. Elle finit cependant par saisir un mouchoir qui enve-
loppaît M tête et ton cou, et le jetant au loin, elle me dit qu'il éuit la cause de ton malaise. Or, ce mouchoir n'était pas de soie et n'avait rien d'extraordinaire. Je répétai Texpérience avec des mouchoirs diflPérents, et chaque, fois que la tête fut enveloppée d'un mouchoir rouge le malaise revint Pessayai d'obtenir ce résultat sur d'autres magnétisés, mais je les trouvai presque tous complètement insensibles à toutes les étoffés et à toutes les couleurs. Cependant j'en rencontrai qui offraient le même phénomène lorsqu'ils portaient quelque étoffe de couleur rouge, et qui me prévinrent que cette couleur les fatiguait.
Le D' Despine avait dëjà fait uoe observation analogue.
Annette Roux, dit-il, fut mise un jour en crise dans une voiture publique, parce qu'un des voyageurs avait un parapluie de soie rouge-cramoisi eitfermé dans un gros garrot qui lui servait .de canne. Personne ne le savait dans la voiture que le voyageur à qui il appartenait, et ce fut la jeune fille qui l'indiqua, lorsque son conducteur lui eut demandé, en se mettant en rapport avec elle, pourquoi elle avait pris une crise qu'elle n'avait pas annoncée.
Le violet a constamment fatigué beaucoup toutes mes malades.
Le D' Philips (i), qui avait observé avec beaucoup de sagacité presque tous les ptiénomènes de Tliypno* tisme et les avait généralement rapportés û leur véritable cause, la suggestion, employait dans sa pratique certains procédés empruntés à la polarisation qu*il n^avait nullement soupçonnée.
Ainsi^pour endormir ses sujets, il se servait de l'imposition des mains.
Debout et en face de la personne, prenez sa main droite dans ia main gauche, de façon que votre pouce en remplisse tout le creux et appuie fortement sa pulpe dans le sillon qui sépare les deux éminences thénar et hypothénar, et au point précis où le nerf médiun émerge du ligament annulaire. En même temps, pratiquez une légère friction de la main droite sur les paupières closes du sujet, en allant de haut en bas et en pressant doucement la paupière supérieure sur l'inférieure ; au bout de 3o à
(i) Cours théorique et pratique de Braidisme. — Paris^ 1860.
40 secondes de ce manège, pose^ vôtre main droite sur sa tête, le pouce fortement appliqué sur le front, tandis que de votre main gauche vous continuez à serrer la sienne (p. 90).
Il indique également l'expérience suivante :
Vous dites au sujet dt Joindre les mains et de les serrer fortement Pune contre Fautre; cela fait, vous malaxez rapidement ses muscles des avant-bras, vous pressez dans votre main droite ses deux mains réunies ; vous placez ensuite la même main sur sa tête, vous plongez un regard profond dans ses yeux, et vous lui déclare:^ qu'il est dans l'impossibilité de séparer les mains (p. 95).
Tout récemment; des phénomènes assez différents, mais paraissant dériver de la même cause, ont été observés par le ly Barety de Nice (i).
Ayant eu à soigrier en 1880 une jeune fille âgée de 18 ans pour des troubles nerveux survenus à la suite de l'abus de bains de mer et de quelques contrariétés, il ne tarda pas à s'apercevoir que les doigts et les yeux maintenus^jr^^ et dirigés à une distance variable vers un point quelconque du corps de sa malade, produisaient Vanesthésie de la région visée ; que, par contre, le souffle (les lèvres étant maintenues rapprochées comme dans l'action de siffler), dirigé ou projeté sans que la tête se déplace vers un point quelconque du corps du sujet produit l'hypéresthésie de la région visée.
Ainsi, supposons le dos de la main de la jeune fille hypéresthésié en soufflant dessus pendant quelques secondes.
Si, dit-il, à une distance qui peut varier de dix centimètres à trois ou quatre mètres et quelquefois plus, je dirige sur cette région un seul doigt de ma main, le sujet accuse presqu'aussitdt
(i) Des vropriéiés physiques d'une force particulière du corps humain (torce neurique rayonnante)^ connue wlfcairement sous le nom de magnétisme animal. •«- Paris, i8Qa.
une piqûre au point visé et compare cette piqûre à celle que produirait une aiguille. Si j'emploie deux doigta, elle accuae deux piqûres, et elle accusera invariablement autant de piqûres que j'aurai employé de doigts ; il en sera de même s} j'emploie les yeux ou le souffle. Avec le souffle elle accusera une piqûre unique, et avec les yeux la piqûre ressentie sera simple si je ferme Un des yeux, et double dès que j'aurai ouvert l'autre œil. J'ai eu aoin naturellement de toujoura placer le sujet récepteur de manière à ce qu'il ne pût compter par lea ytux le nombre de mes doigts. Pour cela faire, ou bien je lui bandais convenablement les yeux ou, mieux encore, je lui fiiisais tourner le dos.
On conçoit comment avec la main ou simplement Tun des doigts du sujet employé comme réactif, M. Baréty a pu étudier les lois de propagation des émanations provenant soit des doigts, soit des yeux, soit du souf&e de Topérateur, émanations qu'il a appelées rayons digitaux , oculaires ou pneumiques.
Voici maintenant les principales de ces lois :
VIII. Les rayons neuriques oculaires, digitaux ou pneumiques, se propagent en ligne droite dans l'air ambiant
IX. Ils se réfléchissent sur une surface plane ou courbe, en faisant un angle de réflexion égal à l'angle d'incidence, comme les rayons lumineux et calorifiques (i).
X. Ils se réfractent de même à travers les lentilles et à travers les prismes comme les mêmes rayons lumineux et calorifiques. Il existe donc un spectre neurique.
XI. Ils peuvent traverser des corps et des substances diverses inanimées, souvent d'une grande épaisseur.
XXVI. La distance à laquelle on peut agir varie de quelques centimètres à plusieurs mètres.
Ces lois, qui se rapprochent en certains points de
(r) M. Magrini a vu, dans certaines circonstances, }es rayons électriques se réfléchir en faisant un angle de réflexion égal à l'angle d'incidence. Cette propriété de la léflexion est du reste commun à tous les mouvements qui se propagent par action successive comme la lumière et le aon (Onimus : Electricité médicale. — Paris, 1872, p. 84).
celles qu'avait indiquées Mesmer pour ses courants (i), n'ont point été, que je sache, confirmées par d'autres
(i) Mesmer s'exprime ainsi dans ses Q^phorismes:
i6o. L*homme étant constamment placé dans les courants universels et particuliers en est pénétré; le mouvement du fluide modifié ^r les différentes organisations devient ionique. Dans cet eut, il suit la continuité du corpa le plus longtemps qu'il peut, c'est-à-dire vers les parties les plus éminentes.
i6i. De ces parties éminentet ou extrémités s'écoulent et rentrent dea courants, lortqu'un corps capable de les recevoir ou de les rendre leur est opposé. Dans ces caa, les courants étant rétrécis dans un point, leur célérité est augmentée.
i6s. Cea points d'écoulement ou d'entrée de courants toni-
ques sont ce que nous appelons pôles» Ces pôles sont analogues a ceux Qu'on observe dans l'aimant.
i63. il y a donc des courants rentrants et sortants, des pôles qui se détruisent, qui se renforcent comme dans l'aimant ; leur communication est la même. U suffit d'en détecininer un pour que l'autre opposé soit formé en même temps.
164. Sur une ligne imaginée entre les dieux pôles, il 7 a un centre ou un point d'éauinbre où l'action est nulle, c'est-à-dire où aucune action ne prédomine.
i65. Ces courants peuvent être propagés et communiqués à une distance considérable, soit par une conUnuité ou encnatnement des corps, soit par celle drun fluide comme l'air et l'eau.
166. Tous les corps .dont la figure est déterminée en pointe ou en angle servent à recevoir les courants et en deviennent conducteurs,
167. On peut regarder les conducteurs comme des ouvertures des trous ou des canaux qui servent à foire écouler les courants.
168. Ces courants, conservant toujours leur caractère tonique qu'ils avaient reçus, peuvent jpénétrer tous les corps solides et liquides.
169. Ces courants peuvent être communiqués' et propagea par tous les moyens où il existe continuité, soit solid^ soit fluide, dans les rayons de la lumière, et par la continuité des oscillations des sons.