L'ATTRACTION EXERCÉE SUR LE CORPS HUMAIN
B baron du Potet (i) a découvert, ou du moins fait connaître des premiers, les phé«* nomènes d'attraction exercés par le magnétisme. D'après lui, il suffit que le magnétiseur étende ses mains de manière qu'elles soient opposées à une grande surfoce du corps du sujet et qu'il les rapproche ensuite de lui^ pour que le sujet, éveillé ou endormi^ suive cette direction. Le magnétisé s'inclinera, décrira un cercle, s^avancera, se reculera si les mains du magnétiseur indiquent ces mouvements lentement. M. du Potet affirme qu'il a montré cent fois qu'une porte fermée n'était point un obstacle à son action et que le magnétisé venait se heurter contre elle lorsque lui se trouvait dans la pièce voisine.
Lafontaine (2) cite plusieurs exemples de ce phénomène. Le plus curieux est le suivant.
A Londres, M. Busch et miss Rummer conduisirent chez moi une dame habiunt ordinairement Chelthenham, chez laquelle
(i) Journal du magnétisme^ t. I (1845), p. 346. (2} VArt de magnétiser. — Paris, 1886, p. 88.
— noie fiait d'attraction «e présentait d'une manière curieuse et sans que le magnétiseur cherchât cette expérience. Je magnétisai cette dame, le docteur Mayo étant présent. En quelques minutesy elle ûit dans un état de somnolence complète, qui bientôt disparut pour la laisser dans un état particulier, les yeux fermés sans qu'elle pût les ouvrir, les mâchoires cooîtractées et la langue paralysée sans qu'elle pût la remuer.
Dans cet état, aa tête se pencha en avant jusqu'à son estomac; puis elle s'avança lentement ; je reculai, elle s'avança jusqu'au moment où elle me toucha. Je me levai, elle me suivit. Si j'allais de côté, la tête s'inclinait du même côté et venait me trouver. Je la conduisis de cette manière sur un sofa, et là, posant mes mains entre sa tête et moi, je rompis pour un instant cette attraaion, qui, chez moi comme chez elle, était indépendante de la volonté.
Après quelques instants cependant, cette force attractive reparut, la tête se pencha de mon côté, la dame tomba sur le tapis et vint me trouver en se traînant sur la tête et sur les reins sans s'aider des mains ni des pieds. Lorsqu'elle fut près de moi, je me penchai au-dessus de sa tête et elle se trouva assise sur le tapis ; je montai sur une chaise et, plaçant ma tête audessus de la sienne, j'agis avec force. Elle se trouva sur ses pieds, relevée comme par un ressort sans qu'elle se fdt aidée des mains.
Je me jetai à terre et m'étendis derrière elle sur le tapis. Sa tête se pencha en arrière et vint par terre frapper ma poitrine ; ses pieds n'avaient pas remué, ses mains étaient restées pendantes près du corps ; elle formait en ce moment le cerceau comme le ferait le plus souple acrobate.
Ce qu'il y avait de curieux, c'est que cette dame ne dormait pas et faisait tous ses e£forts pour résister à cette force qui l'entraînait malgré elle. Elle n'en éprouvait cependant ni douleur, ni fatigue, ni contrariée.
Je la laissai ainsi posée la tête en bas sur ma poitrine, 1^ pieds sur le tapis sans qu'elle éprouvât le moindre malaise. Ce fut avec de grandes difficultés que je séparai ensuite sa tête de ma poitrine. Je répétai, l'espace d'une heure, toutes ces expériences, tantôt en restant passif, tantôt en agissant fortement, alors les mouvements d'attraction étaient d'une violence et d'une vivacité extraordinaires.
J'ai magnétisé cette femme deux fois et j'ai eu chaque fois les mêmes e£fets.
Le ly Thermes a fait récenunent une observation
ayant beaucoup de rapport avec celle que nous venons de rapporter. Il avait, dans son établissement d^bydrothérapie, une jeune femme hystérique, dont certaines crises nécessitaient son intervention : la tête de la malade se rapprochait alors de celle de son médecin et, une fois le contact opéré^ elle ne pouvait plus s'en détacher pendant tout le temps de la crise. Malgré les mouvements convulsifs qui agitaient le reste de son corps, la tête de la jeune femme suivait, at;tacbée à elle, celle du D^ Thermes dès que celui-ci s^avançait ou se reculait, absolument comme le pôle d'un aimant suit le pôle de nom contraire d^n autre aimant qui l'a attiré.
M. le D' Chazarain, qui a publié le &it (i), remarque que le contact avait lieu front contre front, c'est-à-dire en isonome, et que l'attraction s^expliquerait par la loi de polarité (2).
Toutes les personnes qui ont assisté à des expériences d'hypnotisme ont pu voir les patients en état de catalepsie, la tête sur une chaise et les pieds sur une autre, dont le corps se courbe ou se redresse à volonté également sous l'action de la main de l'opérateur dont le corps suit le mouvement à distance.
Le Dr Pétetin (3) cite les faits suivants observés sur une cataleptique naturelle.
i* Réunissez les doigts d'une main en forme de cône; fiiitesles tomber lentement sur ceux de la cataleptique. Lorsqu'ils sont à une ceruine distance, ses doigts s'élèvent et se fixent à un pouce, plus ou moins de leurs extrémités.
(1) Découverte de la polarité vitale^ p. 22.
(2) Nous avons déjà rapporté à l'hypothèse d'une prédominence générale de la polarité -)- aur la r^ion dorsale et de la polarité — sur le devant du corps, les attractions et répulsions observées à l'dde d'un fer chaude etc. [flhap. I, | 2).
(3) Electricité animale^ p. 293.
a* Eloignez avec lenteur vos doigts de It malade, ila a'élèvent ftîmultanément pour les auîvre, ensuite le braa ; vous pouvex lui faire exécuter les mouvements d*aduction, d'abduction. Si vous retirez brusquement la main, le bras reste suspendu jusqu'à ce que l'accès de catalepsie soit passé (i ).
3* Pendant que vous attirez le bras de la malade, qu'un tiers place entre vos doigts et les siens un carreau de vitre: l'attraction cesse aussitôt, quelque précaution que Ton prenne de taire suivre le carreau en même temps; une étoffe de soie blanche jetée sur la main de la cataleptique, ou un gant de soie de même couleur qui couvre la vôtre produisent le même efiet.
4* Au lieu d'éloigner lentement vos doigts de ceux de la malade, essayez de les approcher; le bras, loin d'être plus fortement attiré, est repoussé simultanément et bientôt la convulsion s'étend à tous les autres membres.
Le phénomène se complique chez certaines somnambules ; Topérateur qui les a endormies en les touchant au sommet de la tête ne peut s'éloigner d*elles sans qu'aussitôt elles ne manifestent du malaise et une vive inquiétude ; elles ne rentrent au repos que lors* qu'elles Tout rejoint. Qu'une personne touche un endroit du corps de la somnambule, principalement une partie nue» et aussitôt le phénomène se produit à regard de cette personne quelqu'elle soit ; si deux observateurs entrent simulunément en contact avec elle, il se produit une double attraction.
La malade, dit M. Richer (2), de chaque main, presse celle de chacun des observateurs et ne veut pas les abandonner. L'état spécial d'attraction existe à la fois pour les deux ; mùè la malade se trouve en quelque sorte divisée par moitié. Chaque observateur ne possède la 83rmpathie que d'une moitié de la malade et celle-d oppose la même résistance à l'observateur de gauche lorsqu'il veut saisir la main droite qu'i^ l'observateur de droite lorsqu'il veut saisir la main gauche.
(i) On remarquera l'analogie de ce phénomène avec celui de la prise du regard qu'on wlù ensuite dans l'espace (Voyes^ chap. VU).
(2] Etudes cliniques sur V ystiro - ipilepsie, Paris, i885, p. 665.
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Le Dr Dufour, médecia de Tasile de St-Robert,
décrit ainsi (i) un phénomène d'attraction beaucoup
plus fréquent.
Le sujet étant placé, de préférence dans la station debout, l'opérateur lui pose la main, largement ouverte, entre les deux omoplates, le pouce appuyant d'un côté du cou et les autres doigts sur l'autre côté, de manière à comprimer légèrement la partie supérieure du trapèze.
Le sujet prend immédiatement l'attitude d'une personne dans l'attente : son regard devient ûxt et, s'il est sensible, il éprouve presqu'immédiatement un effet de chaleur dans le dos, i:ayonnant plus ou moins bas et en haut ; cette sensation de chaleur petit aller jusqu'à la brûlure. Puis un certain tremblement dans les membres inférieurs se produit, ainsi que parfois de la lourdeur à la tête ; souvent une sueur plus ou moins abondante mouille son front. Ces phénomènes se manifestent d'une façon instantanée dans certains cas; d'autres fois au bout de quelques minutes seulement. Us peuvent être plus ou moins accentués ou fiiire défaut partiellement.
En même temps, le patient éprouve une sensation de pesanteur dans le dos et d'attraction en arrière qui peut aller jusqu'à le renverser. Quand cela arrive, les jambes et le corps se raidissent^ l'individu pivote sur les talons et tomberait infailliblement s'il n'était soutenu. D'autres fois le phénomène est moins prononcé : la partie supérieure du tronc s'incurve en arrière, les jambes opèrent alors un mouvement de recul naturel.
Quand, au Heu de poser la main au milieu du dos, on la pose sur une épaule, le mouvement en arrière se produit encore, avec inclinaison du corps, du côté où la main de l'opérateur est placée.
J'ai vu ces phénomènes se produire instantanément chez un jeune homme de i8 ans, vigoureux et bien portant d'autre part, qui serait tombé comme une masse inerte si on ne Peut retenu. Qu'on juge de la surprise des sujets parfaitement éveillés et lucides. . .
Tous les sujets sensibles à l'hypnotisme que nous avons observés dans la population saine avec laquelle nous sommes en contact, et ils sont très nombreux, ont présenté ce phénomène bizarre, plus ou moins développé de la propulsion en arrière par l'application de la main dans le dos.
(i) Contribiaion à V étude de Phypnotisme*'^ Grenoble, 1886, pp. 7 et suiv.
M. Dufour voit, dans cette propulsion en arrière sous l'influence du contact de la main, le résultat de la contraction des muscles du dos du sujet par suite d'une hjrperexcitabilité neuro-musculaire semblable à celle que M • le professeur Charcot a donnée comme le caractère le plus saillant de l'état léthargique dans l'hypnose (i). Cela est vrai, en effet, dans bien des cas, cependant le phénomène est souvent plus complexe; j'ai observé chez Paul P* et Emile B. que l'attraction se produisait aussi bien sur la poitrine que sur le dos, par V approche de la main droite ou de la main gauche du côté de la paume aussi bien que de la &ce dorsale; mais seulement quand le sujet a la face tournée à Vest ou à Pouest. C'est peut-être dans cette circonstance qu'il fout chercher la cause des irrégularités observées et on verra, quand nous traiterons des courants humains, à quel ordre de faits celui-là se relie vraisemblablement.
Le I> Berjon relate (2) les foits suivants observés à Rochefort sur le fomeux sujet de MM. Bourru et Burot.
Dans Tétat cataleptique^ si on approche du sujet un aimant, on voit la partie la plus rapprochée de Taimaot qui est attirée, et bientôt tout le corps lui-même suit et obéit à cette attraction. On peut faire prendre au sujet les attitudes les plus variées : ainsi, en plaçant Paimant au-dessus de la tête, il s'élève peu à peu et arrive à ne plus toucher le sol que par la pointe des pieds. Cette action de l'aimant se fait sentir à une distance même assez grande* Le malade étant éveillé et dans son état habituel, c'est-à-dire paralysé à droite, Taimant exerce la même influence. suit instinctivement et invinciblement la personne qui porte un aimant aur elle (p. 24).
Si on place la main en regard d'une partie quelconque du
(i) Voir chap. Vn.
(s) La grande hystérie cheiç l'homme. Pari^ 1886.
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sujet, maift particulièrement du côté gauche, il y a attraction à distance. La main joue ainsi le rôle d*un yéritable aimant. Si c*est à la tête qu'on opère, on voit bientôt celle<i se pencher peu à peu, attirée par la main de rexpérimentateiir. Le bras peut être changé ainsi de position, mais il ne peut être enlevé comme avec un aimant puissant. 11 peut glisser lentement sur le lit et suivre la main qu*on lui présente, toujours à distance. On observe les mêmes phénomènes d'attraction à la cuisse et à la jambe gauche (p. 5o).
Il est certain que tous les phénomènes que nous venons de rapporter peuvent être produits par sugges-* tion : dites à un sujet suffisamment sensible quUl est attiré vers une porte, vers le plafond, il se sentira immédiatement attiré comme si on l'entraînait avec une corde. Il n'est pas même besoin d'une affirmation précise ; pour peu que le sujet puisse trouver dans vos gestes, dans le mouvement de Tair, un indice quelconque de votre désir, ou même dans sa propre pensée une raison pour se déterminer dans un sens ou dans un autre, l'équilibre est rompu et le voilà invinciblement emporté du côté oti la balance a penché dans son esprit.
J'en donnerai pour preuve une expérience qui a paru merveilleuse à bien des gens : C'est TY de Pythagore. La tradition rapporte que le célèbre philosophe, pour choisir ses disciples, traçait sur le sol deux lignes, l'une noire à gauche, l'autre blanche à droite, qui divergeaient après avoir été parallèles sur une certaine longueur, de manière à présenter l'aspect de l'upsilon grec. Il plaçait ensuite successivement les néophytes, le pied gauche sur l'une et le pied droit sur l'autre, en les prévenant que celui qui était vertueux, arrivé à la bifurcation, suivrait la ligne blanche, tandis que celui qui avait un penchant pour le mal ne pourrait s'empêcher de suivre la ligne noire.
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J'ai répété l'expérience maintes fois et elle a toujours réussi (sur les sensitifi, bien entendu). Ils vont tous à gauche ; ce qui confirme tout simplement la parole de l'Ecriture : < Le juste pèche sept fois par jour. > Il sufdt en effet simplement d'affirmer au malheureux qui s'efforce en vain de se diriger vers la droite, qu'il est d'une excellente nature, pour qu'il y aille sans difficulté. C'est sa conscience qui l'avait suggestionné.
Mais il doit y avoir en outre, dans beaucoup de cas, une impression physique, une attraction réelle, si faible qu'elle soit, qui détermine cette suggestion. Cette attraction, j*ai vainement essayé de la mettre en évidence de la manière suivante :
J'ai fait asseoir le sujet sur une chaise placée sur le plateau d'une bonne bascule ; j'ai placé un carton uni sur ses genoux et j'ai posé dessus mes mains en hétéronome ; puis je les ai soulevées. Le sujet a éprouvé le sentiment d'attraction, mais la balance n'a pas varié. J'ai contracture ses jambes et j*ai recommencé, sans plus de succès, soit en isonome, soit en hétéronome pour produire une répulsion. Un second sujet prenant ma place a déclaré, lui aussi, sentir l'attraction en hé-^ téronome et ne plus pouvoir détacher ses mains ; il fut obligé de les enlever par glissement, mais la balance resta tout aussi fixe.
Je fis construire alors l'appareil à bascule du D' Mosso(i). Là encore mes essais n'ont donné aucun résultat.
La seule chose qu'on puisse conclure de ces insuccès, c'est que, dans les conditions où j'ai opéré, l'action
(i) Revue scientifique, 1886, i^sem., p. Sgi.
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mécanique était insuffisante pour impressionner les appareik dont je me suis servi.
Peut>-on, dans d*autre8 conditions, produire des actions plus énergiques ? Le lecteur en jugera après avoir pris connaissance des témoignages suivants.
Les premiers sont du magnétiseur Lafbntaine.
J'ai attaché, dit-il, une jeune fille par le milieu du corpa avec une corde en filoselle non tordue, et je l'ai suspendue horizontalement après l'avoir mise préalablement dans un état de catalepsie entière. Lorsqu'il y a eu immobilité complète, i*ai.agi sur la tête et sur les épaules ; bientôt le corps s'est mis en mouvement et a suivi rimpulsion que je lui donnais; la jeune fille décrivait un quart, une moitié de cercle, selon que j'employais plus ou moins de force. Pour que cette expû'ience réussisse, ainsi que celle dont je vais parler (celle des balances)y il faut que la catalepsie soit très forte et qu'il y ait raideur cadavérique; aussitôt que les muscles du col se détendent un peu, le
mouvement de rotation a'arréie Après avoir produit,
comme ci-dessus, un état cadavérique, j*ai placé le haut de la tête d'une jeune fille sur le bord d'une chaise, de sorte qu'il y eût à peine la moitié de la tête qui touchât, puis l'extrémité des talons sur une autre chaise. Quoiqu'il n'y eût que ces deux points d'appui, j'ai agi fortement sur les pieds, et tout è coup ils se sont élevés ensemble, le corps n'ayant d'autre appui que la tête (i).
Lafontaine raconte ensuite qu*il a placé à plusieurs reprises une jeune fille sur le plateau d'une bascule ou d'une balance ordinaire, soit debout, soit assise, soit couchée horizontalement (mais toujours après l'avoir complètement paralysée pour qu'il n'y eût pas de mouvement), et qu'en agissant au-dessus et en attirant fortement il faisait élever le plateau sur lequel était le sujet.
Les seconds faits sont consignés dans un ouvrage (2)
(x) VArt d€ magnétiser, Paris, x886, p. 4i>
(2) Physiologie, médecine et métaphysique du magnétisme, Paris, 1848. p. 7.3.
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du D' Charpignon. Ib lai ont été certifiés en ces termes par M. Bourguignon» négociant à Dijon, dans une lettre en date du 5 septembre 1840. . • .
I* PêÀ encore ce sujet à ma dispotirion et huit fois sur dix cette expérience réussit.
a* M*étant aperçu que ses membres suivaient, quand je le désirais, tous mes mouvements, je me suis avisé de les attirer ; diffiSrehts essais ayant réussi, je voulus voir si je pourrais opérer Une ascension complète. Je plaçai ma main à deux ou trois pouces de Tépi^stre, et le corps entier perdit terre et demeura suspendu.
3* Jusqu'à présent je n'ai vu et produit ce dit sur aucun autre sujet. M. Théron, de Montauban, avec qui je suis lié et qui s'est occupé de magnétiser d'après mes conseils, m'a assuré avoir obtenu le même résultat sur une somnambule ; je ne l'ai pas vu, mais je le connais trop homme d'honneur pour altérer la vérité.
J'ajouterai que la personne que je magnétise ayant eu, il 7 a six semaines, une fluxion de poitrine, i*ai cessé, pour ne pas la fatiguer^ de l'enlever horizontalement ; je place maintenant ma main au-dessus de sa tête et lui fieiis perdre terre, de manière à pouvoir passer plusieurs Ibis la main ou ma canne sous ses pieds
On lit encore dans le Journal du Magnétisme de
M. Ricard (n^' de novembre 1840) :
M. Schmidt, médecin à Vienne (Autriche), vint se fixer en Russie avec sa fille, qu'il maria à M. Pourra t (de Grenoble), Ce fiit à Kiew que M"* Pourrat, qui était d'une mauvaise santé, fut magnétisée par son père. L'effet fut si puissant, qu'après avoir fait quelques paases, la malade; au grand étonnement des assisunts, fut soulevée de son lit sur lequel elle était étendue de son long, de manière que l'on pouvait passer la main entre le lit et le corps sans toucher ni l'un ni l'autre.
Le Df Kerncr rapporte également, dans sa Voyante de Trévorst, qu'ayant constaté que ses doigts attiraient ceux de Madame Hauâe, il étendit les mains au-dessus d'elle et la souleva de terre. Sa femme obtint le même résultat.
Ayant mis Paul P. à genoux et en catalepsie, je Tai
bien fait mettre debout et dresser sur la pointe des pieds, en agissant à distance avec la main droite sur sa tête, mais je n'ai pu lui faire quitter terre et je n'avais pas à ce moment-là une balance pour constater s'il y avait une diminution de poids.
Maintenant je dois ajouter que M. Morin (i) dit avoir tenté plusieurs fois de produire des /évitations avec les magnétiseurs les plus en renom et qu'il n'a jamais obtenu un résultat concluant ; car, pour la seule fois oti il crut avoir produit lui-même une force attractive de ySo grammes, il reçut plus tard de son sujet l'aveu d'une supercherie. Cet aveu tardif n'est pas non plus une preuve bien décisive ; le farceur capable de mettre le pied sur le sol pour se donner le plaisir de tromper des spectateurs de bonne foi peut bien se jouer d'eux autrement. La question ne me parait donc encore résolue ni dans un sens ni dans l'autre par les faits précédents; ceux que nous allons exposer apporteront des éléments nouveaux à Finformation.
\i) Le magnétisme et Us sciences occultes, Paris, 1860, p. 21 3.