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CHAPITRE IV

L4 TARIATION DU P^IDS HBS CORPS

LA fin du siècle passé, plusieurs physiciens avaient constaté qu'en électrisant certains corps on parvenait à diminuer leur poids ; ils avaient attribué cet effet à Tévaporation de Teau contenue dans ces corps.

Voici du reste quelques-unes de ses expériences telles qu'elles sont exposées dans un mémoire sur V Analogie de Vilectriciti et de magnétisme^ par Célestin Steiglehner, professeur de physique à Ingolstadt. (La Haye, 1785.)

ex. — J*ai fait fiiire deux vaisseaux cylindriques de laiton ; je les ai rendus d*un poids ^al, au moyen d*une bonne balance et je les ai remplis d'une égale quantité d'eau. Le diamètre de chaque vaisseau était de 3i lignes. J'ai ôté un de ces vaisseaux de la balance et je Tai électrisé avec l'eau qu'il contenait; j'ai mis l'autre i quartier, mais je Tai laissé dans la même chambre pour ne pas l'exposer à une autre température. Après avoir électrisé le vaisseau et l'eau qu'il contenait, pendant une heure, j'ai remis les deux vaisseaux sur la même balance et celui qui avait été électrisé pesait 12 grains de moins: il avait donc éprouvé une évaporation plus forte de la même quantité.

CXI. — J'ai placé un oiseau dans le bassin d'une balance et ie l'ai électrisé pendant deux heurea, ou plus. J'ai trouvé qu'il diminuait de plus en plus de poids, de sorte qu'il était à la fin plus l^er de quelques grains, mais je ne puis paa encore en déterminer le nombre précis, parce qu'il est différent selon l'état de la machine et de l'air.

r»\ trouvé dans l'intervalle dé temps que je viens d'énoncer quelquefois 8 grains et quelquefois 12. M. Tabbé Nollet a trouvé à peu près la même cliose. Selon les expériences (Mémoires de l'académie royale des sciences pour 1747, p. 238, pour 1748, p. 178), un chat a perdu entre 66 et 70 grains, un pigeon entre i5 et %o, mais il électrisa pendant 5 ou 6 heures.

Les magnétiseurs affirment qu'on peut rendre un objet lourd ou léger en le magnétisant (i). Lafontaine pense que ce sont tout simplement des transmissions de pensée : « Le fluide communiqué ne peut les rendre lourds puisqu'il est lui-même impondérable (2) ».

Je suis, pour mon compte, très porté à croire qu'il n'y a là qu'un phénomène de suggestion. Bien des foiSi à l'aide d'un dynamomètre, j*ai constaté que la force musculaire normale d'un sujet se réduisait à peu près de moitié ou se doublait selon que je lui affirmais qu'il étaitdevenu très fort ou qu*il avait perdu sa force* On petit même Tempécher complètement de soulever l'objet le plus léger en lui disant qu'il ne le peut pas et il est curieux de le voir alors s'épuiser en efforts inutiles; mais l'inverse n'a pas lieu et ce n'est que jusqu'à une certaine limite qu'on lui fait soulever un fardeau. La suggestion détruit complètement, mais se borne à exalter la force naturelle.

(x) Nous affirmons, dit M. de M'irvWh (Des EspritSt éâ, de iBbS, p. 3oo), que nous-méme, sur un simple signe auc nous transmettions à un magnétiseur, son somnambule, porté aur nos propres épaules^ devenait à notre volonté infiniment plus léger ou nous écrasait de tout son poids ; si nous vous affirmons encore, que-, sur un simple signe de nous à snn magnétiseur,

λlacé à l'autre extrémité de la chambre, ce somnambule, dont es yeux étaient hermétiquement bouchés, se laissait rapidement entratner, ou bien^ obéissant à notre nouvelle intention, demeurait tout à coup si bien cloué sur le parquet, que courbé horizontalement et ne reposant plus que sur rextrémité de la pointe des pieds, tous nos efforts (et nous étions quatre) ne le raisaient plus avancer d*une seule ligne: « Vous attelleriez dessus six chevaux, nous disait le magnétiseur, que vous ne le feriez pas bouger davantage. • (2) VArt de magnétiser ,^ p. 239.

Allaa Kardec rapporte, dans le Livre des Médiums^ quMl a vu plasieurs fois des personnes faibles et délicates soulever avec deux doigts» sans e£fort et comme avec une plume, un homme fort et robuste avec le siège sur lequel il était assis, cette faculté éunt du reste intermittente chez les sujets. Il y aurait là un phénomène d'un autre ordre qu'on peut rapprocher de l'expérience suivante rapportée par le célèbre physicien David Brewster, membre de la Société royale de Londres, dans une de ses Lettres à Walter Scott sitr la Magie naturelle.

La personne It plus lourde de la société se couche sur deux chaises de telle façon que le bas de ses cuisses repose sur l'une et les épaules sur l'autre. Quatre personnes, une à chaque pied et à chaque épaule, cherchent à la soulever et constatent d'abord que la chose est très difficile. Quand elles ont repris, toutes les cinq, leurs positions primitives, la personne couchée donne deux signaux en frappant deux fois les maina Pjune contre l'autre; au premier *signal, elle et les quatre autres aspirent fortement; dès que les poumons sont pleins d'air, elle donne le second signal pour Télévation qui se hiit sans la moindre difiSculté, comme si la personne soulevée était aussi l^re qu'une plume.

J'ai eu plusieurs fois l'occasion de remarquer que, lorsqu'une des personnes qui soulevaient n'aspirait pas en même temps que les autres, la partie du corps qu'elle s'efforçait de soulever restait au dessous des autres.

Bien des personnes ont joué successivement le rôle de porteur ou de porté ; elles ont toutes été convaincues que, par le procédé que je viens de décrire, ou bien le poids du fardeau était amoindri, ou bien \x force des porteurs était augmentée.

A Venise, In même expérience fut répétée dans des conditions encore plus étonnantes. L'homme le plus lourd de la société fut élevé et porté k l'extrémité de l'inJex de six personnes. Le oMjor H... dédarQ que l'expérience manque quand la personne à élever est couchée sur une planche et que l'effort des autres s'exerce sur cette planche. U considère comme essentiel que les porteurs se trouvent en contact immédiat avec le corps humain à élever. L'occasion m'a manqué pour^ vérifier ce fait par moi-même.

Il y a une trentaine d'années on parvint à constater, à l'aide d'appareils mécaniques, que certaines personnes pouvaient produire des variations dans le poids des corps par leurs propres émanations, et, au mois d^août i855, le D' Robert Hare, professeur émérite de chimie à T Université de Pensylvanie, montrait, au Congrès de TAssociation américaine pour l'avancement des sciences, comment il s^était servi d'une balance à ressort pour manifester une augmentation de 1 8 livres dans.le poids d'un objet avec lequel son sujet ne communiquait qu'au travers de Teau. La description et le dessin de cet appareil se trouvent dans l'ouvrage que le D>^ Hare publia, l'année suivante, à New- York, sous le titre : Expérimental investiga^ tion. Nous ne le reproduisons pas parce que nous allons ie retrouver perfectionné par M. Crookes.

A plusieurs reprises, cet illustre chimiste avait été vivement sollicité de soumettre au contrôle de sa science d'expérimentateur les phénomènes attribués à des personnes habitant alors Londres. En juillet 1870, il répondit à ces demandes par un article inséré dans le Quaterly journal of science (i), d'oti j'extrais le passage suivant qui montre avec quelle défiance il abordait ce genre d'études :

J*ai lu la relation d'une quantité innombrable d'observations, et il me semble qu'il y a bien peu d'exemples de réunions tenues avec l'intention expresse de placer les phénomènes avec les conditions expérimentales, en présence de personnes dûment reconnues aptes, par la direction de leurs études, à peser et à apprécier la valeur des preuves qui pourraient se présenter (2). Les seules bonnes séries d'expériences probantes dont j'ai con*

(i) Vol. 7, p. 3i6. —Juillet, 1870.

J2) Les expériences de la Société dialectique de Londres n^ talent point encore publiées.

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