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naissance ont été tentées par le comte de Gasparîn, qui, en admettant la réalité des phénomènes, arrivait à la conclusion qu*ils n'étaient pas dûs à des causes surnaturelles.
Le spiritualiste pseudo-savant fiut profession de tout connaître : nul calcul ne trouble sa sérénité, nulle expérience n'est diffielle, pas de lectures longues et laborieuses, pas de tentatives pénibles pour exprimer en langage clair ce qui a charmé le cœur et élevé l'esprit. Il parie avec volubilité de toutes les sciences et de tous les arjts, submergeant son auditeur sous les termes de électro^iologie, psychologie^ magnétisme animal^ etc., véritable abus de mots, qui montre plutôt l'ignorance que le savoir. Une pareille science banale n'est guère propre à guider les découvertes qui marchent vers un avenir inconnu; et les vrais ouvriers de la science doivent, au plus haut degré, prendre garde à ce que les rênes n^ tombent pas en des mains incompétentes et incapables.
Le vrai savant a un grand avantage dans les investigations qui déjouent si complètement l'observateur ordinaire. 11 a suivi la science dès le commencement, à travers une longue suite d'études, et il sait par conséquent dans quelle direction elle le mène ; il sait que, d'un côté, il y a des dangers, de l'autre des incertitudes, et d'un troisième côté, la vérité presque absolue.
11 voit une certaine étendue devant lui. Mais quand chaque pas se dirige vers le merveilleux et l'inattendu, les précautions et le contrôle doivent s'accrottre plutôt que diminuer. Les chercheurs doivent travailler, quoique leur travail soit petit en quantité, pourvu que son excellence intrinsèque fasse compensation. Mais, même dans ce royaume des merveilles, cette terre de prodiges vers laquelle la recherche scientifique envoie ses pionniers, y a-t-il quelque chose qui puisse être plus étonnant que la délicatesse des instruments auxiliaires que les travailleurs apportent avec eux, pour les aider dans les observations de leurs sens naturels i
Le spiritualiste parle de corps pesant 5o ou loo livres, qui sont enlevés en l'air sans l'intervention de force connue; mais le savant chimiste est accoutumé à faire usage d'une balance sensibte à un poids si petit qu'il en fiaudrait dix mille comme lui pour faire un grain. 11 est donc fondé à demander que ce pouvoir qui se dit guidé par une intelligence, qui élève jusqu'au plafond un corps pesant^ fasse mouvoir sous des conditions déterminées sa balance si délicatement équilibrée.
Le spiritualiste parie de coups frappés qui se produisent dans les diflférentes parties d'une chambre, lorsque deux personnes ou plus sont tranquillement assises autour d'une table. L'expé-
rimentateur scientifique a le droit de demander que ces coups se produisent sur la membrane tendue de son phonautographe Le spiritualiste parle de chambres et de maisons secouées même jusqu'à en être endommagées, par un pouvoir surhumain. L'homme de science demande simplement qu'une pendule placée sous une cloche de verre et reposant sur une solide maçonnerie soit mise en vibration.
I«e spiritualiste parle de lourds objets d'ameublement se mouvant d'une chambre à Tautre sans l'action de l'homme.. Mais le savant a construit des instruments qui diviseraient un pouce en un million de parties et il est fondé à douter de l'exactitude des observations effisctuées, si la même force est impuissante à foire mouvoir d'un simple degré l'indicateur de son instrument.
Le spiritualiste parle de fieurs mouillées, de fraîche rosée, de fruits et même d'êtres vivants apportés à travers les croisées fermées, et même à travers de solides murailles en briques. L'investigateur scientifique demande naturellement qu'un poids additionnel, ne fÛt-il que la millième partie d'un grain, soit déposé dans un des plateaux de sa balance, quand la boîte est fermée à clef; et le chimiste demande qu'on introduise la millième partie d'un grain d'arsenic à travers les parois d'un tube de verre dans lequel de l'eau pure est hermétiquement scellée.
Le spiritualiste parle des manifestations d'une puissance équivalente à des millions de livres, et qui se produit sans cause connue. L'homme de science qui croit fermement à la conservation de la force et qui pense qu'elle ne se produit jamais sans un épuisement correspondant de quelque chose pour le remplacer, demande que lesdites manifestations se produisent dans son laboratoire, où il pourra les peser, les mesurer» et les soumettre à ses propres essais.
C'est pour ces raisons et avec ces sentiments que je commence l'enquête dont l'idée m'a été suggérée par des hommes éminents qui exercent une grande influence sur le mouvement intellectuel du pa)^».
Avant de chercher à construire des instruments spéciaux, M. Crookes voulut se mettre en rapport avec un certain nombre de sujets et s'assurer, par les procédés usuels, de la nature et de la réalité des phénomènes qu'il avait à étudier.
Je vis, dit-il (i), en cinq occasions différentes, des objets dont
(i) Vjicherchet sur le» phénomènes du spiritualisme^ p. 37.
le poid y$ri«it de 35 à loo livres, être momentanément influencés de telle manière que moi et d'autres personnes présentes, nous ne pouvions qu'avec difficulté les enlever au-dessus du plancher. Désirant établir d'une manière certaine si cela était dû à un fait physique, ou si c'était simplement l'influence de l'imagination qui fiiisait varier la puissance de notre propre force, je mis à l'épreuve les phénomènes avec une machine à peser, dans deux circonstances difiérentes où j'eus l'occasion de me rencontrer avec M. Home chez un ami. Dans le premier cas, l'accfoissement de poids fut généralement de 8 livres pour des poids de 56 livres, 48 livres et 46 livres ; expériences qui furent faites successivement et sous le plus rigoureux contrôle. Dans le second cas, qui eut lieu* quinze jours plus tard et en présence d'autres observateurs, je trouvai que, dans trois expériences successives dont les conditions furent variées, l'augmentation de poids fut de 8 livres pour des poids de 2 3 livres, 48 livres et 27 livres. Comme j'avais l'entière direction des essais sus-mentionnés, que j'employai un instrument d'une grande exactitude et que je pris tous les soins voulus pour calculer la possibilité de résultats obtenus par fraude, je n'étais pas sans m'attendre à un résMltat satisfaisant, lorsque le fisiit fut convenablement expérimenté dans mon propre laboratoire.
Pendant les deux ans que le savant anglais a consacrés ft ces recherches, il a trouvé neuf ou dix personnes possédant ce qu'il appelle le pouvoir psychique à un degré plus ou moins grand, mais cette faculté était si puissante chez M. Home et chez M">* X., que c'est avec ces deux personnes qu'il a, par raison de commodité, exécuté les trois séries d'expériences que je vais analyser et qui, nous le rappelons, ont toutes eu lieu dans le laboratoire de M. Crookes.