‹ Les forces non définies, recherches historiques et expérimentalesChapitre 9 sur 22 · QUATRIÈME DISPOSITION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME DISPOSITION

M. Crookes, convaincu que la force psychique existe plus ou moins développée chez tous les sujets, imagina un appareil beaucoup plus sensible pour en constater les manifestations.

Un morceau de parchemin mince A (PL vi, fig. i) est fortement tendu sur un cercle de bots de manière à former une sorte de tambour de basque. B C est un léger levier parfaitement équilibré pivotant en D autour d'un axe horizontal. A l'extrémité B se trouve une pointe d'aiguille verticale touchant la membrane A ; au point C une autre pointe d'aiguille, faisant saillie horizontalement et touchant une lame de verre noircie à la fumée ; cette lame verticale peut être entraînée parallèlement au plan vertical dans lequel se meut le levier, par un mouvement d'horlogerie K ; des trous sont percés dans la paroi du cercle pour permettre à Tair de circuler librement au-dessous de la membrane. Des expériences préalables exécutées par plusieurs personnes permirent de constater que des chocs sur le support fixe ne communiquaient aucun mouvement au

(i) Chaque division correspond à mille grains, c'est-à-dire à 6 grammes 4 décîgrammes.

levier et que la ligne tracée par l'index restait parfidtement droite, quand bien même on cherchait à secouer le support et qu'on frappait du pied sur le plancher.

Madame X... fut introduite dans le laboratoire. Sans qu^on lui eût expliqué le but de Tinstrument, on la pria de placer ses mains sur le support fixe successivement en divers points plus ou moins éloignés de l'appareil; à chaque fois, bien que M. Crookes tint ses mains sur les siennes pour s'assurer qu*il n'y avait aucun mouvement conscient ou inconscient de sa part, on vit le levier osciller et la pointe tracer les diverses courbes reproduites dans la figure 2, à une échelle un peu plus grande que nature pour permettre de bien distinguer les petites oscillations ; en même temps, on entendait venir du parchemin des bruits semblables à xeux qu'auraient produits des grains de sable projetés à sa sur&ce; quelquefois les sons se succédaient aussi rapidement que ceux d^une machine d'induction, tandis que, d*autre fois, il 7 avait plus d'une seconde d'intervalle.

• Un fragment de graphite placé sur le parchemin était projeté, à chaque coup, à la hauteur d'un demimillimètre environ.

Quelques jours après, M. Home essaya à son tour l'appareil ; il étendit la main droite au-dessus et à 20 centimètres environ de la membrane ; M. Crookes lui tenait fortement le bras droit et un autre témoin le bras gauche. Après être demeuré dans cette position une demi-minute, M. Home dit qu'il sentait le fluide passer ; on fit alors marcher le mouvement d'horlogerie et l'on vit. l'index osciller; les mouvements étaient beaucoup plus lents que dans le cas précédent

et n'étaient point du tout accompagnés des coups vibrants dont il a été fait mention. Trois expériences différentes produisirent les trois courbes de la figure 4 de la planche nrqui sont agrandies comme celles de la figure 2 de la pi. vi.

M. Crookes fait observer que les phénomènes de cette nature sont généralement précédés par un refroidissement de Tair tout particulier.

Sous son influence, dit-il, j'ai vu des feuilles de papier s'enlever et le thermomètre baisser de plusieurs degrés. Dans d'autres occasions, je n'ai remarqué aucun mouvement réel de Tair, mais le froid a été si intense que je ne puis le comparer qu'à celui qu'on ressent lorsqu'on tend la main à quelques pouces du mercure gelé (i).

Après avoir été témoin de l'état pénible de prostration nerveuse dans lequel quelques-unes de ces expériences ont laissé M. Home, après l'avoir vu dans un état de défaillance presque complète, étendu sur le plancher, pftle et sans voix, je puis à peine douter que l'émission de la force psychique ne soit accompagnée d'un épuisement correspondant de la force vitale (a).

Il semble qu'une enquête aussi précise ne doive rien laisser à désirer ; cependant, un certain nombre de lecteurs demanderont peut-^tre pourquoi d'autres savants n'ont point fait d^expériences analogues et avec d'autres sujets.

Je répondrai d'abord que, outre celles du D' Hare que j'ai signalées plus haut, il y a eu encore celles de M. Boutlerpw, professeur de chimie à l'Université de Saint-Pétersbourg, pendant l'hiver de 1871 (3). La tension normale du dynamomètre étant de 100. livres, elle fût portée jusqu'à i5o livres, les mains de M • Home étant mises en contact avec l'appareil d'une

(1) Réch.sur le spirit^ p. 144.

(3) CaooKES. Recherches sttr le spiritualiame^ p. Sg.

mànïèni telî^ qtié tout effort de sa part aurait diminué iâ tension àû lieu de racàx)ttre.

^e ferai observer ensuite que les facultés dont nous nous occupons sont tout à bit anormale, que rieii n^est plus variable, plus mobile que leurs effets et qu'il est difficile, non seulement de trouver des sujets, mais encore de saisir Toccasion d^expérimenter sur eux avec des appareils préparés à Tavance et dans certaines conditions qui, ici comme jpour l'électricité, sont nécessaires pour la production bien nette des phénomènes.

Quand de pareils faits se produisent en dehors des laboratoires, ils passent nécessairemeùt pour des miracles et les vies des saints eh contiennent plusieurs exemples. Ainsi, diaprés les Bollandistes, saint Vinceht Ferrier )>rit un jour dans ses mains et plaça sur un char une pièce de \x)is que dix hommes auraient eu peine à lever de terre (t) ; une autre fois, il fit porter a\î couvent, sans aucune fatigue, par un éclopé, une poutt'e qu'ûîié paire de bdeufo n'aurait pu traîner (2).

La fréquence des phénomènes analogues peut seule les faire admettre comme naturels et nous allons voir combien sont nombreux lés cas oh la variation de ce que nous appelons poids se traduit par un mouveàient en apparence spontané.

(2) Wtf,tt. 57.

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