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I. La polarité magnétique

On connaissait au temps de Thaïes, 600 ans avant notre ère, une pierre noire ou brune qui attirait le fer. On la trouvait sur une montagne de Lydie, voisine de la ville de Magnésie ; de là vient le nom de magnétisme que nous donnons- aujourd'hui à la cause des propriétés de cette pierre. Platon l'appelait pierre d'Héraclée; Sophocle, pierre de Lydie, parce qu'on la trouvait aussi dans les localités de ce nom. Au moyen âge on la désigne encore sous le nom de pierre de l'Inde ; aujourd'hui on l'appelle communément pierre d'aimant. C'est à Gilbert, médecin anglais qui vivait à la fin du seizième siècle, que nous devons les premières notions précises sur les phénomènes du magnétisme. Deux siècles plus tard Coulomb établit une théorie de ces phénomènes

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qui est encore en usage dans l'ensùgnement, tnen qu'elle ne satisfasse plus aux conditions d'une bonne théorie; carnoti-seuIeraentellereposesuruiK hypotlièse relative à la nature du magnétisme, nuit en outre elle ne peut plus enchaîner entre euitous les faits connus aujourd'hui, et les immortelles dècouvertesd'Ampère,Arago, Faraday, etc. , ont rendu

magnétique.

tout à l'ait inadmissible le fluide magnétique d'Œpinus et de Coulomb. La méthode expérimentale veut que les phénomènes soient étudiés et-comparés entre eux, sans qu'on se préoccupe de leur cause intime.

Un corps est un aimant lorsqu'il attire la limaille de fer et qu'il présente au moins deux centres

d'attraction, doués de propriétés antagonistes. Plongez un aimant ordinaire dans la limaille de fer, vous le retirerez couvert de houppes formées par les grains de limaille. Si vous placez T aimant sous une feuille de carton, et si vous saupoudrez cette feuille avec la limaille, vous obtiendrez un dessin, qu'on appelle fantôme magnétique (fig. 43). Ce dessin est très-régulier, lorsqu'on a soin de don ner de petites secousses au carton, pour laisser aux

liiMlliiliiiiiiiiiiiiiiiiiiM^ Fig. 44. — Action mutuelle de deux aimants.

grains de fer la liberté de céder à l'action magnétique. Ces grains se rassemblent en lignes, dont la loi géométrique est facile à déterminer; elles partent de deux points situés vers les extrémités de Paimant, qu'on appelle pôles magiiétiques . Cette expérience fait connaître la loi d'attraction et prouve que l'action de l'aimant sur le fer s'exerce à travers le carton. On obtiendrait le même effet en remplaçant le carton par toute autre substance, à Texceplion du fer.

Suspendez maintenant par un fil l'aimant débarassé de la limaille (fig. 44), et tous le verrez prendre une direction déterminée, qui est à peu près celle de la ligne sud-nord. On appelle pôle nord^ le pôle tourné vers le nord , et pôle sudy l'autre.

Un second aimant ayant été l'objet d'une élude semblable, il est très-facile de reconnaître, en présentant à l'aimant suspendu les pôles du second aimant tenu à la main, la loi suivante :

Les pôles de même nom se repoussent, et les pôles de noms différents s'attirent. Ainsi se trouve prouvé Tantagonisme des deux pôles d'un même aimant.

Un aimant peut avoir un nombre de centres d'attraction supérieur à deux. On reconnaît comme précédemment que les centres sont alternativement de noms différents. Si le premier attire le pôle nord de l'aimant suspendu,le second le repousse, le troisième Tattire, etc. On appelle ordinairement ces centres des points conséquents.

Nous pouvons aisément rattacher au principe de la polarité magnétique l'action de Taimant sur la limaille de fer. Prenons en effet un cylindre de fer et plaçons-le près d'un aimant ; il deviendra luimême un aimant à deux pôles, et le pôle voisin de l'aimant sera de nom contraire à celui de l'aimant. Mais le fer ainsi placé est un aimant temporaire; il perd son activité à mesure qu'on l'éloigné de Taimant fixe, et reprend l'état naturel lorsqu'il est suffisamment éloigné. Dans Texpérience du fantôme mag^nétique, chaque grain de limailUe est un petit

imant temporaire, et les grains consécutifs s'a(irent par leurs pôles contraires^

Ainsi le fer s'aimante par l'influence d'un aimant, le même qu'un conducteur isolé s'électrise par l'inluence d'une source électrique ; mais la différence le ces deux phénomènes est très-grande. Le conlucteur amené au contact de la source électrique Bgne définitivement de l'électricité, qu'il conserve près la séparation ; tandis que le fer aimanté temorairement ne peut conserver de magnétisme

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