La Seine, p
3. Voir pour ces critiques Tappcndice aux Études expérimentales sur les Inondations, par MM. Jeandel, Gantegril et Bellaud, agents forestiers, Paris et Nancy, 1862. Ces agents ont tenté aussi de résoudre le problème expérimentalement. Ils ont trouvé que les coefficients généraux d'écoulement superficiel et d'action inondante étaient environ moitié moindres dans les bassins boisés que dans les bassins déboisés. Bien que leur travail ne soit pas. encore t Tabri de tout reproche (voir le rapport du marécbal Vaillant à TAcadémie des sciences), leur expérience est bien plus probante que celle de M. Belgrand.
Quanl à M. Vallès*, dont l'ouvrage est des plus remarquables en tout ce qui concerne la science de Tingénieur, il va plus loin encore que son éminent collègue et conclut que les forêts, bien loin d'atténuer et de régulariser les crues, en augmentent, au contraire, l'intensité et la violence, de même qu'elles diminuent, d'après lui, la quantité de pluie annuelle. Ce sont là de purs paradoxes appuyés sur de faux raisonnements et sur des observations inexactes.
Si ces deux ingénieurs des ponts et chaussées ont cru devoir professer les opinions que nous venons de rapporter, il faut reconnaître que tous ceux de leurs collègues qui ont écrit sur cette question ont soutenu les idées généralement admises', et que, depuis 25 ans, il ne s'est plus trouvé personne pour nier l'action bienfaisante des forêts sur la diminution et le ralentissement du ruissellement et, par suite, des inondations, ainsi que sur la régularisation du régime des coui'sJ'eau.
Si l'accord semble donc fait définitivement sur ce point, il ne l'est pas encore sur la question de savoir quelle influence les forêts exercent sur les nappes souterraines et les sources.
Celte question a été très nettement posée dès 1865 par le maréchal Vaillant dans sa célèbre lettre à M. Vallès, l'ingénieur dont le nom est cité plus haut, lettre qui a été le point de départ des éludes de météorologie forestière. « La très grande estime que j'ai pour vos ouvrages, écrit le maréchal, me fait regretter que vous *n*ayez pas encore traité d'une manière spéciale la question qui vient de s'agiter au Sénat, dont s'occupe en ce moment le Corps législatif et (|ue tout récemment M. Becquerel, de Tlnstilut, a portée devant l'xVcadémie des sciences; je veux parler de l'influence des forêts comme cause permanente de sécheresse ou d'humidité. Favorisentelles la naissance et la pérennité des sources? Fournissent-elles à ces sources plus d'eau que n'en donnerait un terrain cultivé en céréales ou en état de prairie ?... Les forêts sont-elles une cause d'augmentation de la quantité d'eau de pluie qui s'infiltre dans la terre et
1. Éltides sur les inondations, leurs causes et leurs effets, par Vallès, ingénieur en chef des ponls et chaussées, Paris, 1857, et Nouvelles études sur les inondations, Paris, 18Gt.