Bcriepsch, les Alpes
superposées, entre lesquelles serpentent des ruisseaux ou s'étalent des mares couvertes de roseaux et de joncs ; les maisons et les cultures sont chassées à jamais du sol qu'elles occupaient. C'est la forêt qui, seule, peut venir au secours de cette contrée désolée, et elle s'y montre déjà ; elle est à l'œuvre ; il lui faudra beaucoup de temps, des siècles peut-être, car le terrain est des plus ingrats ; mais elle est patiente, et elle achèvera ce qu'elle a commencé. On voit aujourd'hui des buissons, des arbrisseaux et même de jeunes Sapins pointer çà et là sur les rochers; en bien des endroits, la teinte grise de la pierre disparaît sous une riante verdure ; un jour, on ne trouvera plus aucuns vestiges de l'écroulement du Rossberg ; les voyageurs ne les chercheront même plus, ils viendront visiter les roches pittoresques et les beaux Sapins de la forêt de Goldau.