‹ Les forêts intérieures du Canada [microforme]Chapitre 27 sur 38 · SERRE PES CE · texte numérisé non relu

SERRE PES CE

119 LES FORËTS INTÉRIEURES appelée gdteau superfin, frit par tranches, et qu’on mange avec du sirop d'érable, figurait parmi les nouveautés de notre déjeuner.

Un matin que j’admirais une couvée de très-beaux poulets dans la basse-cour, la femme du ministre me dit en souriant : « Je ne sais si vous trouverez que je les ai hon- « nêtement acquis. »

« Je suis certaine, » répondis-je sur le même ton «a que vous ne les avez point acquis « par des moyens malhonnêtes ; je serais votre caution à cet égard. »

« Eh bien ! » reprit mon hôtesse, «ils ne m’ont ni été donnés, ni vendus, et je ne les ai point volés. J'ai trouvé la première de ces bêtes de la manière suivante. Une vieille poule noire parut un jour de printemps à l’improviste à notre porte; nous accueillimes l’étrangère avec surprise et joie, car à cette époque notre petite colonie ne possédait pas une seule volaille. Nous n’avons jamais su par quelle voie nous arriva cette poule, mais nous avons supposé que quelque émigrant qui s’enfonçait dans les terres, l’avait perdue ou abandonnée; elle pondit dix œufs, les couva, et en fit éclore autant de poulets. Cette petite couvée produisit une troupe nombreuse, et nous edmes bientôt pourvu tous nos voisins de volailles. Nous faisons cas-de l'espèce, non-seulement à cause de sa taille remarquable, mais à cause de la manière étrange, et en quelque sorte providentielle, dont elle nous est venue. »

J'ai pris grand intérêt à un récit que nous fit un soir le pasteur, tandis que nous étions tous rassemblés autour d’un feu de bois petillant qui montait jusqu’au milieu de la cheminée, dont les pierres avaient été disposées de manière à former dans chaque coin, de grands renfoncements. A propos des premières années de son établissement , il nous dit: « Ce lieu n’était qu’une sombre forêt primitive , quand nous y dressâmes nos tentes : la hache n’avait jamais approché du tronc d’un arbre , et aucun feu n’avait été allumé dans ces bois, si ce n’est par quelques Indiens errants.

« Je pourrais désigner maintenant l’endroit même ou ma femme et mes petits enfants firent leur premier repas, et où ils élevèrent leurs faibles voix pour rendre grâce à l'être tout-puissant et miséricordieux qui les avait préservés des périls de l'Océan , et qui les avait conduits en sûreté jusqu’à cette vaste solitude.

a Nous n’étions qu’un petit troupeau dans ce vaste désert, sous la protection du grand pasteur,

« Je vous ai entendue, ma chère jeune dame, dit-il en s'adressant à ma compagne de visite , parler des difficultés que les colons rencontrent dans les bois; mais permettezmoi de vous dire que vous les avez peu connues, si vous vous comparez à ceux qui sont venus ici il y a plusieurs années.

« Interrogez mes aînés et ma femme, demandez - leur quelles étaient les épreuves d’un défricheur il y a dix ans, et ils vous diront que c'était d’endurer le froid , la faim, et tous les maux qui en sont les suites inséparables; parfois il fallait manquer de tout ce qui est nécessaire à la vie. Quant aux objets de luxe et de délicatesse, nous n’en voyions jamais ; — comment en aurait-il été autrement? nous étions si éloignés de tout moyen de nous procurer ces superfluités. Des pommes de terre, du pore et de la farine étaient nos seules provisions , et souvent nous manquions des deux dernières avant d’avoir pu nous en procurer de nouvelles. Nous n'avions de moulins qu’à treize milles

de distance; et pour y arriver il fallait suivre des chemirs marqués seulement par des lignes d’entailles ; il n’y avait alors aucun colon près de nous. Maintenant , vous nous voyez dans un pays cultivé, entourés de fermes florissantes et de villages naisssants ;

mais il n'en était pas ainsi au temps dont je vous parle : il n’y avait alors ni magasins d’épiceries ou d’autres marchandises, ni étaux de bouchers, ni fermes montées,.ni laiteries, ni vergers; il nous fallait attendre patiemment que l'industrie eût produit toutes ces choses.

« Notre nourriture ue connaissait d'autre variété que du porc salé, des pommes de terre et quelquefois du pain', pour le déjeuner; du porc et des pommes de terre pour dîner; des pommes de terre et du porc pour souper, avec une purée de farine de maïs pour les enfants. Quelquefois nous avions pour tout changement du porc sans pommes de terre, ou des pommes de terre sans porc; telle fut la nourriture de la première année : avec le temps nous y ajoutâmes de la farine de notre crû, mais écrasée d’une façon grossière dans un moulin à main, car nous n’avions ni moulin à eau ni moulin à vent, à une distance de plusieurs milles. Aussi, de bon pain était-il un objet de luxe que nous n’avions pas souvent.

« Nous avions amené avec nous une vache, qui nous donna du lait tout le printemps et l'été; mais à cause de l’ail sauvage (herbe commune dans nos bois) dont elle se nourrissait, son lait était à peine mangeable , et faute d’abri et de nourriture , elle mourut l’hiver suivant, à notre grand chagrin : en ceci comme en beaucoup d’eutres choses, nous fûmes instruits par une rude expérience; mais nous en profitons aujourd’hui.»

— « Les difficultés de votre premier séjour ne vous jetèrent-elles pas dans le découragement ; et n’âvez-vous pas regretté de vous être embarqué dans un genre de vie si différent de celui auquel vous aviez été accoutumé? » lui demandai-je.

« Cela aurait pu arriver, si un motif plus élevé que les avantages de ce monde ne m'eût engagé à quitter ma patrie pour venir ici : j’avais été pendant plusieurs années le pasteur d’un petit village dans les mines du Cumberland. J'étais chéri de mon troupeau, qui était ma joie et ma couronne dans le Seigneur. Un grand nombre de mes paroissiens, pressés par la pauvreté et les malheurs du temps, résolurent d’émigrer au Canada.

« Poussés par un désir naturel et légitime d'améliorer leur condition, ils résolurent de traverser l’Atlantique , encouragés par l'offre de concessions considérables de terres incultes que l’on adjugeait alors pour rien aux personnes qui désiraient venir peupler la colonie.

« Mais avant de tenter cette entreprise, plusieurs d’entre les plus considérés vinrent me trouver, et m’exposèrent leurs vues et leurs raisons pour la démarche importante qu'ils allaient faire; et ils me conjurèrent en même temps, au nom de leurs compatriotes émigrants, de les accompagner dans les déserts des Indes occidentales, de peur qu’ils n’oubliassent leur Dieu et leur Sauveur, s'ils étaient abandonnés à leurs seules lumières.

« Je fus d’abord surpris de cette proposition ; elle me semblait un projet de vision naire : mais insensiblement je m'y arrétai avec plaisir. J'avais peu de liens hors de mon village ; le revenu provenant de ma cure était trop peu de chose pour être un obstacle : comme le ministre ‘dont parle Goldsmith, j'étais

« Dans l’opulence avec quarante livres sterling par an. »

Mon cœur s'intéressait à mon troupeau ; j'avais été pendant dix ans son guide et son

conseiller. J'étais l’ami des vieux et le précepteur des jeunes, Ma femme, ma chère

Marie, je l'avais choisie parmi eux; elle n’avait aucun lien étranger qui pût lui faire re-

gretter les habitants de son pays quand nous les aurions quittés ; sa jeunesse et son âge

mûr s'étaient écoulés parmi ees mêmes gens qui me demandaient de les suivre : aussi, quand je lui fis part du vœu de mes paroissiens, et qu’elle crut voir que mes désirs s'accordaient avec les leurs, elle réprima tout sentiment de regret qui aurait pu s'élever dans son âme, et me répondit par ces paroles de Ruth :

« Ton pays sera mon pays; ton peuple sera mon peuple; où tu mourras, je veux mourir aussi, et là sera ma sépulture : que le Seigneur me punisse, et qu’il redouble ses châtiments , si autre chose que la mort peut me séparer de toi. »

« Et tu asété pour moi une compagne tendre et affectionnée , Marie, » ajouta-t-il en tournant affectueusement ses regards vers la douce et digne femme, dont la contenance expressive témoignait plus éloquemment que ne l’auraient fait des paroles les sentiments qui agitaient son âme. Elle ne répondit rien, mais je vis de grosses larmes tomber sur l'ouvrage qu’elle tenait entre ses mains. Elles avaient leur source dans des émotions trop sacrées pour qu’un regard indiscret osât les profaner, et je détournai promptement les yeux; tandis que le pasteur continuait à nous raconter les particularités de leur départ de l'Angleterre, leur voyage et enfin leur arrivée dans la terre qu'on avait accordée à la petite colonie, dans la partie alors sauvage de la province de …

« Nous avions obtenu beaucoup d’avis utiles et de secours, par les agents du gouvernement, avant de venir ici, et nous louâmes en outre quelques bâcherons , à un trèshaut prix, pour nous initier dans l’art d’abattre, de couper, de brûler et de nettoyer le terrain ; comme notre objet principal était de préparer des récoltes quelconques, nous nous mîmes à l'œuvre sans autre retard que le temps nécessaire pour construire un abri momentané pour nos femmes et nos enfants, et nous préparâmes les terres pour les récoltes du printemps, nous aidant les uns les autres de nos bœufs et de notre propre travail. Et ici, je dois ajouter que j’éprouvai toute espèce d’attentions de la part de mes amis. Mes moyens étaient fort bornés et tous mes enfants trop jeunes pour me rendre aucun service ; cependant , je ne manquai pas d’aide , et j’eus la satisfaction de voir un petit coin défriché pour la récolte des pommes de terre et du blé, chose que je n'aurais pu faire par mon seul travail.

« Mon fils aîné, John, n'avait que neuf ans, Willie sept, et les autres étaient encore moins en état de m'être utiles. Les deux petits que vous voyez là », ajouta-t-il en me désignant deux petits enfants , « sont nés depuis que nous sommes ici. Cette jeune fille aux blonds cheveux, qui tricote près de vous, n’était qu’une enfant à la mamelle; triste, toujours gémissante; si malade et si faible qu’elle ne sortait presque jamais des bras de sa mère; mais elle crût et se fortifia promptement au milieu de la rude vie d’une famille de défricheurs.

« Nous n'avions ni abri, ni maison d’aucune espèce pour nous recevoir quand nous arrivâmes à notre destination , et nous passâmes les deux premières nuits sur les bords du ruisseau qui coule au pied de la colline, dans une hutte faite de branches de cèdres et d’hemlockis, que je coupai avec ma hache; puis, assisté de quelques -uns de mes compagnons, j’élevai un abri pour ma femme et pour mes enfants.

« Quoiqu’on fût au milieu de mai, les nuits étaient froides, et nous fûmes aises de pouvoir brûler une pile de bois, devant notre hutte, pour nous garantir du froid et de la piqûre des moustiques, qui s’élevaient par milliers du ruisseau , et qui finirent par nous chasser plus haut,

« Dès que cela nous fut possible, nous élevâämes une cabane , qui nous sert maintenant de hangar pour le jeune bétail; je n’ai jamais voulu l’abattre, quoiqu’on m'ait

souvent pressé de le faire, parce qu’elle intercepte un très-beau point de vue; mais j'aime à la voir et à me rappeler les premières années que j’ai passées sous son humble toit. Nous avons besoin de semblables memento pour ne pas oublier notre ancien état; mais nous devenons orgueilleux, et nous n’apprécions pas assez notre bien-être actuel.

« Notre premier dimanche fut célébré en plein air : ma chaise était un monceau de bûches ; mon église l’épais ombrage de la forêt, sous lequel nous nous rassemblâmes ; mais je ne vis jamais une dévotion plus sincère ni plus fervente que ce jour-là. Je me souviens fort bien du texte que je choisis : ce furent les versets 6, 7 et 9 du huitième chapitre du Deutéronome, lesquels me paraissaiéBt applicables à la circonstance.

« L'année suivante, nous élevâmes une petite maison en bois, qui servit d’école et d’église. D'abord, nous avançâmes peu dans notre défricherment, car il nous fallait payer notre expérience, et nous eûmes de nombreux désappointements, et bien des privations durant les premières années. Une fois, nous fümes tous attaqués de la fièvre, et pas un de nous n’était capable de soigner les autres ; ce fut un triste temps ; mais un meilleur sort nous attendait. Le torrent de l’émigration augmenta, et l’on commença à parler beaucoup du petit établissement que nous avions fondé. Un homme vint, qui bâtit un moulin à scier ; un moulin à moudre s’éleva bientôt après; puis un magasin, puis un autre, jusqu’à ce qu'un village florissant se formât autour de nous. Alors, le terrain commença à augmenter de valeur, et plusieurs des premiers colons vendirent leurs lots avec bénéfice, et s’enfoncèrent davantage dans les bois. A mesure que le village augmentait, les devoirs de ma profession augmentaient tout naturellement ; dans les premières années, ils m’avaient été payés en services et en travail volontaire par mon petit troupeau ; maintenant, j’ai la satisfaction de recueillir une récompense sans être à charge à mes paroissiens. Ma ferme s'améliore, et, outre le salaire provenant de ma cure, le gouvernement me paie quelque chose de plus pour l’école. Nous pouvons dire maintenant que c’est un avantage pour nous d’être ici, puisqu'il a plu à Dieu d'envoyer sa bénédiction sur nous. »

J'ai oublié beaucoup de particularités intéressantes sur les épreuves et les efforts de cette famille durant les premières années; mais le pasteur nous en avait dit assez pour me rendre entièrement satisfaite de mon sort, et après quelques jours agréablement passés dans cette aimable famille, je retournai chez moi avec une nouvelle provision de contentement, et quelques connaissances utiles et pratiques, qui, je l’espère, me serviront pour tout le reste de ma vie. M

Je prends quelque intérêt à un jeune garçon qui a quitté l’Angleterre pour venir apprendre à diriger une ferme au Canada. Le pauvre garçon avait conçu les idées les plus romantiques sur la vie d’un colon. Les récits favorables qu'il avait lus, et la vivacité de son imagination lui avaient fait supposer qu’il passerait presque tout son temps à s'amuser et à courir les aventures, en chassant dans les forêts les daims et d’autre gibier, en tirant le pigeon et le canard, en péchant à la lance, à la lueur des torches, en naviguant sur les lacs en été dans un canot d’écorce de bois, en patinant l’hiver, ou en glissant sur la neige glacée, comme un Lapon dans son traîneau, enveloppé de fourrures jusqu'aux yeux, et faisant douze milles à l'heure, au son du tintement harmonieux des clochettes. Quelle heureuse vie pour captiver l'esprit d’un garçon de quatorze ans, à peine échappé à la contrainte ennuyeuse des écoles!

Combien il était loin de songer aux pénibles devoirs imposés à un garçon de son âge, dans un pays où jeunes et vieux, maîtres et valets, sont également obligés de travailler pour subsister.

lei, le fils d'un gentleman devient bûcheron et porteur d’eau ; il apprend à abattre des arbres, à empiler des fagots, à fendre des lattes pour les haies ; il entretient le feu durant la saison où l’on brüle, vêtu d’une grossière blouse de toile, qu'on appelle chemise de rangeur, avec un pantalon du même genre et un chapeau de paille, rabattu sur ses yeux, à la manière des Yankees, et une pique à la main pour retourner les tisons enflammés. Soigner et conduire les bœufs, labourer, semer, planter du blé d’Inde et des citrouilles, préparer les lits de pommes de terre, tels doivent être les talents d’un jeune émigrant. Ses heures de loisir sont rares en comparaison des heures de travail, mais il les saisit avec une joie et une avidité qui en fait le plus grand charme.

Vous pouvez vous imaginer le désappointement qu’éprouva le pauvre garçon lorsqu'il vit ses beaux rêves de divertissements s’évanouir en présence de la réalité des détails fastidieux dont un jeune colon doit s'occuper dans les forêts intérieures.

Cependant, la jeunesse est le meilleur âge pour venir dans ce pays; l'esprit se fait bientôt à sa situation, et non-seulement il s’accoutume, mais il finit par se complaire à ce changement de vie. C’est en outre une consolation pour chacun de voir que les personnes de son rang sont obligées comme lui de se soumettre à tout, si elles veulent prospérer ; et peut-être avec le temps, bénit-il le pays qui l’a dépouillé d’une partie de cet orgueil absurde qui lui faisait mépriser ceux dont les occupations étaient humbles. Ce serait grand dommage de tromper ceux qui désirent émigrer, en leur faisant des peintures fausses et flatteuses des avantages que l’on rencontre dans ce pays. Présentons franchement le pour et le contre, et que le lecteur juge de son mieux, après avoir mis de côté toute prévention et toute idée d'intérêt dans une matière qui est aussi impor— tante, non-seulement pour lui, mais encore pour le bonheur de ceux dont il doit protéger la destinée, Il est, néanmoins, beaucoup plus difficile d'écrire sur l’émigration qu’on ne le croit généralement, Ce sujet embrasse un champ si vaste, que ce qui serait parfaitement juste à l’égard d’une partie de la province, nele serait aucunement pourune autre partie, Un district diffère d’un autre, et un territoire d’un autre territoire, selon les avantages naturels qui s’y trouvent , soit que ces établissements aient été formés depuis longtemps ou qu'ils datent d'hier, soit qu'ils aient ou n'aient pas de lacs et de courants d'eaux; le sol et le climat y diffèrent aussi, selon leur position et leurs accidents.

Le succès dépend beaucoup encore du caractère, des habitudes et des dispositions des émigrants. Ce qui convient à l’un ne convient pas à l’autre. Une famille prospèrera et réunira toute espèce d'agréments dans son habitation, tandis que d’autres languiront dans la pauvreté et le mécontentement. Il faudrait des volumes pour discuter tous les arguments pour et contre, et pour désigner les personnes qui sont ou ne sont pas faites pour l’émigration.

Avez-vous lu la peinture spirituelle et animée du « défrichement des forêts » , par le docteur Dunlop? Si vous ne connaissez pas ce livre, ayez-le dès que vous le pourrez, il vous amusera. Je crois qu'on devrait prendre dans le même esprit « la femme du défricheur » , et puiser dans l’histoire des émigrants qui vont habiter les forêts, quelques

exemples pour notre sexe. Nous avons assurément besoin de bons avis sur nos devoirs et sur la folie qui nous fait répugner à partager le sort de nos époux, que cependant nous avons promis d'aimer « dans la richesse et dons la pauvreté, dans la maladie et dans la bonne santé ». 11 en est beaucoup trop qui prononcent ces paroles sans en comprendre l'importance , et sans avoir songé qu'il leur faudra peut-être un jour quitter

ion rait ine lon de- | de urs

ons rera ront les rites

ir le rez , 1 déques voirs dant ie et

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foyer, perents et patrie, pour partager les rudes épreuves d’une vie de colon ; mais la femme qui aime véritablement son mari, fera cela et plus encore, si le compagnon qu’elle a choisi le lui demande.

Mais il est temps de vous dire adieu : mon ennuyeuse lettre, devenue un énorme paquet, vous fatiguera, et vous regretterez qu’elle ne soit pas tombée dans l'Océan.

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